Oui, ça a été long. Je n'avais vraiment pas le temps d'écrire et je crois que ça va ressembler à ça pour le reste de l'été, mais je vais faire de monmieux. XD

Harry n'est pas à moi, les autres personnages non plus. Tout est à J.K. Rowling, vous le savez. C'est le chapitre malchanceux, mais nous sommes un mardi, alors ce n'est pas trop pire. En espérant qu'il n'arrive rien de tragique. O.O

Sur ce, bonne lecture!


Histoire de Vampires

Chapitre 13

Draco scruta les autres vampires en fronçant les sourcils. Habituellement, leur présence ne le dérangeait pas, au contraire, mais aujourd'hui, il ne supportait personne. Il avait l'impression de tous étaient en train de le dévisager continuellement. Bon sang, il devenait paranoïaque!

Si son père l'avait vu comme ça, il aurait bien ri. Pourtant, il n'y pouvait rien. Lucius avait beau lui répéter que c'était une étape normale de sa transformation, ça ne le rassurait pas pour autant. Il en avait assez de se méfier de tout le monde. En fait, il ressentait le besoin étrange de se cacher. Les autres vampires étaient ses alliés naturels, mais il n'avait plus confiance en eux.

La seule personne qu'il désirait voir était… Bordel de merde! Draco ne devait pas penser à lui constamment, c'était de la torture. À tous les instants de sa vie, à chaque inspiration et à chaque expiration, il le voyait. Son visage, ses yeux, son cou, ses tempes, ses mains, le sang qui pulse dans ses veines. Tout. Ces images le hantaient. Elles revenaient en boucle, accompagnées de sensations étranges. Du désir, de la faim, un besoin d'affection, de chaleur. Il voulait cet humain. Impossible de le nier.

Ses parents l'avaient su lorsqu'il avait régurgité tout le sang qu'il avait consommé sur la table de la salle à manger. Ils étaient restés calmes, stoïques, mais Draco avait bien vu qu'ils étaient contrariés. Leurs regards durs et réprobateurs s'étaient posés sur lui à la manière de bourreaux insensibles sur leur victime prochaine. Le blondinet avait dégluti. Il savait qu'il allait passer un mauvais moment. C'est son père qui avait pris la parole en premier. Sa voix grave et tranchante s'était élevée au-dessus de la table et il avait dit, comme on prononce une sentence :

-Draco, tu es maudit.

Au début, il n'avait pas compris ce que ça voulait dire, mais la suite du discourt avait éclairé ses lanternes.

-Tu t'es enchainé à un humain.

Ah. Et comment? Lucius disait cela comme si son fils l'avait fait volontairement. Pourtant, Draco ne se rappelait à aucun moment avoir passé un pacte quelconque avec un humain. S'il était enchainé de quelque manière que ce soit, il n'était pas le fautif. Son père ne jugea pas bon de développer sur le sujet. Il se contenta de demander avec autorité :

-Qui est-ce? Qui est l'Élu?

Élu. Draco vit l'évidence fondre sur lui comme un faucon sur la proie. Il était donc question d'Élu. Il avait considéré cette option depuis longtemps déjà, mais il se disait encore qu'il pouvait se tromper. Tout indiquait que Potter était son Élu. Potter… Cette espèce d'imbécile binoclard. Il n'avait cependant pas la cicatrice. Draco l'avait bien observé. Les Élus avaient toujours la marque de leur vampire mise bien en évidence sur leur corps. Dans le cas de la famille Malfoy, c'était un dragon, d'où le nom de Draco.

Une cicatrice quelconque de cette forme aurait dû être visible sur son Élu. Par exemple sur sa main. Mais rien. Cette possibilité avait donc été écartée naturellement.

Draco revint à lui au moment où son père cogna durement sur la table.

-Je t'ai demandé qui c'est, s'énerva-t-il.

-Po-potter, hoqueta le blondinet.

-Elle est comment? De bonne famille? Soumise? Dis-moi au moins qu'elle ne va pas rechigner à t'obéir quand il le faudra.

Draco réalisa alors l'horreur de la situation. Son Élu était un garçon. Hors, les Élus sont le complément parfait à leur vampire. Ils ont tout ce qu'il faut pour provoquer le désir chez lui. Draco déglutit. Alors il était gay. Quelle merveilleuse manière de l'apprendre. Bon, ce n'était pas non plus un scoop, mais ses parents, eux, ne le savaient pas. Draco avait conscience de ses préférences depuis quelques années, et ça ne le choquait pas. Il avait toujours cru qu'il était bisexuel, il ne savait pas encore si les garçons ou les filles éveillaient plus d'intérêt chez lui. Maintenant, c'était officiel. C'était les garçons.

