Paris. 1793.
Samedi. - Marinette partit dans un grand éclat de rire, tout en pétrissant la pâte blanchâtre sous ses fins doigts.
« Tu veux que je t'accompagne au grand bal masqué organisé pour l'anniversaire du prince ? Laisse-moi rire, Alya ! »
La jolie boulangère jeta un regard à son amie, qui s'était assise sur la table où travaillait Marinette. Alors qu'elle n'obtenait aucune réponse, elle reporta son attention sur son pain, et se remit à pétrir la pâte. Les efforts et la rudesse de son travail se lisant sur le visage de Marinette, elle essuya avec sa main les perles de transpiration qui perlait sur son front. Une fois la pâte ayant pris la forme souhaitée, Marinette l'enfourna, et tout en réglant la température du four, continua sa discussion inachevée avec sa meilleure amie.
« Seuls les nobles sont invités à ce bal, je ne vois pas pourquoi je devrais y aller. Je ne suis qu'une vulgaire boulangère, une roturière ! »
Alya soupira, et Marinette esquissa un vague sourire. Sans même s'accorder une pause, elle se remit à pétrir une autre pâte, tentant de lui donner la même forme que la précédente.
« Mais enfin, Marinette ! Tu es tout de même la meilleure boulangère de Paris. Tout le monde s'arrache tes pâtisseries. Et c'est un bal m-a-s-q-u-é, personne ne te reconnaîtra. Allons, Marinette, viens avec moi ! »
Alya fit cette moue, plantant ses yeux chocolat dans ceux de Marinette, et la boulangère sut qu'elle ne pouvait pas refuser. Elle poussa un long soupir, détournant le regard, pour se concentrer sur le pain qu'elle était en train de faire, y cherchant sans doute une inspiration quelconque. Résignée, elle sortit précieusement le premier pain du four, et enfourna le deuxième. C'était tout un travail de précision, et Marinette adorait cela. Aucun pain n'était pareil. Chacun avait une forme différente, une odeur différente, ou un goût différent. Marinette se passionnait à essayer des recettes plus farfelues les unes que les autres, à concevoir des pâtisseries toutes en couleurs, et à enchanter ses clients avec ses subtiles délices. Marinette adorait son travail, et pour rien au monde elle ne l'aurait changé.
Son regard dériva et tomba sur une photo qui prenait la poussière, dans un coin de son magasin. Avec un léger sourire, elle adressa une prière silencieuse à ses parents, morts d'un accident de calèche, il y avait plus d'un an.
Lorsqu'ils étaient morts, Marinette avait tout perdu. Elle était abandonnée, laissée seule et triste, à gérer la boulangerie de son père, ainsi que leurs dettes financières que lui avaient laissés ses parents. Elle aurait pu craquer, oui. Elle aurait pu craquer, si Alya n'avait pas était là pour elle. Et pour cela, elle lui serait éternellement reconnaissante.
« D'accord. » finit-elle par soupirer.
Alya était la duchesse d'une contrée voisine, même si elle passait plus de temps à Paris. Elle fréquentait la boulangère depuis toujours, depuis qu'elles s'étaient rencontrées dans les rues de la capitale, étant enfants. Alya avait était là lorsque Marinette avait perdu ses parents. Elle l'avait épaulée comme elle le pouvait, même si Marinette refusait tout l'argent que lui proposait Alya. Et puis un jour, la boulangère s'était relevée, plus forte, avant de prendre son envol vers un passé plus heureux.
Alya sautilla autour de la boulangère, aux anges. Elle lui fit son sourire craquant, et la remercia du fond du cœur. Même si la duchesse ne voulait pas l'avouer, Marinette savait qu'Alya était tombée amoureuse d'un des comptes résidant au palais il serait sûrement présent au bal, et Alya n'avait pas le courage d'y aller seule. En amour comme à la guerre, les deux jeunes filles s'épaulaient et s'aidaient toujours.
Marinette, elle, ne s'était jamais intéressée à l'amour. Depuis la mort de ses parents, elle s'était bornée à son travail, pour rembourser toutes les dettes en suspend. Au fond, elle avait peur de perdre à nouveau une personne chère, de sombrer encore et encore, de sentir son cœur qui se brise en milles morceaux. Plus jamais elle ne voudrait sentir à nouveau ce sentiment. Son cœur qui saigne, qui coule d'un acide encore plus ardent que les milliers de larmes qu'elle avait versé le jour fatidique.
Marinette baissa les yeux, mordant ses lèvres rosées, et se remit à travailler. Puis, sentant qu'elle n'arriverait à rien si elle continuait, elle délaissa un instant son travail pour s'intéresser à Alya qui s'empiffrait des croissants qu'elle venait de sortir d'un de ses nombreux fours. Poussant un soupir exaspéré, elle lui arracha le plateau des mains, pour aller mettre ceux encore intouchés dans sa vitrine. Revenant, elle essuya les mains sur son tablier pleins de farine, et leva son doigt devant le visage d'Alya.
