Quand John rentra à Baker Street, il était déjà 18h30 et il ne voulait que son lit et la soupe de Madame Hudson. Malheureusement, il fonça dans un homme qui renversa son sac et John se baissa pour l'aider. Quand son regard croisa celui de l'autre homme, John en resta quelques minutes stupéfait, l'homme en question était très beau. John se releva précipitamment, les mains déjà remplis des affaires de l'inconnu et il en profita pour le regarder sans vergogne. Il était mince, svelte, plus grand que lui mais plus petit que Sherlock. Il avait un costume, cher si on en croyait la qualité du tissu. John sourit en voyant qu'il ressemblait quelque peu à son colocataire. Même intelligence qui émanait de son corps et le même charisme imposant.
Mais il était en même temps bien différent, déjà il n'émanait pas lui ce mépris et cette fierté qui émanaient de Sherlock. Sa chemise n'était pas sombre et unie comme celle de Sherlock, elle était à motifs fleuris. De plus, il avait un visage bien plus agréable que celui de Sherlock, un visage franc et amical le tout orné d'un immense sourire. John hésita quelques temps pour savoir s'il était plus beau que son colocataire, d'un point de vue strictement professionnel, et finalement admit que l'inconnu était plus beau que Sherlock, parce qu'il était plus ouvert, cela se lisait sur son visage, il inspirait confiance. Et John trouva les mots pour décrire cet inconnu, charmeur et charmant. Il s'attarda sur ses yeux qui exprimaient tellement de choses et se perdit dans cet océan de bleu.
« Merci. Bonne soirée John Watson. » Fit l'inconnu d'une voix suave avant de filer. Cela réveilla John, qui se demandait comment l'inconnu pouvait connaître son nom à lui, sans doute par le blog… Enfin, ce n'est pas très important et John poussa avec volonté la porte du 221B Baker Street.
Sherlock jouait du violon avec violence, voulant expulser sa rage. Mais ce n'est pas ça qui étonna le plus John, c'était l'état dans lequel se trouvait l'appartement. Tout était retourné, les livres étaient éparpillés partout, des nouveaux trous étaient visibles sur le mur et son arme encore chaude était sur la table basse, seul rescapé de ce carnage, le tableau.
« Qu'est-ce qui s'est passé Sherlock ? » Demanda doucement John, en mettant son arme dans son pantalon, on n'est jamais trop prudent.
« Il m'a échappé. »
« Qui ? »
« Jim Barnett. C'était lui. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, il est vraiment un maître dans l'art du déguisement. Mais son petit discours à la morgue l'a trahit. C'est ce qui causera sa perte, sa gouaille et son désir d'amuser la galerie, ce côté gamin de Paris qui est exaspérant. » Pesta Sherlock en s'effondrant dans son fauteuil.
« Lui qui ? Et pourquoi il te perturbe autant ? »
« Il ne me perturbe pas ! »
John ne se laissa pas impressionner par le ton de son ami et réitéra sa question en lui racontant ce que Mycroft lui avait dit.
« Mycroft n'est qu'un putain d'idiot ! »
« Qu'est-ce qui s'est passé entre vous ? Pourquoi il t'énerve autant ? C'est la première fois que je te vois aussi…perturbé ! Même Moriarty ne te mettais pas dans des états comme ça ! »
« Va te faire foutre John. VA. TE. FAIRE. FOUTRE ! Toi et ta stupidité légendaire ! »
John resta quelques secondes stupéfait, c'était la première fois que Sherlock était aussi violent et vulgaire avec lui. Il prit une grande inspiration et partit d'un pas précipité dans sa chambre en claquant la porte. Il se déshabilla et se glissa sous les draps. Rapidement son esprit fût entièrement tourné sur l'inconnu qui l'avait bousculé et pour une fois que ce n'était pas Sherlock, John laissa l'inconnu hanter ses rêves.
Il était 23h, et Jeanne encore emmitouflée dans sa serviette de bain paressait sur le canapé en zappant sans regarder les programmes télé. Elle n'avait pas encore vu Arsène et n'avait pas pu lui raconter ce qu'il s'était passé avec Mycroft Holmes. Elle était assez fière d'elle d'avoir réussi à le mettre dans son lit. Elle lui avait aussi donné un indice sur l'identité de son ami, mais Arsène avait déjà laissé le tableau chez Sherlock Holmes, cela ne serait qu'une question de minutes avant que Mycroft le découvre, c'était pour cela qu'elle avait dû le tenir occupé aussi. Et aussi parce qu'elle avait bien aimé. Certes.
Jeanne s'étira et se laissa doucement envahir par le sommeil un sourire ravi aux lèvres.
« Jeanne ? Tu es là ? » Demanda Arsène en entrant dans le salon. « C'est toi la masse informe de couverture et serviette de bain sur le canapé ? » Pouffa-t-il en s'asseyant à son tour sur le canapé.
« Quoi de neuf ? » Bailla Jeanne en se tortillant pour laisser un peu de place à son ami.
« J'ai déposé le tableau chez Sherlock, j'ai augmenté la garde rapprochée d'Annabelle, et j'ai niqué ma couverture Jim Barnett. » Sourit Arsène en allumant une cigarette.
« Comment ? »
« Il le savait déjà que Jim n'était qu'une couverture, comment je ne le sais pas. Il est remarquablement intelligent tu sais. J'ai aussi foncé dans John Watson, je crois l'avoir émoustillé ce brave garçon… Encore une fois. » Sourit Arsène.
« Comment ça encore une fois ? » S'étonna Jeanne.
« L'Afghanistan ma chère. Sous le nom de Jean Daspry, militaire français volontaire. John m'a soigné après une blessure et nous sommes devenus proches. »
« Proche comment ? » Demanda Jeanne en se rapprochant de son ami, les yeux brillants de curiosité.
« Quelques attouchements sensuels dirons-nous… Il suffisait de payer le soldat en garde devant le baraquement de nourriture. »
« Attends, ça veut dire que tu as eu une aventure avec les deux résidents du 221B Baker Street ? » Rigola Jeanne en voyant un sourire fier sur les lèvres de son ami qui hochait la tête. « J'ai hâte de voir les retrouvailles… »
