GAJEVY WEEK

THÈME 3 : Children/Parenthood

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Gajeel remonte la couverture jusqu'au menton de son fils. Owen le regarde faire de ses grands yeux de bébé, son pouce dans la bouche, tandis que Levy, assise sur le lit de Gabrielle, achève de raconter son histoire à propos d'une fillette en manteau rouge, d'un grand méchant loup et d'un pot de beurre. Lukas, l'aîné, ne tient pas en place. Il tapote impatiemment la couverture étoilée et ses parents soupirent, l'homme avec l'air résigné, la femme avec un sourire amusé. Le couple s'installe et ils attendent la question de leur premier-né.

Tous les soirs, Lukas leur demande de leur raconter une anecdote à propos d'eux deux. Leur premier rendez-vous, la fois où ils sont allés à Ryûzetsu Land, les accouchements, leur premier baiser... Le garçon de neuf ans, aux cheveux noirs et aux yeux violets, veut connaître l'histoire de ses parents. Bien souvent, c'est Levy qui commence à parler, non seulement parce qu'elle a un don naturel pour raconter des histoires, mais également parce que Gajeel est toujours un peu gêné d'entendre les questions intimes dans la bouche de son fils, et encore plus de devoir se dévoiler. Mais sa femme est intraitable : elle trouve l'idée de Lukas intéressante, et c'est aussi la seule façon qu'ils ont pour réussir à faire dormir leur aîné. Alors, tous les soirs - du moins quand les deux mages ne sont pas pris par leurs responsabilités à la guilde ou en mission - ils s'assoient sur le lit de Lukas et leurs enfants écoutent, même le bébé Owen, depuis le fond de son berceau.

Ce soir-là, le garçon déclare, les yeux grands ouverts :

- Comment vous vous êtes rencontrés, papa et toi ?

Gajeel s'étrangle, tousse violemment, tandis que Levy pousse un petit rire choqué. Les deux mages se jettent un regard paniqué.

Ils ne peuvent décemment pas dire à leurs enfants, surtout à la petite Gabrielle qui a seulement six ans : "Oui, alors, tu vois, ton père m'a d'abord tabassée et mes deux meilleurs amis également, exactement, oncle Jett et oncle Droy, avant de me crucifier à un arbre avec eux et de tracer sur mon ventre, à la peinture noire, le signe de son ancienne guilde Phantom Lord, qui était à l'époque en guerre contre Fairy Tail. Maintenant, au dodo, d'accord ?"

Non, c'est totalement exclu. La gorge sèche, Levy se lance devant les regards attentifs de sa progéniture, alors que Gajeel lui fait les gros yeux, l'air totalement pris au dépourvu.

- Eh bien, hmmm, j'étais en mission...

- A Harujion...

- On s'est rencontés à côté d'une baraque à glaces...

- Non, attends, c'était pas plutôt une baraque à frites ?

- Je ne sais plus, il y avait tellement de touristes qu'on ne voyait pas l'enseigne.

- Je t'assure que je me souviens avoir senti une odeur de frites.

- Peut-être, bref, on s'en fout, rétorque Levy en roulant des yeux.

- Maman ! proteste Gabrielle, son index devant sa bouche. T'as dit un gros mot !

La mage des mots lève les yeux au ciel et retient un soupir exaspéré. Gajeel lâche un "gihi" qui lui attire un regard foudroyant de la part de sa femme.

- Je voulais dire qu'on s'en fiche, Gaby, pardon, se corrige cette dernière. Et donc, il y avait cette baraque - à glaces ou à frites, qu'importe - et...

- C'était pas une roulotte ?

- Hein ? ! grogne Levy en pivotant vers le chasseur de dragons.

- Tu viens de dire que c'était une baraque. Mais moi, je suis sûr que c'était une roulotte. Il y avait des roues !

- Une roulotte, si tu veux, qui s'occupe de ces détails là, franchement !

- Mais attends, Lukas veut savoir tous les détails de l'histoire, pas vrai, Luke ?

Le garçon hoche vivement la tête, l'air absorbé par le récit. Levy se tourne vers Gajeel et murmure le mot "t-r-a-î-t-r-e" du bout des lèvres. Elle esquisse un sourire crispé à l'attention de ses enfants, tandis que son mari retient à grand-peine un fou rire vicieux qui manque d'éclater.

- Bon, très bien, c'était une roulotte à frites. Et donc, il pleuvait, et j'étais en train de slalomer entre les touristes...

- Ah bon, il pleuvait ?

- Oui, Gajeel, il pleuvait, assène la bleue d'un ton réfrigérant. Elle reprend, agacée d'être sans cesse interrompue : donc, j'étais en train de courir, et je lui ai rentré dedans.

- Très, très fort, commente Gajeel sur un ton sarcastique. J'avais encore des bleus toute la semaine qui a suivi.

- C'était plutôt moi qui avait des bleus, oui, rétorque Levy en le mitraillant du regard. Et tu avais déchiré mes vêtements, aussi - enfin, ceux qui n'étaient pas couverts de peinture noire, bien sûr...

- Ah bon ? demande Gabrielle, les yeux grands ouverts. Pourquoi ils étaient déchirés ?

Les deux mages tournent brusquement la tête vers elle et Levy déglutit bruyamment en se rendant compte de ce qu'elle vient de dire. Elle jette un coup d'oeil affolé à son mari qui sourit à sa cadette et explique tranquillement :

- Tu sais, Gaby, quand la passion embrase deux êtres d'un simple regard, l'ardeur prend le dessus et c'est comme si le monde autour d'eux n'existait pl- ouch !

