Au soir, Sanji se réveille de nouveau. Il voit que Nami bouge et lui secoue un peu l'épaule. Elle ouvre les yeux et se passe une main devant avant de le regarder.
« Sanji ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Il lui saute dans les bras et la serre.
« Sanji ! »
« J'suis content que tu sois enfin réveillée Nami-chan ! »
« Sanji ! J'ai mal ! »
Il la relâche et lui affiche son sourire de 'désolé'. Elle passe une main sur son ventre et voit qu'elle est bandée. Elle hoquette.
« Mon dieu ! On a été attaqué ! Chopper et Usopp ! »
« Ils vont bien, t'inquiète pas. Les autres aussi. »
La navigatrice pousse un soupir de soulagement. Puis elle sourit au cuistot.
« Merci. »
« De quoi ? »
« De m'avoir protégée ! »
Il rougit puis lui affiche un grand sourire. « De rien Nami-chaaan ! J'allais tout de même pas te laisser face à ces fusils ! »
Nami se penche vers lui et l'embrasse sur la joue. Le cuistot rougit davantage et ferme les yeux en sentant les lèvres de la navigatrice glisser vers les siennes. Mais la porte s'ouvre violemment et Nami se rassoit dans son lit.
C'est Robin et Luffy. Robin est coincée par le capitaine et tient encore son chapeau, et Luffy sourit. Les deux filles rougissent et Robin pousse Luffy à l'extérieur.
« Contente que tu sois réveillée Nami ! »
Mais Luffy l'entraîne ailleurs et elle n'a pas le temps de parler plus. Nami soupire de soulagement et regarde Sanji. Celui-ci rougit. Nami détourne le regard, gênée, puis se lève.
« Tu... Tu peux me faire un repas rapide s'il te plait ? J'ai faim... »
Elle passe rapidement la porte après avoir enfilé un pull fin, et Sanji la suit plus lentement. Nami arrive dans la salle et s'assoit nerveusement.
« Ah ! Nami est réveillée ! Comment tu vas ? »
Usopp lui sourit et Nami hoche la tête pour acquiescer.
« Bien. J'ai mal à ma blessure mais c'est supportable... » Elle soupire et se cache derrière ses mains. « Mon dieu... On aurait pu y passer... Pourquoi faut-il qu'on reste aussi longtemps ?! »
Le sourire des autres s'efface vite. C'est vrai que cette île est vraiment dangereuse. Et ils ne connaissent pas leur ennemi. C'est sûrement ça le pire. Sanji entre dans la pièce et Zara lui saute dans les bras.
« Mon p'tit Sanji ! »
Elle l'embrasse sur la joue et Nami se retient de se lever. Elle fixe la sabreuse d'un oeil mauvais et jaloux. Sanji s'en aperçoit et arrive à repousser discrètement Zara, qui sourit vers Zorro. La jalousie de la rousse s'apaise. Sanji n'aurait jamais Zara tant qu'elle serait avec Zorro. Le cuistot se mit aux cuisines.
Le soleil tombait derrière l'horizon, et l'équipage semblait bien fatigué, après cette journée assez riche en émotions. Puis le silence s'installe assez vite. Personne ne sait de quoi parler, du moins autre que cette île enneigée et assaillie par les terroristes.
Après le repas, les blessés vont se recoucher, leurs corps prenant toute l'énergie pour cicatriser leurs blessures. Zara, elle, préfère aller faire un tour dehors. Elle prend son manteau et va sur le pont. Zorro la rejoint assez vite et l'embrasse dans le cou.
« Ça va ma belle ? » La sabreuse sourit légèrement et hoche la tête.
« Ça peut aller. J'suis fatiguée, c'est tout. »
Il fait déjà nuit et seules les lumières de l'intérieur éclairent le pont. Zara frisonne un peu alors Zorro la serre dans ses bras et la frotte pour la réchauffer.
« Tu veux pas rentrer ? Tu trembles... »
« J'ai pas froid... »
« Si, t'as froid ! Tu trembles ! »
« Nan ! »
Zorro l'embrasse et la porte dans ses bras. La sabreuse hoquette lorsqu'il la soulève puis rougit en voyant qu'il la tient dans ses bras. Elle soupire tandis qu'il rentre. Lorsqu'ils sont à l'intérieur, il la lâche et lui prend la main. Il balance son manteau dans un coin et commence à enlever celui de Zara. Elle le laisse faire. Puis il lui prend la main pour l'entraîner ailleurs après avoir lancé son manteau. Elle soupire en voyant qu'il va vers les sous-sols.
« Zorro... J'suis déjà assez épuisée comme ça ! »
« Pas grave, c'est pour te réchauffer~ »
Elle rougit et le force à s'arrêter. Il se retrouve en face d'elle.
« Jt'en prie. Viens on va se coucher. J'ai vraiment plus d'énergie là. » Il fait la tête et Zara sourit.
