Chapitre 3 :

Ils étaient enfin rentrés chez eux après avoir été le spectateur du vacarme que Kanda avait fait. Allen posa leurs affaires et il était parti boire de l'eau, il avait beaucoup crié lui aussi. Heureusement que son petit ami n'avait pas crié dans l'avion. Il avait passé son voyage à dormir et à manger. Il entendit Kanda aller directement dans la salle de bain, il devrait le forcer à aller voir un docteur foi de Walker.

Il s'allongea sur le canapé en soupirant, c'était vraiment fatigant avec un Kanda comme ça. Il voulait juste se reposer avant d'aller préparer à manger. Kanda n'était plus apte à faire grand-chose depuis plusieurs jours. Son état de santé s'était amélioré un peu mais Allen devait tout de même le convaincre d'aller voir un docteur. Il s'assoupit un instant et sentit un corps s'allonger sur lui. Il le prit directement dans ses bras, la tête du brun se posa sur son torse et leurs pieds s'entremêlèrent entre eux.

– Ça va.

– Un peu, j'en ai marre de vomir. J'ai l'impression que je vais exploser.

– On va voir un docteur et tu n'as pas ton mot à dire la dessous parce que j'en peux plus te voir comme ça.

Kanda ne disait rien, lui aussi n'en pouvait plus. Il détestait vraiment en général tout ce qui rapportait à la médecine. Il savait qu'il n'avait plus le choix.

– D'accord.

– J'appellerai plus tard pour prendre un rendez-vous.

– Mmm sinon, je meure de faim.

– Tu as mangé il n'y a pas une heure.

– Mais j'ai encore faim sinon je vais m'évanouir.

Allen lui serra dans ses bras.

– Tu vas me rendre dingue Kanda.

– Parlons aussi de toi.

– Toucher… Tu bouges.

– Tsk, mais il se leva.

Allen était parti et Kanda était resté sur le canapé qui s'amusait à tournoyer sa bague de fiançailles sur son doigt.

– Tu veux ou tu ne veux pas, il murmura ses mots doucement.

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– Tu as bien mangé, demanda Allen en prenant les assiettes pour les mettre dans le lavabo.

– Oui, c'était délicieux pour une fois, dit Kanda en bâillant.

– Ça veut dire quoi ça. Tu veux dire que d'habitude, je cuisine mal.

– Non juste que cette fois je l'ai trouvé avec un goût spécial.

– C'est ça'' Allen le regardait avec méfiance parce que quand son amoureux commençait à dire ses choses, il savait ce qui arrivera plus tard. Depuis leur début de vacances et surtout les deux dernières semaines, Kanda changeait d'humeur tellement rapidement qu'Allen pensait vivre avec une autre personne. Il ouvrit le frigo et prit le dessert, il avait fait une panacotta maison aux fraises. Kanda raffolait de ça. Son amoureux demandait ce dessert tout le temps. Il lui donna un et s'assit à côté de lui.

– Ah oui… j'allais oublier. On a rendez-vous dans deux jours avec le docteur.

– Super.

– Kanda.

– Quoi ?

– Tu es irrécupérable.

Kanda tourna les yeux avec le seul envie d'aller se reposer un peu pour digérer ce qu'il venait de manger.

– Je vais me reposer et ne me dérange pas.

– Tu me prends pour qui !

– Bah justement, je te connais, tu es capable de m'empêcher de me reposer.

Cette fois-ci, c'était Allen de lever les yeux au ciel. Il laissa Kanda partir vers la chambre et lui était resté sur le canapé. Il zappait mais ne trouvait vraiment rien d'intéressant qui était regardable. Il laissa tomber et mit de la musique. Il s'allongea sur le canapé et écouta. Dans une semaine, il retournera dans son travail. Il n'avait vraiment pas envie, lui qui d'habitude aimait beaucoup travailler. Il soupira et se retourna sur le côté. Il avait mal au dos. Pendant leur vacance, il avait pris aussi des coups de soleil.

