Note de l'auteur, en réponse à Melixe : Je me permet de répondre ici à cette personne que j'écris comme je veux, sans vouloir être offensante. Deuxièmement, j'ai mis deux notes d'auteur expliquant j'en ai rien à faire du débat du tutoiement/vouvoiement (on sent que ça m'énerve et que je trouve lassant qu'on lise pas les notes? ^^) ou même j'explique le pourquoi. C'est lassant et énervant d'avoir encore des réflexions là-dessus, je le redis, j'écris dans un univers anglo-saxon où les tutoiements/vouvoiements n'existent pas, mais comme c'est le cas en français, ça se fait pour noter le retrait ou l'excès de bonne manière. Je l'utilise et si ça ne vous plaît pas, vous n'avez qu'à lire d'autres FF cela ne me gène pas. Voilà, je veux bien avoir des critiques négatives, elles sont les bienvenues en MP (oui on est sur FF parait que ça se fait comme ça). Néanmoins, le manque de courtoisie qui consiste à savoir si cela n'a pas DEJA été indiqué m'exaspère au plus haut point. Cordialement.

Nous vous rappelons notre page Fb, SwA Editions - Swanqueen community, n'hésitez pas à venir y faire un tour !

Nous vous annonçons aussi une nouvelle FF, Les Portes du Passé, qui commencera à être mise en ligne mercredi.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 27. L'autre contrat

Regina leva la tête et sourit à Emma, mais son sourire semblait crispé et son regard s'éloigna aussi vite qu'il s'était posé sur la blonde.

«- Bonsoir » tenta cette dernière comme ultime approche, se posant à coté de la brune.

«- Bonsoir Emma. » Répliqua Regina.

«- J'ai l'impression que quelque chose cloche. »

Le ton de la voix d'Emma était mal assuré. Regina réalisa qu'elle n'avait pas envie de parler du coup de téléphone de sa mère, elle ne voulait pas troubler la douce quiétude de sa maison. Elle voulait par dessus tout la paix, et éloigner au plus vite les pensées troubles concernant sa mère. Elle prit la main d'Emma, sentant que celle-ci avait besoin d'être rassurée.

«- Non rien, je suis juste fatiguée, j'avais beaucoup de travail en retard.

- D'accord. »

La blonde, à moitié convaincue, aurait rêvé d'être un détecteur de mensonge à cet instant là. Mais Regina avait ce sourire qui avait la capacité de la désarmer en quelques secondes.

.~.~.~.

Ils mangèrent silencieusement, Henry lui-même avait l'air fatigué. Le garçon monta rapidement à sa chambre, ne profitant guère des ses mères dans la soirée. Emma se cala sur le rythme des deux autres personnes présentes et se laissa gagner elle aussi par l'apathie générale. Le reste de la soirée se passa devant une émission de télévision sans grand intérêt, Regina s'était lovée contre elle à sa plus grande surprise, et elle se laissa guider par les gestes simples d'une tendresse nouvelle entre elles, laissant ses mains courir sur les bras de la brune, cherchant le contact, l'embrassant dans le cou. Regina fermait les yeux d'aise, appréciant la douceur dont pouvait faire preuve Emma.

Si la blonde était fatiguée, elle avait gardé son désir intact pour la Mairesse et avait pensé reconduire leurs prouesses nocturnes une nouvelle fois. Elle se garda alors de tenter sa chance un peu plus, se délectant des soupirs d'appréciation de sa compagne. Elle réalisa qu'elles n'étaient plus des adolescentes pré-pubères et qu'il fallait peut-être parfois mettre le holà sur une libido débridée ; respecter le rythme de Regina et surtout de ne pas lui imposer ses envies pressantes, elle s'y ferait, la brune en valait la peine.

Regina quant à elle, s'activait à trouver la sérénité ; ses idées étaient bien éloignées des questionnements de sa partenaire. Elle savait qu'elle devrait faire face à sa mère dès le lendemain et elle avait beau essayer de chasser l'idée de la confrontation, cela revenait en boucle dans sa tête, les douceurs prodiguées ne suffisaient pas à chasser l'idée de Cora.

Emma éteignit la télévision après l'émission et la brune en profita pour attraper le bras de sa compagne.

«- Ma chère, il faut que demain matin je parte à Portland pour des histoires budgétaires. »

Emma fut interpellée :

«- Ah bon ?

- Oui, je pense même peut-être dormir sur place après cette réunion, il serait peut-être souhaitable que tu en profites pour voir ta demi-sœur et passer du temps avec eux. »

« Un autre mensonge » pensa Regina, mais elle ne voulait pas inquiéter Emma, elle ne voulait pas la mêler de près ou de loin à Cora Mills, elle souhaitait même l'éloigner, pas très sûre d'être en état de parler à son retour.

