SENTIMENTS, DÉSIRS ET PENSEES

Un amour que l'on attendra toujours. Un amour qu'on se refuse, qui est impossible. Un amour que l'on a perdu, celui que l'on a jamais reçu. Ce sentiment qui nous pousse a nous battre. Nous aimons d'amour ou d'amitié, nous aimons, tout simplement. Car être humain, c'est aimer les autres. Voici l'histoire de six amours frustrés.

Résumé : Douze jours, quinze heures, trente minutes, je ne sais plus combien de secondes. Oui… Bientôt treize jours que Lucy ne m'a pas appelé. Parce que mes paroles ne l'atteignent pas…. Sommes-nous trop éloignés ? Nos mondes, nos espace-temps, sont-ils trop différents, trop lointains, pour que mes mots et mes sentiments n'arrivent pas à toucher ton cœur ?

Rating : K

Genre : Romance

Personnages : Loki, Lucy

Encore une fois, merci à tous ceux qui ont lu le précédent OS, et qui m'ont laissé des reviews. Me voici avec le suivant, qui arrive bien plus tôt que ce que j'avais prévu. M'étant levé tôt – trop tôt pour des vacances – j'en ai profité pour avancer ce que j'avais commencé et… voila. Il est un peu plus long que les autres, mais j'espère tout de même qu'il n'en n'est pas ennuyant ! Je ne suis pas particulièrement fan – voir pas du tout – de ce couple, mais tant que les sentiments ne sont pas réciproques ( le pauvre xD ) ça ne me dérange pas. Bref, encore un truc complètement guimauve mais dans un sens – je trouve – un peu plus « dur » que les précédents… Bon j'avoue que je l'aime moyennement et qu'il me laisse perplexe, mais bon, vous verrez. Pour le prochain, je m'y penche déjà, je ne sais pas sur qui il sera exactement. C'est possible que ce soit encore du Gruvia, avec encore ce concept de « temps » qui est présent dans celui-ci, ou un OS sur Ultear écrit en « tu » que j'ai commencé.

EDIT DU 16/04/13. Après une petite promenade sur le fandom, je me rends compte que cet one-shot ressemble particulièrement à un autre récit ! Je pense avoir été influencé - pour l'idée, lorsque j'ai ébauché cet écrit il y a plus d'un an. Néanmoins, je jure que la ressemblance est loin d'être volontaire, et que cet one-shot n'est pas un simple et affreux plagiat ! J'indique donc l'one-shot ressemblant ( qui, en un an, s'était complètement effacé de ma pauvre mémoire ) : L'amour est un sentiment illogique de Celebrath. Mes plus plates et honteuses excuses.

Les personnages appartiennent à Mashima-sama, le texte suivant à moi-même.

Bonne lecture.

THIRTEEN DAYS

Une heure, dix minutes, vingt-cinq secondes… Dix heures, quarante-sept minutes, trente et une secondes… Trois jours, dix-sept heures, vingt minutes, une demie seconde… Douze jours, quinze heures, trente minutes, je ne sais plus combien de secondes. Oui… Bientôt treize jours que Lucy ne m'a pas appelé. Heureusement que le temps passe plus vite, chez moi. Pourtant je reste là, immobile. Pourquoi ne me demande t-elle pas de venir ? Je me languis d'elle un peu plus chaque jour, elle me manque. Et dans le monde des esprits, je suis seul. Tout est beau, tout est parfait. Lucy elle, elle est belle, aussi. Mais elle n'est pas parfaite ! Elle ne me voit que comme une arme, même pas comme un ami, qu'elle pourrait appeler pour lui tenir compagnie. Non, même pour ça, elle préfère Plue. Je lui fais toujours des avances qu'elle repousse, chaque jour avec plus de vigueur. Et parfois, même, pourquoi reste-elle impassible ? Elle pense que je plaisante, mais jamais mon cœur n'a été aussi sincère. Je n'ai jamais été aussi sincère.