Le blondinet avait beau prendre la nouvelle dans le calme, ce ne serait pas du tout la même chose pour ses parents. Eux, n'accepteraient pas que leur fils soit gay. Surtout qu'ils n'avaient jamais rien vu qui puisse les inciter à croire que c'était le cas. Draco ne répondit pas aux questions de son père. Il voulait partir au plus vite, revoir Potter, le toucher, sentir son odeur…

Une porte claquée le ramena au moment présent. Il était à nouveau dans sa classe remplie de ses camarades vampires. Leur enseignant venait d'entrer en faisant le plus de bruit possible. Sa grande cape noire à l'ancienne flottait derrière lui. Severus Snape était l'un des professeurs préférés de Draco. À chacun de ses cours, il mettait toute son énergie à leur expliquer les choses de manière à ce qu'ils en sachent le plus possible. C'était un homme bon. Enfin… C'était un bon vampire.

Par contre, ce matin-là, il semblait épuisé. Son teint était encore plus pâle que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire. Draco se dit alors qu'il ne devait pas être le seul qui était mis à rude épreuve par les évènements.

-Mesdames, messieurs, fit la voix fatiguée du professeur Snape, nous avons de gros problèmes.

Ça commençait bien la journée, ça!

-Vous n'ignorez sûrement pas que de nombreux humains ont été attaqués par des vampires dans les dernières semaines. Ces crimes répétitifs avaient été désignés comme l'œuvre d'une bande d'élèves de Serpentard à cause des blessures de victimes.

Serpentard… Le nom le plus utilisé pour désigner les vampires. Mais il était presque aussi tabou que le vrai terme lui-même, désormais.

-À la lumière des derniers évènements, cependant, nous avons découvert que les auteurs de ces horreurs n'étaient pas ceux que nous soupçonnions. Ils sont humains.

Ce fut le choc. Tous regardèrent autour d'eux, dans l'espoir d'entendre que c'était une blague. Mais Draco, lui resta stoïque. Il savait déjà la vérité depuis longtemps et attendait simplement le jour où elle serait révélée. Son père avait, il y a de cela plusieurs années, eu des contacts avec Tom Jedusor. Il avait donc eu vent de son projet. Pour quelqu'un qui, comme Lucius, proclamait la supériorité du sang pur et des vampires, des buts de Jedusor étaient justes. Mais le père de Draco était un lâche. Il avait trop peur des répercussions pour s'impliquer personnellement dans le projet.

Par contre, Draco en avait entendu parler de nombreuses fois. Il avait toujours haï les idées de Jedusor. Ces histoires de sang pur et de contrôle pas les vampires ne l'intéressait pas. Il avait toujours trouvé les humains sympathiques et il ne voyait pas en quoi leur compagnie était désagréable pour certains. Bon, son meilleur ami n'était pas l'un d'eux, mais Draco avait pour principe de bien traiter sa nourriture.

-Des humains s'amusent à usurper notre identité à nous, vampires. Allons-nous laisser faire cela? Ouvrez les yeux et les oreilles, car le moindre indice qui pourrait nous permettre de retracer les coupables de cette supercherie pourrait être vital pour l'équilibre de cette école.

À ce moment-là, Snape posa les yeux sur Draco. Le blondinet retint son souffle. Il savait. Il savait que Draco connaissait les faux-vampires. Mais il ne pouvait rien dire. Son père le tuerait. Il appuyait Jedusor dans ses idéologies. Draco baissa la tête, honteux. Il n'était pas encore assez fort et audacieux pour s'opposer ouvertement à ses parents.

Et s'ils s'en prenaient à Potter?

Draco serra les poings. Potter ou son père? Il savait qu'il allait devoir faire ce choix un jour ou l'autre. Il ne pouvait en être qu'ainsi.

- o (O) o –

-Bonjour, Harry.

-Salut, maman.

Il referma la porte d'entrée derrière lui. Les bras pendant, il se dirigea vers l'escalier qui menait à l'étage, et donc, par extension, à sa chambre, mais il fut attrapé au vol par sa mère, qui le serra tout contre elle. Il ne résista pas à son étreinte. La vérité, c'est qu'elle lui avait manqué. Lily posa sa bouche contre son front, elle lui donna un baisé maternel et réconfortant. Harry ferma les yeux.

-Ça va, maman.

-Tu es très mauvais menteur, Harry. C'est l'état de Seamus qui t'inquiète? Moi aussi, ça me fait de la peine. Mais la meilleure chose que nous puissions faire pour lui est d'être présents et bien portants pour le soutenir. Et voyons le bon côté des choses… Il va de mieux en mieux.

