Hello! Me revoilà aujourd'hui avec le second chapitre de ma petite fiction adorée!
Franchement, je me suis jamais autant passionnée à écrire quelque chose. *v*

Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont écrit des review, ça m'a fait super plaisir, merci merciii~
J'espère que la suite vous plairas! Et n'hésitez toujours pas à me dire ce que vous en pensez!
Voilà voilà, bonne lecture~ ;3


C'est le vide total.
Tout est encore noir, mais j'entends le chant de quelques oiseaux non loin de moi. Du même temps, une légère brise me caresse le visage, accompagnant avec elle une douce odeur de nature, celle que je peux sentir le matin, chez moi, lorsque j'ouvre les fenêtres de notre chambre à Laura et à moi. À cet instant, je me sens bien. Mes paupières se font plus légères et je parviens enfin à ouvrir les yeux. La lumière extérieure m'éblouit ce qui me fait les plisser. Je ressens alors une présence familière non loin de moi. Cette silhouette encore indistincte s'approche rapidement et une fois à mon chevet, pose sa main par dessus la mienne.

« Clint ! Tu es réveillé ! » s'écria Natasha, que je reconnu à sa voix.

Je me frotte les yeux de ma main libre et la salle où je me trouve apparaît enfin à mes yeux. Je reconnais cette chambre, c'est une de celles du Shield, dans l'aile médicale. Tout y est paisible, la fenêtre est très légèrement ouverte et donne sur le parc où s'entraînent et courent des agents du Shield. Le léger rideau ondule sous la brise, cela a quelque chose d'apaisant. À ma gauche, sur une commode se trouve un bouquet qui semble fraîchement cueillit. Natasha me dit qu'il vient de Wanda. À entendre ce nom, je sursaute et me redresse dans mon lit. La rousse me regarde alors avec interrogation. À cet instant, quelques souvenirs de la veille me reviennent à l'esprit. Je nous revois tous les trois en Sokovie, blottis dans la neige en pensant à lui, à Pietro. Ce nom me prend les tripes. Je revois alors ce long couloir blanc, cette étroite porte métallique qui s'ouvre dans un nuage de poussière. Et enfin, je le revois, inerte mais vivant sur ce lit drapé de blanc. J'empoigne les draps de mon propre lit et les tire brusquement à mes pieds. Natasha me regarde, figée. Je la regarde à mon tour, pressé.

« Où est-ce qu'il est ? »

« De quoi ? »

« Pietro ! »

Elle soupire et me caresse le dessus de la main.

« Encore un cauchemar Clint.. ? »

Je doute de moi-même mais les images qui me reviennent à l'esprit sont si claires, si détaillées qu'elles ne peuvent pas venir d'un rêve. Mes traits se durcissent et cela semble la mettre mal à l'aise.

« Natasha. Dis-moi où il est. »

Encore une fois, je la sens hésitante. Décidément, avec moi elle ne peut pas jouer un autre rôle.
Elle baisse les yeux et m'ignore avant de me répondre totalement à côté.

« Tu as fait un malaise hier, en Sokovie.
Apparemment ton système immunitaire a fichu le camp avec le froid qu'il y faisait.. »

« Très bien récité, ton texte.. » Lui répondis-je froidement.
Je n'aime pas la faire souffrir et je ne lui en veut pas d'avoir fait ça. Mais à cet instant, je ne me contrôle pas totalement. Je rapplique alors :

« Wanda, elle est par ici elle au moins ?
Ou vous l'avez endormie pour lui raconter des cracks à elle aussi ? »

Avant même que Natasha ait le temps de répondre à ma provocation, une fine silhouette prit place dans mon champ de vision. C'était Wanda, blottie dans son châle rouge.

« Je suis là Clint. » intervient-elle de sa douce voix.