Il n'avait plus envie de rester allonger, il était allé chercher son portable dans la chambre. Il rentra sans faire un bruit, Kanda était allongé, il portait qu'un boxeur, ses cheveux éparpiller un peu partout. Il faisait toujours chaud mais moins qu'à Boa Vista. Il prit son portable sur la table de chevet et retourna dans le salon. Pour Kanda dormir était devenu sa deuxième nature, il avait une facilité à dormir à n'importe quelle heure de la journée. Allen voulait avoir ce que son petit ami avait pour dormir ainsi. Il téléphona son ami pour dire qu'ils étaient bien arrivés, ils ont parlé un peu. Il passa quasi une heure à parler avec lui. Le temps passa vite. Il lui dit au revoir et ferma le téléphone.

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Ils étaient en salle d'attente. La salle n'était pas très grande. C'était prévu pour une dizaine de personnes, une rangée de chaises qui s'alignaient contre les murs. Sur une petite table basse, un vase soutenant une œuvre d'ikebana et quelques livres étaient disposées de manière à proposer une maigre distraction aux personnes patientant pour une consultation. Sur les murs blancs, seuls quelques photographies ou aquarelles de paysage des hauts plateaux venaient apporter une touche de couleur à l'apparence austère de l'endroit. Allen ne s'intéressait pas beaucoup aux magazines puisque certain étaient datées d'il y a plusieurs années et puis de toute façon, il n'y avait rien qui avait attiré son attention. Ils attendaient leur tour. Kanda devait aller voir le docteur tout seul et Allen attendrait ici.

– Ça va'' Allen le regarda.

– Oui, ça va.

Mais Allen n'était pas très convaincu, il savait que son amant n'aimait vraiment pas aller voir un médecin. Pour le calmer un peu, il lui prit sa main droite en faisant quelques caresses légères pour le soutenir. Une personne venait de sortir du cabinet, Kanda se leva et lâcha la main de son amoureux. Allen lui encouragea avec un magnifique sourire qui faisait toujours battre le cœur de Kanda. Allen était resté seul alors que Kanda rentrait dans le cabinet.

– Bonjour monsieur Kanda.

– Bonjour.

Kanda s'assit sur la chaise et attendit :

– Alors qu'est-ce vous avez ?

– Depuis deux semaines, je ne me sens pas bien. Mon ventre me fait mal, j'ai toujours envie de vomir et surtout ma tête va exploser, je dors trop, je mange trop. C'est un vrai calvaire'' les derniers mots dans un murmure.

Le médecin le regarda, se leva et dit :

– Venez ici…

Il avança vers le lit et s'assit. Il commença à l'ausculter, il palpait son ventre pour voir ce qui lui faisait mal. Quelques secondes après il trouva quelque chose de bizarre, une petite grosseur. Il s'arrêtait et demanda à Kanda d'aller s'asseoir sur la chaise.

– Bon, je vais vous recommander d'aller faire un scanner et pour vous douleur de tête, je vais vous prescrire une antidouleur.

Kanda hocha la tête. Ils continuèrent quelques minutes avant qu'il ne sorte. Allen l'attendait et ils sortirent. Ils s'approchèrent de leur voiture, Kanda était côté passager et Allen démarra la voiture.

– Alors, qu'est-ce qu'il a dit ?

– Rien, il m'a juste passé des antidouleur et je dois passer un scanner.

– Quand ?

– Dans deux jours.

Allen n'aimait pas ça du tout, il avait un mauvais pressentiment. Après une heure à conduire, ils arrivèrent dans leur maison. C'était un quartier sympa, il y avait plein de maisons autour. Chacun avait un jardin et sans se vanter Allen trouvait leur jardin plus fleuri que les autres. Ils rentrèrent dans leur maison.

– Que veux-tu manger ? demanda Allen.

– Fais ce que tu veux, dit Kanda en s'asseyant sur le canapé.

– Je te rappelle que la dernière fois, tu as presque failli me tuer. Merci, mais non ? Cette fois, je te demande.

Kanda le regarda en le souriant.