Harry ne se donna pas la peine de répondre. Il se blottit contre sa mère.

-Tu sais ce qu'il te faudrait? Un bain de pieds.

La réaction fut instantanée. Son fils se décolla d'elle à toute vitesse, comme si elle avait la lèpre. Lily le contempla en souriant.

-Harry… Tu sais très bien que c'est la meilleure médecine qu'il existe en ce monde.

-On en a déjà parlé, maman. Je haie les bains de pieds. Il n'y a qu'à toi que ça réussi.

-De quoi tu parles?

Elle l'attrapa par le bras et le tira vers la cuisine.

-Il n'y a rien de meilleur pour le moral qu'un bon bain pour les pieds. C'est prouvé, tu sauras. J'ai fait des recherches sur internet…

-Et tu crois ce qui est écrit sur internet?

-Oui, pas toi? C'est prouvé, c'est tout. Allez, tu te sentiras mieux. Tu verras.

-Non, j'ai dit non, protesta Harry alors que sa mère préparait deux bains de pieds. Je. Ne. Veux. Pas. Est-ce que c'est si difficile à comprendre? Il me semble que c'est simple. Tu prendras tous les bains que tu voudras, mais ce sera sans moi, un point c'est tout.

-Allons, un petit bain de rien du tout. Ça ne va pas te tuer.

-NON. Eh, je veux dire OUI. Oui, ça va me tuer. Laisse-moi tranquille.

-Ils sont prêts!, s'exclama Lily en amenant les deux bains dans le salon.

Harry la suivit en râlant. Elle était déjà assise sur le sofa lorsqu'il pénétra à l'intérieur de la pièce. Elle avait les yeux fermés et les pieds plongés dans l'eau chaude. En l'entendant arriver, elle ouvrit un œil et le contempla un instant.

-Tu viens ou pas?

Comme si c'était réellement une question…

Harry retira rapidement ses bas. Il s'assit à côté de sa mère, plongeant à son tour ses deux pieds dans le liquide aromatisé. Il dégageait une odeur sucrée qui lui plut malgré lui.

-Alors? Tu vois bien que j'avais raison, sourit Lily en pataugeant dans son bain.

-Hm.

-Ces temps-ci, nous ne passons plus autant de moments tous les deux qu'avant. Tu ne trouves pas? Ça me manque.

Harry resta silencieux.

-Parfois, j'ai l'impression que tu ne m'en dis plus autant qu'avant. Comme si tu me cachais une partie de toi. Peu importe ce que c'est, je…

Elle se tourna dans sa direction, le regardant droit dans les yeux. Ils avaient les mêmes.

-Tu es mon fils, Harry. Peu importe ce que tu fais ou ce que tu me caches, je t'aime. Je ne peux pas t'obliger à m'en parler, mais sache que ça me rend très triste. Je veux ce qu'il y a de meilleur pour toi et je fais tout pour essayer de te le donner, même si parfois, j'ai l'impression de t'imposer des choses que tu ne désires pas. Mais comment savoir ce dont tu as le plus besoin si tu ne me parles plus de toi? Plus le temps passe et plus tu m'es inconnu. Qu'est-ce qui s'est passé pour que nous nous éloignions si vite? Est-ce que c'est moi qui ai fait quelque chose?

-Non.

Lily sourit tristement. Elle avait l'air beaucoup plus vieille, tout à coup. Harry avait mal au cœur. Elle le prit par la main.

-Tu devrais te trouver quelqu'un, Harry. J'insiste pour que tu te trouves quelqu'un. Et ce n'est pas pour toutes les raisons que tu crois. Ça me rend tellement triste de te voir aussi seul tous les jours. Une jeune fille de ton âge saurait t'écouter, elle, non? Si tu ne veux plus te confier à moi, alors trouve quelqu'un d'autre, mais ne t'enferme pas sur toi-même.

Harry vit alors le visage du vampire blond s'imposer à lui. Il n'était pas seul. Qui avait dit qu'il était seul?

Je dois voir Malfoy.

-Tu ne ramènes jamais d'amis à la maison, jamais. Est-ce que tu en as à l'école? Dis-moi au moins qu'il y a quelqu'un à qui tu confies tout ce que tu me caches.

Je dois voir Malfoy. Il saura m'aider. Il saura quoi faire pour Seamus. Et j'ai envie de le voir. J'en ai tellement envie.

-Oui, maman. Il y a quelqu'un.


C'était donc tout pour aujourd'hui. J'espère que c'est pas trop mal. À la prochaine. XD