Note de l'auteur : Coucou à tous et à toutes, ravis de vous retrouver pour un nouveau chapitre, à partir de maintenant le rythme va se calmer un peu. On va passer dans des périodes de câlins et d'introspection. Ce chapitre arrive un peu en avance pour deux raisons la première : parce que je me sens un peu coupable de vous avoir fait attendre longtemps enter le troisième et le quatrième chapitre et deuxièmement : parce que j'avais fini de l'écrire et que je n'arrive pas à attendre jusqu'à vendredi.
Message de l'auteur: Je ne vais pas remercier Nathdawn pour son travail parce que vous savez à quel point elle est génial et à quel point elle est indispensables à cette histoire, donc pas de merci pour ton extraordinaire travail, je ne remercierais pas non plus toutes les infos, le temps, et l'attention que tu m'offre (voilà aujourd'hui se sont les remerciement style RDJ aux people choices awards :p )
Nathdawn : merci pour ta review, en effet je suis un grand fan des clin d'œil, en ce moment j'en fais pas mal à la série mais je reviendrais ensuite à d'autres œuvres (ps le titre est un énorme clin d'œil à cette histoire, à Sherlock et à Game of Throne bien sur je ne t'en dit pas plus) J'espère que cette suite te plaira. Bonne lecture.
Clelia : Encore une fois, merci pour tes reviews à chaque fois, j'espère que mon histoire continuera de te plaire. Moi aussi j'aime bien quand John entre en mode "soldat", cette fois il tombe un peu vite mais pour sa défense il n'avait pas dormi pendant plusieurs jours. Je pensais à ce moment avec madame Hudson oui mais je dois avouer que je n'avais pas pensé à l'épisode Scandal in Belgravia mais ce passage pourrait être vue comme une analogie à ce moment en effet. Bonne lecture.
...
Sherlock émergea sur le parquet froid de la chambre d'hôtel, sa respiration était difficile, son thorax le faisait atrocement souffrir, il sentait la balle lui déchirer la chair, son corps était plus lourd que jamais il n'avait été. De ses yeux hagards, il chercha John, il se trouvait à quelques mètres de lui seulement mais il lui semblait à des kilomètres de là. Dans un effort qui lui parut surhumain, Sherlock se retourna sur le ventre et hurla lorsque sa plaie entra en contact avec le plancher. Il posa l'une de ses mains contre son cœur, pressant fermement contre la blessure, il jeta son autre main le plus loin possible en direction de John, il fallait qu'il arrive jusqu'à lui, il le fallait. Il hissa son corps aux côté de son ami et posa ses mains sur ses joues, les maculant de son sang. Le détective secoua un peu la tête du médecin, tentant de l'appeler aussi fort qu'il pouvait.
- John ! Bon sang, John réveille-toi ! Je t'en supplie, réveille- toi !
Il était incohérent. En pleine possession de ses moyens, il aurait de suite déduit que John n'avait pas changé de position et que donc, il n'était qu'inconscient. Mais il ignorait ce qui avait pu se passer entre l'instant où il se trouvait sur le point de se faire tirer dessus et celui où il avait ouvert les yeux sur le sol. Il ignorait si le tueur se trouvait toujours dans la pièce ou s'il était parti et à vrai dire, cette question ne l'effleura même pas. Tout son être n'était que frissonnant face à un John qui ne répondait et ne se réveillait pas. Il ne pouvait pas être mort, il ne pouvait pas, mais dans son cerveau fusaient déjà des scénarii où ses pronostics n'avaient pas été les bons, ceux où l'assassin avait fini son travail en achevant John avant de partir.
Des larmes commençaient à perler sur ses joues et il secouait la tête du blond le plus fort possible. Il mêlait ses pleurs abondant à une litanie de John, le suppliant, le sommant d'être encore en vie, parce qu'il était sûr que lui, bientôt, ne le serait plus. Et John ne pouvait vivre seul, mais plus encore, il ne pouvait ne plus vivre du tout.
Au bout d'un moment, ses efforts portèrent leurs fruits et un grognement guttural s'échappa de la gorge du blond. Sherlock fut alors transporté par une joie sans nom, il vivait, John vivait. Lui mourrait mais John vivait et c'était tout ce qui importait, il le secoua plus encore.
- John réveille-toi, il faut que tu partes d'ici, réveille-toi !
