SENTIMENTS, DESIRS ET PENSEES
Un amour que l'on attendra toujours. Un amour qu'on se refuse, qui est impossible. Un amour que l'on a perdu, celui que l'on a jamais reçu. Ce sentiment qui nous pousse a nous battre. Nous aimons d'amour ou d'amitié, nous aimons, tout simplement. Car être humain, c'est aimer les autres. Voici l'histoire de six amours frustrés.
Résumé : Comment lutter quand on sait que toutes ses certitudes s'effondrent, comme les tours d'un château de carte, autour de nous ? Faut-il rester immobile et se résigner ? Faut-il se relever et lutter ? Et, quand on est poussé par l'envie, sentiment insidieux et malsain, jusqu'où pouvons nous aller pour obtenir ce que l'on souhaite ?
Rating : K+
Personnage : Chelia B.
Genre : Romance/Angst
Vieux texte pas terrible, je le concède. Ça devait être le thème « Envie » pour mon recueil sur les sept péchés capitaux... Puis finalement, j'ai plus envie d'écrire ce recueil (dommage, j'aimais bien mon résumé...) donc bon, je le mets ici, même s'il n'est pas génial, parce qu'il colle bien au thème « Amour pour lequel on se bat » et il fait écho a l'OS précédent qui parlait d'orgueil. Puis je ferme ce recueil, voila, parce que je vais en ouvrir un autre qui me fera office de fourre-tout. Ce qui est sur, c'est que le sixième OS devait parler de Cana ou de Kagura et nous voilà avec Chelia...
Les personnages appartiennent à Mashima-sama, le texte suivant à moi-même.
Bonne lecture.
INVIDIA
Une tristesse. Une défaite. Une prise de conscience. Mais a-t-elle au moins le droit de se résigner ? Si elle abandonne, ce serait le désespoir. Et, le désespoir lui soustrairait tous ses rêves. Et, sans ses rêves tendres et doucereux, elle ne serait qu'une carapace toute vide. Sans espoir et sans amour, elle ne pourrait plus sourire. Elle ne pourrait plus être ce qu'elle est. Mais… Comment peut-elle rivaliser ? Elle doit, elle ne peut faire autrement. A quoi bon y réfléchir ? Les non-dits flottent dans l'atmosphère, jusqu'à rejoindre l'éther. Ces mots imprononcés qui les éloignent encore l'un de l'autre. La timidité. Le refus. Mais aussi, la complicité d'être ensemble. La force de sentir l'autre à ses côtés.
Elle ne fait pas le poids, elle ne vivra jamais la même chose avec son bien aimé. Son bien aimé. Que ces mots sont amers à ses oreilles. Peut-elle au moins le qualifier de cela ? Oh, Sherry lui a dit, le premier amour n'est presque jamais le bon… Mais eux, pourquoi ont-ils le droit de s'aimer ? Hein, pourquoi ? La vie est bien injuste, bien injuste. Pourtant elle se bat, elle se bat… Mais comment lutter quand on sait que toutes ses certitudes s'effondrent, comme les tours d'un château de carte, autour de nous ? Alors elle reste immobile, les yeux perdus quelque part, ailleurs, tandis que, brûlant, gelé, le vent finit de balayer toutes ses croyances. Parce qu'elle ne réussira jamais à les vaincre toute seule. Même à deux, ils n'y arriveront pas. Parce qu'ils sont tout seuls.
Il y a la force devant eux. La puissance face à son regard, l'amour, deux corps unis par le même sentiment, par la même passion, la fusion inéluctable de l'eau et de la glace offerts à ses yeux clairs. Eux, ils ne sont que de tas de chair, séparé par un gouffre bien trop grand. Un précipice qu'elle seule ne peut combler. Ils sont côte à côte, et pourtant bien trop loin l'un de l'autre. Et elle ne peut que fixer ce qu'il se passe. Elle ne peut pas réagir. Il est impossible pour elle de bouger. Ses membres sont rigides, incapables d'esquisser le moindre geste. Un liquide glacé et bouillant circule dans ses veines. Comment continuer de frapper, quand on sait très bien que son rêve est brisé ? Parce que, sous ses prunelles top pâles, il y a ce qu'elle n'aura jamais. Elle ne peut plus continuer de se leurrer. Et, peu à peu, de plus en plus vite, les fissures se forment tout au long de ses songes, comme les brisures d'un miroir.
