Note de l'auteur: Hey, c'est les vacances! Pour l'occasion, je reviens avec un petit texte. Cette fois-ci, c'est Himdall qui a choisi le mot. Pour ma part, ce ne fut pas simple, mais bon, j'ai quand même réussi à écrire quelques lignes. En espérant que cela vous plaise. Sur ce, bonnes fêtes de fin d'année!
Disclaimer: Shaman King ne m'appartient toujours pas. Hiroyuki Takei vient de m'envoyer paitre pour X ème fois.
Poster une review vous promet un autographe de Hao
Mot du jour: Génèse
« Où est-ce qu'on va ? demanda la fillette de sa voix fluette. »
Elle tremblait, sans savoir si c'était de peur ou de froid. Peut-être bien les deux. Après tout, elle n'était vêtue que d'un mince manteau élimé et Dieu savait à quel point les hivers en Normandie pouvait être glaciaux. Quant à la peur…c'était normal après tout. Pour la première fois de sa vie, elle quittait ce qui lui avait servi de foyer. Jeanne resserra ses bras autour d'elle pour se réchauffer. Contre son cœur reposait la petite Bible qu'elle avait tenu à emmener.
Le grand blond à lunettes se tourna vers elle, hésitant. Il ouvrit la bouche comme pour lui répondre, avant de s'interrompre en plein élan. Il lança un regard incertain au grand prêtre qui se tenait à ses côtés et qui, lui, ne s'était pas retourné.
Jeanne n'osa pas insister. Les deux hommes l'intimidaient. Surtout le grand, tout de noir vêtu. Pour un prêtre au service de Dieu, il affichait une allure sinistre renforcée par le port d'un chapeau à larges bords qui assombrissait son visage. L'adolescent, quant à lui, semblait plus abordable bien qu'il tentât d'avoir l'air aussi sérieux et impassible que son aîné. Jeanne sentait bien que, derrière cette façade, se dissimulait un garçon qui se cherchait encore.
Ils descendirent vers le parking. Malgré la saison, il y avait encore quelques visiteurs qui se plaisaient à visiter le Mont. Plusieurs voitures stationnaient un peu partout, mais elles faisaient bien pâle figure à côté de la superbe voiture blanche garée un peu à part et devant laquelle le petit groupe se dirigea. Mais Jeanne s'immobilisa, le cœur au bord des lèvres. Le doute et l'angoisse la paralysaient et lui donnaient envie de rebrousser chemin à toutes jambes. Le prêtre dut le sentir, car il se tourna soudainement vers elle. En deux pas, il était face à la fillette. Celle-ci esquissa un mouvement de recul, mais l'homme se contenta d'ôter son chapeau et de s'agenouiller pour se retrouver à la hauteur de l'enfant.
« Sainte Jeanne, vous n'avez pas à avoir peur. Les signes divins ne trompent pas, vous êtes l'Elue. C'est pourquoi nous devons à présent vous mener aux autres Anges pour vous former à votre rôle futur. »
Jeanne écarquilla les yeux, confuse. Le prêtre avait un regard noir et profond, magnétique. La fillette fut happée, le cœur battant.
« Je comprends pas trop ce que vous dites…chuchota-t-elle cependant, parcourue de frissons. »
Pour la première fois depuis leur rencontre, le prêtre lui sourit.
« Je le sais, Sainte Jeanne. Mais nous prendrons le temps nécessaire pour tout vous expliquer lorsque nous aurons rejoints nos Frères. Une fois là-bas, vous prendrez conscience du rôle que Notre Père a choisi pour vous. Car vous devez savoir une chose : sans vous, rien n'est possible. »
Le grand homme se tut, et Jeanne comprit qu'il lui laissait en quelque sorte le choix. Le choix de partir avec eux et de faire face à un destin sacré et hors du commun, ou celui de reculer et de demeurer une misérable orpheline élevée par des moines.
La fillette leva les yeux vers le Mont Saint Michel. Son foyer, sa maison. Elle y avait grandi. Cela n'était pas facile tous les jours : les Frères parlaient et dormaient peu, se nourrissant presque exclusivement de leurs prières. Elle n'avait jamais rien connu d'autre, mais elle avait appris à aimer cette vie. Ou du moins, à s'y conformer.
L'enfant regarda encore plus haut, jusqu'à atteindre la statue dorée de l'Archange Michel, le Pourfendeur de Dragon. Lui n'avait pas eu peur d'affronter sa destinée. Jeanne demeura silencieuse un moment, perdue dans sa contemplation.
Ce n'était peut-être pas le hasard. Après tout, elle voyait les Esprits. Elle entendait leur voix, comme la Sainte Jeanne d'Arc dont elle portait le nom. Celle-ci aussi avait débuté sa vie au plus bas. Mais elle n'avait pas eu peur lorsque Dieu l'avait choisie.
Jeanne prit une profonde inspiration, essayant de rassembler toute sa détermination. Non, elle n'avait aucune raison de se défiler. Elle reporta son attention sur le prêtre et hocha doucement la tête, sans rien dire de plus.
Le sourire de Rackist s'agrandit et il se redressa avant de lui tendre la main. L'enfant, après une dernière hésitation, y glissa sa paume, son autre main serrant davantage sa Bible contre son coeur.
Tous deux se dirigèrent vers le jeune Marco qui attendait, le visage fermé.
