Bonjours / bonsoir tout d'abords pardon pour l'attente interminable qui a précédé la parution de ce chapitre, je ne suis qu'il misérable raclure lorsqu'il sagit d'uploader mes histoires malgré tout, il y a deux raisons à cela la première étant que je n'arrivais pas à trouver une version qui me convenais pour ce "passage à vide" la deuxième ... he bien tout simplement par ce que je pensais l'avoir déjà posté ^^" Et pour ma défense je n'ai pas attendu deux ans avant de vous offrir ce 6em chapitre haha (désespoir total ) ...
encore une fois je ne saurais remercier Nathdawn pour son incroyable travail de beta qui m'est d'une aide précieuse.
Nathdawn : tu verras quelques petits changements depuis tes conseils mais j'espère tout de même que ce chapitre te plaira. Il faut que tu saches que tu fais un travail merveilleux et que, sans toi, ma fic ne serais que l'ombre de ce qu'elle est aujourd'hui. Pardon pour la lenteur de ce chapitre, j'avais pas mal de choses a faire ( j'ai été à Sherlocked :p ).
Clélia : merci de me suivre sur cette fic et d'être aussi assidue; content que tu aime mon John, je dois avouer qu'il m'est bien moins aisé de le maîtriser que de maîtriser sherlock pour moi. j espère que ce chapitre te plaira comme sinon plus que les autres.
Odea : Ravis que l'histoire te plaise, il y auras d'autres rebondissements, j'ai finis la trame principale de l'histoire donc je sais où je vais. pour le palais mental je voulais vraiment un truc tape à l'oeil puisque Sherlock est une diva qui aime faire dans le clignant , content que cet aspect de l'histoire t'ai plut :) le lemon arrivera un peu plus tard car je veux prendre mon temps pour cela, je pense que la relation des deux protagonistes doit évoluer en parallèle avec le développement générale de leurs emotions et ces choses la mettent un peu de temps.
Se lever du lit d'hôpital avait été une véritable torture pour le détective, il avait serré les dents, marcher jusqu'aux portes de sa prison aseptisée avait été une seconde mort, il avait serré les poings à s'en faire péter les jointures, monter dans le taxi s'était révélé un véritable purgatoire et là encore, il avait contenu sa souffrance, affichant un visage impassible au reste du monde mais surtout à John. Le médecin ne devait pas savoir qu'il souffrait, s'il s'en rendait compte, Sherlock ne doutait pas qu'il ne lui empêche toute sortie pour un temps bien plus long que ce qu'il lui avait imposé... Deux semaines c'était déjà bien trop ! Une brise légère échappée de son palais mental lui susurrait plus que cela, qu'il craignait d'inquiéter le blond et que cette pensée lui était intolérable, mais le limier fit vite taire cette voix, bien trop intime, bien trop dérangeante.
Bras dessus, bras dessous, ils passèrent la porte d'entrée du 221b Baker street. Ils furent accueillis par madame Hudson, John lui avait raconté leurs mésaventures lors d'un passage éclair à Baker Street, le temps de prendre une douche et de retourner à l'hôpital. Mais quand le détective avait voulu en sortir, il avait pris le soin de la briefer à nouveau par téléphone. Il se doutait que Sherlock serait plutôt réticent à parler de cet incident et surtout, il était persuadé que ce dernier essayerait tout ce qui serait en son pouvoir afin d'échapper à sa vigilance. Il le savait capable de détourner madame Hudson de la raison pour obtenir qu'elle se range de son côté pour faire céder le médecin. Alors John avait fait ce qu'il savait nécessaire, il avait appelé sa logeuse et lui avait directement ordonné de refuser à Sherlock toute sortie prématurée, ce dernier n'irait pas vagabonder dans les rues de Londres tant qu'il ne serait pas entièrement remis.
- Bonjours les garçons, avez vous besoin d'aide pour les escaliers ?
- Non merci madame Hudson, je me débrouillerai, je laisse Sherlock en haut et puis je sortirai faire les courses, pourrez-vous garder un œil sur lui pendant ce temps ?
- John voyons je ne suis pas un enfant !, s'indigna le détective.
- Non mais je te connais, dès que j'aurai tourné le dos, tu essayeras de sortir et tu es encore trop faible pour ça. Je me suis porté garant auprès de mes confrères pour que tu te soignes alors tu n'as pas intérêt à faire l'imbécile ou je te fais ramener là-bas !