Mon regard s'éclaircit à sa vue. Elle est comme la réponse aux questions que je me pose. Elle s'approche et s'installe à côté de moi, sur le rebord du lit pour plonger son regard dans le miens.
Elle commence alors à parler :

« Tu vas mieux ? »

« Moi oui. Et toi ? Et-»

Elle me coupe la parole :
« Je vais bien. »

Son regard regagne le sol quand elle reprend.

« Écoute Clint, si elle t'a mentis tout à l'heure c'était pour te préserver. »

« Comment ça me préserver ? J'suis pas un enfant. »

« Là n'est pas la question. Nous n'étions pas censé apprendre qu'il est vivant aussi brutalement.
C'est un trop gros choc, tu peux le comprendre ça.. »

« Oui, c'est sûr, mais c'est trop tard.
Puis tu as l'air de bien le prendre toi... »

« C'est vrai. Il est vivant, c'est tout ce que je voulais.»

Je suis agité, je ne peux pas empêcher de me lever du lit.

« Et bien moi aussi. »

Toujours assise, Wanda ne me quitte pas des yeux. Dans son regard je peux voir comme de la peine. Peut-être qu'elle en a pour moi ? Ou peut-être est-ce pour son frère.

« Clint, tu devrais faire attention à toi. » Rajoute-t-elle.

« Je me reposerai une fois que je l'aurais vu.»

Il faut vraiment que je le vois. Il faut que je sois certain qu'il est bien vivant, que tout ça n'est pas le fruit de mon imagination. Debout, entre Natasha qui évite encore mon regard et Wanda qui elle, au contraire, me fixe du sien, je prends une grande inspiration. Je leur lance un dernier regard avant de prendre le pas vers la sortie, m'échappant ainsi de la chambre.

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Je suis pieds nus et seulement vêtu d'un survêtement du Shield quand je sors de celle-ci. Les filles n'essaient même plus de me retenir et restent à l'intérieur. Dans le couloir, il n'y a personne, tout est vide et le moindre bruit résonne. À chaque pas que je fais, je sens mon cœur s'accélérer. Comme si au fur et à mesure que je m'approche du but, le poids de cette nouvelle se fait de plus en plus lourd. Je suis excité, mais j'ai aussi très peur. Wanda avait raison, tout cela est bien trop précipité, mais je ne peux pas attendre, pas maintenant. Je sais qu'il est vivant, ce serait une torture pour moi de ne pas aller le voir, de ne pas constater qu'il est en vie de mes propres yeux. Alors que je suis plongé dans mes pensées, à me mordre nerveusement les lèvres, je croise le chemin d'une toute première personne. C'est Tony, oui, encore lui. Il m'avait permis la veille de le voir alors qu'il n'en avait pas la permission, et pour cela je lui dois beaucoup. Arrivés face à face, nous nous arrêtons. Il me regarde, un sourcil légèrement haussé, mais il n'a pas l'air choqué de moi voir errer ici. Il se contente alors de me saluer d'un mouvement de tête.

« Barton. »

Moi, je le regarde avec interrogation, je ne sais pas vraiment comment il va réagir, je ne sais pas s'il va me barrer le passage et m'empêcher de le voir ou si, comme hier, il va me laisser la liberté de faire ce que je veux. Mais pour ne pas paraître trop bizarre, je me contente moi aussi de le saluer.

« Stark. »

Cependant, son regard se fait de plus en plus poussé. C'est comme s'il attendait quelque chose de moi. Je le trouve même bizarre. C'est bien la première fois que je le vois aussi posé et sérieux, il ne m'envoie même pas une petite pique sur ma tenue ni rien.. Qu'est-ce qui se passe dans sa tête ? À croire que les derniers événements l'ont touché lui aussi, bien que le jeune Maximoff ne le tenait pas particulièrement dans son cœur.. - Il finit cependant par couper court à mes cogitations en lançant la discussion. Cela reste Tony après tout.

« Me fais pas regretter de t'avoir montré l'gamin hier, ok ? »

Sa remarque me rassure, j'en souris même.