Finalement, le médecin ouvrit les yeux lentement. La vue du détective en pleurs, un sourire franc et honnête affiché sur le visage, affalé sur lui ne le mit pas directement en alerte, son ami pleurait certes mais son visage semblait rayonner si fort que pas une seconde, l'idée qu'un drame pouvait avoir lieu en ce moment même ne lui traversa l'esprit. Il tenta de décoller ses épaules du mur mais sa tête le lança atrocement, il laissa échapper un gémissement plaintif et passa une main sur son crâne, il ne saignait pas, ça n'avait pas l'air si grave que ça,. Il entreprit de regarder enfin autour de lui mais une chose attira son attention. Il était mouillé sur l'épaule, là où le corps de Sherlock s'affaissait sur le sien, ce n'était pas de l'eau, c'était poisseux, il reconnut tout de suite l'odeur, c'était du sang. Le sien, pourvu que se soit le sien fut la seul pensée qu'il eut avant que Sherlock ne tombe définitivement, s'affalant sur lui, inerte.
John bondit , sa tête ne le lançait plus, il n'avait plus de temps pour une chose aussi futile que cela, il retourna le corps de son ami sur le dos et gémit d'horreur face à ce qu'il vit. Sherlock s'était pris une balle. Il ne pouvait voir exactement où elle s'était logée, mais le sang s'échappait d'une zone bien trop près du cœur à son goût. Submergé par la peur de perdre son ami, John imposa à son cerveau de passer en mode médecin. D'un geste expert, il déchira la chemise du limier et constata avec un tout petit soupir de soulagement que la balle s'était logée sous la clavicule, bien plus haut que ce qu'il avait craint.
Mais Sherlock n'était pas tiré d'affaire, et le médecin frissonna quand il constata qu'il respirait plus. Alors que John dégageait son torse, quelqu'un arriva derrière lui.
- Tout va bien ? J'ai entendu un grand bruit et je... ho mon dieu !
L'un des occupants d'une chambre voisine venait de sortir, John ne le regarda même pas, il se contenta d'ordonner.
- Appelez une ambulance, maintenant ! Et votre main, appuyez ici fermement, ne relâchez sous aucuns prétextes !
Son ton autoritaire ne souffrait pas la contestation et l'homme s'exécuta sans rechigner une seconde, il pressa de toutes ses forces sur l'écharpe que le médecin avait posée sur la blessure, la regardant se maculer du sang pourpre du jeune homme. John se saisit de son téléphone et mit le haut-parleur tout en commençant le massage cardiaque. Dès qu'il eut un interlocuteur, il déballa à une vitesse incroyable les informations nécessaires et sans prendre la peine de raccrocher, il éjecta le téléphone au sol avant de se concentrer à nouveau entièrement sur le blessé. Entre les appuis sur sa cage thoracique, il insufflait de l'air dans sa bouche.
Ses mouvement étaient mécaniques, ils traduisaient l'expérience d'un homme à sauver des vies, non, à sauver une vie, celle qui importait, celle de son seul ami. Après un moment, un léger souffle d'air commença à sortir en rythmes lents de la bouche du brun, il sentit un pouls filant et le cœur de John s'allégea considérablement, au moins, il respirait. Il repoussa alors doucement son assistant de fortune et appuya lui-même sur la blessure. L'homme à ses côtés reprit la parole lorsqu'il eut récupéré son téléphone portable :
- Et pour l'autre, que fait on ?
- L'autre ? Quel autre ?
L'inconnu pointa du doigt une carcasse inerte sur le sol et John reconnut la stature de l'assassin, il grogna, il devait rester auprès de Sherlock. Il fit alors une chose que son serment d'Hippocrate lui interdisait de faire, il ignora une victime.
- Rappelez l'hôpital, dites-leur d'envoyer une ambulance de plus, allez vérifier qu'il respire.
- L'homme s'exécuta tout en passant son coup de fil.
- Monsieur, il ne respire pas et il n'a pas de pouls non plus.
- Dans ce cas, il est mort.
Son ton était sec, absent de toute humanité. Si cet homme avait été en vie, il ignorait si lui-même ne l'aurait pas achevé car il ne faisait aucun doute dans son esprit qu'il était responsable de l'état de son colocataire. Après de terribles minutes où John s'affaira à apporter des premiers soins à Sherlock, les ambulanciers arrivèrent enfin, ils prirent la relève et l'emportèrent avec eux. John hésita, il devrait attendre la police mais sa place était aux côtés de Sherlock.
