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Bonne lecture !


Chapitre 23. Un grand garçon

Henry rentra à nouveau discrètement dans la maison et se mit en tête de préparer le petit-déjeuner. Il fit couler le café bien noir que sa mère aimait tant, fit des pancakes que son autre mère engloutissait toujours de façon si... Particulière. Il prépara tout sur la table sous la véranda, le soleil brillait timidement en ce matin là. Il était 11h30 quand il prit une goulée d'air et se lança à l'attaque des escaliers. Arrivé sur le palier, il tenta de réprimer un rire nerveux. Puis frappant doucement à la porte entrouverte, il entendit les corps bouger doucement. Sans ouvrir il parla derrière la porte :

«- Debout les mamans, le petit dej est prêt ! »

Puis entendant des bruits d'un éveil léger, il repartit dans l'autre sens. Regina ouvrit les yeux et comprit ce que son fils venait de dire. Qu'avait-il vu exactement ? Quelle heure était-il ? Pourquoi n'entrait-il pas dans sa chambre ? Rapidement, elle sentit le poids du bras d'Emma contre sa taille, le soleil qui perçait doucement à travers les pans de bois de la baie vitrée annonçait qu'on s'approchait plus de midi que du matin à proprement dit. Emma était engourdie et pourtant elle avait les yeux grands ouverts, elle aussi avait entendu Henry, elle était plus inquiète de la réaction de Regina que de celle du garçon.

«- Emma... Je crois qu'il...

- Nous a vu... Oui je pense aussi... »

Regina embrassa rapidement le front de la blonde qui s'était tournée et s'habilla.

«- Lève-toi... Il faut qu'on parle à notre fils.

- Ouais... »

Les deux femmes enfilèrent pyjamas et peignoirs et descendirent rejoindre Henry. Celui-ci jouait dans son coin, il avait l'air détendu et leur fit un sourire quand il vit les deux femmes, qui n'avaient pas l'air au final d'avoir dormi, venir vers lui.

«- Henry... » Dit Regina.

Le garçon la fixa.

«- Oui ?

- Je... On va déjeuner, veux-tu quelque chose ?

- Tout est déjà prêt maman c'est dans la véranda.

- Merci gamin... » Fit Emma qui se dirigea vers les bienfaits proposés.

Mais elle fut rattrapée par la manche par Regina qui lui fit des yeux noirs.

«- Avant de penser à votre estomac, peut-être que nous devrions parler à notre fils !

- Je réfléchis mieux quand j'ai mangé. » Répondit innocemment la blonde.

«- Réfléchir ! Mais je pense que juste acquiescer à ce que je vais dire sera suffisant !

- Gnagna... On est le matin Regina, prenons le temps de nous réveiller !

- Je-

- Vous allez déjà vous disputer ? » Demanda Henry, légèrement rincé par l'attitude de ses mères. « Nan parce que c'est pas la peine de vous disputer pour moi, je sais que vous... Êtes ensemble, c'est bon... C'est pas un drame.

- Henry... » Fit Regina.

Emma s'assit finalement à coté de son fils et passa ses mains dans ses cheveux.

«- Gamin... Oui on est ensemble comme tu dis, mais on doit t'expliquer quand même pourquoi on en est là aujourd'hui.

- Ça fait combien de temps ? » Demanda de but en blanc Henry.

«- Ça fait... Quelques jours Henry. » Répondit la brune.

«- Mais... Vous vous aimez ? On va habiter ensemble ? Est-ce que MM est au courant ? Je pourrais le dire à l'école ?

- Hey... » Fit Emma, « doucement Henry, on va prendre le temps avec Regina, mais il est certain oui qu'on s'aime. Pour toutes tes autres questions, on va attendre un petit peu... »

Regina sourit à Emma, au moins elle avait la certitude qu'il y avait des sentiments, même s'ils venaient d'être exprimés, ils n'étaient pas naissants, ils étaient là depuis longtemps.

«- Ok ! » Répondit Henry. « Je veux juste que vous vous disputiez pas... Sinon ça sert à rien d'être une famille pour juste ça...