Sherlock renifla dédaigneusement, de toutes façons, il était bloqué dans cette pièce pour au moins une bonne semaine, il prévoyait déjà mille et une façons pour passer outre la vigilance du blond et de sa logeuse. Il se laissa assister jusqu'au pied des escaliers. Les deux hommes entreprirent leur montée, le détective grimaça de douleur. Ses chaires se tordaient à chaque mouvements, John ralentit quelque peu leur cadence et le détective le remercia silencieusement, ainsi, il n'aurait pas besoin de s'abaisser à demander à son ami de patienter. Son honneur était revenu au galop juste après qu'ils aient passé les portes de l'hôpital. Lentement, ils arrivèrent dans le salon et Sherlock put s'affaler dans son sofa. Son épaule le lançait toujours il s'accorda une plainte bien méritée.
- John, je veux des anti-douleurs, de la morphine, n'importe quoi.
- Désolé vielle bique, je ne peux rien te donner.
- Tu pourrais si tu voulais.
- Sherlock...
Le médecin soupira, non, il ne pouvait rien lui donner, pas avec son passé de toxicomane. Sherlock souffrait, c'était évident, il pouvait le lire sur les traits de son visage. Le froncement continu des sourcils, le rictus désapprobateur au coin des lèvres, sur le visage de n'importe qui, ces signes seraient passés pour l'image de la contrariété. Mais sur un monstre du contrôle comme le limier, ils traduisaient la douleur brutale que celui-ci devait ressentir. Et puis, il avait demandé, enfin, il avait exigé, une médication, c'était un signe flagrant de sa souffrance car Sherlock Holmes ne prenait jamais la parole sans raison valable.
John décida alors de faire une chose qui, sur le moment lui apparut naturelle mais, qui, si elle avait été réfléchie, lui aurait sûrement valu des semaines de réflexions et d'introspections intenses. Il prit place sur le sofa aux côté de Sherlock, l'attira vers lui et posa la tête du plus jeune sur ses genoux, il commença alors à passer lentement ses mains dans ses boucles brunes. Le détective se crispa un peu au début mais à la seconde où il sentit les doigts de son médecin parcourir son cuir chevelu, son corps se détendit de lui même. Il souffrait toujours certes, mais au moins, il pouvait à présent se raccrocher à quelque chose d'autre, il pouvait se concentrer sur cette main passant ça et là sur son crâne, appuyant ou au contraire survolant presque, ne laissant que l'ombre d'une empreinte sur lui.
Son esprit entier se tourna vers cette si délectable caresse, plus rien n'existait excepté les doigts de John sur sa peau et dans ses cheveux, son cerveaux si génial ne se concentrait que sur une chose et c'était un extase sans nom. il pouvait entendre l'imperceptible bruit des os de chaque doigts lorsqu'ils bougeaient lentement, il sentait l'infime régularité des empreintes digitales de son ami, il aurait pu les dessiner à la perfection après cela. Il sentait également les coupures trop petites pour être seulement observées à l'œil nu, celles qui ornaient les doigts du blond. Toutes les callosités de ses mains qui avaient sauvé tant de vies avant de s'atteler à la sienne. Une chose étrange s'éveilla en lui, il sentit son cœur se serrer, il sentit ses entrailles hurler, il sentit une chaleur incommensurable s'échapper du plus profond de son être et envahir son corps, ses lèvres s'entrouvrirent, il s'abandonnait, il le savait, il savait également que c'était mal.
Sherlock se redressa d'un coup, la douleur lui déchira à nouveau l'épaule et c'était une bonne chose, la douleur était un médiateur, la douleur le gardait loin des attentions de John, le gardait sauf de cette chaleur envahissant son corps, le gardait protégé du fauve rugissant en lui.
- John ! Ne devais-tu pas aller au Tesco ?
- Je... heu oui, tu as raison.
John ne comprit pas ce revirement soudain de caractère chez son ami, à vrai dire, il ne le comprenait que rarement (bien que Sherlock eut tenu un tout autre discours à ce sujet si on lui avait posé la question). Il attribua l'étrangeté de son action à... hé bien à l'étrangeté même de son ami. Il haussa les épaules et se dirigea vers la sortie. Il prévint Ms Hudson de son départ et s'engagea dans la rue, ses pensées le ramenaient sans cesse au visage du limier alors qu'il lui massait les cheveux, il lui avait paru alors si serein, en un sens, il lui avait paru plus beau que jamais il ne l'avait vu ( excepté ce matin où il avait eu l'audace de le surprendre endormi, peut-être ). Il secoua la tête, chassant ces idées incongrues de son esprit. Il admettait sans peine que Sherlock était un bel homme, en fait un très bel homme mais il ne voulait pas accorder ce genre de pensée à sa propre personne, il ne donnait pas dans le monsieur, il était un homme à femmes. Il devait juste être fatigué, c'était cela, l'épuisement seul avait égaré son regard sur les lèvres de son ami, seul son éreintement pouvait être à l'origine de telles pensées, rien de plus.