« Zorro, pas ce soir~ »
Il ne bouge pas et la fixe droit dans les yeux. Elle s'approche et l'embrasse. Puis elle lui chuchote à l'oreille.
« Moi, je vais me coucher. »
Et elle remonte, seule. Zorro la suit après quelques secondes, et la rejoint dans son lit. Elle est bien calée sous sa couverture. Il se faufile derrière elle et l'enlace. Elle frémit lorsqu'il se colle à elle.
« T'as froid... » Elle ne répond pas et se laisse frotter par le sabreur. Très vite, elle s'endort dans ses bras, et Zorro s'endort sur elle bien après.
Au matin, la plupart des autres sont encore endormis. Sanji, Usopp et Chopper récupèrent dans leurs lits, et Nami dort toujours bien profondément de l'autre côté du mur. Zara se réveille assez vite, bloquée par Zorro. Elle passe sous lui et se lève. Elle enfile son pull et va dans la salle. Robin est déjà sur ses livres avec son café. La sabreuse va se préparer quelque chose, vu que Sanji n'est pas réveillé, puis très vite les autres lui en demandent aussi. Dans l'équipage, il n'y que Sanji, Zara, Nami et Robin qui sachent cuisiner. Elle se retrouve donc à faire la cuisinière, les yeux encore endormis.
Lorsqu'elle a terminé, Zorro les rejoint. Contre toute attente, c'est Zara qui embrasse Zorro - devant tous les autres. Puis elle lui passe une main dans les cheveux.
« T'es tout ébouriffé, baka~ »
Puis elle sourit et lui tend une assiette avec le petit dej. Il l'embrasse sur la joue, encore endormi, et va s'asseoir à ses côtés pour manger. Zara va attraper le journal dehors, puis revient en lisant la une. Elle a bien sûr deux journaux en main. Le mondial et celui de Fukumi.
Pour l'instant elle lit le local. Elle met le mondial sur la table et les deux gamines l'attrapent.
« Ça parle de l'attentat d'hier... Et que les habitants vont avoir plus de mal à se procurer les produits essentiels... Ça craint... »
« Pas grand chose de ce côté-ci... Quoique... »
« Wow ! Y'a une gamine qui a infiltré la Marine ! Elle leur a chipé des informations ! Fortiche ! »
Zara s'approche et regarde. Une affiche Wanted est distribuée avec.
"Morgane, La Nymphe de l'Eau. B 20,000,000-"
Sur le journal était aussi indiqué autre chose. 4 noms, dont cette fameuse Morgane. Un équipage de pirate... A 4 membres seulement ? Il est dirigé par Sacha Andersson "La fille Arc-En-Ciel", prime de 25,000,000-. La sabreuse se rappelle avoir vu ce nom dans le journal il y a un bout de temps. La Marine et le Gouvernement Mondial explique qu'ils sont en possession d'informations importantes et qu'il ne faut pas qu'ils s'échappent. Mais à l'avis de Zara, ce bien petit équipage doit déjà être déjà loin. Ils ne doivent avoir un gros bateau, et doivent sûrement être aussi rapides que discrets.
Zara reprend la lecture de son propre journal. Pas grand chose d'intéressant. Il ne se passe strictement rien avec les attentats. Elle le pose sur la table en soupirant, puis se rassoit aux côtés de Zorro, qui baille et s'étire, pour l'embrasser sur la joue. Il sourit et l'embrasse à son tour en l'enlaçant. Puis Zara sourit à son tour et la porte s'ouvre.
Sanji.
Zara lui lance un regard amical alors que Zorro la serre dans ses bras et cale sa tête contre elle. Il lui sourit rapidement et va prendre à manger. Il s'assoit de l'autre côté de Zara, le plus près possible de Robin. La sabreuse soupire. Dés qu'il les voit ensemble son coeur se serre. Difficile pour un meilleur ami.
La sabreuse se détache de Zorro et va s'habiller. Quand elle revient, en pantalon à poche, bottes montantes et veste typée militaire, Nami et Usopp sont levés. Zara va s'appuyer sur Zorro et les deux gamines la sifflent.
« Putain qu'il est classe ton pantalon ! »
« Zara ta veste est trop belle ! Donne-la moi ! »
Perona tend les bras vers elle avec les yeux de chien battu mais Zara lui tape les mains en tirant la langue.
« Merci les filles, mais~... Vous les aurez peut-être une prochaine fois, haha ! »
Les deux filles lui font la tête pendant qu'elle rit. Puis elle s'étrangle lorsque Zorro la prend brutalement par la taille et qu'il l'assoit sur le banc.
« Tu fais trop de bruit... »
Il lui lance un regard endormi et Zara le pousse pour qu'il la lâche. Elle se relève.
« Dites, on fait quoi ? On reste sur le Goldy à rien foutre ? »
Nami se tourne vers elle.