- Tais-toi, crétin, siffle Levy en tentant malgré tout de réprimer un sourire, reposant l'exemplaire du Petit Chaperon rouge avec lequel elle vient de le frapper.

- Et la peinture ? intervient Lukas, son pouce dans la bouche, imitant Owen qui s'est redressé, ses petits bras posés sur la rambarde de son berceau.

Levy le dévisage, l'air perplexe.

- La... la peinture, chéri ? Quelle peinture ? Et arrête de sucer ton pouce, tu n'as plus deux ans, et en plus, ça va te déformer la mâchoire.

- Tu as dit que tes vêtements étaient couverts de peinture noire.

Gajeel ne se retient plus et rigole franchement, caché derrière l'une des poupées de Gabrielle. La mage des mots pousse un long soupir, réfléchit un instant, puis explique :

- Eh bien, tu vois, il y avait un seau de peinture noire à côté...

- Parce que j'étais en train de repeindre la carrosserie de ma moto magique.

- Exactement. Et donc, vu que j'étais en train de courir, j'ai percuté ton père et je l'ai fait tomber, comme le seau qui était juste derrière.

- Une vraie catastrophe ambulante, ta mère, ajoute le Dragon Slayer avant de lever les mains pour empêcher sa femme de le frapper à nouveau avec le livre : non, j'ai rien dit !

- Ensuite, vu qu'on était couverts de peinture et de boue - puisqu'il pleuvait -, il m'a d'abord crié dessus.

- Hein ? N'importe quoi ! proteste le mage d'acier en se redressant et en arrêtant de jouer avec la peluche Yoshi qu'il tient entre les mains.

Levy roule des yeux et le fixe en soulevant un sourcil.

- Bien sûr que si. J'étais peut-être maladroite, mais toi, tu étais une vraie brute. Tu l'es toujours, d'ailleurs.

C'est au tour de Gajeel d'ouvrir grand les yeux et de faire mine d'être outré. Il saisit la femme à la taille et la fait basculer au milieu des BD, des Playmobil et des doudous délavés par trop de passages à la machine à laver, ses doigts chatouillant impitoyablement les côtes sensibles de Levy. La mage se tord dans tous les sens, riant aux éclats, et Gabrielle et Lukas se joignent à leurs parents en rigolant bêtement, tandis qu'Owen trépigne au fond de son berceau, déçu de ne pas pouvoir se joindre à la grande fête qui a envahi la chambre à coucher. Ce n'est que quand Gabrielle se plante un Lego vicieux dans le pied et se met à brailler, le visage couvert de larmes de douleur, que la guili-party s'arrête.

Les deux parents en profitent pour coucher tout le monde et s'apprêtent à éteindre le plafonnier quand Lukas se lève brusquement, manquant de se cogner la tête contre la poutre au-dessus de son lit superposé. Gajeel soupire bruyamment et Levy grimace, avant de demander à son aîné :

- Qu'est-ce qu'il y a, mon bébé ?

- Vous avez pas fini de nous raconter l'histoire !

La bleue s'empresse de refermer la porte - en ayant vérifié que la veilleuse des trois enfants est bien allumée et sa batterie charge - en lançant :

- Tant pis, on finira demain ! Bisous bisous !

Quand le battant est claqué, le couple pousse un long soupir. La femme se passe les mains sur le visage, exténuée.

- Rappelle-moi de ne plus jamais faire d'enfant. Surtout un qui pose trop de questions.

Gajeel fait la moue.

- Hmm, non. Parce que la première étape de l'opération "faire un enfant" est quand même sacrément passionnante.

Levy lui donne une tape sur le bras, outrée, pendant qu'il ricane en remontant son bandeau sur son front. Sans prévenir, il glisse son bras gauche sous ses genoux et l'autre sous ses aisselles et la soulève brusquement du sol. Elle pousse un petit couinement et il l'emporte jusqu'à leur chambre parentale, bien décidé à lui démontrer par A + B en quoi cette première étape était aussi palpitante.


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voilà pour le troisième one-shot sur Children/Parenthood, ou Enfants/Parentalité. Merci à Caramel-mou et à Neliia pour leurs reviews ! Et hop, demain, un quatrième texte sur le thème Forbidden (Interdit) :p (qui lui sera beaucoup plus court… j'ai mal à la main à force d'écrire des OS aussi longs)

(oui je m'amuse comme une fofolle avec cette GajeVy Week XD)

Les prénoms des enfants : Gabrielle pour Gaby (Gajeel/Reby), Lukas parce que je suis en train de regarder Vampire Diaries et que l'un des personnages s'appelle comme ça, même si tout le monde l'appelle Luke, et Owen parce qu'au départ, je voulais l'appeler Odin (je voyais bien Gajeel donner un nom bien badass de dieu nordique à son bébé x)), mais après, je me suis rendue compte que c'était un peu bizarre quand même (Levy l'a probablement menacé de divorcer s'il appelait vraiment leur enfant Odin : 'et pourquoi pas Thor, tant que t'y es ?!').

L'idée de cet OS n'est pas très originale, je crois que d'autres en ont déjà écrit avec ce même sujet, mais mon petit frère vient de commencer à shipper le GaVy et m'a dit pas plus tard qu'hier « n'empêche, s'ils ont des enfants, Gajeel et Levy, ça va être un peu dur de leur raconter comment ils se sont rencontrés… » x3