Chapitre 4 :
Deuxième mois de grossesse.
Kanda était à son deuxième mois de grossesse. Dans moins de trois jours, il allait faire sa première consultation prénatale. Il n'était pas très convaincu. Depuis deux mois, il avait admis qu'il avait un bébé dans son ventre et c'était bizarre. Il essayait tant bien que mal de garder dans sa tête que ce n'était pas la faute de l'enfant. Il n'a jamais voulu d'enfant et comme par hasard, il était tombé enceint. Le monde lui en voulait plus précisément Mère Nature. Qu'est-ce qu'elle pouvait être chiante…
Il n'y a que les femmes qui pouvaient donner vie alors pourquoi lui. En quoi était-il privilégié ? Depuis son enfance jusqu'à l'âge adulte, il n'a jamais apprécié les enfants. C'était une vérité. En quoi faire comme tout le monde était bien ? Chaque personne sur cette Terre pensait différemment. Ce n'était pas un mal de réfléchir différemment. Mais, le respect était pour tout le monde, c'était ça qui faisait une civilisation. La confiance venait en deuxième position même si l'être humain par rapport à ce mot était loin derrière.
La confiance, Kanda avait confiance en ses parents. Ses parents qui le maltraitaient. Sa mère qui le battait et son père qui faisait des choses qu'on ne devrait pas faire à un enfant. Il était assis sur le canapé, Allen travaillait depuis le matin. Il ne revenait qu'à sept d'heures du soir. Il était avec Lenalee. Cette jeune femme était dans la cuisine en train de préparer à manger express pour son ami. Il avait eu une envie subite. Même s'il refusait de l'admettre, Kanda était en train de laisser l'enfant prendre place dans sa vie. Un mois et demie avant, Kanda avait refusé de manger pour ne pas alimenter ce bébé. Il avait tout fait pour le cacher à son petit ami. Si cette chose mourait peut-être, serait-il tranquille. Mais la chance était une vilaine salope qui jouait avec lui. Allen lui avait crié dessus et, par réflexe, Kanda lui avait balancé à la figure une chaise suivie d'un verre rempli d'eau.
Ce verre s'était brisé sur le visage d'Allen. Les débris de verre s'étaient incrustés sur sa peau précisément sur sa joue droite et au coin de son œil. Sa paupière avait une fine trace de sang. Il avait eu de la chance que le verre n'avait pas touché son œil. Ils s'étaient retrouvés en urgence tous les deux. Kanda ne lui a jamais demandé pardon. Il ne saurait pas le dire mais à cet instant, il avait voulu le voir souffrir comme lui souffrait. Cet homme qui était son amant, cet homme qui regardait son ventre au lieu de lui.
Allen était tout pour lui, mais le voir lui donnait une envie de meurtre. Il avait l'impression de ne plus exister à ses yeux. Ce foutu enfant avait pris le cœur du blandin. Il n'était même pas encore né·e qu'il avait l'attention de son abruti de petit ami. Il commença à rigoler comme un imbécile, heureusement que son amie était dans la cuisine. Il avait envie de foutre sa vie en l'air. C'était tellement tentant et puis ça ne ferait de mal à personne d'autre que lui. S'il mettait fin à sa vie, tout s'arrangerait.
Ce truc était tellement beau, tellement brillant. Ça l'appelait tellement fort. Il entendait cette voix qui lui murmurait de le faire. Cette voix était tellement délicieuse, tellement bonne à entendre. Il était dans la salle de bain. Ses pas l'avaient amené ici comme prévu. Il ne voyait que ça, comme elle pouvait être belle. Bientôt, il pourra mettre fin à ses jours. Il prit la lame, elle était si jolie. La couleur argentée était tellement belle qu'elle lui rappelait les yeux gris de son amant. Il s'allongea dans la baignoire vide. Il voulait faire ça proprement.
Il voulait que cet abruti souffre de sa mort, il voulait tellement se tuer. Partir et ne plus souffrir. Cet enfant à l'intérieur de lui causait plus de problèmes. La joie pour Allen et la peine, la souffrance pour lui. C'était un joli tableau. Il n'avait jamais dit à son amant qu'à douze ans, il avait essayé de se suicider. Il n'était pas fier, mais être battu, être traité de tous les noms pouvait endommager le cerveau et ajouté son bâtard de père, un cocktail vraiment explosif. Il prit la lame et commença doucement à s'ouvrir les veines. Au début, il ressentait une légère douleur avant de sentir l'apaisement. Le sang était un véritable calmant. Sa vue devenait de plus en plus flou. Il commençait à partir, sa tête bascula vers l'arrière, il se sentait bien.