Bien qu'il l'ignora, le blond n'était pas le seul homme sur terre à se creuser les méninges à propos du fonctionnement confus de son corps, ainsi, une rue plus loin, dans le 221b, Sherlock regardait interdit son pantalon, c'était un vêtement tout ce qu'il y avait de plus normal, d'une qualité et d'une fabrique fort acceptable, il était seyant et confortable, non, le problème ne venait pas du pantalon lui-même, mais bien de ce qu'il contenait et le détective, bien qu'il fut dubitatif face à cette conclusion, ne pouvait que reconnaître la vérité face à la preuve visuelle qu'il possédait : il avait une érection. Rectification, John lui avait donné une érection, cela ne pouvait pas être de sa faute, il avait vécu toute sa vie sans jamais s'abandonner à ce genre de bassesse, son corps ne le trahissait pas ainsi, il ne l'avait jamais fait, pas jusqu'à aujourd'hui, enfin si peut-être lorsqu'il était jeune, il avait de toutes façons certainement effacé cette information, une chose plus inutile encore que le système solaire.
C'était un problème, cette vile partie de son corps semblait réclamer de l'attention et s'éveillait plus encore à la mention de John dans son esprit, Sherlock ferma les yeux et bougea son épaule en serrant les dents, la douleur ferait sûrement passer cela. Bien lui en prit car il lui sembla que déjà, l'impudente tentatrice qui s'était invitée dans ses sous-vêtements se faisait moins agressive, il réitéra sa manœuvre, écoutant le grincement de ses dents s'accorder avec le soupir qu'il ne put complètement retenir. Son cerveau éructa : Tout cela, c'était de la faute de John, John qui le rendait vulnérable aux sentiments, John qui provoquait en lui de telles trivialités, John qui passait ses mains provocatrices dans ses cheveux. C'était décidé : il se vengerait de John, il devait l'empêcher de le provoquer, il aimait John ?! La belle affaire ! Il repousserait sa gentillesse avec véhémence, il se montrerait imperturbable. Son corps ne le trahirait plus. Il hocha la tête pour confirmer ses pensée, si sûr de lui qu'il tenait là la solution parfaite, il ignorait à quel point il se trompait.
oOo
Insupportable, impossible, inacceptable étaient les mots qui venaient à l'esprit de John lorsqu'il repensait aux derniers jours de sa vie avec Sherlock. En fait, en étant honnête, il aurait tout aussi bien pu utiliser des terminologies moins flatteuses comme : mon colocataire est un emmerdeur excentrique qui me casse les c**** toute la p**** de journée. Mais ça faisait beaucoup de gros mots dans une seule phrase. Sherlock était invivable, plus que d'habitude, il s'était montré exécrable avec lui a chaque occasion. Parfois même alors que John essayait de se montrer aimable, en fait il avait été particulièrement véhément lors de ces moments.
C'était à n'y rien comprendre, pour John en tous cas, il était rentré du Tesco et avait trouvé Sherlock allongé sur le sofa, les traits crispé dans une grimace de douleur. John avait approché une main réconfortante près de son épaule valide mais alors qu'il se trouvait à quelques centimètres, Sherlock s'était violemment écarté, prenant soin de raviver la douleur dans ses chairs douloureuses.
Le médecin avait tout fait alors pour imposer le calme à son ami qui semblait pour le moins perturbé, il l'avait forcé à s'allonger confortablement, lui avait préparé une tasse de thé et s'était installé à ses côtés dans l'espoir de reproduire la caresse qu'il lui avait donné plus tôt et qui avait semblé fonctionner. Mais avant même qu'il ne puisse toucher le détective, celui-ci l'avait repoussé.
- John, si tu as besoin de toucher quelque chose, je te suggère de t'atteler à ton stupide blog, au moins lorsque tu écris tes inepties, tu ne m'ennuies pas.
- Mes inepties Sherlock, sont la raison pour laquelle nous avons tant de clients ces derniers temps, à ta place, je ne me plaindrais pas tant que ça.
- Te mettre à ma place ? Ha ! Ton pauvre petit cerveaux ne pourrait supporter le millième de ce que le mien est capable de faire, après tout ce n'est que justice, les imbéciles écoutent d'autres imbéciles.