« Pas le droit de manger mes croissants ! Tu le sais bien ! »
La duchesse partit dans un grand éclat de rire, bientôt rejoint par celui, cristallin, de Marinette. Passant sa main dans ses cheveux - retenus par un bandeau rouge aux points noirs fait de ses propres mains, Marinette s'assit à côté de son amie, et posa sa tête contre son épaule. La semaine à venir s'annonçait mouvementé.
Jeudi. Comme elle l'avait prédit, la semaine avait passé sans que Marinette ne s'en aperçoive. Le bal était ce soir, et malgré ses réticences à y aller, Marinette était tout de même excitée. Elle avait travaillé toute la semaine, n'hésitant pas à fermer sa boulangerie plus tôt, pour se créer une jolie robe pour le bal masqué. Elle l'avait enfilé, et elle avait attendu la calèche qu'Alya lui avait fait envoyé. Elle avait carrément prit congé aujourd'hui, elle n'avait donc pas de farine sous les ongles, ni de morceaux de pâtes collés dans ses cheveux. Marinette s'était faite belle, rassemblant sa tignasse rebelle en deux jolis queue de cheval basse. Elle avait troqué son habituel tablier par sa création, un simple corset, et une crinoline rouge aux points noirs. Puis elle avait revêtit un loup, cachant le haut de son visage, maquillant légèrement ses lèvres clairs. Marinette ne se maquillait pas beaucoup elle n'en voyait pas l'intérêt. Et puis, elle était très jolie au naturel – Alya le lui répétait si souvent.
Le carrosse arriva enfin, faisant taire les pensées de Marinette. Le souffle coupé, elle rentra dans la voiture, étonnée de tout le luxe que possédait Alya. Elle eut un léger sourire, rapidement ravalé par une boule qui se formait dans son ventre. Marinette ... appréhendait la soirée ? Elle ne savait pas avec qui elle serait, les gens seraient masqués. Et si elle ne trouvait pas Alya ? Et si elle restait seule, triste, désespérée ? Secouant la tête, elle se dit que son amie ne l'abandonnerai sûrement pas.
Le voyage jusqu'au palais où se déroulait le bal masqué passa vite. Marinette avait perdu son regard sur la route qui se déroulait derrière elle, essayant de ne pas penser à la fête qui l'attendait. Lorsque la calèche s'arrêta, et Marinette descendit, tenant sa robe d'une main, s'appuyant contre la main que lui tenait le majordome de l'autre. Elle lui fit un sourire reconnaissant, et se laissa guider jusqu'à l'intérieur, où une musique agréable se faisait entendre. Le majordome la laissa à l'entrée d'une grande salle, noire de monde et s'inclina, avant d'aller accueillir – probablement – de nouveaux invités. Marinette remplit ses yeux de toutes ces couleurs, de tous ces costumes, de tous ces gens qui garnissaient la salle. Elle fit quelques pas, émerveillée, riant en voyant un costume d'éléphant, prenant peur en voyant un de zombie. La fête ne faisait que commencer !
Elle fit à nouveau quelques pas, avant de s'arrêter et de chercher Alya du regard. Puisque Marinette avait cousu main le costume de son amie, elle n'aurait aucun souci pour la reconnaître. Mais pourtant, il n'y avait aucune trace de la duchesse. Tandis qu'elle soupirait, elle rencontra une paire de yeux émeraude. S'arrêtant net, elle dévisagea - non sans retenue – le détenteur de ce regard ardent qui lui souriait joliment. Il était tout de noir vêtu, son visage apparemment angélique caché par un loup noir, et dans ses cheveux blonds – légèrement rebelles – trônait des oreilles de chat. Baissant le regard, elle sentit ses joues s'empourprer, et lorsqu'elle releva les yeux, le chat était près d'elle. Il sourit, et le cœur de Marinette rata un battement. Le chat avait une allure apaisante, et la jeune fille sut qu'elle pouvait lui faire confiance. Il dégageait une aura de bien-être, de sincérité et Marinette admirait la confiance qui émanait de lui.
« Puis-je connaître votre nom ? » demanda-t-il, suave.
L'inconnu avait un timbre de voix agréable, ses paroles faisant vibrer quelque chose en Marinette. Elle lui rendit son sourire, et avec candeur et timidité, elle enroula une de ses mèches autour de son doigt – signe de sa nervosité intérieure. Elle ne voulait pas dire son prénom, elle ne voulait pas le décevoir, s'il apprenait qu'elle n'était qu'une simple boulangère. Au fond, elle n'avait pas vraiment sa place ici. Elle se demanda une énième fois ce qui était passé par la tête de son amie. Elle secoua légèrement la tête, et réfléchit à un autre nom. Ou de moins un surnom, qui ne dévoilerait pas qui elle était. Elle baissa un instant les yeux sur sa jolie robe, avant de relever la tête, et de déclarer, yeux dans les yeux.
« Ladybug. »
Marinette était très fière. Un de ces plus grands regrets étaient de ne pas pouvoir apprendre à parler anglais. Le seul mot qu'elle savait dire était Ladybug. Coccinelle. Ce petit être représentait beaucoup aux yeux de Marinette elle se souvenait encore lorsqu'elle leur courait après, alors qu'elle n'était pas plus haute que trois pommes. Elle se rappelait le sourire de ses parents, leurs regards ... Elle secoua la tête. La coccinelle avait toujours était son porte-bonheur, en quelques sorte.