« Pourquoi j'te ferais regretter ? »

« On m'a encore passé un savon à cause de tout ça... Mais j'assume... »

« Mais encore ? »

« Ce que je veux dire c'est que.. rah- Fais attention à toi mon vieux. Faut pas que ça te prenne trop à cœur ce que tu vas voir.»

Cette dernière phrase me refroidit directement. Comment ça ? Qu'est-ce que je vais voir au juste ? À quoi dois-je m'attendre pour qu'il me parle d'une telle sorte ? Je m'attends au pire. À ce moment là, mes traits se durcissent, j'ai vraiment l'impression que quelque chose ne tourne pas rond. Sinon pourquoi tout le monde essaierait de me protéger en me mentant et en étant bien trop gentil avec moi ? J'ai si peur que j'abandonne Tony sans même lui répondre, poursuivant ma route dans les couloirs de l'aile médicale et cette fois-ci, en courant. J'ignore où ils l'ont mis mais je sais où se trouve le compartiment de soins intensifs où très peu d'agents ont l'autorisation d'accès. Par chance, quand j'arrive devant la porte scellée, je tombe sur Steve. Sur le coup, je me dis plutôt que c'est de la malchance. Le Captain n'est pas du genre à manquer aux règles, il ne me laissera jamais entrer. Et puis, qui d'autre que lui aurait passé un savon à Tony ? - Mais étonnement, il soupire et m'ouvre lui-même la porte. Je suis vraiment mauvaise langue. À le voir, j'ai l'impression qu'il a pitié de moi lui aussi. Ou alors il a finit par compatir à la connerie de Tony, je sais pas. Enfin bref, de là, je le remercie d'un rapide mouvement de la tête et je me presse à l'intérieur du compartiment sécurisé. Avant de referme le sas derrière moi, il m'envoie un bref « Numéro 11 ». Ok, au moins comme ça je sais dans quelle chambre se trouve Pietro. Elle est même là bas, en face de moi, au fond du couloir. Je sers les poings et marche d'un pas décidé vers celle-ci. Sur la porte qui mène à lui se trouve un petit panneau où est marqué quelques consignes de sécurité. Apparemment, il faut que je porte au minimum un masque. Je me presse donc de fouiller dans les chariots médicaux qui se trouvent non loin de moi et je finis par en trouve un. Je le met donc rapidement sur mon visage avant de retourner face à la porte, cette fameuse porte marquée d'un « N°11 » en métal blanc. À cet instant mon cœur bat excessivement vite, j'en ai même du mal à respirer. J'essaie de me reprendre, j'ai déjà eu des expériences difficiles dans ma vie, il ne faut pas que je me mette dans un état pareil. Si je suis ici c'est parce que j'en ai envie, sinon fallait que je reste dans mon lit comme on me l'a proposé plus tôt. Je ferme les yeux et me mets quelques claques sur le front. J'entends alors la voix de Laura me dire « Allez Hawkeye, on se bouge ! ». Même quand elle n'est pas là elle me rassure, je l'adore. Quand j'ouvre enfin les yeux, je suis prêt et décidé à entrer. Je me saisis donc rapidement de la poignée pour la pousser brièvement, entraînant la porte avec elle.