Il n'avait pas entendu le crie de Lenalee. Elle était paniquée, elle ne savait pas quoi faire. Elle l'avait laissé pendant un quart d'heure. Lorsqu'elle a vu que son ami n'était pas dans le salon, elle avait commencé à paniquer. Parce qu'elle savait que Kanda seul pouvait faire une bêtise et elle avait raison. Elle le trouva dans la baignoire, ses vêtements étaient pleins de sang. Son poignet était plein de sang. Elle courut jusqu'à lui, elle prit sa main et enleva la lame qu'elle jeta par terre. De l'autre main, elle tentait de contenir le sang. Elle essayait de retenir ses larmes pour ne pas paniquer. Elle prit une serviette qui était à côté et entoura son poignet et avec les deux bouts qui restaient, elle fit un nœud en le serrant fort sans toutefois coupé le sang.
Lorsqu'elle vit que le sang ne coulait plus, elle soupira. Ses jambes ne tenaient plus, elle tomba par terre, elle souffla de soulagement. Elle caressait les cheveux de son ami. Si elle n'était pas arrivée à temps, Kanda serait mort. Elle frissonna. En même temps Lenalee venait de se rendre compte de la souffrance de son ami. Elle ne savait pas à quel point Kanda souffrait. Un bébé, c'était la joie mais en même temps elle savait que ce n'était pas véritablement vrai. Et Kanda se situait au cœur des deux choses. Son ami était fort mais depuis son jeune âge, il avait déclaré qu'il ne voulait pas d'enfant.
Lenalee pensait que c'était juste une blague et aujourd'hui, elle pouvait voir le résultat. Tant bien que mal, elle essaya d'aider Kanda. Même s'il était à l'ouest, il pouvait marcher, elle était convaincue. Elle l'aida jusqu'à la chambre. Elle resta avec lui sans rien dire, mais elle voulait savoir pourquoi autant de souffrance. Pourquoi se tuer, pourquoi autant de penser négatifs ? Dans les minutes qui suivirent, elle l'aida à rester conscient. Ce n'était pas quelque chose de grave. Ses blessures étaient superficielles, elle était arrivée juste à temps.
Elle était allée chercher de l'eau et un fruit pour lui donner à manger. Elle savait que, ces temps-ci, Kanda ne supportait pas beaucoup les odeurs surtout celles de la nourriture. Elle l'aida à boire l'eau et puis lui posa le fruit dans la main. Elle laissa quelques minutes s'écouler avant de parler :
– Kanda, pourquoi ?'' une simple phrase qui disait tout. Toute sa peine, toute son inquiétude était dedans. Kanda la regarda, ses yeux brillaient d'une lueur de détresse. Son cœur se serra, Lenalee voulait le prendre dans ses bras mais connaissant le caractère de Kanda, il fallait attendre un peu.
– Parce que j'en peux plus, dit Kanda, la rage dans son regard, son cœur le faisait mal, – parce que cette chose que j'ai tolérée comme un ''enfant'' est en train de détruire ce que j'ai à l'intérieur.
Les yeux de Lenalee s'ouvraient à mesure de ses paroles. Elle était choquée, non, plus que ça. La voix de son ami était pénible.
– Pourquoi tu détestes cet enfant ?
– Ce n'est pas lui. C'est moi. Cet enfant renvoie ce moi que j'ai voulu oublier dans ma jeunesse. Cette personne faible qui laissait les gens faire ce qu'ils voulaient. Comme je peux me détester. Tu sais, tu es la première à qui je parle de ça. Allen ne sait pas. Sur cette part de moi que je lui ai caché.
Kanda avait dû mal à garder son calme. Lenalee commençait à froncer les sourcils. Kanda n'a jamais voulu lui parler de son passé depuis qu'ils étaient adolescents. Elle ne voulait pas le forcer mais l'aiderait. Elle lui sourit pour l'encourager et pour la première fois depuis longtemps Kanda lui sourit d'un vrai sourire en prenant ses mains.