L'inconnu, quand à lui, s'était avancé, et avait délicatement pris la main de Marinette, pour laisser un doux baiser sur le dos de sa main. Marinette frissonna, et l'inconnu, gardant sa main dans la sienne, se redressa, attirant Marinette contre lui. Son regard escroc emprisonnant celui de la jeune française, il murmura, son souffle chaud et doucement fruité caressant les lèvres de sa proie :
« Dans ce cas, ce sera Chat Noir pour moi. »
Marinette était hypnotisée, prisonnière de ce Chat Noir, de ses lèvres, de ses bras, de tout son être, de sa solennité. Elle ne pouvait détacher son regard de ses lèvres qui abordaient un sourire satisfait. Elle frissonnait lorsque leurs deux corps se rencontraient, par hasard, par sensualité. Marinette essaya de se défaire de l'emprise du Chat. Mais trop tard, elle était piégée, et cela la rendait dingue. Que lui arrivait-il, bon sang ? Pourquoi se mettait-elle dans tous ces états pour un chat-rlatan masqué ?
Elle se détacha de lui – à regret, même si elle refusait de se l'avouer, et vit le sourire adorable de Chat Noir disparaître. Elle baissa les yeux, coupable, mais recula tout de même. Lorsqu'elle releva la tête, il n'était plus là. Un courant froid la parcourut, et elle le chercha avidement, comme s'il était son dernier espoir, comme s'il était réellement important.
Elle ne le trouva pas. Au lieu de ça, elle trouva Alya. Son amie sautilla jusqu'à elle, un sourire ravi sur les lèvres. Elle serra Marinette dans ses bras, puis tournoya sur elle-même, comme aux anges. Marinette, le sourire aux lèvres, en déduisit immédiatement qu'Alya l'avait vu, lui, et personne d'autre. Elles eurent ce petit rire complice, et elle finirent par se mettre à l'écart pour discuter plus calmement.
Alya était une fille facile ! Marinette ne comptait plus les fois où elle s'était vue obligée d'écouter les amourettes de la duchesse. Et depuis quelques temps, elle louchait un peu trop sur Nino, un des amis du prince. Marinette aurait avec plaisir aider son amie, mais elle ne connaissait pas le principal intéressé. Et puis, elle n'était pas de la haute société, elle ne pouvait pas fréquenter des nobles comme elle le voulait. Alya était une exception.
« Il était là ! Et si tu l'avais vu Marinette – oh mon dieu je vais m'évanouir – il était si beau ! Son costume de vampire lui va si bien et, ... » commençait une Alya surexcitée.
Marinette éclata de rire, écoutant les incessantes déblatérations de son amie. Elle adorait Alya, mais bon sang ce que celle-ci pouvait être agaçante quand elle s'y mettait. D'habitude, Marinette s'amusait à taquiner la duchesse au sujet de son amour secret, mais ce soir, le cœur n'y était pas. Elle scrutait la salle, cherchant désespéramment à apercevoir le mystérieux Chat Noir de tout à l'heure. Au bout d'un certain temps, la jolie française entendit un soupir.
« Qu'est ce qui se passe Marinette ? Tu es pensive ? » dit Alya.
Marinette sursauta, et rougit, prise sur le fait. Depuis toujours, Alya avait le don de savoir lorsque Marinette allait mal – ou quand elle était absente, comme actuellement. Et la noiraude avait beau dire ce qu'elle voulait, elle finissait toujours pas tout avouer devant le regard profond de la duchesse. Marinette ne pourrait donc jamais tenir de secret. Elle soupira, résignée, et fixa le sol de ses yeux bleus.
« Et bien avant ... Il y a avait cet inconnu – non, Chat Noir, et ... »
La lumière s'éteignit soudainement, coupant la jeune fille, et un silence de plomb se fit. Marinette s'approcha rapidement de son amie, cherchant son regard. Celle-ci haussa les épaules, autant perdue qu'elle, et reporta son attention sur le centre de la salle, où une légère agitation se faisait entendre. Aussi soudainement que la lumière s'était éteinte, une halo lumineux illumina un piano, d'un noir très luxueux, clair et candide, aux touches noires délicates. D'un accord commun, les deux filles se rapprochent, et rapidement, un rond se forma autour du mystérieux piano. Marinette ne savait pas comment il était arrivé là si rapidement, mais elle ne pouvait détacher ses yeux de celui-ci, intrigue, émerveillée.
Puis soudain, fendant la foule sur son passage, il marchait, de sa grâce, de sa prestance et de son élégance habituel. Il était là, auréolé de ses cheveux d'or, un air hautain sur le visage. Croisant le regard de Marinette dans l'assistance, il lui fit un sourire amusé, et quelques personnes se tournèrent vers elle, intriguée, agacée. Des murmures se firent entendre, et Marinette tendit l'oreille, essayant de distinguer des brides de phrase. Puis elle finit par comprendre. Il était le prince. Cela expliquait tout ! Cette prestance hypnotisante, cette beauté éphémère, cette confiance et cet air hautain. Avec un frisson, Marinette se rendit compte qu'elle était tombée. Tombée amoureuse d'un prince de ce prince.