La porte est maintenant grande ouverte et devant mes yeux se trouve Pietro, allongé sur le lit. Il est visiblement endormit. Moi, je suis encore bloqué sous le pas de la porte. Je le regarde sans aucune expression apparente alors que mon cœur lui, est en train de s'emballer de trop, j'en ai la chair de poule. À le voir comme ça, les souvenirs de la veille me reviennent à l'esprit douloureusement. Je finis par refermer la porte derrière moi et,en m'avançant vers lui, je me rend compte qu'il n'est plus sous respirateur, je peux même entendre le battement de son cœur au travers de l'appareil où il est branché. Enfin, cela reste tout de même douloureux de le voir comme ça.. - Posté à son chevet, mes jambes sont tremblantes. Je ne sais pas non plus quoi faire de mes mains, je n'arrête pas de me triturer les doigts et les vêtements par nervosité, je dois être insupportable à regarder. Je crois que la seule chose que j'ai envie de faire c'est de crier un bon coût et surtout, de serrer ce foutu gamin dans mes bras. Merde, qu'est-ce que je donnerais pas pour qu'il se réveille en pleine forme et qu'il recommence à m'emmerder, comme avant.. Mais bon, apparemment ça n'est pas prêt d'arriver. Le pauvre m'a l'air dans un sale état, il va falloir que je sois patient, et je le serai. J'attrape donc le fauteuil dans le coin de la pièce et l'approche au plus prêt de son chevet. Je m'assois ensuite et m'accoude à son lit, ne décrochant plus mon regard de son visage endormit. Il a l'air tellement gentil quand il dort, on aurait presque pas l'impression que c'est un chieur lorsqu'il est éveillé. - Je me surprend moi-même à penser des choses aussi idiotes. Insulter ce pauvre gamin dans mes pensées, c'est bien la dernière chose que j'aurais imaginé dans un moment pareil. Cela doit être ma manière de me rassurer. - Je me retrouve alors à scruter la moindre bouclette d'argent qui lui tombe sur le visage, mourant d'envie de la lui remettre en place. Mais je n'ose pas le toucher, je n'y arrive pas. Je reste donc planté dans cette même position durant de longues heures mais ça ne m'est pas pénible, je suis même content d'être là. Mon cœur finit même par reprendre un rythme normal. Je m'apaise même au point de m'endormir le visage sur mes bras encore accoudés au lit.

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Je suis encore endormis quand j'entends quelqu'un tousser. Sur le coup, je ne bronche pas. Mais au fur et à mesure, à l'entendre s'étouffer, je me réveille et me redresse brusquement. À ce moment là, quand mon regard se pose sur Pietro éveillé, je me prend comme une baffe au travers de la figure. Le voir animé est une chose si.. inimaginable ? Je reste un moment bloqué à le fixer des yeux bêtement quand je me souviens que oui, il est train de s'étouffer et qu'il serait peut-être temps de lui venir en aide. Je me lève alors précipitamment et l'attrape machinalement par les épaules pour le redresser. Il est alors presque assis, mais encore trop faible pour tenir seul alors je passe mon bras dans son dos pour le retenir.

« Pietro ! Ç-ça va aller ? »

Mon cœur est repartit comme une flèche, j'ai l'impression d'avoir fait une piqûre d'adrénaline. Et cela empire quand je me rend compte que je le touche et que cette fois c'est pour de vrai, ce n'est pas un de mes foutus cauchemars. À cet instant je suis entre l'excitation et la peur de ce qui lui arrive. J'essaie donc de me calmer, en bon adulte responsable et de lui venir en aide du mieux que je le peux. En plus de cela, il ne me répond pas, il continue de tousser, preuve même qu'il va mal. Il est penché en avant, une main recouvrant la partie basse de son visage et le regard perdu vers le lit. Il n'a pas l'air de comprendre ce qu'il se passe lui non plus. - Heureusement, sa toux se calme assez rapidement, il peut de nouveau respirer normalement, enfin, même si je l'entends inspirer péniblement à chaque inspiration. Je le vois alors se calmer, c'est là qu'il dédaigne enfin à relever son regard vers moi. Lorsque nos regards se croisent, mon cœur manque un battement et j'ai comme une affreuse boule au ventre. Je déglutis et n'ose pas parler, ou du moins, je n'y arrive plus. Ma voix est nouée par ce sentiment à la fois douloureux et euphorique qui me prend à cet instant. Les quelques secondes où il me regarde silencieusement me paraissent durer une éternité. - Mais étonnement, celui qui coupa ce lourd silence ne fut pas celui auquel je m'attendais. Pietro se mit à parler :

« Tu l'avais pas vue venir celle là- »

Sa voix est toute faible, encore plus enfantine que d'habitude mais elle a plus d'effet que n'importe laquelle sur mon esprit. Bon sang, je l'entends, pour de vrai ! En plus de cela, je le vois me sourire. Un très léger sourire en coin qui suffit à m'achever. Je reste con un instant avant de répondre à son sourire, totalement égayé par la situation.

