Akashi était penché sur son devoir d'histoire sans grande conviction. Il aimait bien, pourtant, cette matière. Mais son esprit était concentré sur autre chose, sur Mizuno Kei. La jeune femme ne quittait pas ses pensées. Il avait tout trouvé sur elle. Tout. Alors pourquoi avait-il l'impression que quelque chose lui échappait ? Peu à peu, il se mit à écrire les informations qu'il avait à la suite de son devoir.

Mizuno Kei.

Née le 10 décembre de la même année que la Génération des Miracles.

Aucun casier judiciaire.

Père décédé avec sa soeur jumelle lors d'un accident de voiture.

Mère disparue.

A disparue de la circulation dès la fin du collège.

Connait la Génération des Miracles, d'une manière ou d'une autre.

Est l'héritière de l'entreprise Mizuno.

Cheveux violets.

Yeux vairons gris et or.

Lorsqu'il se rendit compte qu'il avait écris sur son devoir, Akashi retint un juron. Il se contenta de grommeler, d'effacer ces informations et de continuer son devoir, les idées toujours fixées sur Mizuno. Il y avait un grand mystère autour d'elle et ça le dérangeait. Il aimait particulièrement tout savoir sur tous ceux qui l'entouraient, et la jeune femme l'entourait manifestement depuis le collège. Soudain, il se redressa sur sa chaise. Akashi devait absolument aller voir Momoi. C'était une fille, elle se souvenait sans doute d'elle ! Il se leva donc. Le jeune homme s'habilla correctement et sortit de sa chambre. Il descendit les escaliers et héla un valet.

- Préparez la voiture, je sors.

Le valet s'inclina devant lui et partit aussitôt d'un pas pressé vers le garage pour exécuter les ordres d'Akashi. Celui-ci glissa sa main dans la poche de sa veste, y caressant du bout des doigts la paire de ciseaux qui ne le quittait plus, l'air pensif. Puis le valet revint l'avertir que la voiture l'attendait et le jeune homme partit sans un mot. Il se glissa dans la voiture et avertit son chauffeur qu'il allait chez Momoi Satsuki. Ce dernier acquiesça et le conduisit en toute sécurité, bien qu'un peu rapidement. Akashi observait les différents paysages devant ses yeux. Il était à Kyoto et c'était une ville magnifique, mais Tokyo lui manquait, parfois. Après tout, c'était à Tokyo qu'il avait grandi, auprès de sa mère… Le jeune homme se perdit dans ses souvenirs de Tokyo jusqu'à ce que la voiture s'arrête. Sentant le mouvement berceur de celle-ci et le ronronnement du moteur disparaître soudain, il revint à la réalité et sortit de la voiture après que le chauffeur soit venu lui ouvrir la portière.

- Attendez moi ici. Je reviens dans une dizaine de minutes si tout se passe comme prévu.

Puis Akashi laissa le chauffeur sur place et alla jusqu'au porche de l'immeuble. Il tapa le code, passa la porte vitrée et monta les escaliers. Il s'arrêta au troisième pallier et s'approcha d'une porte en bois toute simple. Sur le dessus on pouvait lire le numéro 9. Le jeune homme frappa à la porte et un son clair retentit dans tout l'appartement. Il attendit quelques secondes à peine et une jeune femme aux cheveux longs et rose bonbon vint ouvrir vivement la porte, un air fâché au visage. La surprise peignit ses traits un instant puis elle rougit de honte. Ses yeux roses vifs glissèrent sur ses propres pieds dans une émotion de gêne.

- Oh… Akashi-san… Désolée, entre donc.

Akashi s'exécuta sans un regard pour la rose. Cette dernière referma la porte derrière lui et surmonta rapidement sa honte. C'est donc avec une voix légèrement colérique qu'elle l'informa :

- Si tu cherches Dai-kun, il est parti chercher cette Kei. Il n'a que son nom à la bouche depuis que tu lui en as parlé.

Akashi hocha la tête puis s'assit de son droit sur le petit canapé brun. Il leva son regard vairon et le planta dans celui de la jeune femme.

- Merci de m'en avoir parlé. J'en aurais plus ample discussion avec lui plus tard. Mais je suis ici pour te parler, Momoi.

La jeune femme rosit de gêne et alla s'asseoir sur le fauteuil fatigué en face du rouge.

- O-Oh… D'accord. Qu'y a-t-il, Akashi-san ?

Celui-ci ne quittait pas du regard la rose.

- La connaissais-tu, Mizuno Kei ?

- Non. Mais pourquoi vous n'avez tous que son nom à la bouche ? Même Tetsuya me parle d'elle…

- Parce qu'elle est un danger, un défi, pour nous tous de la Génération Miracle. Tu ne te souviens pas d'un jeune femme de son genre à Teiko ?