Le monde des esprits n'est qu'une prison dorée, dans laquelle nous, esprits, sommes prisonniers. Nous ne pouvons nous aimer, trouver d'autres personnes que des esprits, des esprits, encore des esprits, à perte de vue. Et cette vision me grise, et je me laisse submerger. Nous sommes contraints de servir nos maîtres, quel qu'ils soient. Nous pouvons souffrir, tant pis, nous ne sommes que des armes, des objets dangereux. Lucy a raison. Nous ne sommes pas libres, et au final, même un chien a plus de droits que nous. Moi qui ai vécu si longtemps sur Heartland, je sais ce que nous ratons. Et le monde est injuste. J'aime Lucy, ma maitresse, mon amie. Et je la hais. Car sans elle à mes côtés, dans mon monde contrefait, je ne vis pas, je survis à peine. Et toute cette diversité est magnifique, chez eux. Les gens sont de milles couleurs, ils changent, ils ont des états d'esprit. Et Lucy… C'est la plus belle.

Je suis tombé amoureux, de cette vie. De toutes ces filles singulières que j'ai rencontrées. Toutes plus belles les unes que les autres, mais toutes semblables, au fond. J'ai su trouver les mots, les apprendre par cœur, pour les combler. J'en ai rencontrées de nouvelles, et je suis tombé amoureux. Pas d'elles. Simplement de… Cette diversité, ce changement… Et chaque jour je m'étonnais, je découvrais autre chose. Alors, me lassant, je changeais de copine. Puis le temps a passé, et je n'étais plus seul. J'étais entouré. Et au début, je me suis laissé emporter, j'étais ivre de ces sensations qu'elles me procuraient et… Bien que je me sente toujours seul, dans mon cœur, leur compagnie me plait, me réconforte. Mais Lucy, c'est autre chose. Avec son caractère franc, ses belles paroles, ses romans à l'eau de rose qu'elle passe son temps à rédiger… Et elle est belle quand elle s'énerve, et elle est belle quand elle me frappe. Elle a ce caractère incompréhensible qui fait que je l'aime tant.

Parce que mes paroles ne l'atteignent pas…. Sommes-nous trop éloignés ? Nos mondes, nos espace-temps, sont-ils trop différents, trop lointains, pour que mes mots et mes sentiments n'arrivent pas à toucher ton cœur ? J'ai la certitude, au plus profond de mon âme, que Lucy m'aime. Parce que c'est une bonne personne. Parce qu'elle est sûrement incapable de haïr réellement. Et aussi parce que je suis son esprit. Et qu'elle aime ses esprits, c'est une bonne maitresse. Elle nous aime sûrement comme un épéiste tient à son épée, comme une maîtresse tient à son chien. Et le chien, lui, il ne peut pas aimer autrement sa maîtresse. Je suis contraint à obéir à ses ordres, à venir seulement quand elle m'appelle, à mourir pour elle s'il le faut. Mais ça, pas besoin de me le dire, je l'aurais fait tout de même. Au début, j'avais peur. Peur de rencontrer une nouvelle constellationiste, qui nous maltraite elle aussi. Puis, j'ai commencé à connaître Lucy, à l'apprécier. Et c'est là que ma chère et tendre est cruelle, impitoyable.

Parce qu'elle m'a aidé, m'a fait l'aimer, nous a aimé en retour. Et je souffre tant. Elle m'a submergé, hypnotisé, et maintenant, je suis prisonnier. C'est une maltraitance psychologique de l'aimer comme cela. Et si j'étais un humain, elle ne m'aimerait pas plus. Mais je pourrais me perdre dans les délicieux méandres du plaisir, oublier avec toutes ces filles différentes, fortes et délicates qu'il y a dans son monde. Je pourrais aimer quelqu'un d'autre. Mais, ici, c'est plus fort que moi, il n'y a qu'elle qui compte. Seul, chez moi, dans mon monde des esprits, il n'y a que son souvenir pour me garder debout. Pourtant, j'aimerais me perdre dans mon monde joyeux et paisible, vivre heureux comme tous ces esprits inconscients qui défilent sous ma fenêtre. Mais je ne peux pas ! Parce qu'elle a emplit mon esprit de tant de beauté, de tant de souvenirs, que je ne peux que trouver mon monde fade et laid, en contrepartie.

