Je sanglote doucement sur son épaule, dure et carré mais tellement agréable à toucher, ses cheveux noir me caresse la joue, puis ses lèvre embrassent les miennes passionnément.

Je me réveille en sursaut, pourquoi est-ce que je rêve de Gale, je suis avec Peeta maintenant ! Cela doit certainement avoir un rapport avec ce bal, qui me préoccupe depuis avant-hier.

Après m'être arrêtée de sangloter, j'avais tout raconté à Peeta, qui m'avait consolé et m'avait convaincu de renoncer à ce bal. Oui, une autre fille que moi aurait sans doute acquiescé et oublié le bal, sauf que voilà, moi je suis le geai moqueur et ce bal me travaille toujours. Je me répète sans cesse ces deux phrases : « oui, j'y vais » et « non, certainement pas ». Cependant il faut que je me dépêche de prendre une décision, il est dix heures et le train qui nous emmène au Capitole passe à dix heures et demie en ville. Ma décision, je le sais sera irrévocable. Soudainement, je repense à Prim, ma sœur chérie, que m'aurait elle dit de faire ? Je le sais : elle m'aurait dit « vas-y, après tout tu reverras plein de gens, au pire, tu pourras rester sur le côté, comme une vieille fille » et on aurait rigolé ensemble, elle, serrant, son horrible chat dans ses petits bras et moi, la regardant avec bienveillance.

C'est bon j'ai pris ma décision, je me lève le plus doucement possible, file dans la chambre de ma mère, prends les affaires que j'ai « acheté » l'autre jour.

Puis je fouille dans l'armoire de ma mère, trouve un foulard en soie, qui s'accorde parfaitement avec ma robe et un petit sac, où je range ma carte d'identité, le bracelet que Peeta m'a offert l'autre jour et une trousse rudimentaire de maquillage. Je m'habille vite fait : un pantalon de toile grise avec des baskets et un t-shirt noir. Je prends un papier et écrit :

Bonjour mon chéri,

J'ai bien réfléchit et c'est décidé, je vais à ce bal, je ne peux pas t'expliquer pourquoi, ça serrait beaucoup trop long.

Je serais de retour après-demain, dans le train de dix-huit heures.

Je t'aime très fort

Katniss.

J'espère qu'il comprendra. Je cours jusque dans le garage et prends le même scooter qu'avant-hier.

Une fois arrivée, je le gars au même petit parking, sans payer. Cette idée m'est, cependant, toujours aussi bizarre.

J'accélère le pas jusqu'à la gare, et m'aperçois avec horreur que le train pars.

Sans hésiter, je me mets à courir le plus vite possible, sans regarder si un agent me poursuit, je saute depuis la voie sur l'échelle qui se trouve derrière le train et m'appuis avec force sur le barreau, j'arrive, in extremis, à me projeter sur le balcon arrière du train, l'échelle, elle s'échoue sur la voie.

Heureusement que mes anciens réflexes n'ont pas disparus !

Je me permets une pause : je m'assois par terre et regarde le paysage défiler.

J'avais oublié à quel point ses baisers étaient différents de ceux de Peeta : ces derniers étaient doux, chaleureux. Ceux de Gale était forts, passionnés : il n'hésitait jamais avec moi.

J'entends une porte claquer : je me réveille en sursaut, je me suis assoupie, et je regarde la personne qui se tient à côté de moi, il me faut quelques secondes avant de la reconnaître :

Annie

Katniss

Comment vas-tu ?

Nous rigolons : on a parlé en même temps.

Et puis on s'étreints, ça me fait du bien de la revoir.

Et puis on se met à discuter, en effet elle est devenue docteur généraliste mais elle ne s'est jamais remarier, en fait elle m'explique qu'elle a eut de nombreuses relations mais que ça n'a jamais aboutit.

Et moi, je lui raconte ma vie avec Peeta, trop morne à mon goût. Et ensuite nous rigolons ensemble du bon vieux temps : « tu te rappelle comment c'était… ».

Soudain, le train s'arrête. Et le haut parleur annonce :

« Vous êtes arrivés au Capitole, veuillez ne rien oublier dans le train s'il vous plaît ».

Je respire un bon coup, comme Annie doit allée chercher sa valise, je lui dis à ce soir. Et je sors sur cette terre que j'ai tant détestée par la passé.