- Non. Et pourtant, je connaissais tout le monde… Mais elle m'est totalement inconnue, il est anormal qu'elle vous connaisse autant.

- Nous ne savons pas encore à quel point elle nous connait bien. On ne sait que ce qu'elle nous laisse savoir.

- Et ça te frustre ?

Le capitaine la foudroya du regard, mécontent qu'on touche là où ça fait mal. La jeune femme baissa vivement les yeux.

- Désolée.

- Oui, ça me frustre. Mais ce n'est pas important. Il est hors de question que cette jeune femme nous manipule. J'ai besoin que tu cherches auprès de toutes tes connaissances de Teiko s'ils la connaissent et si oui tu dois leur faire dire tout ce qu'ils en savent. D'accord ?

- Ou-Oui Akashi-san.

- Bien. Tu saurais où Daiki peut être parti ?

- Peut-être sur le toit du gymnase à rêvasser, comme à chaque fois qu'il n'en peut plus de moi.

- Merci.

Le rouge se leva, s'avança vers la rose et posa sa main sur le haut de sa tête. Ils rosirent tous deux.

- Et tu n'as pas à t'inquiéter, Daiki t'apprécie sincèrement.

Momoi hocha lentement la tête, gênée mais rassurée. Le capitaine retira sa main et s'approcha de la porte, attendant visiblement qu'elle lui ouvre. La jeune femme s'en empressa et Akashi repartit à sa voiture. Une fois à l'intérieur, il avertit son chauffeur de sa nouvelle destination : le lycée Too. La voiture reprit sa route. Au bout de seulement quelques minutes, elle s'arrêta à nouveau. Akashi sortit de la même façon que la dernière fois et hocha la tête vers son chauffeur avant de lui préciser qu'il l'appellerait pour lui dire quand venir le chercher mais qu'il devrait rester dans le quartier. Le chauffeur s'inclina et repartit. Akashi poussa un léger soupir. Le soleil commençait à baisser dangereusement et il était fatigué de son entraînement quelques heures plus tôt. Pour autant, il se força à aller jusqu'au gymnase principal et à monter sur le toit. Là, il trouva le corps allongé d'Aomine. Ce dernier avait posé son avant-bras sur ses yeux et était plongé dans ses pensées. À tel point qu'il sursauta lorsqu'il entendit Akashi parler :

- Daiki. Nous avons à parler.

L'as de Too grimaça et marmonna :

- Tu préviens d'habitude…

Puis il soupira et se redressa, découvrant ses yeux d'encre. Il vrilla ces derniers sur son ancien capitaine.

- Et bien, parlons. De quoi veux-tu me parler, Akashi ?

- Kei.

Les joues du plus grand rosirent à l'entente de ce nom. Un léger sourire apparut sur son visage.

- Tu te souviens d'elle ?

- Disons que j'ai une très bonne impression d'elle…

- Daiki, ne me cache rien.

- Et bien… Je…

À la grande surprise d'Akashi, il remarqua que le jeune basketteur était gêné. C'était une chose tellement rare, même pour lui.

- Je me souviens de moments passés avec elle. Bien sûr, je ne sais pas comment je l'ai rencontrée. Mais je sais que j'étais amoureux d'elle et qu'on s'est déjà embrassés.

Le capitaine haussa un sourcil. Aomine ne le regardait pas, il fixait ses mains avec un léger sourire idiot.

- Comment aurais-tu pu oublier une personne dont tu étais amoureux ? C'est idiot.

L'as de Too rit d'une rire sans joie. Son sourire avait disparu et une grande tristesse apparaissait dans son regard. Akashi observait tout cela attentivement.

- Je le sais bien que c'est idiot. Je veux la revoir. Je veux me souvenir d'elle. Alors… Je me force, tu vois ? J'essaie de me souvenir d'elle. Et même si tout ce que j'ai c'est des bribes de souvenir, je revois son sourire… Et j'en retombe amoureux. Bon sang, comment j'ai pu oublier une fille pareille ?

- « Une fille pareille » ? Comment la vois-tu ?

- Kei ? C'est une fille magnifique. Autant par ses actions que par son physique. Chaque fois que je me souviens d'elle, elle sourit. Un peu comme Kise… Mais en cent fois plus attirant. Je crois qu'elle était quelqu'un de très secret mais qu'elle a toujours été la plus douce et tendre des filles.

Akashi hocha la tête puis vint s'asseoir à côté du bleu.

- Tu crois qu'elle nous a connu grâce à toi ?