– Je ne peux pas te dire que j'aime cet enfant. Je vais apprendre à l'aimer, mais il me faudra du temps. J'essayerais toujours de faire une connerie parce que c'est dans ma nature de me détruire. Personnellement, pour tout te dire, je veux juste être aidé mais en me connaissant, je ne me laisserais pas faire. Et puis, ce baka de Moyashi ne m'aide vraiment pas.
Il se tut, Lenalee le regarda :
– Kanda dis-moi !'' sa voix était faible.
– Depuis l'annonce, il ne regarde que mon ventre. J'ai l'impression qu'il vit que pour cet enfant. J'ai l'impression d'être dans un autre plan. J'ai l'impression d'être que le porteur. Avec lui, je me sens délaissé. C'est débile, mais c'est la vérité. Il n'essaye même pas de me comprendre, Lenalee et ça me fait mal. Comment veux-tu que je vive dans ce monde si la personne que j'aime n'a des yeux que pour cette chose… désolé, pour cet enfant ? Tu sais depuis que je sais que je suis enceint, je n'ai jamais touché mon ventre. Je le renie même s'il est à l'intérieur de moi. Le faire retirer serait aussi égoïste pour le père, pas vrai ?
Kanda le regarda en espérant une réponse qui ne vint pas. Lenalee ne savait pas quoi dire, elle voulait juste l'aider. Et pour faire ça, elle devait parler avec Allen.
– Je te comprends Kanda, lui dit Lenalee en le prenant dans ses bras, – je sais et j'en suis désolée. Pour moi aussi je ne comprenais pas pourquoi tu rejetais cet enfant de tout ton cœur. Je vais être là pour toi maintenant. Je vais te soutenir jusqu'à la fin. Je vais parler avec Allen.
– Laisse tomber, j'ai essayé de lui expliquer, mais il ne veut rien entendre.
– Ne t'inquiète pas, tu sais comment je suis. Je vais le faire ouvrir les yeux. Fais-moi plaisir, tu as un psychologue qui vient quasi tous les jours, parle-lui.
– Non, je n'ai pas confiance.
– Et pourtant Kanda, il n'y a qu'eux qui peuvent te donner une réponse.
Le silence en disait long, Lenalee soupira et descendit du lit :
– Lorsqu'Allen va revenir, je vais chez moi chercher les enfants et Lavi. Je voudrais avoir un dîner de famille digne de ce nom avec vous deux.
– Et pour ton travail ?
– Je vais les appeler parce qu'il faut que je fasse quelque chose.
– Ne lui dis rien sur ce qui vient de se passer.
– Kanda je ne peux pas.
– Oui tu peux parce que si tu lui dis, on aura encore une autre dispute et on se retrouvera encore aux urgences. Tu sais comment on réagit'' le brun soupira de désarroi.
Elle soupira :
– Vous allez vous tuer ?'' elle était confuse ne croyant pas à ces mots.
– Si tu savais…
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Ils étaient tous assis à table à manger. Après avoir dîné, Lenalee prit à part Allen dans la chambre. Les autres étaient restés dans le salon. Lavi essayait de faire rire son ami Yuu qui s'énervait lorsqu'il l'appelait comme ça.
– Papa papa, où est maman ?'' dit une jolie petite fille. Elle avait des longs cheveux roux comme sa maman, mais la couleur venait de son père.
– Elle est avec ton parrain ma belle'' dit Lavi tout sourire.
– Mmm, mais moi je voulais qu'elle soit ici'' elle commença à bouder, son père la prit dans ses bras. Lavi la souleva pour la mettre sur ses genoux.
– Mon lapin, maman veut avoir une conversation avec ton parrain.
– Mmm,
– Sora tu ne vas pas commencer. T'es une grande fille pas vrai, tu n'es plus un bébé.
Sora le regarda horrifier
– Bien sûr que non, je suis grande et j'ai toutes mes dents.
Les deux adultes dans la salle sourirent en entendant ça. Ah les enfants !
– Bon alors, je vais jouer avec mes frères.
– Oui vas-y…
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Allen était assis sur le lit et Lenalee sur une chaise. En voyant sa posture Allen savait que son amie allait lui dire quelque chose d'important ou juste lui passer un savon mémorable ou peut être les deux. Il ne savait pas quoi attendre. Lorsqu'il était arrivé vers sept heures, Lenalee lui avait annoncé qu'aujourd'hui, sa famille allait dîner ici. Ça lui faisait plaisir comme ça, il pourrait voir sa petite Sora. Allen se rappela aussi que Kanda avait esquivé son baiser. Sur le coup, ça lui avait fait mal mais après, il avait oublié. Mais en regardant bien Lenalee, tous ses souvenirs de cet instant étaient revenus.