- Okay gamin, mais faut que tu comprennes, des disputes... Y'en a dans toutes les familles, ce qui change c'est qu'on en discute après aussi... »

Finalement la discussion tourna court et chacun prit le temps de déjeuner. Emma posa des questions à Henry sur sa soirée avec l'autre famille. La jeune femme blonde se risqua même à quelques gestes tendres envers Regina devant son fils, ainsi chacun s'imprégna du changement. Regina fut un peu stupéfaite par les aisances d'Emma en la matière, ainsi la main sur son genou la fit un peu tressaillir en présence d'un tiers, tout comme la main qui lui caressait le dos. Henry observait la situation et au final s'il trouvait ça étrange, il trouva surtout amusant de voir comment elles passaient d'un état de pseudo début de dispute à des moments plus tendres. Il pensa que ça n'était pas très différent de l'ambiance d'une cours de récrée. Il se posa la question si ce n'était pas juste parfois taquin entre ses deux mères, cette façon systématique de pousser l'autre dans ses retranchements. Mais il était clair qu'il n'y avait ni colère, ni haine et encore moins de rivalité, chacun trouvait au fil des heures de la journée, sa place.

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Emma retourna à ses plantations s'occupant dans la journée, tandis que Regina rangeait la maison, Henry jouait sur la plage ou lisait. La journée se déroula de façon la plus parfaite du monde. Emma se demandait comment les choses allaient évoluer quand elle rentreraient à Storybrooke ; la femme qui était ici avec elle s'épanouissait de jour en jour, elle était plus spontanée, cherchait de moins en moins le contrôle. Et d'un point de vue intime, leur entente n'était pas discutable.

Henry avait finalement découvert les choses, c'était au final apaisant, restait encore MM et les autres habitants de la ville pour qui ça serait un choc. Mais se passer de Regina était maintenant une chose impossible pour elle. Elle voulait construire une relation sérieuse avec la Mairesse, coûte que coûte, et elle serait patiente pour cela. Elle aimait cette femme, cela ne faisait aucun doute pour elle-même.

Emma soupirait doucement, toujours très concentrée sur les pots, et rempotait des pousses dans le garage un peu éloigné de la villa. Absorbée dans son travail, elle avait trouvé des gants de jardinage visiblement inusités qui l'aidaient à faire sa tache sans s'abîmer les mains. Elle n'entendit pas Regina, arrivée par derrière, qui l'observait. Celle-ci se déplaça de façon féline vers Emma qui décidément était totalement déconnectée du reste du monde. Elle prit place sur la table en s'asseyant et croisant ses jambes.

«- Miss Swan, serais-je moins importante que vos petites fleurs ? »

Emma sursauta sur le coup, surprise par l'arrivée de la femme. Elle fit un sourire à la brune, qui après ses heures de ménage et rangement dans la maison, avait revêtu un de ses inlassables tailleurs, à croire que Regina ne connaissait pas de tenue plus décontractée, pour le plus grand plaisir d'Emma qui était toujours subjuguée par la très grande classe qui se dégageait de la brune.

«- Bien sûr que non » Répondit Emma, s'approchant tout doucement de la femme et réduisant l'écart entre elles. « Vous êtes ma fleur préférée...

- Vraiment ? Je ne t'ai pas vue de la journée ma chère, visiblement le rempotage à l'air de présenter des attraits... Inexplorés.

- Seriez-vous jalouse, Madame le Maire ? » Rétorqua de façon narquoise Emma.

«- Mmmhh ça pourrait peut-être arriver, mais je pense que je pourrais solliciter toute l'attention de mon jardinier... »

Emma sourit intérieurement, elle avait une vague idée d'où ce petit jeu allait les conduire, visiblement même dans un mauvais film, les sous-entendus auraient été compris par n'importe quel simple d'esprit.

«- D'accord, besoin que je vous... Rempote ? » Demanda la blonde en riant légèrement.

«- Non, pas vraiment, je pense que je mérite de meilleures attentions qu'un simple rempotage...

- Ah oui ? »

Emma posa ses deux mains sur les genoux de Regina sans faire attention qu'elle mettait de la terre sur ceux-ci, et elle écarta les jambes de la brune, qui à tout hasard se laissa faire. Elle s'approcha et se cala entre les jambes de la brune qui saisit la télécommande posée sur la table et ferma la porte du garage.

«- Henry ? » Fit Emma qui commença à embrasser la gorge de la brune.