« Toi aussi tu m'as manqué, merdeux. »

Nous revoilà à nous taquiner, comme il y a tout juste un an. Je me plaignais à l'époque mais en fait, c'est un putain de plaisir de chercher ce gamin. Surtout quand c'est pour le voir rire, comme là, devant mes yeux. Ce petit rire de cherche-merde que j'aime tant et qui, même s'il est court car visiblement douloureux, me rend vachement heureux. - Il rapplique alors, à mon plus grand plaisir :

« J'm'attendais à mieux comme visite à mon réveil. »

Je secoue alors la tête d'un air faussement exaspéré tout en levant les yeux au ciel.

« Qui est-ce que tu pouvais espérer de mieux que moi ? »

« J'sais pas, n'importe qui. »

« Ah ouais, même Stark ?»

Je le vois grimacer comme un enfant devant des épinards et ça me fait rire.

« Nah, faut pas abuser non plus. »

« Tss.. »
Je fais mine de soupirer et j'attrape son coussin pour bien le lui placer dans le dos afin qu'il s'installe plus confortablement. De là, je l'attrape par dessous les bras et le remonte sur le lit pour qu'il puisse rester plus ou moins assis. D'ailleurs, ça a l'air de l'étonner que je fasse ça, que j'entreprenne des choses comme ça, comme si c'était mon gosse. Moi aussi je m'étonne en fait, j'ai du développer un instinct protecteur envers lui après tout ce qui c'est passé. - Je me redresse ensuite et le regarde, un petit sourire satisfait au coin des lèvres. Lui me fixe, le regard plein d'interrogation. Comme ça il paraît encore plus innocent et enfantin. S'il n'avait pas sa barbe de quelques jours je n'aurais pas imaginé qu'il ait la vingtaine. - Je rapplique alors :

« Quoi ? T'es pas mieux installé comme ça ? »

Il ne me répond pas, il se contente d'acquiescer mes paroles d'un mouvement de la tête.
Je me rassois alors sur le fauteuil à côté de lui, une nouvelle fois accoudé au rebord de son lit.
Je reprends ensuite :

« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? »

Il fait une drôle de moue, son regard perd de sa confiance et il se met à tripoter du bout de ses longs doigts le tuyau qui passe sur son visage jusque son nez. Je le sens mal à l'aise, il ne répond toujours pas.

« Pietro ? Ça ne va pas ? »

Finalement, il relève les yeux vers moi et me répond enfin :

« On a gagné ? »

Sur le coup, je ne comprend pas de quoi il veut parler. Puis je me souviens qu'il y a un an, nous étions sur le champ de bataille, ensemble. Merde, mais ça veut dire qu'il n'a pas conscience de ce qu'il c'est passé ? Il ne s'est pas réveillé depuis.. sa mort. Comment est-ce que je vais bien pouvoir lui expliquer ? Je ne peux pas me permettre de lui mentir pour le préserver à mon tour, je sais qu'il n'aimerait pas ça.

« Euh..Oui, forcément. ! »

Il me regarde, un poil sceptique.

« Et Wanda, elle a tout déchiré hein ? »

« Ah ouais, ça c'est clair, heureusement qu'on l'avait avec nous ! »

Je le vois sourire très légèrement, il doit penser à elle.

« Je peux la voir ? »

« Ouais, bien sûr. Mais euh, là je sais pas où elle est.. Après peut-être ? »

« D'accord.. »

Un nouveau petit silence s'installe. Je n'aime pas trop ça. Je préfère quand il parle, en plus j'adore son accent de l'Est, j'ai même l'impression qu'il l'a encore plus prononcé qu'avant.
Je me décide donc de vite couper ce blanc avant qu'il ne devienne trop embarrassant :

« Sinon ça va ? T'es pas trop fatigué, t'as pas mal quelque part ? »

Je le vois passer ses mains sur son torse comme s'il cherchait quelque chose.

