Eh ben voilà!
J'espère que ça va vous plaire. Ceci est le chapitre 9. Comme toujours, rien n'est à moi. J'ai volé ses personnages à J.K. Rowling. Vilaine moi.
Bonne lecture!
Histoire de Vampires
Chapitre 9
Théo avait dévisagé Harry toute la journée. Comme s'il savait quelque chose ou comme s'il préparait quelque chose. Il le fixait avec insistance de ses orbes froids et laissait naître sur ses lèves, de temps à autre, un petit sourire malin.
Plus d'une fois, Harry se dit que ce type n'était pas humain. Il y avait quelque chose de malsain dans son regard, dans sa manière d'exister. Malfoy avait mentionné des Larrons. Il avait dit un nom, aussi. Jerumort? Jemu… Jesus… Jedu… Jedusor! Harry ne savait pas ce que ça voulait dire, mais il avait conscience, étrangement, de l'importance que ça avait. Il se passait des choses, dans cette école. Il ne comprenait pas quoi, mais il savait que ça allait devenir encore pire, plus le temps allait passer.
Théo semblait hautement satisfait de la panique qui se rependait lentement dans tout Poudlard. Pourquoi avoir attaqué Ginny? Pourquoi avoir exposé son corps mutilé? Harry avait fini par comprendre que la sœur de Ron n'était pas la première victime des vampires, mais elle était la sœur qui avait été ainsi mise en évidence. D'habitude, les attaques restaient cachées et c'était seulement après plusieurs semaines d'absence des victimes que les rumeurs commençaient à se rependre. Jusqu'ici, les vampires n'avaient jamais été désignés comme les coupables officiels de ces crimes.
Aujourd'hui, la vérité ne trompait plus. Ginny Weasley avait été attaquée par un vampire et tout le monde avait pu le constater. Ses blessures étaient sans aucun doute l'œuvre de l'un d'entre eux. Et pourtant, Harry avait vu que ce n'était pas tout à fait le cas. Les coupables n'étaient pas de vrais vampires. Ils étaient humains, ou presque.
Mais comment se confier à propos de cela? Harry sentait qu'il devait garder cela secret. Il avait une impression, ou plutôt non : un instinct, et ce dernier insistait pour qu'il se taise. En fait, il pouvait parler, mais à une seule personne : Malfoy.
Il éprouvait le besoin viscérale, depuis quelques jours, de le retrouver, de le toucher. Ça lui faisait mal, tellement il en avait envie. Si seulement il avait pu retrouver ses bras minces, son visage pâle et ses cheveux d'un blond platine tout à fait irréaliste.
Harry avait l'impression qu'un lien s'était créé entre eux. C'était comme s'ils étaient attachés l'un à l'autre, comme s'ils étaient enchaînés. Normalement, ça aurait été désagréable, mais… En vérité, c'était jouissif. Sentir que quelqu'un était lié à lui lui procurait un étrange sentiment de satisfaction. Il se sentait immensément bien et complet. Comme si tout ce temps où Malfoy n'existait pas dans sa vie, il lui avait manqué quelque chose sur quoi il n'arrivait pas à mettre le doigt.
Et voilà, c'était fait. Mais il fallait que ce Théo vienne tout gâcher en le fixant comme un fou échappé d'asile.
C'était franchement épeurant. Harry sentait son regard à tous les moments de la journée. Lorsqu'il travaillait en cours, lorsqu'il marchait dans les corridors… C'est comme s'il était toujours dans la bonne position pour l'épier. Et pourquoi faisait-il cela? Harry ne lui avait pratiquement jamais parlé. Tout ce qui les liait, c'était Seamus. Ce pauvre Seamus. Il devait passer ses soirées chez sa belle-famille. Les seuls moments où il était à la maison, il était tellement grognon que personne n'osait plus lui parler.
Harry se laissa tomber la face première sur sa table de travail. Il était enfermé dans sa chambre. Quelle galère.
Il était monté, en revenant de l'école, sans dire un mot à sa mère. Il n'avait pas envie qu'elle tente encore un rapprochement.
Là, il était censé étudier. Et puis quoi encore? Il n'arrivait pas à se sortir tout ça de la tête. Comment pouvait-il étudier dans ces conditions? Il se souvenait à peine ce qu'il avait lu à l'instant.
Il jeta un coup d'œil impatient à sa feuille blanche et tenta de se remettre les idées en place. Il ne devait pas penser sans arrêt aux vampires. C'était mauvais pour sa scolarité. La meilleure chose à faire était de tout laisser en arrière pour se concentrer sur ce qui importait vraiment : la trigonométrie.
Fier de cette résolution, Harry se mit à nouveau au travail. Ce qui se passait à l'école ne le concernait pas. Il n'allait plus réfléchir à cela, ni à Malfoy, d'ailleurs. Il n'allait plus souhaiter de le revoir et tout le reste. Tiens! Ça marchait. Il apprenait. Avec un petit sourire de triomphe, il griffonna sur sa feuille les calculs interminables qu'il devait effectuer pour son devoir.
Il aurait pu continuer comme ça longtemps si sa mère n'était pas venue le déranger. Bon, en fait, c'est ce qu'il croyait. Mais lorsque la porte s'ouvrit, Harry fut bien surpris de constater que c'était Seamus qui l'arrachait à ses travaux. Il semblait encore plus mal en point de d'habitude. Il avait l'air maussade et déprimé au possible. Ses cheveux châtains tombaient pitoyablement sur ses yeux. Il ne fit pas mine de les tasser.
-Seam ? Ça va?
Question rhétorique. Il était évident que ça n'allait pas. L'autre ne répondit pas et vint s'asseoir sur le lit de son frère adoptif.