«- Il joue... Mais je pense qu'un seul traumatisme par jour est suffisant... »

La porte se refermait, laissant les deux femmes se consumer. Le désir était monté d'un cran entre elles, Emma voulu enlever ses gants mais Regina lui chuchota qu'elle préférait que « son jardinier » reste ainsi, et elle en profita pour mordre l'épaule d'Emma à travers le tissu de sa chemise.

«- Un peu lent je trouve... Je vais peut-être changer d'employée » provoqua la Maire.

Emma arqua un sourcil, elle comprit le message et embrassa avec passion la brune, les dents s'entrechoquèrent. Elle passa ses mains partout sur le corps, laissant des traces de terre ici et là, elle déchira presque le chemisier dont les boutons était décidément trop récalcitrants pour des mains gantés. Regina rit légèrement du coté sauvage que d'un coup montrait la blonde, mais bientôt les rires se turent dans sa gorge, quand Emma empoigna fermement un de ses sein et commença à le masser presque sans délicatesse, les doigts rugueux frottèrent les mamelons et les chauffaient terriblement. Le coté désagréable se mua rapidement en un frottement dur et l'excitation était visible, les tétons rougis pris en étau entre les doigts de la blonde se montraient plus que coopératifs. La bouche plus douce vient remplacer les doigts gantés et provoquèrent quelques cris et gémissements. Les mains avaient quant à elles alors trouvé un nouveau terrain de jeu, elles avaient remonté la jupe de Regina et avaient rencontré la délicatesse des bas, puis d'un porte-jarretelle, visiblement cette petite visite n'avait rien d'innocent.

Les mains remontèrent et continuèrent leur exploration, la sensation rêche sur sa peau transportait Regina dans une sorte d'extase, un petit jeu de rôle parfaitement mené. Du bout de ses doigts et à travers le satin, Emma vint caresser et frotter le sexe de la brune, qui s'humidifiait de seconde en seconde, le touché était un peu brutal mais Emma savait ce qu'elle faisait, elle le caressa encore quelques instants alors que ses baisers se renouvelaient dans le creux du cou de sa partenaire. Celle-ci avait mis une main sur l'épaule d'Emma pour se maintenir, l'autre se tenait à la table. La bouche entrouverte, les yeux mi-clos, elle se laissait aller au plaisir. Emma passa ses doigts au-delà de l'élastique de la culotte et commença à titiller avec le bout de ses doigts à peine sensibles le clitoris qui rougissait sous la cuisante caresse. Regina commença à enfoncer ses ongles dans le dos de la blonde et l'encourageait de quelques mots osés à peine chuchotés. Visiblement il était hors de question d'enlever les gants, cela faisait partie du jeu.

Emma caressa alors les lèvres intimes de la femme entre ses bras qui avait des spasmes de plaisir à chacune de ses attentions. Elle ressentit aussi sa propre excitation devenir presque intenable, la chaleur de son propre sexe, la moiteur plus qu'exacerbée se faisait ressentir entre ses jambes. Elle descendit plus au sud avec ses doigts et commença des petits cercles autour de la bouche chaude et intime d'où s'écoulait sans retenue les preuves du désir, ce qui arracha des grognements d'insatisfaction de son amante.

Quand Emma la pénétra avec deux doigts, sans vergogne, toujours gantée, elle s'attendait à des signes de protestation ou que soudainement que Regina se rappelle que tout ça n'était pas très... Hygiénique comme façon de faire, voire assez brutal. Mais ce fut à l'inverse une oscillation du bassin qui l'accueillit et un encouragement absolu de continuer ce qu'elle s'était hasarder à faire. Les doigts durs s'étaient imposés, la rugosité de la matière était sans conteste peu agréable réellement, pourtant le sexe échauffé de la brune appréciait presque la brûlure du frottement, parce qu'il n'était pas forcé, il était espéré. La double sensation prit Regina de court, c'était mieux que ce qu'elle pouvait imaginer, le rythme et les poussées à l'intérieur la rendaient folle, frottant à des endroits sensibles, elle bascula en arrière s'offrant totalement à Emma.

La blonde était prise dans un vertige sans fin, plus elle faisait cela plus elle voulait entendre Regina, ses cris, son odeur, la danse sombre du bassin qui s'offrait à elle qui poussait encore plus pour la ressentir, lui firent perdre tout notion de réalité. La salive de ses baisers sur la peau marquait doucement un territoire invisible fait de désirs échangés. L'échange était brusque, quand le pouce d'Emma reposa à nouveau sur le nœud rose, ce fut un cri presque animal qui se fit ressentir, les petits cercles rapides et le contact du gant eurent raison des demandes d'attention de la brune qui relâcha d'un coup ses hanches et soupira d'aise.