Nullement gêné par les rumeurs lors de son passage, le prince s'installa avec une délicatesse dérisoire devant le piano. Il ferma les yeux, et de ses longs doigts fins, il effleura doucement les touches de l'instrument. Puis, sans attendre le silence, sans attendre la permission, il se mit à jouer. Les premières notes étaient douces, et Marinette dût retenir un frisson lorsqu'il se mit à chanter. Sa voix résonnait gravement, dans la salle, dans la tête de Marinette, devant l'assistance choqué elle aussi.
- If I risk it all
Si je mise tout cette fois-ci
Et la chanson continue, les notes semblent s'envoler dans la salle. Marinette a le regard fixé sur les lèvres du Chat qui bougent inlassablement. Les mains jointes, posées sur sa poitrine, elle sent son cœur battre à tout rompre, déchirant sa poitrine d'un sentiment qu'elle ne connaît pas du moins pas encore.
- Could you break my fall?
Ralentiras-tu ma chute ?
Une boule se forme dans le ventre de Marinette. Elle se met à mordiller ses petites lèvres, tandis qu'elle reste prisonnière. Prisonnière de sa voix, de son regard. Elle tombe, inlassablement, irrésistiblement et follement amoureuse.
- How do I live? How do I breathe?
Comment puis-je vivre, comment puis-je respirer?
La voix du prince s'amuse à monter dans les aigus, à les taquiner légèrement avant de redescendre dans des tons plus graves, donnant un charme à ses paroles. L'émotion se lit à travers son chant, et le prince ferme inlassablement ses yeux, concentré.
- When you're not here I'm suffocating
Quand tu n'es pas là, j'étouffe
Il ouvre ses yeux. Et tendrement, il plonge son regard dans celui de Marinette. Il sourit, et continue à chanter. Fiévreusement, amoureusement. Il chante pour elle. Et elle le regarde, oh oui elle le regarde. Elle le sait, qu'elle pourrait le regarder inlassablement jusqu'à la fin de sa vie.
- I want to feel love run through my blood
Je veux sentir l'amour parcourir mon sang
Marinette se demande comment elle peut éprouver ses sentiments si rapidement. Elle n'a jamais aimé. Elle n'est pas prête. Elle a peur. Mais la voix du prince la berce, la calme. Elle sait qu'elle peut avoir confiance, elle se laisse faire. Elle ferme les yeux, et se laisse envahir, encore et encore, inlassablement, par sa voix mélodieuse.
- Tell me, is this where I give it all up?
Dis-moi, est-ce à ce moment-là qu'il faut renoncer à tout ?
Marinette ne regrette plus, à présent, d'être venue à ce stupide bal masqué. Rouvrant ses yeux mouillés – ce sont des larmes ? –, elle sourit à Alya qui la regarde. La duchesse a déjà compris, bien évidemment. La duchesse connaît son amie, elle la connaît si bien. Et sans mot, sans rien de plus qu'un regard, elles se comprennent inlassablement. Marinette avait beau essayer de nier, son regard voulait tout dire. Et son cœur, lui, ne mentait pas.
- For you I have to risk it all
Pour toi, je miserai tout
Marinette laisse l'émotion la submerger. Avec étonnement, elle permet à ses larmes de couler le long de ses joues rosées, sans honte, sans remord. Elle laisse la voix doucereuse du Chat Noir guider son cœur, son esprit. Et elle sombre, dans sa mélodie, dans son amour. Elle veut écouter cette chanson toute sa vie. Inlassablement.
- Cause the writing's on the wall
Parce que c'est gravé dans le mur
La chanson prit doucement fin, au grand regret de Marinette. La lumière se fit, et elle sécha ses larmes, du dos de sa main. Bientôt, les gens s'entassèrent pour parler au prince, et Marinette le perdit de vue. Elle reporta son attention sur Alya, qui lorgnait sur un vampire plus loin. Son sourire s'élargit lorsqu'elle poussa doucement son amie vers lui. Celle-ci lui fit un regard curieux, et Marinette déclara, prenant une fausse voix enjouée.
« Fonce ! Ne t'inquiète pas pour moi, fonce ! »
Les pouces en l'air, elle suivit son amiedu regard, et une fois la duchesse hors de vue, elle s'autorisa à pousser un soupir. Elle regarda autour d'elle, et, avisant des portes ouvertes donnant accès sur le balcon, elle marcha doucement jusqu'à l'extérieur. Étrangement, elle sentait des regard sur elle, mais elle n'y prêta pas attention, et sortit, la tête droite et haute. Dehors, il faisait frais, mais Marinette n'avait pas froid. La lune était haute, et la jeune boulangère perdit son regard dans les étoiles. Puis, son regard parcourut le vaste jardin royal qui s'offrait devant elle. Elle s'amusait à compter les petits arbustes, à contempler la grande fontaine. Elle fit quelques pas, distinguant des petits points de lumières lointains. Elle en déduisit que Paris été illuminé ce soir. Elle pouffa de rire, se demandant où pouvait bien se trouver sa boulangerie parmi toutes les lumières qu'elle distinguait.