OoO
Dimanche 14
Sherlock émergea enfin, combien de temps avait-il dormi cette nuit ? Il n'en savait rien et sa première pensée fut de ruminer quelque peu, il voulut ouvrir ses yeux mais ceux-ci restaient désespérément clos.
Soit, puisque ses paupières voulaient se la jouer comme ça ce matin, il ne les ouvrirait pas.
Il réfléchit une seconde, que faisait-il la veille, comment était-il parti se coucher ? Il tenta de rassembler les flashs qui parcouraient sa mémoire pour réunir les informations nécessaires à la résolution de cette énigme mais son cerveau semblait étrangement lent.
Il se souvenait qu'il travaillait sur une enquête, oui, quelque chose d'ennuyeux aux premier abord mais il y avait autre chose, quelques détails ça et là ne collaient pas, comme si quelqu'un avait orchestré cette mascarade prenant soin de lui laisser des indices. Un piste à suivre qui lui crierait « hé ho c'est moi Sherlock, nous allons jouer tous les deux ! ». Il avait flairé une entourloupe sur sa dernière enquête. Il se refit le film de cette enquête depuis le début puis il arriva enfin à cet instant fatidique où il se faisait tirer dessus. Et à ce moment pire encore où il avait admis (dans son palais mental mais tout de même) avoir des sentiments pour son colocataire.
John !
Cette pensée le frappa de plein fouet, où se trouvait John ? Puisque lui avait eu le mauvais goût de rester en vie, John devait l'être aussi, bien-sûr sinon qui lui aurait prodigué les premiers soins ? Il devait se trouver ailleurs. En y repensant, lui-même ne devait pas se trouver chez lui, même malgré son aversion connue pour les hôpitaux, se prendre une balle dans la poitrine ne s'accordait que très peu avec le luxe de recevoir des soins à domicile. Il n'arrivait toujours pas à ouvrir les yeux alors il commença à se remémorer le dernier souvenir qu'il avait.
Une bagarre, John blessé, on le met en joue, il provoque le tueur et on lui tire dessus...
Non, il lui manquait quelque chose ou bien il ne serait déjà plus en vie. Il se trouvait bien trop près de l'assassin pour que celui-ci ne puisse le louper, sans parler de son passif de meurtrier qui ne lui offrait pas le luxe de rater sa cible.
Il concentra tout le peu d'attention qu'il pouvait obtenir de son encéphale sur ces quelques secondes où il avait fermé les yeux avant de plonger dans son palais.
(non mais quel idiot aussi de fermer les yeux ! ).
Il entendait la détonation puis sentait la balle le perforer, non, il y avait autre chose, un autre son, et puis peu après, juste avant qu'il ne touche le sol, il avait également entendu un son lourd comme,... comme un corps tombant au sol. Ce ne pouvait être John, à ce moment, il devait toujours être inconscient, ils étaient seuls dans le couloir, ce devait être le son du tueur tombant.
Pourquoi un homme en bonne santé (meilleur que la sienne et celle de John en tout cas) s'était-il écroulé ?
Il ne vit qu'une seule réponse possible. L'homme devait être mort. Ses yeux semblaient un peu plus enclins à s'ouvrir à présent et il en profita, il s'extirpa des limbes du sommeil, et décida que tout compte fait, regarder les tréfonds de son palais mental les yeux clos devait être plus intéressant que le blanc maculé de traces du plafond de sa chambre d'hôpital.
Il commençait doucement à reprendre conscience des différents membres de son corps lorsqu'il remarqua qu'une chaleur douce et inattendue submergeait l'une de ses mains, ses yeux dérivèrent sur le côté de son lit. John se tenait là, une main posée sur la sienne, assis sur une chaise, la tête posé sur le lit à baver sur ses draps, il avait dû s'endormir. Sherlock eut un petit sourire bienveillant. Il ouvrit la bouche en signe de négation, un sourire bienveillant lui ? C'est vrai, il avait admis qu'il aimait John mais il devait effacer cette information de son disque dur, trop tôt, trop personnel, trop intime, trop effrayant. John ne l'aimerait jamais et même si c'était le cas un jour, le détective ne le laisserait jamais s'immiscer dans sa vie plus qu'il ne l'était déjà, il continuerait de lui mentir et de le manipuler, il continuerait de le consterner et de l'énerver. Il serait incapable de lui montrer de l'affection et de le soutenir en cas de besoins, jamais il ne pourrait le rendre heureux, ce n'était pas une supposition, c'était un fait.