A présent, il est trop tard pour moi, et je hais ceux qui peuvent la côtoyer, et je hais, celui qui pourra ravir son cœur que je chéri tant. J'ai envie de hurler de colère, de ne pouvoir être à ses côtés, pour la protéger. Je ne peux rien faire, tant qu'elle ne me le demande pas. Déroger à la règle ? Je le fais, parfois, souvent. Je suis accro, et les heures qui me séparent de ma drogue sont infâmes, dévastatrices. Je hais celui qui aura ce que je n'ai pas, le droit de l'aimer librement, le droit qu'elle me regarde, le droit qu'elle m'aime. Et simplement le droit d'être aimé. Car qui peut bien m'aimer, là ou je suis ? Aries, Virgo, Aquarius… ? Ma vie est vouée à cette fin indélicate et triste, cette vie où je n'aurai même pas connu une seule fois la joie d'être aimé sincèrement. Je regarde par cette fenêtre qui donne sur cet enfer où je vis, décrochant mon regard de cette pendule. Cette pendule qui me dit combien de son temps j'ai passé loin d'elle. Sans qu'elle ne m'appelle une seule fois. Et surtout, combien de temps j'ai tenu avant d'aller moi-même la rejoindre.

Dehors, les collines sont vertes, les prés fleuri. Le ciel du jour est toujours d'un bleu limpide. Les nuages cotonneux s'éparpillent ici et là. Le ciel de la nuit, lui, se pare de milles étoiles et constellations, de toutes les couleurs. Ici, nous vivons en paix, dans l'harmonie et la joie. Alors, qu'envier de plus ? Tout est trop parfait… Une brise fraiche souffle perpétuellement sur notre monde, faisait se courber les feuilles délicates, glissant sur les courbes rondes et appétissantes des pétales de fleurs. Il ne fait jamais ni excessivement chaud ni excessivement froid. Et moi, j'aimerais que le vent furieux fouette mon visage, que le soleil brûlant incendie ma peau… Et là-juste en bas, tous ces esprits qui emplissent mon monde sont comme du bétail, idiot, insouciant, courant partout, en groupe, tous pareils. Nous sommes seulement du bétail, je suis semblable. Et pour le bétail, personne n'a de pitié. Nous attendons l'abattoir, la mort, je ne sais pas, en feintant cette joie qui tient seulement de la bêtise. Pourtant, moi, comme un de ces animaux, j'aimerais oublier son nom, et me complaire dans ce monde. Ce jour-là arrivera-t-il un jour ? Je ne sais. Mais ce serait merveilleux. Ces jours lointains à vivre enfin, sans elle, seront sûrement merveilleux.

[…]

Quand j'arrive, la pièce est plongée dans le noir. Je m'avance à pas feutrés, pour ne pas faire de bruit. Et j'entends sa respiration. Douce, apaisante. Une bouffée d'amour me traverse, mon cœur se serre. Je n'ai pas pu résister. Je ne peux pas résister plus longtemps. Je m'allonge près d'elle, me recouvrant du drap sans un bruit. J'inspire lentement son odeur, tandis que ses cheveux chatouillent mon visage. Que pensera t-elle quand elle se réveillera ? Rien, sûrement… Parce que d'ici là, je serai parti. Elle ne se rappellera plus de rien, ne serait-ce que d'une ombre fugitive qui dort près d'elle. Et elle prendra ça pour un rêve. Ou peut-être croira t-elle que c'est encore Natsu qui est venu squatter. Et alors, son visage magnifique se parera d'une teinte coquelicot adorable. Mais je ne serai plus là pour le voir. Mais… Trêve de questions. Je veux profiter de cette odeur sucrée et fraiche, gorgée d'un soleil que je ne vois pas. Je veux m'endormir et me droguer une fois de plus de sa chaleur, jusqu'à la prochaine fois qu'elle m'appelle. Et… Je m'assoupis doucement dans la nuit, près de celle que mon cœur a choisie. Tant pis si j'ai désobéi une fois encore, si j'ai forcé ma porte sans qu'elle ne le sache. C'est plus fort que moi. C'est de sa faute.

Treize jours sans la voir. Nouveau record.