– J'ai quelque chose de très importante à te dire Allen mais avant je veux savoir si tu aimes toujours Kanda.
– Bien sûr, quelle question, dit-il tout de suite, indigné d'avoir une telle question. C'était offensant.
– Je vois mais selon Kanda, tu l'oublies.
– Ce n'est pas vrai.
– Tu es sûr, est-ce qu'au moins tu le regardes ? Je me rappelle de cette après-midi quand tu es rentré, tu m'as dit bonjour et ensuite, tu es allé directement voir Kanda non, je précise, tu es allé directement voir le bébé. Tu n'as posé aucun regard sur mon meilleur ami. Kanda t'a repoussé quand tu as voulu l'embrasser pour lui dire bonjour. Dans ce que j'ai dit, il n'y a pas quelque chose qui cloche'' fronçant les sourcils.
– Tu es en train de dire que je n'ai pas le droit…'' il fit un mini rire, c'était le pompon.
– Non loin de là. Mais depuis quelques jours, même moi je l'ai remarqué. Tu es là que pour l'enfant" elle commençait à monter la voix, – Kanda a essayé de t'expliquer et tu n'écoutes rien du tout.
– Que veux-tu que je te dise ? Que je suis désolé, la personne que j'aime essaye de tuer notre enfant. Je lui en veux à mort. Comment peut-il faire ça ?
Ses yeux étaient remplis de larmes, il s'essuya d'un revers de la main.
– Pourquoi vous ne parlez pas ?'' demanda son amie.
– Il ne veut pas, il m'en veut et je ne sais pas pourquoi. J'ai peur de le perdre.
– Tu es sûr de toi'' Lenalee était dubitative.
– De quoi tu me parles ?'' sa confusion se lisait sur son visage.
– Tu as peur de perdre Kanda ou l'enfant.
– Lenalee comment peux-tu dire ça ?'' choqué était moindre mot ce qu'il ressentait. À cet instant, Lenalee n'était plus vraiment une amie à ses yeux. C'était grotesque.
– Tu es sûr, je le dis parce que je le vois dans tes yeux. Même si tu l'aimes de tout ton cœur Allen, l'enfant est plus important. Dis-moi la vérité. Je veux l'entendre parce que si vous continuez comme ça dans la semaine qui viendra, tu trouveras Kanda mort'' dit-elle d'une traître sans remord, voulant choquer son ami qui prenait du temps à se réveiller.
Allen eut le souffle coupé. Lenalee n'avait pas tout à fait tort.
– L'enfant, on l'a fait avec amour, je ne pourrais pas vivre sans lui. Je l'aime tellement. Le voir souffrir me fait mal. Je suis idiot, je ne sais même pas comment l'aider. Lorsque je veux faire quelque chose de bien, il me rejette et je fais encore pire.
– Alors commence à le regarder comme tu le regardais avant.
Allen réfléchissait…
– Tu as raison, je ne me suis pas rendu compte. L'aveuglement du bébé m'a fait griller mes neurones.
Lenalee sourit, elle était fière d'elle. Elle espérait que ces deux-là pourront s'entendre à l'avenir. Une question inattendue refit surface.
– C'était lui ah… ?'' demanda Allen en la regardant.
– Je ne comprends pas Allen !'' fit-elle semblant de ne pas comprendre la question.
– La lame.
Lenalee écarquilla les yeux, elle pensait avoir tout nettoyé.
– Je l'ai trouvé par terre sous la baignoire. C'est moi qui provoque tout ça'' sa voix était faible.
– Non pas tout à fait, il faut que vous parliez.
– Merci pour tout'' merci d'avoir sauvé mon amant, pensa Allen.
– Je suis votre meilleure amie quand même.
Ils souriaient tous les deux avant de partir dans le salon.
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Kanda jouait avec Sora lorsqu'il vit Allen et Lenalee venir vers eux. Lavi jouait avec les deux autres garçons. Lenalee vint s'asseoir auprès de son mari alors qu'Allen était allé directement voir son fiancé. Sora était partie voir sa maman. Kanda essaya de monter tant bien que mal pour s'asseoir sur le canapé. Allen vint l'aider, ses deux mains prirent son bassin pour l'aider à monter. Kanda s'assit sur le canapé avec son amant.
