CHAPITRE 2 : LA VILLE
Je sors, prends le scooter que Peeta m'a acheté pour mes 20 ans, d'ailleurs, je ne l'ai jamais utilisé, et me dirige vers la ville. J'adore ces sensations : l'air qui caresse ma joue, le sifflement du vent… et je me rends compte, une fois de plus, que je ne me suis jamais aventurée plus loin que la forêt ces six dernières années, la ville a dût bien changée depuis le temps.
Une fois arrivée, je me gare et m'aperçois qu'il faut verser une somme d'argent si l'on veut rester garée. Au début, je pense que c'est une blague, à mon époque, une miche de pain était un trésor inestimable au district 12, on avait du mal à se nourrir. Alors payer une place…. Et une dame âgée, qui vient de se garer, arrive à la hauteur du parcmètre et insère de l'argent. Je lui demande combien faut-il mettre pour la matinée. Rien qu'à la tête qu'elle fait, j'ai sut que tout le monde était sensé le savoir mais elle répond quand même :
Cela dépend de votre rang.
J'allais lui demandé ce que cela signifié, mais je me retiens, car je sens qu'il valait mieux me faire discrète vu la façon dont elle me regardait :
Oh, oui bien sur excusez moi, j'ai la tête ailleurs, au revoir, bonne journée madame.
Bonne journée mademoiselle.
Mon rang… qu'est-ce-que cela peut bien signifier ? Je reste devant le parcmètre à réfléchir, jusqu'au moment où je vois une tête familière :
- Plutarch !
Il tourne la tête, mais il n'a pas l'air de me reconnaître
C'est moi, tu ne me reconnais pas ?
Excusez moi mais… oh Katniss !
C'est bon t'as retrouvé la mémoire rigolai-je, j'ai tellement changé ?
Et bien, la dernière fois que l'on t'a fais une base de beauté Zéro, tu avais la peau en patchwork, mais là … toutes tes cicatrices ont disparues, enfin tu dois encore avoir quelques marques mais bon…
En effet surtout au niveau du ventre…
Je ne m'attendais pas à te voir, je suppose que tu viens acheter ta tenue pour le bal, et où est Peeta ?
Il a attrapé une maladie qui le cloue au lit pendant au moins deux semaines, mais il vous salue ! Et oui, je viens acheter ma tenue, mais dis-moi Plutarch, combien dois-je payer ?
Ah, ma pauvre, le système a bien changé, tu dois payer en fonction de ton rang dans la société, d'ailleurs tous les survivants sont riches, la Nation leur doit bien des services, mais comme tu es le geai moqueur tu ne paie rien du tout, tout le monde te connais Katniss, tu es célèbre, encore plus qu'avant. Tu figures même dans les livres d'histoire de mon fils.
Oh ! dis-je surprise
Je ne voudrais pas m'imposer mais tu veux que je t'aide à choisir ta tenue
Oh oui, bien sur et tu me diras ce que sont devenus les autres ?
Oui, pas de problème, mais pour l'instant, viens.
Il m'entraine dans la rue principale, remplie de commerce, et moi je regarde les bâtiments, en me disant qu'avant, il y avait la mairie ici, le café là …
On est arrivé, c'est la boutique la plus connue en ce qui concerne les robes !
Waouh, fut tout ce que je réussi à dire, le magasin était tellement grand, un énorme lustre trônait au plafond
Bienvenue, dans le Nouveau Monde, que puis-je faire pour vous ?
Et bien, voici le geai moqueur et elle a besoin d'une robe pour un bal
La vendeuse avait poussé un cri de surprise quand elle avait entendu mon « nom », et s'était empressé de me demander un autographe, que je lui signais avec modestie et priant pour que ce fût le seul de la journée.
Voici la nouvelle collection des robes de bal.
Je mets beaucoup de temps à choisir la robe, heureusement que Plutarch est là, sinon je serai restée là pendant plusieurs heures, à essayer de me repérer. Finalement, je choisis une robe rose : le haut est en forme de bustier avec de la dentelle noir et le bas descend jusqu'à mes pieds, en faisant des plis : elle est magnifique. Mais cela me rend un peu triste : je pense à mon styliste préféré, Cinna.
Après, nous nous dirigeons vers le magasin de chaussures, en chemin, j'apprends que Johanna est présentatrice télé, qu'elle est mariée, qu'elle a 2 enfants et que la drogue n'est plus qu'un mauvais souvenir pour elle. Haymitch, lui aime toujours autant l'alcool, et est resté célibataire. Beete est en effet devenu le fournisseur officiel de l'armée mais Annie, elle est devenue médecin. Octavia, elle est restée tranquillement avec Venia dans leur maison en campagne, « ah, tiens, je ne suis pas la seule à m'être isolée », mais je n'ai posé aucune question sur Gale, d'ailleurs, on est arrivé à la boutique, j'entre et à ma grande surprise, le magasin est assez petit, mais sent bon le cuire.
Plutarch fait le même coup que tout à l'heure « voici le geai moqueur » mais cette fois, le vendeur ne me demande pas d'autographe, je le remercie avec un sourire encourageant. Et puis j'essaye chaussure après chaussure et après une demi-heure de recherche je ne trouve toujours pas : alors Plutarch me choisit des escarpins rose bonbon, avec des talons aiguilles, que je trouve beaucoup trop haut et voyant. Mais Plutarch insiste et dit qu'il faudra juste de l'entrainement. En sortant, j'aperçois la vitrine du magasin à côté : remplie de sac, t-shirt, badges, tout ça avec un geai moqueur dessus, j'en reste bouche bée.
Je te l'avais dit Katniss, tu es une célébrité.
Et je sens la colère montée en moi et me mets à crier :
Ils sont fous, cette broche représente la révolte contre les Hunger Games, tout ça est finit, pourquoi se remémorent t-ils toutes ces choses, tout ces morts…
Et je finis par éclater en sanglots, toutes ces choses me font trop penser à Prim, Peeta avait raison, jamais je n'aurais dût venir.
Le pauvre Plutarch ne sait plus quoi faire, après m'être calmée, je cours rejoindre le parking, j'enfonce mes clefs dans la moto, mais Plutarch me les reprends doucement des mains et me dit :
Calme toi Katniss, pour ces gens, tu es le geai moqueur, celle qui les a tous sauvé, en quelque sorte c'est un hommage qu'ils te rendent
Je ne pense pas venir, après-demain.
Je ne veux pas te forcer, mais réfléchit bien, tu pourrais revoir tous tes anciens amis, prends tes achats, de toutes façon ils sont à toi.
Merci Plutarch, je te promets que je vais y réfléchir, en tout cas aurevoir.
Oui, à bientôt Katniss.
Il me rend mes clefs et repart, je démarre la moto, et conduit jusqu'à la maison, une fois arrivée, j'ouvre la porte, Peeta est au salon.
Alors, comment ça …
Il n'a pas le temps de terminer sa phrase : je lui saute dans les bras et sanglote doucement sur son épaule.