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Le reste de la soirée se déroula calmement et le couple osa une étreinte tendre sur le canapé du salon. Henry regarda la scène, il était un fait que Regina était calme, beaucoup plus calme qu'à son habitude et quand elle se mit à s'assoupir sur l'épaule de sa compagne, Emma et le jeune homme échangèrent un regard complice. Ils avaient enfin vaincu le dragon semblait-il, éloignés de Storybrooke, Regina s'était révélée plus au clair avec elle-même et moins tourmentée.

Emma réfléchissait alors que les images du film regardé en famille défilait devant ses yeux. La situation était confortable, la relation établie, Henry était visiblement dans une phase d'acceptation de cette dernière, même si sans doute il y aurait des remous. Elle compta le temps qui leur restait avant de repartir à Storybrooke, qu'allait-il se passer ? Emma n'avait qu'une crainte, c'est que Regina réinstaure à nouveau cette relation « Shérif et Madame le Maire » qui souvent se finissait par des disputes et des colères de part et d'autre. Il faudrait alors établir de nouvelles choses, de nouvelles façons de communiquer au sein de leur travail respectif... De leur couple. Emma se sentait stressée et avait le début d'une crise d'angoisse, elle avait tout simplement peur de perdre tout ce qui s'était construit avec tant de fragilité. Quand elle sentit Regina se détendre contre elle et ouvrir les yeux, elle éprouva beaucoup de tendresse pour cette femme. Elle s'embrassèrent tendrement.

«- Vous pouvez faire ça ailleurs... » Grogna Henry.

«- Hey gamin » fit Emma en riant.

Regina sourcilla, se mit en position assise et s'éloigna d'Emma.

«- Henry, si tu es gêné par ça il faut nous le dire. »

Le garçon haussa les épaules. Regina et Emma se regardèrent, légèrement désarçonnées par la réaction de leur fils.

«- Henry... Écoute-nous deux minutes » fit Emma en mettant sur pause le film en cours, chose qui fit soupirer Henry. « Je suis désolée si tu voulais une autre issue à nos histoires mais il se trouve que c'est comme ça, j'aime Regina et... Euh c'est réciproque.» S'avança-t-elle. « Que ça te plaise ou non, on se tiendra la main, on s'embrassera et dans une certaine mesure nous serons tendre l'une envers l'autre. Nous n'avons pas à avoir honte d'avoir des comportements amoureux devant toi Henry. »

Regina trouva Emma un peu trop directe, à la limite agressive avec leur propre fils même si elle n'avait pas fondamentalement tort.

«- Il y a quelque chose qui te gène ? » demanda la brune.

«- Non c'est pas... » Commença Henry, « c'est que... C'est qu'on va rentrer à un moment et après... Et bien si vous vous embrassez ici vous allez faire comment à Storybrooke ?

- Comment ça comment ? » Demanda Emma en fronçant les sourcils.

«- Bha on habite chez Mary et... Enfin... Ça va pas être comme ici, alors... J'ai pas envie de m'habituer à vous voir comme ça... Et après ça va finir comme avec... Neal... »

Emma fut désarçonnée par la réponse de son garçon, ça n'avait visiblement rien à voir avec le fait que ce soit Regina ou qu'elles soient des femmes... Ou que les sentiments perceptibles entre ses deux mères soient un problème. Henry sentit des larmes lui venir, non il était bien là et n'avait vraiment aucune envie de rentrer à Storybrooke et revoir ses mères vivre chacune de leur coté et reprendre leur quotidien désagréable. Il se leva prestement et partit dans sa chambre en courant.

«- Henry... » Fit Emma qui se leva aussi.

Regina la retint par le bras.

«- Laisse, j'y vais » dit-elle en souriant légèrement.

«- Mais je-

- Il a besoin d'être rassuré, je vais le faire, tu peux venir, mais laisse moi lui parler. »

Regina ouvrit la porte de la chambre de son fils fraîchement décorée. Henry avait voulu des nouvelles teintes, du vert, du gris et du bleu. Cela changeait de sa chambre de petit garçon à Storybrooke, moins classique et plus lumineuse. Il était évident qu'il se plaisait à Point Creek. L'enfant s'était allongé faisant semblant de se plonger dans un comics.