– Fais ce que tu veux, surprends-moi, tu veux bien'' dit le brun en frottant ses tempes.

Allen soupira et était parti vers la cuisine. Il n'avait pas son mot à dire. Triste était sa vie dans son couple enfin lorsque ce n'était pas lui qui faisait le gamin.

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Depuis une semaine, Allen ne savait pas quoi faire, le couple était perdu. Le jour de l'annonce, son petit ami c'était évanoui, mais au moins le docteur l'avait réceptionné dans ses bras avant de toucher le sol. Comment il pouvait être enceint, c'était impossible pour un homme. C'était bizarre et étrange. Le docteur était venu il y a de cela une semaine pour annoncer ça, il n'avait jamais vu ça de toute sa misérable vie. Leur médecin avait essayé de les expliquer mais même lui était perdu. Jamais dans sa carrière, il n'avait vu ça.

Kanda essayait de comprendre, il avait passé toute la journée dans son lit à réfléchir. Il voulait pleurer la maintenant. C'était bizarre trop bizarre. Son corps lui jouait des tours et ça avait le don de l'énerver. Son humeur avait disparu depuis une semaine, comment un être vivant pouvait être dans son ventre, il le vivait très mal. Ce n'est pas qu'il était égoïste mais c'était beaucoup trop pour lui. Son amant faisait tout pour l'aider mais sans résultat.

Il essayait de ne pas faire des bêtises qui pourrait blesser cette chose. Il ne le considérait pas encore comme le sien, il essayait de vivre avec, qu'importe ce que son petit ami lui disait. C'était son corps, c'était lui qui devait prendre les décisions. Ce n'était pas Allen qui était enceint. Ses pensées étaient chaotiques, il essayait de prendre sur lui mais c'était compliqué. Il aimait les enfants mais là à avoir un enfant dans son ventre, c'était Dame Nature qui se foutait de lui.

Pour tout dire, il n'a jamais voulu avoir d'enfant, il ne se sentait pas près même aujourd'hui. Kanda avait parlé de ça avec son fiancé. Bien sûr, son petit ami l'avait juste souri mais Kanda savait que son petit ami a toujours voulu avoir des enfants. Il savait aussi qu'il avait brisé les rêves du blandin. Mais ce n'était pas de ça faute, s'il se sentait comme ça. Ce truc qui était à l'intérieur de lui n'avait rien avoir avec ses convictions. Le docteur était venu le voir après avoir annoncé la bombe, il l'avait expliqué qu'il faisait un rejet total de cet enfant. Ce jour-là, son petit ami avait compris son humeur. Depuis Allen faisait tout pour l'aider. Un psychologue digne de confiance comme disait le docteur venait le voir pour essayer de l'aider.

Allen ne comprenait pas comment son amoureux pouvait rejeter son propre enfant. Il l'avait compris quand il a vu Kanda qui essaya « d'enlever » leur enfant la semaine dernière. Il était prêt à mourir pour ne pas l'avoir. Depuis ce jour, son couple n'était plus au beau fixe. C'était la première fois qu'Allen voyait un autre côté de son amour et il ne supportait pas. Les contes de fée n'existaient pas, ça le maudit en était certain pour que Kanda réagisse comme ça.

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Depuis quatre semaines, le couple était tendu. Allen essayait tant bien que mal de supporter les insultes de son petit ami. Il encaissait tout tant que c'était lui, tout allait bien. L'enfant serait en sécurité. Le psychologue de Kanda avait bien travaillé. Maintenant Kanda pouvait dire enfant, mais ce n'était pas gagné. Allen avait imaginé une vie de famille complètement différente de celle-ci. Kanda l'avait interdit de toucher son ventre.

Son petit ami passait ses journées à dormir et à vomir de temps en temps. Parfois lorsqu'Allen essayait de l'aider, les insultes pleuvaient comme jamais. Chaque nuit était une torture pour lui, il voulait l'embrasser, toucher son ventre, le caresser pour dire enfin qu'il avait une famille à lui. Qu'importe son envie tant que Kanda n'était pas prêt à assumer cette grossesse, il n'allait rien faire sauf l'aider pour le meilleur et pour le pire.