« Merveilleux… »
Oh… Et qu'est-ce qu'elle les envie. Est-ce cela, le pouvoir de l'amour, est-ce cela ? L'enlacement est si beau, ces jets limpides qui, lentement, se sont solidifié, brillant sous le soleil, inébranlables, pour les vaincre. Et ils ont perdu. C'est une force qu'elle n'aura jamais. Pas si elle continue d'aimer quelqu'un qui n'en a rien fait d'elle. Mais, connaîtra-t-elle une telle beauté un de ces jours ? Elle est éblouie. Tout est sublime. Ne sera-t-elle à jamais qu'une pauvre enfant obligée de sourire, de rire candidement, mignonne à en croquer ? Est-elle si malchanceuse ? On dit des miroirs qui se fracassent, qu'ils apportent nombres années de malheur. Mais pourquoi est-ce si douloureux ? Est-ce bien la souffrance qui a pris la place de son sang ? Tout est trop lumineux, l'instant trop brillant, pour son pauvre cœur. Elle agonise.
Elle les envie, sentiment diabolique qui a pris le contrôle de son corps, chassant, balayant toute douleur, toute tristesse, toute résignation. L'envie a tout arraché, a noirci son cœur, assombri son regard. Et, glacée et transie, la jeune fille se relève. Ils ont échoué. Parce qu'il n'y a pas d'amour entre eux. Parce qu'il n'y en aura jamais. C'était inéluctable. Aucun des deux n'aurait pu enrayer la fatalité, se dresser contre elle. Et elle les envie. Un vent froid a soufflé sur tous ses espoirs… Est-ce que sa main à elle aussi, se liera avec celle de celui qu'elle aime ? Ce n'est plus possible. Ca n'a jamais été possible. Elle frissonne, sa peau diaphane se couvre de chair de poule. Il y a toujours ces non-dits qui flottent entre eux, les empêchant de se rapprocher. Mais, peu à peu, ils disparaissent et se faufilent quelque part dans le ciel. Bientôt, ils auront ce qu'elle convoite.
La beauté de l'instant. Pur. Transcendant. Leurs peaux qui se sont joint, doucement, d'un même mouvement. Comme s'ils ne faisaient plus qu'un. Dans leur regard, la confiance en l'amour, croire en l'autre bien plus qu'en soi-même. Et, aussi, la force d'être ensemble. Ce mot. « Ensemble ». Ces simples lettres qui se suivent, impromptues, sans aucune logique, qui sont venues vriller chacun de leur tympan. Et, il résonne, ce mot, il résonne. Dans son esprit à elle, aussi. Parce qu'ils étaient ensembles. Et qu'eux, même à deux, ils sont tout seul. Alors, est-elle trop jeune pour connaître cela ? Ils ne sont pas fait l'un pour l'autre. Ce n'est pas l'homme de sa vie. Ce n'est pas la femme de sa vie. Mais elle l'aime, elle l'aime, elle l'aime.
Et l'envie renforce son amour. Elle ne veut pas. Elle empêchera. Elle se dressera face à ceux qui ont ce qu'elle veut de tout son cœur. Parce qu'elle ne peut supporter de ne pas accéder au bonheur suprême, à réaliser ses rêves. Puisque son cœur est trop plein d'envie. Trop plein de méchanceté. Elle se relève, le regard plongé vers le sol. Elle lisse sa jupe déchirée, machinalement. Une pulsion malsaine s'est insinuée diaboliquement dans tout son être. Ses cheveux, défaits, pendent mollement. Ils flottent autour d'elle, recouverts de poussières. Ses poings graciles se serrent. Elle les envie. Elle relève la tête. Elle ne peut pas se laisser abattre. Jamais, elle n'a pu voir quelque chose de si pur. De si beau.
« De si merveilleux… »
Et elle aussi, elle est bien décidée à connaître cela. Elle se battra. Quoi qu'il se passe. Elle passera sa vie s'il le faut, mais elle finira par l'avoir. Parce que l'envie insidieuse la pousse, lui offre des ailes, et, une fois repu, sûrement s'envolera-t-il contaminer une autre âme. Mais pour le moment il est bien là, a planté sa serres dans la chair tendre et malléable de la demoiselle. La passion de la jeune fille est mauvaise. Et cette tentation à laquelle elle a succombée, elle l'accueille avec plaisir. Parce qu'elle lui donne de la force. Lui fait perdre son sourire. Et fige sur ses lèvres roses et tendres un rictus décidé. L'étirement, amer, de l'envie, si caractéristique, grimace monstrueuse et tordue. Sur son visage.
« Je serai merveilleuse, moi aussi. »
L'envie a pris possession de son corps.
