C'est qu'il m'en aura fait baver, ce chapitre. M'enfin. Bonne lecture!
Chapitre 3: Avancer
Élève numéro dix-sept: Yukari Yuzuki
Statut: Vivant.
- Bon, en gros, je suis face à un cadavre, c'est ça? lança Gumi en plongeant ses orbes vertes dans le rose profond de Yuuma. C'est bizarre, tes joues sont toutes rouges, on jurerait que tu es encore vivant...
Yuuma en vint même à se demander comment il pouvait encore rougir dans une situation pareille.
- Alors, c'est pas comme ça que les élèves sont numérotés, en fait... continua-t-elle dans sa lancée... Peut-être qu'on classe les filles selon les tailles de poitrine! Eh eh, à ton avis, si c'était le cas, je serais classée combien?
- Non, je suis certain que c'est la bonne manière de les classer, rétorqua Yuuma en ignorant la dernière réplique de la jeune fille qui avait failli amener son pauvre visage à brûler. On a sûrement dû faire une erreur quelque part...
- Bon bah, je te fais confiance moi, t'es le plus intelligent de toute façon!
Elle s'allongea à même le sol tandis qu'il continuait à gribouiller des raisonnements sans queue ni tête sur son calepin. Lorsque son estomac commença à émettre des gargouillements inhumains, elle fouilla dans l'un des sacs qu'ils avaient trouvés dans le tas d'armes et en sortit deux sandwichs fourrés à la viande. Elle en tendit un à son voisin, qui l'attrapa distraitement tout en marmonnant des phrases incompréhensibles. Gumi détailla un instant son visage blanc parsemé de quelques rougeurs au niveau des pommettes, ainsi que son regard rose concentré et ses cheveux de même couleur - probablement pas une teinture, car presque tous les habitants de leur ville naissaient avec des couleurs surnaturelles -
L'ensemble est plutôt pas mal, pensa-t-elle en affichant un petit sourire.
Elle aimait bien ce garçon. Il était étrange, mais tellement différent des autres. Tellement spécial. Même s'ils ne faisaient rien en particulier, elle ne parvenait pas à s'ennuyer lorsqu'il était à côté d'elle.
- Yuuma? commença-t-elle après avoir avalé le morceau de pain qu'elle avait fourré dans sa bouche quelques secondes plus tôt.
L'intéressé leva la tête de son papier et posa les yeux sur la jeune fille assise à côté de lui, qui elle avait le regard perdu dans le bleu du ciel.
- O-Ouais? répondit-il, les joues rosies.
Elle eut un sourire. Un imperceptible sourire, mais qu'il put voir quand même.
- Si on réussit à sortir d'ici, on passera plus de temps ensemble, d'accord?
Yuuma ne put s'empêcher de sourire à son tour.
- Pas de "si" qui tiennent. On sortira d'ici à coup sûr.
Là, leurs regards se croisent. Il peut voir dans les iris verts un pétillement, et dans les pupilles une joie mal dissimulée. Son pauvre cœur tressaute dans sa poitrine, mais il sent une douce chaleur se répandre dans son bas-ventre. Comme si voir Gumi ainsi le rendait heureux; et c'était très probablement le cas. il ne savait pas.
- Tu me le promets?
La respiration du jeune homme s'accéléra. Il avait peur de ne pas pouvoir- Non, il ne devait pas penser à ça maintenant.
- Oui. On sortira d'ici tous les deux. Je te le promets.
X
Courir.
Courir, sans jamais s'arrêter.
Courir, ou mourir.
- Aidez-moi ! Par pitié, quelqu'un !
Elle ne s'était jamais sentie aussi terrifiée. Elle, la proie, traquée par un prédateur déterminé à emporter son festin avec lui, fuyait de toutes ses forces, tout son cœur, toute son âme. L'autre était là, juste derrière elle – si proche – prête à bondir au moindre faux mouvement de sa part. Elle devait se l'avouer, elle n'avait plus que quelques minutes à vivre.
À moins que ce ne soit que de misérables secondes.
- J'aurais préféré mourir… dans un endroit plus recommandable… murmura-t-elle en affichant un sourire crispé.
Ses jambes ne répondaient déjà plus et elle s'écroula misérablement sur le sol, impuissante. Les mains de son poursuivant, qui l'avait déjà rattrapée, s'enroulèrent autour de son cou tels deux vicieux serpents, avant de se resserrer imperceptiblement.
Au bout d'une minute, la vie avait déjà quitté son corps.
Élève numéro trois : Achevé.
Len se réveilla en sursauts.
Que… se passait-il ? Combien de temps s'était-il endormi sur ce sol chaud et rêche ? Un regard autour de lui lui apprit qu'il se trouvait toujours dans l'immense désert où on l'avait déposé au début du jeu, mais il n'avait toujours aucune idée de comment s'en extirper. Devait-il s'y enfoncer, ou au contraire rebrousser chemin ? Comment faire pour retrouver tous les autres ? Le sourire de Rin lui vint un instant à l'esprit, mais il s'empressa de balayer cette pensée du revers de la main, de peur de ne plus pouvoir penser à autre chose dans une situation aussi critique.
Bon… Que ferait Yuuma dans une situation pareille ? pensa-t-il en portant sa main à son menton, signe d'intense réflexion.
Bien évidemment, il lui était impossible de réfléchir comme son ami, qui lui était un véritable automate vivant. Pourtant, quelque chose lui disait que leurs chemins finiraient par se rencontrer, et que tout finirait par devenir bien plus facile dans cette arène sanguilonante.
D'un geste qui respirait la fatigue, il amena à lui son sac à provisions et en tira un morceau de pain fourré à la viande séchée. En y repensant, il devrait bientôt se mettre à chasser, parce tout ce qu'il possédait risquait de moisir s'il ne le consommait pas rapidement… Constatant que la nuit devait être tombée depuis un moment déjà, Len se demanda quelle heure il pouvait bien être. N'avait-il pas pensé à placer une quelconque horloge, quelque part ? Il perdait complètement la notion du temps… Et puis, quel jour était-on ?
Merde !
Il allait devenir fou.
Rapidement, il accrocha le fourreau de son épée à sa ceinture, plaça son sac sur son dos et se remit en marche, cette fois-ci dans le chemin inverse. À vrai dire, il ne comprenait pas réellement pourquoi il faisait ça et il avait l'impression qu'une petite voix lui murmurait à l'oreille que c'était la meilleure chose à faire. Avancer. Surtout, ne jamais cesser d'avancer. Son choix était le bon, il en était certain.
Cette certitude fut confirmée lorsqu'il aperçut, après une demi-heure de marche éreintante, une forêt dont le vert des grands arbres contrastaient allègrement avec le jaune du sable. L'espace d'une seconde, il eut peur de l'avoir rêvée, et courut de toutes ses forces jusqu'à l'atteindre, faisant fît de la fatigue qui menaçait de le faire s'écrouler.
Avancer.
Avancer.
Avancer.
Av-
Il buta contre quelque chose et trébucha. Les yeux d'abord fermés, il mit un certain temps à remarquer ce sur quoi il était maintenant allongé.
Un cadavre.
Celui de Miki Furukawa.
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Les reviews sont le salaire de l'auteur. x) Lâchez-vous, et à la prochaine!