«- Je... Okay... Si tu veux... » Répondit la blonde déçue.

«- Allons, cela mettra un peu d'huile dans les rouages familiaux, je suis sûre qu'elle sera ravie de discuter, et puis essayez d'avoir d'autres sujets de conversations que le passé... »

Regina essaya d'étayer sa proposition sous couvert d'une paix des braves avec Mary.

«- Ouais... » Emma regarda la sol pensivement. « Tu as peut être raison...

- Je ne te mets pas à la porte... Emma, tu fais comme tu le souhaites.

- Bien... Non je vais faire ça, ça va peut être la calmer un peu... »

Emma et Regina se couchèrent, tendrement enlacées, aucune des deux personnes s'endormant étant consciente de la teneur de la journée qui allait suivre.

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Le lendemain matin , chacune s'activa à aller à son travail, sans se soucier le moins du monde des choses. Emma câlina la brune, car être séparées quelques heures lui semblait déjà quelque chose de profondément désagréable. Regina souriait, amusée par le coté dramatique que pouvait avoir sa compagne quand il s'agissait de son éloignement. Elles s'embrassèrent longuement avant de se quitter. Emma appela sa sœur, afin de savoir si elle voulait bien la recevoir pour une nuit, celle-ci était plus que ravie de la proposition.

Regina vit la bug jaune s'éloigner, emmenant Henry et quelques bagages, et elle sentit un nœud au fond d'elle-même. Elle soupira et prit ses affaires pour se rendre chez sa mère.

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Arrivée dans la matinée, la secrétaire de Cora Mills la fit patienter. Puis comme une enfant qui venait de voir sa mère depuis très longtemps, Regina s'aventura à lui faire une bise sur une joue froide. Cora avait vieillit, mais son sourire diabolique ornait toujours son faciès de femme âgée mais très bien entretenue.

«- Bonjour mère » articula au mieux la brune.

«- Bonjour Regina.

- Comment allez-vous ?

- Oh bien... Mais trêve de bavardages excessifs qui pourraient me faire croire que ma fille s'intéresse à ma santé. »

Le ton était froid, sec et plein de reproches.

«- Soit » répondit la brune du tac-au-tac. « Venons en donc au fait, pourquoi cette invitation ?

- Ce n'est pas une invitation » fit sa mère en éclatant d'un rire cristallin très froid.

«- Je ne saisis pas... »

Regina ressentit son cœur se resserrer, elle pouvait à nouveau sentir la peur que cette femme lui inspirait.

«- Non Regina, c'est une "obligation" » continua la vieille femme en détachant chaque syllabe du mot.

«- Une obligation de ?

- M'écouter bien attentivement Regina, je ne vais surtout pas me répéter. »

Un moment de silence sembla s'étirer entre les deux femmes, faisant passer les minutes pour des heures. Cora trouva son siège et joignit ses deux mains au-dessus d'un dossier.

«- Bien, » commença la mère de Regina, « je ne saurais tolérer cette chose que vous nommez "relation", tu es ma fille et tu ne seras jamais une personne dépravée, enfin même d'un point de vue purement stratégique, c'est un suicide politique. Je te pensais plus ambitieuse que cela ma fille... Toi, avec la bâtarde de Léopold, c'est un véritable affront ! Déjà que je tolérais son avorton par pitié... »

Regina recevait les insultes de sa mère sans sourciller, elle était déjà lasse de toute cette diatribe qui allait s'opérer. Elle avait déjà entendu pareil discours bien des années avant.

«- Mère, enfin si ce titre est encore d'actualité, je décide qui je veux aimer, il en est finit que tu décides de ma vie. »

Le poing crispé, Regina souhaitait partir du bureau de sa mère au plus vite.

«- Voyez vous ça... Crois-tu que j'ai fait tous les énormes sacrifices de ma vie pour rien ?! J'ai placé ta vie au-dessus de la mienne, tu as épousé un homme puissant qui t'a donné une fortune. Tu n'auras jamais à travailler durement, jamais à te forcer à te lever le matin pour un travail abrutissant, tu n'as pas à porter des haillons pour t'habiller, tu peux rester séduisante même à un âge on ne peut plus avancé, dans 30 ans tu en paraîtras toujours 10 voire 20 de moins ! Tu peux vivre dans le luxe et profiter de toutes les beautés de ce monde sans te demander de quoi sera fait ton lendemain ! Ingrate que tu es !