Soudainement, elle se rendit compte qu'on l'observait. Sur la retenue, elle tourna vivement la tête, et dévisagea l'homme qui était assis sur le bord du balcon. Son cœur rata un battement, et son visage s'embrasa. Le prince en personne était là, le regardant avec ce même sourire amusé. Au vu de sa tête, cela devait bien faire plusieurs minutes qu'il était ici, à observer Marinette. Sentant ses joues devenir de plus en plus rouge, elle baissa ses yeux, et jamais le sol n'avait été si intéressant jusqu'à présent.
« Jolie vue, n'est ce pas ? »
Marinette ne savait pas s'il parlait vraiment de la vue depuis qu'il était là, son regard n'avait pas quitté un seul instant la jolie française. Elle essaya tant bien que mal de répondre à sa question, mais les mots restaient désespéramment coincer dans sa gorge. Au final, elle se contenta de hocher la tête, sentant cet affreux sentiment de gêne l'envahir. Un léger silence fit place, bien vite rompu par le prince, qui avait négligemment sauté auprès de la demoiselle. Il s'empara rapidement de sa main, et la fit tournoyer une, deux, trois fois sur elle, avant de l'attirer tout contre lui. Il avait toujours ce même sourire amusé, taquin, qui rendait Marinette folle. Elle plongea ses yeux dans les siens, essayant de lire en lui, de percer à jour ses moindres secrets et désirs. Mais il était fermé, désespéramment fermé, une sorte de tristesse se lisant au fond de son regard. Marinette inclina légèrement la tête de côté, et lui fit un sourire adorable. Elle voulait lui faire comprendre qu'elle l'aimait, qu'elle était là pour lui.
Mais la violence de ses pensées revinrent à l'assaut. Elle ne savait pas qui il était. Elle ne pouvait pas prétendre l'aimer, alors qu'elle ne savait même pas son prénom. Baissant les yeux, elle se détacha à son étreinte, se mordant les lèvres. Chat Noir. Chat Noir. Cela sonnait plutôt bien, c'était agréable à prononcer, à écouter. Ce nom résonnait en elle comme un écho d'espoir, un écho d'amour et de privilège. D'un côté, Marinette adorait se faire courtiser par ce sombre Chat, elle adorait ses moues, ses sourires, sa présence, sa chaleur ... Mais d'un autre, elle savait que cet amour n'était pas possible. Il était prince, elle boulangère. Elle était tombée amoureuse, il était trop tard pour revenir en arrière. Mais elle pouvait toujours essayer de l'oublier, de passer à autre chose.
Coupant court à ses pensées, Chat Noir passa à nouveau une main dans son dos, et l'autre derrière sa tête, l'approchant encore de lui. Marinette pensa un instant qu'il était vraiment insistant, dans son genre à ne jamais ...
Doucement, il avait posé ses lèvres sur les siennes, faisant taire ses hésitations, ses tourments. Au diable la noblesse, pensa Marinette après quelques instants. Entourant le cou de Chat Noir, elle lui rendit timidement son baiser, puis avec un peu plus d'ardeur et d'envie. Leurs langues se mêlaient doucement, se découvraient avidement, s'animaient fougueusement. Marinette aurait voulu que ce baiser dure éternellement, mais elle finit par le rompre. Les joues rosies, l'esprit embrumé, elle mit quelques secondes avant de vraiment se rendre compte de ce qu'ils avaient fait. Rapidement, elle se détacha de lui, et passa ses doigts sur ses lèvres, là où les lèvres du prince s'étaient posées. Elle secoua la tête, le cœur déchiré, partagée entre son amour, et sa raison.
« Je suis désolée ! Nous ... Nous n'aurions pas dû ! Tu ... Tu es le prince, et moi je suis juste boulangère ! Nous ne pouvons pas être ensemble ! »
Elle sentit les larmes couler. Pourquoi pleurait-elle au juste ? Ce n'est pas comme si il y avait pu y avoir quelque chose entre eux ... Elle ne devait pas se prendre la tête, juste l'oublier il n'était que l'amourette d'un soir, surtout. Elle lui tourna le dos, pour ne pas voir sa mine déconfite. Elle se mit à marcher rapidement, laissant le prince à son chagrin. Elle se mit même à courir. elle ne voulait pas qu'il la suive, qu'il mette son cœur en dérive, comme il semblait savoir si bien faire.