Une fois installé sur le matelas, il ramena ses jambes vers son corps et lança :
-J'ai peur.
Sa voix avait tremblé et ses yeux rougis s'étaient emplis de larmes. Harry sentit tout de suite que quelque chose clochait. Il laissa de côté ses devoirs et se leva de sa chaise. Il s'approcha lentement de Seamus, qui n'avait pas ajouté d'explications supplémentaires. Il s'était contenté de rester recroquevillé sur lui-même à la manière d'une tortue qui se protège avec sa carapace.
Après s'être assis à côté de lui, Harry posa sa main contre son épaule tremblante. On son étrange s'échappait de sa gorge. Entre le râle et le gémissement douloureux.
-Seam?
-J'ai peur, répéta l'Irlandais.
Il prit une longue inspiration. Sa gorge était sèche et sa langue lui faisait mal.
-Je ne veux plus aller chez les Nott.
Il avait dit ça des millions de fois, au moins. Harry l'avait entendu se plaindre de sa belle-famille à chaque fois qu'il devait aller la visiter. Cependant, cette fois-ci c'était différent. La panique et la crainte se lisaient dans sa voix éteinte. Il était terrifié.
-C'est à cause de Théo, continua Seamus. Il est bizarre. Il m'observe… Je ne sais pas…
Il ravala un sanglot. Harry commençait à comprendre. Alors comme ça, Théo faisait son numéro du psychopathe à Seamus aussi. Normal qu'il ne veuille plus aller s'exposer chez lui.
-Parfois, j'ai l'impression qu'il va me sauter dessus. Je sais que c'est con, mais c'est vraiment comme ça que je me sens. Comme s'il allait m'attaquer. J'ai tellement peur. Il va me faire du mal.
Seamus avait dit cette dernière phrase d'une toute petite voix. Il avait levé ses yeux brillants de larmes vers Harry et avait plongé son regard dans le sien. Ses boucles d'un châtain presque doré étaient collées à ses joues mouillées. Il se faisait suppliant.
-Harry, ne les laisse pas m'emporter.
Tentant de reprendre son calme, le jeune Potter inspira longuement. Il devait être raisonnable. Oui, Théo était dangereux, mais pas lorsqu'il était seul. Chez les Nott, Seamus ne risquait rien. Théo n'avait pas toute sa bande de digues pour le soutenir. Et ses parents ne devaient pas savoir quel genre d'horreurs il faisait à l'école.
D'un point de vue totalement objectif, Théo était inoffensif. Il ne risquait pas de s'en prendre à quelqu'un dans sa propre maison. Et puis Seamus avait un engagement. Il devait se marier avec sa sœur, alors il était peu probable qu'il se montre agressif. Harry se dit alors que la meilleure chose à faire était de laisser Seamus aller chez les Nott. Il fallait observer et analyser avant de tirer des conclusions.
En plus, la présence de Seamus chez l'ennemi pouvait être bénéfique. Sans devenir un espion, il pouvait être une sorte d'observateur. Le fait qu'il soit le témoin de ce malade mental était assez intéressant pour Harry. Il se sentait un peu coupable de se servir ainsi de son frère adoptif, mais au final, c'était pour la bonne cause, nan?
-Seam, tu dois y aller, murmura gentiment le jeune Potter.
Il eut un énorme mal de ventre qui lui serra les entrailles. Il regrettait déjà ses paroles. Et pourtant, il n'y a pas une minute, elles lui semblaient tout à fait logiques et justifiées. Seamus le fixait avec son air de détresse. Il était au bord de la panique.
-Je ne veux plus. J'ai trop peur. Il va me… Je ne sais pas ce qu'il va me faire. Mais je ne me sens plus en sécurité. C'est comme s'il était un monstre dangereux.
Ses joues étaient maculées de larmes. Il avait les mains qui tremblaient.
-Harry, supplia-t-il désespérément.
-Sois fort. Ça va passer. Tu connais Théo. Pourquoi il te ferait quoi que ce soit? Il n'est pas fou, il…
-Il a changé, dit fermement Seamus. Il est devenu différent, depuis un certain temps. Je dirais depuis à peu près un mois. Peut-être depuis la rentrée scolaire. Je ne sais pas ce qu'il a vécu cet été, mais ça l'a changé. Et cette semaine, il était tellement froid et bizarre. J'avais l'impression qu'il voulait quelque chose de moi. Je ne sais pas quoi, je ne comprends plus rien.
Harry avala difficilement sa salive. Il n'osait pas parler de ses soupçons à Seamus. Il ne le croirait pas s'il lui disait qu'il pensait que Théo était en train de devenir un vampire. Ou en tout cas quelque chose qui s'en rapprochait. C'était techniquement impossible. On nait vampire, on ne se transforme pas pour en devenir un. C'était tout à fait absurde. Mais pourtant, ce qu'il avait vu…
-Seam, il faut que tu y ailles. Je sais que c'est difficile, mais tu ne risques rien. S'il avait voulu s'en prendre à toi, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Et puis tu ne peux pas baser ton jugement sur de simples impressions. Qu'est-ce qu'il a fait pour te menacer, à part te regarder?
Tout cela semblait tellement logique, mais aussi tellement horrible. Harry se faisait l'effet d'un traitre. Il fallait qu'il voie Malfoy… Non. Il n'y avait pas de raison de le déranger. Ce type n'avait pas à perdre son temps avec lui.
Ce n'était pas comme s'ils étaient amis ou autre. Ils s'étaient vus deux fois.
-Je vais y aller.
Pourquoi cette déclaration sonna dans la tête d'Harry comme un système d'alarme. Il n'y avait pas de quoi être dans tous ses états.
Non?
Alors? Une impression? Un com?
Ne restez pas silencieux!