«- Mon chéri, » fit Regina, « je sais que ça n'est pas facile, les changements ont été rapides mais heureux. »

L'enfant abaissa son magazine sur son abdomen et écoutait sa mère adoptive. Regina tendit sa main et la posa sur celle du garçon.

«- Henry, nous avançons ta mère et moi, chaque jour, je ne te promets pas qu'il n'y aura plus jamais de dispute, mais crois-moi que nous nous aimons et nous sommes... Une famille. »

La voix de Regina se cassait au fur et à mesure sous le poids de l'émotion. Emma écoutait aussi religieusement que son fils, appuyée sur le chambranle de la porte. Son cœur aurait pu sortir de sa poitrine à ce moment là tellement il battait fortement. Regina reprit alors sa respiration :

«- Ta mère et toi vous allez reprendre votre vie normale à Storybrooke, sauf qu'on va se voir plus souvent, on va apprendre petit à petit à vivre ensemble en dehors d'ici, ça prendra peut-être un peu de temps à... Ce que nous nous fassions à l'idée de montrer notre bonheur... Il faut que tu sois patient avec nous. »

Henry fronça les sourcils et répliqua.

«-Ouais ça commencé comme ça avec Neal, maman et papa s'étaient rapprochés et puis ç'a finit en disputes tout le temps, c'était nul, j'ai pas envie de vivre ça encore... »

Emma prit alors le relais s'asseyant au pied du lit de son fils.

«- Gamin, ce qui c'est passé avec ton père n'a rien à voir avec ce que je vis actuellement avec Regina, je pense que tu peux le voir et le sentir non ? Quand j'étais plus jeune, j'étais très proche de ton père mais quand il est revenu... C'était trop tard, c'était moi la seule cause de nos disputes, Neal a voulu... Reprendre là où nous en étions, mais ça n'était pas possible...

- Pourquoi ? » Demanda de façon légitime Henry

Emma soupira en se passant les mains dans les cheveux nerveusement et croisa le regard interrogatif de Regina qui elle aussi voulait savoir.

«- Et bien... Je ne l'aimais plus Henry... J'ai du m'en rendre compte voilà tout.

- Tu aimais déjà maman ? » Répliqua le garçon sans attendre.

Cette fois Emma était désarçonnée, elle-même savait-elle à l'époque si elle était déjà... Attirée par Regina ? Elle fit un sourire et répondit avec le plus d'honnêteté qu'elle le pouvait :

«- Peut-être. »

Regina regarda la blonde l'air ahuri, elle sentait à ce moment tout l'amour de cette femme pour elle, silencieux, patient, qui avait fait avec ses erreurs, son rejet, son déni même de ce qui les tenaient. Elle se contenta de glisser sa main sur celle d'Emma, posée sur la couverture, un remerciement secret. Henry qui lui n'en perdait pas une miette, finit par se relever pour un câlin collectif silencieux.

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Le reste du temps passa agréablement, le printemps tirait sur sa fin et annonçait les beaux jours à venir. Henry avait raté quelques jours d'école mais rien qui ne fut catastrophique, néanmoins Regina l'obligea tout de même à étudier. Le jeune garçon tenta de chercher une alliée chez Emma, mais il en fut pour ses frais. Un soir, il fut fort mécontent et exprima une plainte pleine de mauvaise foi, sur la difficulté d'avoir deux mères sur son dos, ce qui n'eut d'effet que de faire rire les deux femmes.

La veille de leur retour, l'ambiance fut très morose, personne n'avait envie de retourner là-bas. La blonde craignait les affrontements à nouveau avec Regina et lui en fit part avant de se coucher.

«- Que se passe-t-il Emma ? » Lui demanda Regina doucement, se déshabillant avant de se coucher.

«- J'ai des craintes.

- Craintes de ?

- Que ça recommence, qu'on se dispute, une fois que toi et moi on aura repris notre quotidien, qu'on en soit encore à savoir qui a fait quoi, qui a raison, et- »

Emma ne put finir sa phrase, Regina s'était subrepticement approchée et posa son index sur ses lèvres.