Cette pensée l'attrista un peu, mais John et lui fonctionnaient déjà ainsi, rien ne changerait, il y mettrait un point d'honneur, John Watson resterait son meilleur ami et rien d'autre, jamais.
Il ne prendrait jamais le risque de sacrifier une amitié comme celle qu'il partageait avec le médecin pour l'utopique possibilité d'une vie de fantasmes et de mensonges représenté par le frivole amour.
Fort de cette décision, il entreprit de supprimer définitivement le moment gênant où, dans son palais mental, il avait admis aimer son colocataire, mais pour une raison inconnue, il ne put se résoudre à le faire. Cela lui sembla complètement illogique et allait définitivement à l'encontre de tous les principes régissant sa vie mais il ne put consentir à effacer cet instant, il se contenta donc de créer une nouvelle porte dans son palais, une porte faite de bois aux reliures étincelantes, à la serrure bordée d'or et de diamants sur laquelle un filigrane en argent laissait entrevoir le mot : « John » écrit en lettres majuscules. Il rangea cet instant dans cette nouvelle pièce, referma la porte et la scella à double tour, gardant la clef dans son veston tout près de son cœur.
Sa conscience de retour dans la chambre impersonnelle d'hôpital, il voulut se relever mais son épaule le lança atrocement, il se rappela la balle qu'il s'était pris. Il tourna la paume de sa main, saisissant celle de John et les pressant un peu l'une dans l'autre, il lui fallait des réponses et son ami allait pouvoir les lui donner.
Un petite voix s'échappant de la nouvelle pièce de son palais lui susurra qu'il réveillait John uniquement pour le voir conscient et en vie à nouveau, pour se rassurer lui-même.
Mais il chassa cette possibilité, l'enfermant à nouveau à sa place, prenant cette fois le temps de condamner correctement la porte, bouchant l'espace ridiculement petit entre le sol et le bois par où cette dérangeante petite idée s'était faufilée.
De son côté, le médecin s'arrêta de baver lorsqu'il sentit une pression contre sa poigne. Il émergea rapidement de son sommeil, ne laissant qu'une marque au travers de son visage comme preuve de son assoupissement. Ses yeux remontèrent lentement sur la silhouette du brun jusqu'au niveau de ses yeux gris finalement ouverts. Ouverts... Il crut un instant mourir de joie mais il se gifla mentalement à cette pensée, s'il mourait maintenant (même de joie), survivre à son ami quelques jours plus tôt serait devenu risible.
Pas un mot ne fut prononcé pendant quelques secondes, puis Sherlock, visiblement mal à l'aise, rompit le silence.
- Donc... Pas mort ? (1)
dit-il un peu incertain, ce genre de réplique ce n'était pas lui, pas lui du tout, jamais il n'énonçait ainsi l'évidence et John s'affola un peu, qu'était t-il arrivé à son ami ? Le limier sembla lui même reconsidérer ses propres paroles et le visage perplexe du blond avant de reprendre l'air de rien.
- Qu'est il arrivé à ce très cher monsieur Hyrnewieck ?
- Qui ça ?
L'assassin John, voyons, ne te fais pas plus stupide que tu ne l'es réellement.
Les deux hommes s'arrêtèrent, ce genre de réplique, c'était tellement Sherlockien, tellement imbu de lui-même, tellement agaçant, ils accrochèrent leurs regards ensembles et se mirent à rire un peu. Ils étaient heureux, ils avaient eu peur, avaient cru mourir pour l'un et perdre un être cher pour l'autre. Mais ils étaient là, tous les deux, face à face, comme si rien ne s'était passé, comme si une balle dans la poitrine du plus jeune ne serait jamais une chose qui puisse les séparer. Ils se mirent à rire comme deux gamins ayant fait une bêtise grandiose et en ayant échappé malgré tout. Doucement, le calme reprit son droit dans la pièce.
- Il est mort.
Sherlock sentit le malaise dans la voix de John, devinant immédiatement ses pensées, il ne pouvait l'avoir tué puisqu'il était inconscient lorsque Sherlock avait entendu son corps heurter le sol, mais il aurait peut être pu le sauver et s'il avait pu, de toutes évidences, il ne l'avait pas fait et s'en voulait à présent.
- Cet homme était un assassin, John, pour l'enquête, son décès n'est pas une bonne chose, mais je suis sûr que dans sa vie, il avait amplement mérité la mort plus d'une fois.
- Ça n'a pas d'importance Sherlock, je suis médecin, j'aurais dû l'aider, au moins essayer. Mais je suis resté auprès de toi malgré tout...