Elle courait sans vraiment regarder où elle allait. Très vite, Marinette était perdu, mais au moins, Chat Noir ne l'avait pas suivie. Avisant un saule pleureur, elle décida de s'asseoir sous celui-ci, le temps de reprendre son souffle. Elle entoura ses genoux de ses bras, et mit sa tête entre ceux-ci, sentant les larmes revenir à nouveau. Mais qu'est ce qu'elle avait fait, bon sang ? Elle avait encore de la peine à réaliser ce qu'il s'était passé. Le prince l'avait embrassée, elle, et personne d'autre. Et elle l'avait rejeté, avant de s'enfuir comme une voleuse. Elle secoua la tête. Elle se sentait coupable, mais elle se reprit bien vite. Le Chat n'avait pas trouvé quelqu'un d'autre à draguer. Ce n'étaient pas les prétendantes qui manquaient, et ce, Marinette en était sûre. Marinette se décida à rentrer elle n'avait plus rien à faire ici de toute manière, et elle n'oserait jamais se montrer à nouveau devant le prince. Elle sortit de son abri provisoire, et emprunta un petit sentier qui – elle l'espérait – la ramèneraient vers un carrosse, ou n'importe quoi qui pourrait la faire rentrer.
Sous ses pas, le chemin se succédait, mais Marinette n'y prêtait aucune attention, dans ses pensées. Après quelques minutes de marche, elle arriva devant une jolie fontaine, qui devait probablement être celle qu'elle avait vu auparavant, sur le balcon. Elle s'autorisa à la regarder longuement, celle-ci étant probablement la plus belle fontaine qu'elle avait jamais vue. Elle tourna une fois autour, puis deux, et trois, avant de s'asseoir sur le bord, et d'y plonger doucement les mains. L'eau était froide, translucide, et Marinette pouvait voir le reflet de la voûte céleste dedans. Le silence régnait en paix, mais il ne dérangeait nullement la jeune fille, au contraire. Mais le silence fut bien vite brouillé par des voix et des pas. Marinette se leva, alarmée, croyant de Chat Noir l'avait retrouvée, mais ce n'était pas lui. Deux filles venaient de debout devant elle, des airs supérieurs et hautains sur le visage. La première, qui semblait être la plus supérieur, avait des cheveux blonds, attaché en une élégante queue de cheval. Elle portait un costume similaire à celui de Marinette, un corset jaune, et une jupe noir rayé de blanc. Marinette se dit qu'elle ressemblait à une abeille. La deuxième était rousse, et elle portait un costume intégral de chien.
La blonde fit un grand sourire, et claqua des doigts, prenant une voix aiguë.
« Mais qui voilà ! Je te cherchai, justement ! »
La rousse s'était approchée d'elle, et sans que Marinette ne puisse faire quoique ce soit, elle lui saisit les bras, l'empêchant de se débattre, la couchant par terre, inconfortablement, le haut de son corps à moitié de la fontaine. Marinette eut un hochet de surprise et tenta de se débattre. Elle entendit des ricanements, tandis que la rousse tordait ses bras pour la calmer.
« Tu te demandes qui je suis ? Marinette ne voulait pas savoir, mais la blonde continua. Chloé Bourgeois, la Chloé, la plus belle, et surtout celle qui fera tomber le prince à ses pieds. »
Marinette entendit « Chloé » s'avancer vers elle, et posait sa main sur sa tête, tirant ses cheveux. Marinette avait quasiment la tête dans l'eau, et elle sentit des larmes d'humiliations perler dans ses yeux. Pourquoi est ce que cela lui arrivait, à elle ? Elle n'avait rien demandé !
« Et tu sais quoi ? Je t'ai vue avec Adrien-chou ! Vous étiez en train de vous embrasser, sale voleuse ! Il est à moi ! Je vais te faire payer pour avoir oser poser tes lèvres sur lui ! »
Sans que Marinette n'ait pu bouger ou parler,Chloé plongea sa tête dans la fontaine, et maintient la pression le plus longtemps possible. Marinette, surprise, but la tasse, et essaya tant bien que mal de se débattre. Lorsque sa tête fut tirer de l'eau, elle toussa, reprenant son souffle, tandis que ses poumons brûlaient. Chloé éclata de rire, et claqua des doigts. L'entrave de ses bras se libéra, et Marinette se releva, pitoyablement, face à elle. Une flamme dans le regard, le cœur brisé, elle cracha sur Chloé. Celle-ci poussa un cri de dégoût, et se mit à sautiller partout, comme si un virus l'avait touché. Se ressaisissant, elle claqua des doigts, et Marinette sentit deux mains se resserrer sur sa gorge. Elle bascula en arrière, tombant dans la fontaine, tandis que Sabrina serrait ses mains sur son cou. Marinette essaya de se débattre, mais très vite, ses forces l'abandonnèrent. Elle commençait à voir des taches blanches devant ses yeux, quand elle entendit la voix criarde de Chloé :
« Sabrina ! Quelqu'un arrive, partons d'ici ! Dépêche toi, idiote ! »
La pression sur sa gorge se relâcha, et la boulangère avala des goulées d'air, tout en toussotant. Les deux filles décampèrent, sans un regard en arrière, et Marinette resta ainsi, étendue dans la fontaine, trempée, humiliée. Elle sentit les larmes perler, et elle ne les retint pas. Elle n'avait plus rien à perdre de toute façon, son honneur avait été piétiné. La jeune française avait encore du mal à voir, et à parler, mais elle sentit tout de même que deux bras se refermait sur elle, et la tirait hors de l'eau glacée. Elle se laissa faire, elle n'avais pas la force, pas l'envie, de se débattre. Elle s'accrocha à cette chaleur, comme à un espoir, comme à un souffle de vie. Une main entreprit de lui réchauffer le dos, l'autre lui caressait les cheveux. Elle soupira, et ferma ses yeux, soudainement fatiguée.