– Merci.
– De rien. Tu sais que je suis toujours là pour toi.
Allen le regarda et leva sa main droite pour toucher le visage de Kanda. Sa main glissa jusqu'à sa nuque pour faire venir son petit ami à lui. Allen lui sourit puis embrassa ses lèvres. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas fait ça. Des lèvres douces qu'il a oubliées. Son goût, comment il a pu oublier ça ? En ce baiser, il vit leur premier baiser. Ce profond désir qui les consumait. Ce désir brûlant et intense qu'il avait lentement consumé durant des années. Kanda était la première personne qu'il avait embrassé. Ses lèvres contre les siennes, son tout premier baiser. Le goût était toujours le même, sucré, doux dans sa bouche. Allen ferma les yeux comme Kanda, ce baiser était le bonheur. Il replongea toujours dans ce tourbillon de bonheur qui était le leur. Il sentait le cœur de son fiancé battre comme le sien. C'était une jolie mélodie.
Ce moment était fugace. Ce sentiment qui ne le quittait plus. Il voulait trouver leurs cœurs, il voulait trouver son cœur. Son chemin était le sien. Jamais de sa vie, il ne pourra le laisser. Le baiser était leur nouvelle vie, leur nouveau mode communication. Allen réalisa que ça faisait un mois et demi qu'il n'avait pas embrassé son homme. C'était triste, lui qui aimait ses douces lèvres sucrées.
Le temps était difficile à rattraper. Il ferait tout son possible pour qu'ils s'en sortent. Un seul baiser de lui le faisait croire à l'humanité. Qu'il n'était ni bon ni mauvais, il était ce qu'il a construit depuis son enfance. Les rares personnes qui étaient restées dans sa vie se comptait au bout des doigts. Sa main qui était sur sa nuque vint caresser sa joue droite. Ses lèvres quittèrent les siennes. Ses yeux se braquèrent aux siens. La vérité, il le connaissait, il voulait le faire partager. Enfin, il a vu ce qu'il voulait voir.
– Je t'aime, dit Allen en prenant sa main.
– Moi aussi, dit Kanda en posant sa tête sur son épaule. Il était fatigué, les émotions de la journée étaient en train de le rattraper. Allen vint caler son dos sur le canapé et Kanda vint le rejoindre dans ses bras. Lenalee était contente, elle avait réussi pour eux. Maintenant, c'était à eux et surtout à Allen de faire le chemin pour ramener Kanda où il était censé être. La soirée passa dans la bonne entente. La famille Bookman était partie chez eux.
Kanda était en train de se changer. Il mettait son pyjama pour aller se coucher. Allen faisait de même. La chambre était silencieuse. Ils n'osaient pas troubler cette tranquillité. Ils ne voulaient plus d'une autre dispute s'ils ne savaient pas quoi dire. Kanda partit vers le côté de son lit. Il s'allongea et Allen s'allongea à sa gauche. Allen ne savait pas quoi faire. Kanda décida pour lui, il vint se blottir contre lui.
– Kanda je…
– Pas aujourd'hui, on parlera un autre jour. Je suis fatigué.
– D'accord » Il était un peu déçu.
– Ne t'inquiète pas » son visage vint s'enfuir sur son cou, – on a tout le temps. On se comprend, pas vrai !
– Oui…
– Alors bonne nuit'' Kanda vint l'embrasser avant de sombrer dans le sommeil.
– Bonne nuit, dit Allen avant de le rejoindre.
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Allen et Kanda étaient assis. Le gynécologue était en face d'eux. Il demanda à Kanda de s'allonger sur le lit. Avant de s'allonger, Kanda enleva son tee-shirt. Le gynécologue lui mit du gel qui le fit sursauter.
– Désolé, j'ai oublié de dire que c'était froid.
– Non ça m'a juste surpris'' répliqua Kanda.