« Bah.. Non, c'est bizarre. J'ai déjà plus mes blessures. Vous avez fait comment ? »

Merde, qu'est-ce que je peux répondre face à ça ? Je vais vraiment être obligé de lui dire la vérité.

« Nous, on a rien fait. »

Il me regarde de nouveau et incline légèrement sa tête sur le côté, m'interrogeant.

« Comment ça vous avez rien fait ? »

Je prend une grande inspiration et me lance :

« Écoute Pietro... Faut que je te dise quelque chose. »

Il appuie un peu plus son regard sur moi, comme pour me faire cracher le morceau. Je reprends donc :

« Quand tu.. Quand tu nous as sauvé le gamin est moi...tu es mort. »

Je fronce les sourcils en me remémorant ce douloureux souvenir. Ses traits à lui aussi se durcissent, il doit être totalement perdu le pauvre. Je continue alors mes explications :

« Après la bataille, on t'a enterré et... On a essayé de faire notre deuil chacun de notre côté.. Ça n'a pas été facile, loin de là.. »

« M-mais.. N-non, je, j'suis pas mort, j'suis là ?»

Sa voix se crispe et il s'agrippe systématiquement à mon bras, reprenant à son tour :

« P-pourquoi est-ce que j'suis vivant ?! »

Je me relève et pose ma main par dessus la sienne, tentant tant bien que mal de le rassurer.

« Hey, calme toi, tout va bien ! Tu es bien vivant, et t'imagines même pas comme on est heureux de te revoir. Mais, c'est vrai qu'on ne sait pas comment ça se fait que tu le sois.. Jusque hier j'en savais rien moi. On- on était en Sokovie, ta sœur, Natasha et moi.. On voulait d'ailleurs te rendre un hommage quand.. Bah on t'a retrouvé dans une sorte d'hôpital abandonné.. Les taré d'Hydra ont Dieu seul sait comment réussit à te réanimer. »

Ses yeux deviennent rouges et vitreux, j'ai le sentiment qu'il se retient de pleurer. Il ne lâche pas mon bras.

« Un hommage.. ? Mais ça fait combien de temps ? »

Sa voix est tremblante et son accent est d'autant plus marqué.
Je le regarde d'un regard compatissant, touché de le voir dans cet état.

« Un an. »

Il prend une soudaine inspiration, comme s'il avait été en apnée jusque là. Inquiet, j'ai le réflexe de lui serrer la main. Je reprends ensuite :

« Hey, gamin, t'inquiète pas ! C'est fini maintenant, t'es de retour parmi nous et on est là pour toi, Wanda, moi, tout le monde. On laissera plus personne te faire du mal, j'te le promet.»

Je lui souris avec bienveillance et viens tout naturellement le prendre dans mes bras. Il semble une nouvelle fois surpris par mon geste mais vient tout de même se blottir contre moi. Je sens son souffle chaud sur mon épaule quand je viens lui caresser le dos. Qui aurait cru il y a un an que j'aurais pu faire un câlin à ce petit con ? Et dire que j'en avais rêvé pendant toute l'année.. -
Je le sens peu de temps après poser sa tête sur mon épaule, se décontractant un peu. J'ai le sentiment qu'il se laisse enfin pleurer, ce que je pu confirmer rapidement en l'entendant renifler. Je ne sais pas trop pourquoi mais ça me fait sourire. Savoir que ce petit merdeux a des faiblesses et un cœur comme tout le monde le rend plus accessible et donc d'autant plus touchant. - Je ferme les yeux et profite de ce petit moment de calme qui, après tout ce stresse me fait tellement de bien. Au même moment, je me fait la promesse de m'occuper de lui toute ma vie. Après tout, je le lui dois bien.