- Je n'ai jamais souhaité tout cela, je peux faire un travail s'il est nécessaire que je le fasse, j'ai les capacités pour mère. Je ne vois pas l'intérêt de vivre dans une prison dorée, vous vouliez la fortune? Vous avez la vôtre. Vous n'avez pas besoin de la mienne pour asseoir vos ambitions, menez donc la carrière politique que vous souhaitez sans me mêler à ça, vous voulez le poste de maire ? Je démissionne demain si ça vous chante. Je-

- Silence ! De toute façon le chapitre est clos, tu vas quitter cette Emma Swan et son petit bâtard, visiblement chez les Blanchard on ne fait que ça, des bâtards... Alors comprends bien que j'ai toutes les clefs en main ma chérie. »

Cora distribua dans un geste qui se voulait élégant une dizaine de photos éparpillées, visiblement des captures d'écran des films d'Emma, mais aussi des images plus récentes de leurs moments d'intimité sur la plage. La mâchoire de Regina se crispa.

«- Je vois... Sydney je présume. » Dit la brune, tout à coup très pâle.

«- Oh oui vois bien ma chérie, que je décide et tu exécutes. Tu vas rompre au plus vite avec cette fille, paye là si c'est nécessaire, après tout ça ne doit pas être une personne d'une moralité à toute épreuve. » Répondit en ricanant la femme qui se tenait debout au-dessus de son bureau.

«- Tu ne la connais pas, je t'interdis de l'insulter.

- Oui... Je ne la connais pas effectivement, je ne fréquente pas les actrices de films porno, j'ai, comment dire... Un meilleur respect de ma personne que toi, il semblerait. »

Regina émit un ricanement.

«- Je te demande pardon ? Tu oses ? » Demanda sa mère.

«- Oui j'ose, je pense qu'Emma vaut dix fois plus que toi et tes pseudos amis, tu peux me faire chanter si ça t'amuse. Si j'exécute tes ordres, je veux un écrit comme quoi tu t'engages à ne pas divulguer ces informations, et d'autre part à n'approcher ni Emma, ni Henry. Je veux toutes les certitudes du monde que jamais tu ne rentreras dans leurs vies, sinon une certaine somme qui te sera adressée par mes avocats sera versée sur leurs comptes et crois-moi que cela sera l'équivalent suffisant pour t'en dissuader. Quant à moi, tu limiteras tes contacts, je ne veux ni te voir, ni t'entendre. Je m'engage néanmoins à ne pas me remarier ni avec un homme, ni avec une femme ou je ne sais quoi que tu voudrais que j'épouse, ça c'est terminé et définitivement.

- Soit » fit Cora, « envoie-moi tes textes, je les signerais.

- Ce qui t'ennuie finalement, » répliqua Regina en se retournant, « c'est que j'ai eu tout ce que tu n'a pas été foutue d'avoir, à savoir une personne qui m'aime pour ce que je suis et non pour une image ni pour un pseudo pouvoir ou même de l'argent.

- Je me fiche de tes analyses ma chère... » tenta de riposter Cora.

«- J'ai eu plus en quelques semaines que toi en toute une vie... Pauvre femme que tu es, réduite à faire des chantages pathétiques, tu n'auras rien de moi dorénavant, je me fiche de ma réputation sache-le, si j'accepte ton "contrat", c'est pour les protéger de toi. »

Regina claqua la porte derrière elle, laissant Cora à sa victoire et à sa solitude car au final c'était tout ce qu'elle y gagnait réellement. La brune n'eut pas à atteindre sa voiture pour laisser une larme couler sur sa joue. Une fois engoncée dans son siège de la Mercedes, elle se sentait comme une petite fille à nouveau, cette triste marionnette une fois de plus entre les mains de sa mère. Une souris qui n'avait pas vu le clapet se refermer sur elle, d'un coup sec.

Comment allait-elle faire... Emma et Henry étaient devenus tout à ses yeux, sa famille. Cette famille dont elle avait toujours rêvé. Elle aimait sincèrement Emma, comment allait-elle faire pour lui briser le cœur avec de simples mots ? Jouer la comédie, Regina savait le faire ; jouer des drames avait été toute sa vie. Il suffisait qu'elle puise en elle, dans le fait qu'elle les mettait à l'abri, la "méchante" allait jouer sa meilleure partition, non pas détruire pour détruire, mais détruire les sentiments qui la liaient à Emma, pour les protéger elle et son fils, et pour lui rendre sa liberté.

Elle était nocive à cause de sa mère, et elle se devait d'éviter de les intoxiquer.