« J'avoue que cet attentat m'a un peu refroidie. Ils arrivent n'importe quand, de n'importe où, et on a pas le temps de répliquer... J'ai peur que l'un d'entre nous soit beaucoup plus blessé que nous... »
Zara soupire.
« N'empêche qu'on va pas rester là à attendre que ça passe, hein ?! »
La navigatrice la regarde, un peu agacée.
« Eh bien je t'en prie, vas-y et ramène des provisions et tout ce que tu trouveras d'utile ! »
Elle tourne la tête et remue son chocolat chaud lentement, et Zara sourit.
« Ok. Zorro, on y va ? J'ai besoin de me défouler les jambes, un peu... Vu que hier on est resté qu'au bar... »
Le sabreur acquiesce et finit de manger.
« Moi aussi je peux venir, princesse ? »
Zara sourit au cuistot.
« T'es pas trop cassé ? Tu ferais peut-être mieux de te reposer, nan ? »
« Mais ça va mieux ! »
Zara rit derrière sa main et lui ébouriffe les cheveux.
« Ouais, j'vais te croire ! T'as des côtes cassées, reste ici mon p'tit Sanji ! »
Le concerné fait la tête et broie du noir en buvant son café. Perona et Bonney se jettent sur Zara.
« On peut veniiir ? »
Elle les pousse. « Bien sûr ! »
Les deux gamines sourient et courent se changer. Zara fait de même en attendant Zorro qui est encore à moitié endormi. Après que Nami, Sanji et Chopper leur ait donné des listes de choses à acheter ou demander, la petite troupe sort dans la neige. Ils se rendent en ville, restant sur leur garde. Les deux sabreurs déploient au minimum leurs âmes démoniaques afin de voir les auras et essayer de prévoir d'éventuels attentats. Ils parcourent les quelques magasins encore ouverts et trouvent quelques unes des choses que voulaient les trois autres. Surtout sur la liste de Chopper à vrai dire...
Puis le groupe de Zara se retrouve sur la grande place. Il n'y a presque personne. La fontaine en son centre est gelée. Elle est ornée d'une statue de dragon oriental. Il semble fier et puissant. Zara devine que c'est sûrement une légende, un dragon qui protège l'île, ou quelque chose comme ça. Puis la sabreuse s'arrête. Plusieurs auras, regroupées. Mauvais présage... Elle fait signe aux autres, qui s'arrêtent à ses côtés. Une bande d'hommes habillés en noir et masqués envahissent la place. Ils grouillent comme des fourmis. Zara augmente sa vision et voit qu'ils mettent en place une espèce d'estrade. Elle se demande ce qu'ils préparent. Au moins, ça n'a pas l'air d'un attentat !
Elle se tourne et entraîne les autres dans une rue parallèle.
« C'est bien étrange... »
« Ouais, trop zarb' ! Qu'est-ce qu'ils foutent ?! »
Zara hausse les épaules comme seule réponse à la question de Bonney. Puis elle se tourne vers Zorro. Il semble aussi perplexe qu'elle. Alors Zara décide de faire un tour de la ville avant de revenir voir ce qu'ils font. Malgré tout inquiète, elle traîne des pieds dans la neige en essayant de comprendre ce qu'ils veulent faire avec une estrade. Un discours ? C'est la solution la plus plausible...
Ils rencontrent une boutique de vêtements scellées de planches. Encore un attentat ? Et plus loin des maisons brûlées et des fleurs gelées devant la porte. Le coeur de la sabreuse se serre. Pourquoi autant de morts ? Il avait sûrement dû avoir des enfants dans ces incendies. Elle en tremble rien que d'y penser. Et sa blessure lui tord le ventre pour lui rappeler deux autres réalités. Elle a perdu une fois. Et la deuxième reste à jouer. Elle est enceinte...
Elle se remet à marcher normalement aux côtés de Zorro, mains dans les poches, et tourne vers une autre allée. Beaucoup de boutiques sont fermées. La seule dont la vitrine est encore visible est celle d'un bijoutier. Zara s'arrête devant et voit à travers le bijoutier qui range des boucles d'oreilles dans des boites. Il semble bien seul...
Puis la sabreuse, dont le coeur commence à être empli d'envie de meurtres envers ces terroristes, parcours la vitrine du regard. Celui-ci s'arrête sur une chaîne d'acier avec un pendentif en argent, fer et cuivre. Assez brut mais tellement beau. Puis un anneau d'or avec une bande d'émeraudes et de jades attire l'attention de la sabreuse. Elle est magnifique, mais le prix est exorbitant ! 60,000 berrys... Bien sûr, elle a de quoi payer, même très largement, mais ça ne change pas le fait que ça soit trop cher. Une autre bague un peu moins chère, en argent, saphir et lapis-lazuli, lui plait aussi beaucoup. 42,500 berrys... Elle soupire et détache tristement le regard de la vitrine. Les trois autres se sont arrêtés pour l'attendre. Ils reprennent la route vers la place et l'estrade des terroristes, le coeur lourd.
