Chapitre quatorzième

Français qui regardait bizarrement l'avant-centre de son équipe et accessoirement colocataire.

- « Quoi ? Tu veux ma photo ? » gronda ce dernier, fidèle à lui-même.

- « Je l'ai déjà, crétin... Non, j'essayais de te voir comme une fille pourrait te voir. Tenter de les comprendre... »

- « Mais c'est complètement con. T'es un gars. A moins d'être homo, tu ne pourras jamais y arriver. »

- « Mouais... ... » Il ne semblait pas convaincu. Pour cause... « Purée, tu me donnes froid comme ça, passe donc un T-shirt... Ordre du manageur, va pas attraper un rhume. »

Manu ne savait plus où poser les yeux. L'espace semblait être rempli de Kojirô Hyûga qui affichait sa masculinité à tout va. Ce dernier haussa les épaules et obéit. Le Français n'avait pas tort, et comme de toute façon, c'était bientôt l'heure du repas, il fallait se préparer pour la cantine. Et puis, Kojirô avait fini de repasser ces *%£^$ de chemises d'uniforme, et il faisait soudainement moins chaud maintenant que la vapeur du fer s'était dissipée.

- « Qu'est-ce que tu as me poser des questions pareilles ? » reprit le footballeur. « Il s'est passé quelque chose avec Norito-chan? »

- « Rooo, pour la dernière fois ! Il n'y a rien et il n'y aura jamais rien entre elles et moi ! Ce sont des copines, c'est tout. Tu n'as qu'à te dire que je les vois comme des sœurs. ». Pour cause...

- « ... »

- « Hyûga, les filles sont bien la dernière chose que j'ai à l'esprit en ce moment! J'ai déjà assez de problèmes comme ça ! » Pour cause...

- « ... » Le Japonais se taisait, car il n'avait pas grand chose à dire. Et puis, il était en train de chercher la chaussette jumelle de l'orpheline qu'il venait de récupérer dans son tiroir, donc il était déjà bien occupé. Parce qu'avec lui, c'était une chose à la fois, et la transition ne devait pas être rapide. Rooh, c'est méchant, mais parfois, ce n'était tellement faux non plus.

- « Bon, d'accord, pas des sœurs. Mais des amies... J'en ai jamais eues, des copines filles, alors crois-moi, je n'ai pas envie de les perdre. »

Encore une fois, Kojirô ne répondit pas immédiatement. Manu semblait de toute façon très bien se débrouiller tout seul pour faire la conversation. Mais finalement, le Français ne dit plus rien.

- « C'est vraiment intéressant, de traîner avec des filles ? » Cette question brûlait les lèvres du capitaine depuis longtemps. Personnellement, il n'avait jamais trop compris ce qu'il pouvait avoir à dire aux filles, puisqu'elles ne comprenaient rien au foot.

- « M'ouais... C'est quoi, ton genre de fille ? »

- « Hein? »

- « Qu'est-ce qui t'attire, chez les filles ? »

- « Pas grand chose. » Ben ouais... A moins qu'elles ne s'y connussent en foot, c'était mort, du point de vue du Tigre.

- « … est-ce que tu es attiré par les filles? »

- « NON MAIS C'EST QUOI, CETTE QUESTION? » Non, mais c'est qu'il commençait à lui courir sur le haricot, le Frenchy!

- « Ben quoi ? Ma question est légitime, après tout. Si les filles ne t'intéressent pas plus que ça, tu es peut-être simplement pas attiré par les filles. Ce n'est pas un crime d'être homo ou pas intéressé, si ? »