- Et grâce à toi, je suis en vie.
Le détective détourna les yeux, ce genre de chose n'était pas vraiment sa tasse de thé, mais il savait que son ami avait besoin d'entendre ces mots afin d'alléger sa conscience et lui-même se réjouissait secrètement du choix du médecin, pas tant parce qu'il était toujours en vie mais parce que face à cette situation, John l'avait choisi. Une gène palpable s'installa dans la chambre et le blond eut la présence d'esprit de la briser en reprenant la parole.
- De toutes façons, il a été abattu d'une balle dans la tête, un tir propre et fatal pour une mort presque immédiate, nette et sans fioritures...
- Intéressant, il s'est fait descendre juste avant de me tirer dessus, on l'a assassiné afin de me sauver la vie. Il n'avait pas l'intention de nous tuer lorsqu'il nous a surpris, cela devait lui avoir été interdit.
- Alors pourquoi t'a-t-il tiré dessus ?
- Sherlock détourna à nouveau les yeux, il savait que ce qu'il allait dire n'allait pas plaire à son ami.
- Il se pourrait que je l'aie un peu provoqué...
- Tu l'as quoi ?!
Enfin John, tu était à terre et il me fallait des réponses pour l'enquête, il refusait de parler alors je l'ai un peu provoqué afin qu'il me donne des renseignements. Je ne pensais pas qu'il outre-passerait ses ordres pour me descendre.
John soupira, il était en colère certes, mais après tout, Sherlock était comme ça et une remontrance de plus ou de moins ne le changerait pas sur ce point. Et puis, même s'il l'avait dit le plus vite possible pour ne pas que John ne s'en rende compte, Sherlock avait risqué sa vie pour sauver la sienne, il avait provoqué un assassin armé afin que lui-même ne soit pas le centre d'intérêt de son Sig Sauer (2). Cette pensée le fit sourire un peu, il décida qu'un bien pour un mal, Sherlock pouvait être pardonné. Il se triturait encore le cerveau sur la réponse à donner à son colocataire, mais celui-ci lui épargna cette peine en prenant la parole.
- Rentrons à la maison John, je n'aime pas les hôpitaux... s'il te plaît ?
Il avait dit s'il te plaît ? Ça lui coupait la chique... Sherlock avait fait preuve de politesse et même malgré le fait que le médecin se doutait que ce soudain élan de gentillesse ne servait qu'à servir son but final. Il ne pouvait décemment pas résister à ce genre de demande du brun, s'il s'abaissait jusqu'à demander poliment la permission, c'est qu'il voulait rentrer plus encore qu'il voulait conserver son orgueil. Et ça, c'était important, un moment de sa vie à marquer d'une pierre blanche. Il soupira un peu, il voulait refuser, Sherlock aurait plutôt intérêt à rester en observation, par chance aucun de ses organes ni de ses os n'avaient été touchés, il pouvait théoriquement rentrer mais comme souvent lorsqu'il s'agissait de son colocataire, John devait se battre contre le médecin à l'intérieur de lui.
- Tu as été blessé par balle Sherlock, et même si aucun de tes organes n'a été touché, tu as failli mourir et je … je vais voir ce que je peux faire d'accord ?
Le médecin sortit de la chambre, il laissa ses épaules s'affaler contre le mur en soupirant. Son côté médecin voulait obliger Sherlock à rester plus longtemps à l'hôpital mais son côté humain, lui, connaissait l'aversion certaine que le détective ressentait à l'égard des hôpitaux et voulais le sortir de cet endroit froid le plus vite possible. De plus, il devait rentrer à Baker Street et l'idée de se retrouver seul dans leur appartement était insoutenable. C'était décidé, il sortirait son ami de là dans la soirée. Il était médecin et il savait qu'il pourrait user de ce fait pour obtenir le droit de libérer le limier de l'hôpital. Et pour sûr, il userait de ce privilège.
(1) episode 1 saison 3 sherlock : « well short version... not dead »
(2 )Dans la série, John Watson utilise un pistolet Sig Sauer P226R, aussi appelé L106A1. C'est une arme utilisé par les soldats Anglais depuis 2013. J'entends déjà les addicts me dire : « oui mais dans l'épisode 3 saison 1 Moriarty demande à Sherlock si c'est un L9A1 qu'il a dans la poche ou si il est juste content de le voir ? » et Sherlock répond : « les deux. » Mais après vérification sur le site officiel de la série ce n'est pas ce modèle que possède notre chère tête blonde.