John l'avait regardé, profondément surpris, Sherlock était parfois dur avec lui mais il ne se montrait jamais aussi méprisant et surtout, il ne le comparait jamais au reste du monde. Dans leur singulière amitié, il n'y avait jamais eu de place pour les autres, il n'y avait toujours eu que Sherlock et John contre le monde. Mais d'une remarque cinglante, le génie venait de l'exclure de ce qu'ils possédaient. John se sentit brisé, il déglutit, se redressa, l'idée que Sherlock souffrait et qu'il extériorisait sur lui, lui traversa l'esprit, et comme ça, il lui pardonna ses propos. Il lui pardonna encore et encore, à chaque fois qu'il tentait de faire un pas vers Sherlock et que celui-ci se fermait, le repoussait ou l'humiliait et John n'en pouvait plus. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez le détective, et John finit peu à peu par se rendre à l'évidence : Sherlock en avait assez de lui.
C'était la seule explication cohérente, Sherlock avait besoin de mystère et de challenge et il devait avoir résolu l'énigme John Watson, à présent, le médecin ne devait plus être qu'un être humain banal et ennuyeux. Juste comme ça, il était devenu indigne de Sherlock Holmes. Il avait pris rendez-vous chez sa psychologue, il n'aimait pas y aller mais il avait besoin de parler et il était hors de question de le faire avec qui que ce soit de son entourage. John était un homme discret, il ne souhaitait pas particulièrement aller raconter sa vie mais s'il devait le faire, il ne laissait personne se douter de cela. C'est pour cette raison qu'il mentit à Sherlock lorsqu'il sortit pour son rendez vous le Mardi 23.
- Je vais à l'hôpital Sherlock, j'ai une heure ou deux à rattraper, je serai de retour bientôt. Tu veux que je te ramène quelque chose ?
- Sort John.
Une réponse lapidaire alors qu'il n'avait même pas tourné le regard vers lui. Et comme ça, il ferma la porte derrière lui, soupirant la frustration et la douleur que lui inspirait la débandade de leur amitié. Plus il réfléchissait, plus sa tristesse enflait. Sherlock n'était pas un homme facile à vivre, il ne l'avait jamais été mais là, il se retrouvait presque comparé à Anderson. Anderson !cet homme pour qui le génie n'avais que mépris. Et là, il retournait chez sa psy, celle qu'il n'avait plus eu besoin de voir, celle vers qui il retournait, à cause de son impossible détective. John serrait les poings dans le taxi, regardant par la fenêtre la ville qu'il ne voyait pas.
Mais John n'était pas le seul à avoir passé d'atroces moments, Sherlock lui aussi avait souffert le martyr et il aurait préféré que cette affirmation n'eut concerné que son moyen de transport. Il avait souffert chaque fois qu'il avait dû se montrer dur avec le blond et chaque fois qu'il avait planté ses yeux dans les siens, attendant d'y voir la douleur que lui-même allait y laisser. Mais quels autres choix avait-il, son corps le trahissait de plus en plus facilement et il n'était plus le seul, son esprit s'y mettait aussi. Il avait commencé à rêver du médecin, il avait commencé à se prêter à imaginer ses bras autour de son corps et sa peau contre la sienne, son cerveau brillant lui faisait atrocement défaut, créant contre sa volonté des scènes fantasques où John le touchait de milles façons toutes moins chastes les unes que les autres. Lorsqu'il s'endormait, il se réveillait sans cesse dur et excité plus qu'il ne l'avait jamais été au cours de sa vie. Plus son désir grandissait, plus il en voulait à John de le rendre vulnérable de la sorte et, paradoxalement, plus il pensait à lui.
Il avait retrouvé une partie de sa mobilité et son épaule le faisait toujours souffrir mais il ne s'intéressait plus à cela, toutes ses pensées étaient tournées vers John. John qui devait être chez sa psychologue, oui, il le savait, il savait toujours, il savait lorsque John était au Tesco, lorsqu'il était dans sa chambre, lorsqu'il travaillait à la clinique, il savait également lorsque John était en rendez-vous galant et lorsqu'il ne rentrerait pas la nuit, il savait également qu'il serait chez une Sarah, une Odile, une Mathilde, peu importait leur nom, il savait. Il savait et il souffrait.
Il avait besoin d'une enquête et vite, ou il ne donnait pas cher de sa santé mentale, il devait occuper les cellules grises en effervescence qui se pressaient dans sa boite crânienne. Il devait les nourrir d'intrigues et de mystères, et John ne pouvait être utilisé puisqu'il le consumait.
oOo
Ella Thompson regardait le docteur John Watson dans les yeux, c'était une chose qu'elle avait appris sur le tas, les hommes comme son client aimaient savoir qu'ils avaient une valeur, qu'ils représentaient quelque chose et John Watson ne faisait pas exception à la règle, il devait être vu et se sentir reconnu afin de pouvoir s'ouvrir.