Allen se tenait à côté de lui, sa main vint rejoindre celle de son amoureux. Il savait que c'était une épreuve pour Kanda qui commençait petit à petit à accepter cet être à l'intérieur de lui. Le gynécologue prit la sonde et commença à chercher où le fœtus était. Grace à la sonde, on pouvait voir le fœtus ou plutôt l'embryon qui se formait et qui était envoyé sur l'écran. Il le trouva, il commença à expliquer. Leur docteur les avait envoyés voir leur fils qui était gynécologue. Comme il a dit, il ne faisait pas confiance aux autres pour cette découverte.
– Voici, l'embryon. Vous êtes dans au deuxième mois de votre grossesse et c'est normal.
Il dit cela pour calmer un peu le père qui ne comprenait rien. Kanda quant à lui essayait de rester calme
– Donc votre bébé se développe bien et rapidement. On ne peut pas voir encore grand-chose, mais dans trois ou quatre semaines, on pourra voir ses jambes se former ainsi que son visage qui va se développer comme aussi les deux hémisphères de son cerveau, quelques organes comme l'estomac, le pancréas et le foie. Il faut savoir aussi cher parents que le bébé va découvrir l'odorat.
Allen était content, il pouvait voir ce qui allait devenir son enfant. Il était déjà. Il regarda Kanda qui était resté silencieux. Il poussa un léger soupir, il ne devait pas s'inquiéter.
– À la sixième semaine, vous pourrez découvrir le sexe de l'enfant. Et à la fin de la huitième semaine ses organes seront tous en place.
– Mmm, dit Kanda un peu fatigué et surtout, il s'en fichait un peu mais, il avait promis de faire un effort.
– Là, il mesure entre 10 et 14 millimètres par rapport au premier mois. Avec nos autres rendez-vous, je pourrais vous dire un peu plus. Bon, c'est terminé pour aujourd'hui et je vous fais la photo.
– Merci, dit Allen qui n'a pas quitté son fiancé du regard. Il était trop silencieux,- ça va Kanda ?
– Oui ne t'inquiète pas, dit-il en se levant pour ne plus l'entendre. Allen comprit le message et laissa tomber. À la maison, ils pourront parler.
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Allen posa la photo sur le frigo. Derrière était écrit le deuxième mois de grossesse. Il regarda encore et encore. C'était son enfant qui grandissait à l'intérieur de son amour. Il toucha encore la photo, son sourire ne disparaissait pas. Il était tellement content. Maintenant, il devait parler avec Kanda. Il avait laissé les choses traînées et si Lenalee n'était pas intervenue, le pire était à venir.
Allen s'allongea sur le lit et le prit dans ses bras. Il voulait avoir une conversation sans que cela ne parte en engueulade. Leurs pieds étaient entrelacés, leurs mains se joignaient. Allen voulait avoir la permission de toucher son ventre même s'il avait fait le mois précédent clandestinement.
– Kanda, je suis désolé de t'avoir ignoré. Je suis désolé de ne pas être intervenu. Tu as raison, j'étais tellement fixé sur l'enfant que je n'ai pas tenu compte de tes sentiments. Le malheur, c'est que je t'aime trop pour te perdre, mais je t'ai fait souffrir pour rien. Je sais qu'il y a trois jours, tu as essayé de te suicider'' dit-il sans aucun reproche.
– L'important maintenant, c'est d'aller de l'avant. Je veux qu'on s'en sorte toi et moi. Je vais continuer à voir le psychologue, mais toi aussi'' dit Kanda à contre cœur.
– Oui, tu as raison même si on s'aime, on a tendance à nous faire dû mal. Je veux rester toujours avec toi. Je ferais ce que tu me demanderas. Kanda ?
– Oui…
– Est-ce qu'au moins tu as aimé voir notre bébé ?
– Je ne sais pas, je ne pourrais pas te le dire encore. Je suis incapable pour le moment, mais j'avance lentement, je vais réussir.
– Je sais, dit en Allen embrassant son front,- Kanda, j'aimerais tellement que tu m'autorises à toucher ton ventre…
– Je vais voir, c'est mon corps. J'essaye encore de comprendre, je te le dirais.
– Oui, tu veux quelque chose à manger.
– Pour le moment rien, mais je voudrais bien un jus d'ananas.
– Ok'' c'était un peu amer, mais il devait respecter son amant. Allen se décida à se lever et de se diriger vers la cuisine. Quelques minutes plus tard quand Allen revint, il vit Kanda tranquillement allongé, une main posée sur son ventre. C'était la première fois qu'il faisait ça. Ils étaient sur le bon chemin tous les deux.
À suivre…
