Guérison
La nuit est terrible. Des souvenirs que tu voudrais effacer de ta mémoire resurgissent par flashs. La fièvre te fais totalement délirer et tu te débats contre tes vieux démons. Puis tu te sens partir. Et ce scénario recommence presque toutes les heures...
-Ellipse temporelle-
Quand tu te réveilles, tu sens un linge frais déposé sur ton front auparavant brûlant. Un gémissement t'échappes et tu ouvres les yeux avec difficulté. Rogers est assit à côté du lit et t'observe, le menton dans la main, dans une posture pensive.
"_Salut toi" dit-il.
"_Bonjour..." croasses-tu.
Tu te redresses et t'adosses au montant du lit.
"_ ça va mieux? Tu as dormi pendant plus d'une journée." t'informes Steve.
"_ oui ça peut..."
Tu ne finis pas ta phrase, une violente quinte de toux te fauchant la respiration. Le soldat se précipite près de toi et caresse ton dos dans un geste apaisant. Partagée entre la douceur de son geste et le danger qu'il court en restant à tes côtés tu reprends ton souffle, ta poitrine se soulevant de manière erratique. Avalant ta salive, tu lui dis:
"_ ça ira mieux quand j'aurais bu un peu et que j'aurais pris quelques médocs, t'en fais pas pour moi."
Un instant plus tard, une nouvelle toux te secoue et une larme roule sur ta joue, tant la douleur dans tes poumons et ta gorge est intense. Tu reprends difficilement une grande gorgée d'air et soulèves ta tête, espérant que cela permette à tes capacités respiratoires de se remettre en place. Le super soldat continue de te caresser le dos et te tend un verre d'eau que tu t'empresses de boire, savourant la fraîcheur du liquide sur ta gorge en feu. Un soupir de soulagement s'échappe de tes lèvres et tu te détends un peu, savourant la douceur de la paume de sa main.
"_ J'ai bien peur que tu ne doives rester encore un petit bout de temps avec nous [ton nom]..." dit-il en vrillant son regard dans le tien, ce dernier voilé par la fièvre.
"_ Vous êtes des super-héros, vous avez forcément les super-médicaments qui vont avec! Dès que je suis sur pieds, je vous laisses de toute façon."
Tu te dégages de l'épaisse couette et te mets debout, les mains sur les hanches, gardant ton regard dans le sien, dans une posture de défi.
"_ C'est pas un petit coup de froid qui va me tuer tch!"
"_ Pourtant il a bien failli mademoiselle"
Bruce se tient sur le pas de la porte, ses lunettes sur le nez et avec plusieurs tubes dans les mains. Il s'approche et te tends plusieurs flacons contenants des gélules de différentes tailles et aux couleurs brillantes. Sa sentence tombe, implacable:
"_ Une semaine de traitement complet. Beaucoup de repos et une alimentation complète. J'ai remarqué que vous aviez plusieurs carences, notamment en glucose et en fer. Vous êtes à peu près constamment en hypoglycémie et en anémie, ce n'est pas vraiment bon signe."
Tu grinces des dents et tournes la tête.
"_ Merde!" penses-tu. Tu crois que c'est à peu près ce qui pouvait arriver de pire... Tu es remise au lit et tu prends tes médicaments sous les regards sévères de Steve et Bruce. Tu as l'impression de retourner en enfance, obligée de prendre ses horribles trucs qui étaient sensés te guérir... L'explication était bien plus simple... Tu stoppes le flot de tes pensées et renverses la tête en arrière, ingurgitant le dernier comprimé. Bruce soupire devant ta réticence et finis par dire:
"_ Captain, je compte sur vous pour la surveiller, elle a tout intérêt à prendre ces médicaments si elle ne veut pas mourir d'une terrible maladie pulmonaire."
Steve acquiesce et continue de me fixer intensément alors que le médecin sort de la pièce. Évitant tout contact visuel je ramène nerveusement la couette sur mon pauvre corps grelottant à nouveau de fièvre.
"_ T'en foutrais moi... Gnagnagna..." je grommelles.
"_ Allez, [ton nom]... Ne fais pas l'enfant..."
"_ Je fais ce que je veux d'abord!"
Tu croises les bras et te renfrognes. Tu n'a jamais eu besoin de personne, c'est pas maintenant que ça va changer!
"_ Groumpf."
Là! C'est tout ce que tu as à dire. Tu entends son rire, profond mais léger en même temps... Et bizarrement ta colère s'efface un peu à l'écoute de ce son si agréable.
"_ Appelle moi quand tu aura fini de bouder!"
Il sort de la chambre et te revoilà seule. Un soupir. Un regard vers le paysage époustouflant qui s'offre à toi à travers l'immense baie vitrée. Tu décides de te recoucher. Autant te reposer puisque tu es bloquée ici pendant une semaine... Et dormir permettra peut être d'apaiser ta migraine lancinante qui recommence à se faire sentir...
-Ellipse temporelle-
Cela fait maintenant cinq jours que tu habites dans la tour qui domine New York. On t'as presque nourrie et soignée de force mais tu finis par apprécier cette atmosphère chaleureuse. Les super-héros forment une famille, hétéroclite certes, mais une famille tout de même. Steve n'a cessé de te harceler pour que tu manges et te soignes correctement et tu as pu reprendre quelques forces qui sont évidemment les bienvenues. Une sorte de complicité vous lie maintenant mais tu ne peux te permettre de développer de quelconques sentiments... Tu comptes t'en aller sous peu, sentant que ton pouvoir enfle de plus en plus. Les migraines violentes sont redevenues quotidiennes... Quitter cet endroit va t'attrister... Tu as tissé des liens avec les membres de l'équipe... Et tu vas les abandonner... Comme à chaque fois que tu trouves quelqu'un qui t'apprécie un tant soit peu... Ils ne t'ont posé que peu de questions, auxquelles tu as répondu évasivement. S'ils sont méfiants ils ne le montrent pas. Le super-soldat ne cesse de te couver et même si ça te surprend, blesse ton ego par la même occasion, (je-me-débrouille-toute-seule-pas-besoin-de-toi), cela réchauffe aussi ton cœur meurtri par les horreurs dont tu t'es rendue coupable dans le passé.Un pic de douleur te fait grogner. Tu dois partir avant qu'il ne soit trop tard. Les Avengers sont tous partis en mission.
"_Une telle occasion ne se représentera sûrement pas de sitôt..." penses-tu douloureusement...
Tu étouffes un sanglot et rassembles le peu de choses qui constituent tes possessions. Tu piques une grosse veste, de quoi te nourrir pendant quelques jours, un peu d'argent (Tony est milliardaire non?) et gribouilles un mot à la va-vite pour tes sauveurs...
"Merci pour tout. Je n'oublierais pas ce que vous avez fait pour moi.
[Ton nom]"
Un pincement étreint ton cœur et tu sors de la tour avant de t'enfoncer dans la foule compacte de New York...
To be continued...