- Pourquoi revenir maintenant docteur Watson, cela fait un moment que nous ne nous sommes pas vus ?
- Je sais, je faisais … des choses.
- J'ai vu cela. Félicitation pour vos prouesses et celles de votre ami.
Ella tendit un journal avec la photo du détective en première de couverture, John sourit un peu, s'il avait raison et que Sherlock ne voulait plus de lui, il allait certainement regretter les aventures qu'ils avaient vécues ensembles et plus encore celles qu'ils ne vivraient pas.
- C'est justement pour cela que je viens vous voir.
- Très bien mais parlons de vous, tout d'abord.
C'était une erreur et la jeune femme le comprit dès qu'elle eut fermé la bouche, le visage de son client se ferma, elle allait le perdre, avec le temps, elle avait peu à peu omis l'ampleur des problèmes qu'avait l'homme à accorder sa confiance. Aussi rebondit- elle comme elle put, après tout, cet homme, ce Sherlock Holmes pourrait bien être la clef qui ouvrirait l'énigme John Watson.
- Cet homme, Sherlock Holmes, il me semble brillant, vous vivez ensemble, c'est cela ?
- Colocataires, nous sommes colocataires. C'est mon ami.
- Et vous résolvez des crimes ensemble ?
Au sourire de son patient, la psychologue comprit que cet homme, ce détective, serait sa plus belle arme pour aider le médecin. Il y avait tant de choses dans ce sourire, de belles choses, des choses qu'elle aussi aurait probablement aimé ressentir, mais toutes aussi belles fussent-elles, elles étaient teintées d'une tristesse sans nom qui vint immédiatement enlaidir cet élan de bonheur sur le visage de son client. Aussi décida-t-elle de ce concentrer là-dessus. Ce n'était qu'une intuition mais quelque chose semblait lui hurler de plonger dans les méandres de cette relation qu'entretenait son client avec ce drôle d'homme sur le journal.
- C'est à cause de lui que vous êtes ici ?
John releva la tête, surpris.
- Oui, exactement, c'est... enfin, c'est compliqué
- Je vous écoute John, je suis ici pour cela.
- Hé bien.. Sherlock vous voyez... C'est un homme extraordinaire, il est comme une tornade, il balaye tout sur son passage. Et depuis que je l'ai rencontré, nous sommes amis... Mais vous voyez, un homme aussi brillant, il a aussi une part d'ombre... Comment vous dire, il lui faut de la stimulation, il lui faut de l'intérêt dans toutes choses qu'il touche. Je suis son ami... enfin j'étais, j'aimerais être son ami.
- Pourquoi ne le seriez vous pas ?
- Je vous l'ai dit, il a besoin de mystères et d'énigmes, et je crois que je ne suis plus aucune de ces choses à ses yeux.
- Cela vous dérange ? Pourquoi ?
C'est mon ami... c'est lui et moi contre les imbéciles, depuis le début. Et je crois que Sherlock ne veux plus de ça... de moi.
- John, depuis que nous avons commencé ce travail, vous et moi, vous n'avez jamais autant parlé que lorsque vous parlez de votre ami, vous employez des termes tellement élogieux lorsque vous parlez de lui que je ne peux imaginer une seconde que vous lui en vouliez pour cela.
John réfléchit un instant, c'était vrai, il n'en voulait pas à Sherlock, il était juste triste. Il avait juste peur de perdre son seul ami et de ne rien pouvoir faire. Ne rien faire était le pire. John resta silencieux le reste de la séance, il écouta d'une oreille distraite le discours de sa thérapeute, se perdant dans ses pensées. En sortant de la salle, il savait ce qu'il devait faire, il devait parler au limier et vite, il devait savoir si c'était cela, si Sherlock ne voulait plus de lui. Il le confronterait et saurait. C'était toujours mieux que de ne rien savoir.
Lorsqu'enfin il passa la porte du 221b, John fut accueilli en grande pompe par le vide imposant du salon, il appela Sherlock mais seul le silence lui répondit. Il commençait à éructer et à paniquer. Son arrogant colocataire s'était fait la malle pour aller crapahuter dans les rues de Londres alors qu'il était toujours en convalescence. Il se dirigeait vers la porte de Mrs Hudson, lorsqu'il reçut un texto :
Meurtre à Hyde Park, Sherlock impossible, viens vite. Greg