« Hey ... Ne t'endors pas, je suis là, je reste avec toi ! »
Elle ouvrit les yeux. Chat Noir. Bien sûr, qui d'autre ? Il l'avait posé par terre, contre la fontaine, et la regardait avec des yeux inquiets. Elle repoussa sa main, et essaya ses larmes. Pourquoi lui ? Pourquoi toujours lui ? Pourquoi ce n'était pas Alya, elle avait désespéramment besoin d'Alya, en ce moment même.
« Raaah Chloé ... Il poussa un soupir, triste, embarrassé. Cette fille est vraiment une plaie. Je suis désolée, Ladybug, j'aurais dû être là plus tôt ... Non, je n'aurais pas du te laisser partir. Je vais te raccompagner ! Tu veux dormir au palais ? Tu n'es pas en état de rentrer chez toi ... »
Marinette ne savait pas comment, mais elle trouva la force de parler. Elle ferma les yeux, le cœur en morceaux, et articula, comme elle le pouvait : « Je r-... entre. »
Elle se leva, refusa la main de Chat Noir, et s'en alla. Elle avait perdue une chaussure, sa robe était trempée et déchirée, et elle avait mal. Marinette était décoiffée, mais pire encore elle était brisée.
Rentrer fut le pire. Elle trouva facilement une voiture, qui la reconduisit chez elle. Une fois chez elle, elle jeta directement sa robe. A quoi bon la garder ? Elle n'osa pas affronter son reflet, et alla immédiatement dormir. De toute façon, elle travaillait demain.
Samedi. Alya ne voulait pas partir, depuis que Marinette lui avait tout raconté. Son amour interdit pour le beau prince noir, sa confrontation avec Chloé. Alya s'en était voulue elle aurait du rester avec son amie, mais Marinette l'avait rassurée. Elle n'aurait pas dû embrasser le prince.
Tout en pétrissant le pain, elle faisait comme si elle allait bien. Elle avait des bleus aux bras, sa gorge avait gardé des marques rouges et elle avait parfois mal quand elle parlait, mais elle souriait. Elle se relevait, elle oubliait comme elle pouvait.
Quelqu'un entra dans le magasin, comme le laissant supposer le petit dling de la clochette . Marinette revêtit son masque, son sourire et sautilla jusque dans le magasin, pour accueillir ses clients. Son sourire disparut quand elle reconnut les deux arrivants. Le vampire de samedi soir et ... Chat Noir. Bien sûr, ils n'étaient pas déguisés, et Marinette put enfin admirer à quel point le prince était beau. Son cœur rata un battement, et elle le maudit intérieurement. Alya passa comme une flèche devant elle, et se jeta dans les bras du '' vampire ''.
« Nino-chou ! »
Marinette sourit. Ainsi Alya avait pu conclure avec son beau Nino. Elle était heureuse pour elle. Elle reporta son attention sur le prince qui ne l'avait pas quitté du regard. Perdant son sourire, elle croisa les bras sur son tablier pleins de farine.
« Que-ce que tu ... Qu'est ce que désire sa Majesté ? » dit elle, ironiquement.
Le prince sourit encore plus, et s'avançant doucement, plongeant son regard dans le sien. Elle baissa les yeux, refusant tout contact visuel. Il se racla la gorge, et sortit la chaussure que Marinette avait oublié le soir du bal. Elle secoua la tête, ennuyée.
« Simplement rendre ceci à la jolie Ladybug. »
Il jeta un coup d'œil à Alya et Nino, sourit et tourna la tête pour plonger à nouveau son regard dans celui de Marinette. Cette fois-ci, elle le laissa faire, essayant de lui faire ressentir toute la tristesse qu'elle éprouvait.
« Marinette, je ne me trompe pas ? C'est un joli prénom. »
Sa voix était légère, et le compliment flotta un instant dans l'esprit de Marinette. Elle rougit légèrement, et détourna le regard. Elle prit sa chaussure, et la jeta directement à la poubelle, sans plus de considération. Elle était brisée, il croyait sincèrement qu'une chaussure pourrait redorer sa fierté blessée ?
Elle entendit un léger soupir amusé – pourquoi diable trouvait-il cela amusant ?
« Tu es encore plus jolie comme ça, que lors du bal masqué, Marinette. »
Elle frissonna, sa voix était suave. Mais elle restait muette, désespérément muette. Elle ne savait pas quoi dire, et puis, même si elle l'avait voulu, aucun mot ne serait sorti de sa bouche. Pour le remercier – en quelques sortes, elle saisit plusieurs des pains qui venaient de sortir du four, et les donna à Chat Noir – non, Adrien – n'osant à peine le regarder. Elle savait qu'il souriait, et cela lui mit du baume au cœur. Sans rien ajouter de plus, elle courut à l'arrière de la boutique, trop timide pour parler, trop gênée pour le regarder. Trop amoureuse pour tenter quoique ce soit.