Allen voyait son amant s'embellir chaque jour qui passe, sa peau était devenue plus douce et lumineuse. Il ne savait pas pourquoi mais à chaque fois qu'il le voyait, il avait envie de lui faire l'amour et pourtant, ce n'était pas lui qui était enceint. Allen travaillait la journée alors Lenalee prenait la relève pour assurer que tout aller bien lorsqu'il rentrait. Son amie était une déesse, elle n'avait pas refusé. Elle aussi avait du mal encore avec la grossesse de son ami. Mais pour le bien de tout le monde et principalement de l'intéressé, Lenalee venait tous les jours sans faute, ses enfants étaient gardés par son grand frère. Et en plus, son travail commençait la nuit donc tout aller bien pour elle.

Lenalee et Kanda étaient assis sur le canapé en train de parler de tout sauf du bébé. Lenalee avait pris à ses dépens. Elle ne comprenait pas comment son ami pouvait rejeter son enfant, la chair de sa chair. D'habitude lorsqu'on apprend qu'on est enceinte, on est heureux non. Elle a été heureuse de découvrir qu'elle était enceinte pourquoi pas Kanda même si c'était un homme. Pour Lenalee tout était parfait même si elle fermait les yeux de temps en temps pour ne pas voir la réalité. Cette société était en train de détruire le monde.

La nuit était tombée, Lenalee l'avait laissé quand son ami était arrivé. Il trouva Kanda assis sur le canapé, il n'avait pas eu aucun regard pour lui. Parfois, Allen se sentait délaissé par son petit ami. Son homme l'avait reproché qu'il ne le comprenait pas. D'une certaine façon c'était vrai, il avait toujours voulu une famille. Depuis son adolescence, il n'avait que ça en tête. Il ne voulait pas rester seul dans ce monde et un enfant était parfait. Et d'un autre côté c'était égoïste. Comment pouvait-on vouloir un enfant par peur d'être tout seul. Par peur qu'à la fin de sa vie personne ne le pleura. Un enfant était comme un marchandise non. Chacun faisait ce qu'il voulait. Même s'il savait que c'était égoïste, il continuait dans ce même chemin. Mais il n'était pas idiot pour autant, déjà qu'être de l'autre côté de la balance l'avait enlevé l'idée. Et de ça ajouter à ce que Kanda l'avait dit, son rêve était parti en fumer. Mais quand le docteur avait annoncé cette petite bombe, ses espoirs étaient revenus au galop.

La société avait conditionné les humains à pendre comme des imbéciles. Ne posant plus la question si oui ou non, ils voulaient des enfants. C'était pour ça que ces petits être étaient abandonnés dans les rues, maltraité, détester, envié. Être un humain était compliqué surtout s'il s'agissait de sa propre progéniture. Allen se demandait s'il pouvait être un bon père, son enfance a été terrible et moche. Il avait peur de commettre les mêmes erreurs avec son enfant. Comme tout le monde, il avait gardé quelques séquelles de son passé. Même s'il essayait de tout son cœur de faire de son mieux, il savait qu'un jour ça allait sortir. La nature humaine était ce qu'on pouvait trouver de plus moche et de plus beau dans chacun. Chaque personne portait un poids, un secret durant sa vie. Cette noirceur était à porter de tous. Elle tapissait et attendait le bon moment pour sortir et ça, Allen ne le voulait pas. Même avec de la volonté, il commettra toujours des imprudences.

Il savait aussi que tant tout le monde pensera pareil, pour chaque chose cela n'évoluera pas. Ce qui pouvait différencie tout le monde, c'était la façon de penser, c'était la façon de vivre. De la plus terrible épreuve en pensant par la case « je m'en fous du monde » à la fin le « bonheur ». Chacun éprouvait des sentiments divers et variés. Et c'était ça qui prouvait que ces êtres étaient des êtres vivants et Allen avait un bel exemple devant lui, Kanda. Son petit ami rejetait sa progéniture, mais avec le temps il était convaincu qu'il allait aimer leur enfant.