- Non. Je me souviens d'avoir été jaloux en la voyant sauter dans les bras de Kise. Ce n'est pas moi qui vous ai présenté à elle.

- Je me demande bien si elle avait tout prévu…

- Je ne pense pas, Kei n'est pas comme toi tu sais. C'était plus souvent elle la manipulée que la manipulatrice.

- Mh…

Il y eut un silence durant lequel chacun d'entre eux réfléchit à la jeune femme. Akashi n'était pas d'accord avec Aomine, bien qu'il n'en disait mot : si la jeune femme l'empêchait d'accéder à plus d'informations, c'était pour mieux le manipuler, il en était sûr. Le téléphone d'Aomine se mit à vibrer sur le sol, à côté de lui. Akashi fit signe à son ancien coéquipier de décrocher. Celui-ci lui lança un regard apeuré mais obéit sans regarder le nom. Au lieu des cris de son amie d'enfance, Aomine entendit une voix lente et fatiguée, mais légèrement inquiète :

- Aominecchin ?

- Murasakibara ? C'est rare que tu m'appelles.

- Oui. Je dois en parler, mais Akashicchin ne doit rien savoir, d'accord ?

- Mh, mh. Mais on peut en parler plus tard ? Je te rappelle.

- Pourquoi ?

- Je suis pas seul.

- Oh… Je vois, Akashicchin est avec toi. D'accord. Appelle moi quand tu seras seul.

- Oui. À bientôt Murasakibara.

Aomine raccrocha et tourna lentement le regard vers Akashi qui semblait l'interroger. Il soupira et détourna le regard, comme toujours lorsqu'il mentait :

- Murasakibara veut que j'aille avec lui en ville.

Le rouge acquiesça avec méfiance. Il ne le croyait pas, mais il allait faire comme si. Ca ne le concernait sans doute pas, pensait-il. Il salua son ancien coéquipier et repartit. Aomine attendit une demie-heure, pour être sûr que son ancien capitaine soit parti, avant de rappeler Murasakibara.

- C'est bon, je suis seul.

- Merci Aominecchin.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? D'habitude tu n'as pas cette voix…

- J'ai peur qu'Akashicchin comprenne ce que je dois lui taire… Aominecchin, promets moi que tu ne diras rien à personne de ce que je vais te dire ?

- Ben ouais, promis.

- C'est au sujet de Keicchin.

- Kei ? Rougit le bleu.

- Oui. Tu te souviens de quoi à son sujet ?

- Que j'étais amoureux d'elle.

Son interlocuteur grogna dans le combiné.

- Pourquoi ? S'étonna l'As de Too.

- Figure toi que je suis le seul qui me souvienne tout d'elle. Et tu n'étais pas le seul amoureux d'elle.

- Hein ? Qui d'autre ?

- Chacun d'entre nous l'était. C'est pour ça que je préférais être le seul à me souvenir d'elle…

- Mais tu n'aimes que les bonbons toi !

- Keicchin est bien plus sucrée que les bonbons. Mais elle a changé…

- Comment ça ?

- Elle est plus méchante. J'ai eu l'occasion de la revoir… Mais même si elle m'a donné des bonbons, c'est comme si elle voulait que je vous abandonne…

- Si tu l'aimes, ça ne devrait pas te poser de problème, si ?

- Si. Parce que ce que Keicchin ordonne, je fais. Mais là, je suis incapable de le faire et elle le sait. Keicchin n'est pas la même qu'au collège…

La voix du violet était brisée, comme s'il allait pleurer. Aomine frissonna. Kei avait-elle tant changé ?

- Tu en es sûr ? Je veux dire… Elle sourit encore, non ?

- Non, elle ne sourit plus. Ou du moins, plus du même sourire…

- Plus le même ?

- Keicchin a un sourire faux et méchant. Ce n'est plus le même…

L'as de Too sentit son coeur se serrer. Il espérait sincèrement que la jeune femme soit restée telle qu'il s'en souvenait… Mais visiblement, ce n'était pas le cas. Une question vint lui marteler le crâne, jusqu'à ce qu'il la pose, le coeur au bord des lèvres.

- Dis, Murasakibara, tu peux me raconter comment on a pu l'oublier ? Et pourquoi elle est partie ?

Un grand silence suivit sa demande. Il entendit son ancien coéquipier prendre une grande respiration avant de lui expliquer…

Et voici le deuxième chapitre !

J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me laisser des reviews, ça peut m'aider à m'améliorer et ça fait toujours plaisir. ;)

Je ne compte pas en poster un tous les jours, que les choses soient claires. Mais je vais essayer d'en poster un par semaine, le mardi soir.

Bisous et passez une bonne matinée/journée/soirée/nuit ! ;)

Jenkins.