Alya la rejoignit quelques minutes plus tard, le sourire aux lèvres. Adrien avait égayé sa journée, en quelques sortes. Et même si leurs amours étaient impossible, elle décidait de s'accrocher, de l'aimer malgré tout.
Dimanche. Des bras la secouaient fortement, la tirant du sommeil. Comateuse, elle reconnut le visage paniqué d'Alya, et tenta de la calmer.
« Qu'est ce qui se passe, Al-.. »
La duchesse la coupa immédiatement, elle la poussa hors du lit, lui jetant des habits dessus.
« Casse-toi ! Ils arrivent ! Ils viennent pour toi ! Le prince est mort, Marinette, empoisonné ! Et le poison a été trouvé dans ton pain ! Tu dois t'enfuir, maintenant ! »
Marinette poussa un cri d'horreur. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais elle crut Alya – bien qu'elle ne pouvait pas croire que son amour soit mort. Elle enfila rapidement un pantalon, et un pull, quand elle entendit la porte de sa boulangerie voler en éclat. Elle jeta un regard paniqué à son amie, et la poussa dans le placard. Elle lui sourit, essayant d'être rassurante.
« Cache toi, je vais me livrer. Je n'ai rien fait, il ne m'arrivera rien ! »
Et elle descendit. Vers son destin. Vers la mort.
Lundi. Comment la situation avait pu arriver là ? Marinette avait soif, elle avait faim aussi. Les larmes avaient coulés toute la nuit, elle n'avait pas réussi à fermer l'œil de la nuit. Il était mort, elle le comprenait enfin. Elle n'avait pas pu le voir, mais son cœur hurlait, son âme était déchirée. Et c'était sa faute, soi disant. Les pains étaient empoisonnés, mais Marinette ne l'avait pas fait ! Ce n'était pas elle, elle se tuait à le dire, à le hurler. Mais les murs retenaient ses cris, et les gardes restaient sourds à ses plaintes.
La porte s'ouvrit soudain, et elle crut qu'on la libérait. Mais on lui attacha les mains, et elle fut forcée à suivre une armoire à glace. Elle ne savait pas où il l'a menait, même si au fond d'elle, elle le savait. Il ouvrit une porte, et le soleil illumina Marinette. Elle fut éblouie un instant, et elle contempla le ciel d'un bleu rare. Un coup dans le dos la fit avancer. Elle comprit en voyant les gens rassemblés ici. Elle comprit en voyant la corde. Elle secoua la tête.
« Je n'y suis pour rien ! Croyez-moi ! »
Elle s'égosilla, elle pleura. Elle regarda les gens rassemblés. Certains la regardaient avec haine, d'autre avec peine. Elle vit Chloé, qui faisait semblant de pleurer. Puis Alya, qui, elle, pleurait à chaude de larmes. Puis, Nino, qui conseillait la duchesse. Puis un sac fût mis sur sa tête, et elle ne vit plus rien. Non ! Elle voulait voir, elle voulait vivre ! Elle sentit la corde se resserrer sur son cou, où des marques rouges se voyaient encore. Elle pleura, pour la dernière fois. Elle ferma les yeux, et sa dernière prière alla pour Adrien. Elle espérait pouvoir le rejoindre, elle espérait pouvoir l'aimer là-haut, dans une autre vie.
« Marinette Dupain-Cheng, pour avoir assassiné le prince Adrien I, je vous condamne à mourir pendue. J'espère que vous pourrirez en Enfer ! »
Et le sol disparut sous les pieds de Marinette. Elle tombait et mourait.
Elle mourut au premier coup. Son corps inerte se balança pendant toute la journée, et certains enfants venaient lui lancer des pierres.
Nino observait le corps qui pendait. Il était triste d'avoir du tuer une innocente pour que son plan fonctionne, mais il était tout de même content. Il avait réussi à tuer le prince sans se faire accuser. Il lança un regard complice à Chloé, qui avait si bien su jouer la comédie, rangea une petite fiole argentée au fond de sa poche, et se tourna vers une Alya dévastée. Prenant une voix douce, il la prit dans ses bras et dit :
« Ne pleure pas, ma belle. Elle ne méritait pas de vivre, elle a tué le prince. C'est une meurtrière. »
Ou comment haïr Chloé, Sabrina et Nino. Hahaha. Me voilà avec le chapitre 2, qui est long pour une fois. J'espère qu'il vous plaira, j'ai jamais écrit quelque chose d'aussi long de ma vie haha. J'espère que j'aurais réussi à garder de la qualité tout le long de l'histoire, que ça en devient pas lassant ni rien. Redîtes-moi, j'ai besoin d'avis ! Si jamais, la musique que chante Adrien, c'est '' Writing's on the wall '' de Sam Smith. o/
Le chapitre 3 est en cours, déjà, et il sera bien plus cours. J'ai pas autant d'idées haha.
Merci pour votre lecture, à bientôt ! N'hésitez pas à reviewer ou suivre l'histoire, ça me ferait vraiment plaisir