Allen connaissait Kanda par cœur et il savait qu'avec le temps tout se passera bien. Il espérait qu'un jour il pourrait toucher le ventre de son compagnon. Il était sûr et certain que dans les mois qui allait venir Kanda aimera son enfant. Même en sachant ce Kanda a fait, il l'aimait toujours. L'erreur est humaine même si ça impliquait l'ignorance. Comme lui, son amant n'avait pas eu une enfance tranquille battue par sa mère qui disait que c'était la faute au brun que son soi-disant père était parti et abandonné par son père. Une frustration qui avait grandi petit à petit que son japonais ne pouvait pas faire autrement que de rejeter leur enfant.

Allen se rappela de ce jour, il avait vu le regard blesser de Kanda. Son amant n'avouera jamais qu'il avait cru sa mère à cette époque-là. Il avait que huit ans lorsque « sa mère » avait commencé à le battre. Son « père » comme disait Kanda était un imbécile, un coureur de jupons. Leur mariage n'avait durée que peu de temps avant que son soi-disant père n'aille voir ailleurs. Un jour Kanda qui n'avait que huit ans avait entendu son père dire à sa mère qu'elle se faisait trop vielleux et que son fils était mil fois mieux qu'elle. L'enfance de Kanda n'était pas très joyeuse. Sa mère avait pris au pied de la lettre ce que cet homme lui avait dit un jour.

Ce jour-là aussi, Kanda ne lui avait pas tout dit, mais c'était certain que les mots que son amant avait prononcé après lui avait mit la puce à l'oreille « selon mon père, j'étais bon dans mon domaine ». Depuis ce jour Allen faisait tout pour que son amant se confie à lui mais Kanda ne voulait pas. Et en ajoutant sa grossesse, la vie ne faisait pas de cadeau. Les blessures du passé les hantera à jamais. Leurs passés étaient inscrits en eux. Son passé rejoignait celui de son amant. Mais à la différence de Kanda, ses parents ne le battaient pas. Il se souvenait encore à ses treize ans lorsqu'il avait annoncé à ses parents que peut-être il aimait les garçons. Ses parents ce jour-là étaient en état de choc. L'ignorance tue et il se souviendrait toujours de ça. Comment ses parents qui l'ont vu grandir, pleurer, sourire l'ont mis à la porte. Comment des parents pouvaient-ils faire ça. Lorsqu'on donne la vie, lorsqu'on aime cette personne, pourquoi lui faire tant de mal. Ses parents l'ont vu s'épanouir, c'était toujours lui pas une autre personne. Juste deux petits mots innocents et du jour au lendemain, ses parents l'ont mis à la rue.

Allen avait haï ses parents de tout son cœur tellement qu'il avait essayé un jour de se donner la mort. Si ses parents ne l'aimaient plus alors à quoi bon vivre dans ce monde cruel. Ses pensées de cette période étaient dramatiques. Et maintenant lorsqu'il pensait à ça, il se trouvait stupide parce que quelqu'un l'avait recueilli, adopté, aimer comme son propre fils. Même aujourd'hui après la mort de son père Mana qui l'avait demandé de pardonner ses parents, il n'avait pas pu. Et son père savait qu'Allen ne pouvait pas mentir pour lui faire plaisir.

Même s'il était toujours fâché contre ses parents, il n'avait plus de souvenirs d'eux. Il avait comme qui dirait effacé leurs images de son cerveau comme une photo. On le prend quand ça nous plaît et on l'efface lorsque ça devient douloureux. Cette douleur qui le reliait toujours à ses chers parents. Il n'avait gardé aucune photo d'eux dans sa vie, ils n'avaient plus le droit. Parfois, ça l'écorchait de dire « ses parents » il aurait aimé trouver un autre nom pour eux.