«- Écoute-moi bien Emma, on a évolué et rien nous refera revenir en arrière, ni Storybrooke, ni le fait que je sois le Maire et toi le Shérif, on se connaît mieux mais on commence notre relation. Ma seule demande est que tu ne cries pas cela sur tous les toits, pas parce que nous sommes deux femmes dans une relation amoureuse, mais juste parce qu'elle commence... Et que j'aimerai qu'elle puisse durer... Sans que les habitants ne se sentent obligés de faire des commentaires.

- Donc en parle à personne ?

- A personne, sauf à ta demi-sœur si tu tiens à la faire mourir d'une crise cardiaque, néanmoins vu ses qualités de discrétion, ça sera ta responsabilité.

- Et Henry ?

- Pareillement, il doit se concentrer sur ses cours, pas sur la vie sentimentale de ses mères, il sera bien assez tôt pour que toute la ville en parle, alors on évitera de commencer par là, Henry n'est pas notre « porte parole », j'aurais une discussion avec lui si nécessaire.

- Je vois que tu as réfléchi à tout...

- Tu es vraiment surprise ? »

La brune finit par s'allonger dans le lit.

«- Non, même pas » Répondit la blonde en souriant doucement. « Et si... Et si ça se voit ?

- Emma, on ne va pas se prendre la main en pleine rue du jour au lendemain, prenons notre temps d'accord ?

- D'accord.

- Fais-moi confiance, on va y aller à petite dose et puis et bien un jour... Ils finiront par le comprendre tout seul.

- Espérons-le... » Soupira sa compagne.

«- Allons... Emma... Tu as bien vu que ça se voyait qu'on était en couple, je pense que quelque chose a changé entre nous et que ça n'est pas destructible, à un moment ou un autre, ils verront que nous sommes ensemble...

- Pas destructible... » Emma fit une moue négative. « Pour le coup, je pense que tu es bien plus optimiste que moi.

- Que puis-je faire pour te rassurer, ma chère ? » Demanda Regina en se tournant vers elle.

«- Mmmh... Je ne sais pas » répondit Emma en faisant une tête amusée, tentant de calmer son inquiétude.

«- Emma... Tu es insatiable.

- À qui la faute ? »

Regina soupira faussement indignée et entoura la blonde de ses bras, puis l'embrassa. Elles firent l'amour longuement et lentement, les baisers étaient plus lents, les caresses plus douces que jusqu'alors. Elles prirent tout leur temps pour se goûter, se découvrir, il y eut des sourires et un peu moins d'insouciance. Elles se séparèrent silencieusement, main dans la main, conscientes que demain serait une nouvelle page à tourner. Emma rompit alors le silence :

«- J'ai un truc à te demander.

- Un truc ?

- Ouais, le prend pas mal hein... Mais, euh... Avec moi, enfin... C'est idiot.

- Quoi qui est idiot Emma ? Tes questions ne seront jamais idiotes ma chérie. » Fit Regina qui la fixa étrangement.

«- Et bien après tout ce que tu as vécu, enfin cette... Enfin ce... »

Emma fit virevolter ses mains au-dessus d'elle, cherchant ses mots.

«- Viol ? » Demanda Regina, la voix basse un peu cassée.

«- Oui... » Dit Emma en tournant la tête.

«- Et bien ?

- Tu n'as pas d'appréhension avec moi ?

- Non, aucune. » Répondit Regina, souriante et gênée.

«- Et bien... Je suis chanceuse alors...

- C'est moi qui le suis » fit la brune qui l'embrassa tendrement. « Je ne sais pas, tu m'attires tellement que je quand... Je... Et bien je suis loin de tout ça, quand je croise ton regard je me sent bien... Tu ne me fais pas peur Emma. »

Cette dernière lui souriait également et attira la brune contre elle doucement.

«- Alors je suis heureuse de cela, je veux dire... Si un jour enfin ça ne va pas, si... Enfin faut me le dire, je sais être patiente, le sexe c'est pas tout dans un couple.

- Je sais Emma, je sais que tu sauras trouver le chemin pour me ramener à toi, je n'en doute pas. »

Emma embrassa plus passionnément sa compagne. Sa confiance totale la berçait. La nuit prit place, offrant aux deux femmes, après leurs étreintes passionnées et leurs tendres et délicates déclarations, une nuit reposante.

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Au loin, sur la dune surplombant la mer, un homme fumait une cigarette, fixant la maison des Mills, un sourire carnassier aux lèvres.