Allen avait fait des cauchemars sur eux pendant longtemps : leur abandon, leur ignorance, leur regard haineux. Ce regard qui avait poursuivi Allen depuis toujours, il ne saurait dire pourquoi. Ça l'a marqué au fer rouge parce qu'associé ce regard à l'amour que ses parents lui portaient autre fois était très douloureux et blessant.

Il vivait avec sa peine, sa douleur, sa colère mais heureusement qu'il avait su contrôler ses sentiments vis-à-vis des autres. Mana l'a pris beaucoup de choses qu'il mettait tous les jours en pratique. Même si parfois, il faisait des erreurs qui ne faisaient pas, il était tout simplement un être humain. Sa devise était toujours la même « Aller de l'avant sans jamais retourner parce qu'attendre le pardon voulu n'était pas dans ses plans ». Il voulait continuer coûte que coûte dans la vie sans jamais perdre ce qui faisait de lui « Allen » un être vivant.

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Allen était parti vers la chambre pour voir si Kanda avait besoin d'aide, mais il le trouva endormi. Devant lui se tenait un ange endormi, calme et serin. Kanda était sur le côté droit, son bras droit plier sous son oreiller. Sa tête posée sur l'oreiller et sa main gauche allongée sur son corps. Kanda fit un mouvement, sa main gauche tomba sur le lit. Il croisa et décroisa ses jambes, Allen voyait qu'il essayait de trouver une position plus confortable.

Il était dans la chambre depuis dix minutes, il regardait son amour. Ses yeux toujours sur lui, il se demandait pourquoi Kanda ne voulait pas de l'enfant. Même endormi, il protégeait l'enfant, sa main posée sur son ventre. Avec le temps, Allen comprit l'angoisse de son fiancé. Son devoir maintenant avant que l'enfant soit né·e était d'aider Kanda à l'aimer, à le vouloir. Il ne voulait pas le perdre.

Le docteur l'avait expliqué que son amant vivait très mal cette conception, mais avec un soin intensif, il pourrait aller mieux. Un mois pour jour qu'il avait appris la grossesse de Kanda. Un mois qu'un psychologue venait le voir quasi tous les jours. Un mois que Lenalee l'aidait avec son petit ami. Kanda s'était calmé, il laissait l'approcher durant quelques minutes. C'était tout qu'il pouvait obtenir de son amant.

Leur rendez-vous chez le docteur était toujours pénible pour Kanda. Les oreilles d'Allen en souffrent à chaque seconde, chaque minute, mais qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer. Il a vu le regard de Kanda changer peu à peu, il commençait à trouver son petit ami. Son regard disait ce que ses lèvres ne pouvaient dire. Mais étant son petit ami officiel Allen devait faire très attention parce que tout pouvait basculer.

Il ne se tenait plus, son fiancé l'avait interdit de faire ça, mais il prit son courage et marcha jusqu'au lit. Il monta doucement, il ne voulait pas le réveiller. Le visage de son amant était serin, on pouvait voir légèrement des marques rouges sur ses joues dues à l'oreiller. Sa respiration était lente, ça signifiait que son amant ne faisait pas de cauchemars. Il s'allongea à côté de lui. Il caressa légèrement sa joue gauche. Il prolongea cette caresse jusqu'au coude au niveau de son ventre.

Allen posa sa main sur le ventre de son amant. Il regarda son japonais pour voir s'il ne s'était pas réveillé. C'était ridicule, mais Kanda l'avait interdit. Même si ce ventre était juste un ventre, il avait accompli sa mission, le toucher. Maintenant, il devrait convaincre son amant alias son fiancé. Kanda bougea un peu, sa main gauche vint se poser sur le visage d'Allen alors que son pied gauche vint s'entremêler avec les siens. Le visage de son amour était plus proche, il sentait sa respiration sur ses joues. Il se demandait comment il allait s'en sortir de là. Il était fichu.

Allen retira sa main de son ventre et essaya de se dégager, mais c'était impossible. Il s'endormit comme ça. Une nouvelle vie commençait pour eux.

À suivre…