NDT : Salut a toutes et a tous me voilà de retour pour un nouveau chapitre, milles excuses pour l'interminable hiatus que je vous impose, merci pour vos reviews elles me font toujours super plaisir et milles mercis a Nathdawn qui me corrige et qui m'aide toujours a boucler mes chapitres. On approche a grands pas de la dispute maintenant, ce qui nous amène enfin dans le vif du sujet. Bonne lecture !
Mardi
Suicide.
Sherlock et le DI se faisaient face, hostiles, se toisant du regard dans une pseudo guerre à l'image de celles qu'ils se livraient à chaque cas de l'inspecteur requérant le limier.
Nous hésitons...
Alors cessez.
Mais enfin Sherlock, un suicide, on aurait retrouvé l'arme dans la main de la victime, sinon près du corps. Pas à 15 mètres de celui-ci !
Sherlock soupira de frustration, une semaine qu'il était enfermé dans son appartement et sa seule enquête après tant d'oisiveté n'était qu'un vulgaire suicide. Il fulminait.
Ton incompétence atteint des profondeurs abyssales, Lestrade !
Sous le regard choqué de l'inspecteur qu'il ignorât royalement, il pointa du doigt la victime étendue sur l'herbe encore humide.
Vous ne savez même pas pratiquer des premières constatations correctement ? Surprenez-moi inspecteur, ne me dites pas que cet incompétent d'Anderson est également sur l'affaire ? Et encore être « sur » l'affaire semble une façon bien amusante d'expliquer ce qu'il fait.
Sherlock ! Je vais finir par t'arrêter, ça ne me ferait pas plaisir, mais je te promets que si tu ne te calmes pas un peu, tu finiras ta journée au poste et tu pourras réfléchir à la notion de respect dans l'une de nos cellules.
Holmes allait répondre lorsque John arriva enfin sur la scène de crime, son visage se tendit, voir John le faisait souffrir, il savait que cette affaire allait le toucher personnellement. La victime s'appelait Harriette, était dans sa quarantaine et alcoolique. Comment ne pas faire le rapprochement avec sa sœur ? Pourtant, voir John lui fit également un bien fou, il lui manquait. Ils vivaient toujours ensembles bien entendu, mais la distance froide et sèche qu'il avait dû mettre entre eux lui pesait. Il devait vivre en compagnie de ce qui était devenu l'objet de tous ses désirs, sombrant plus encore dans l'incongrue, l'image d'une grenouille de bénitier frappa son mental. Un fruit défendu dans son jardin d'Éden, il sourit un peu, il devait être un pécheur alors car sa situation devait plus ressembler à un enfer de tentations continuelles. C'était implacable, plus il tentait de ne plus penser à John, plus il pensait à lui, et bien entendu, plus il se fixait de limites, plus son cerveau jouissait de les transgresser. Chaque regard sur John le faisait sombrer un peu plus. De l'intérêt intellectuel, il était vite tombé dans l'irrationnel lorsque son corps avait commencé à le trahir, réclamant le blond à coup de rêves érotiques, de réactions voluptueuses, s'excitant comme le plus bas des animaux face à l'objet de ses désirs. Ils sentait ses sentiments s'exacerber jusqu'à le submerger de plus en plus, accaparant son esprit et son traître de corps. Il secoua la tête, non. Les sentiments étaient une faiblesse, John était devenue une faiblesse.
Bonjour John. Un sourire se dessina sur les lèvres du DI. Pas fâché de te voir arriver, ton acolyte est insupportable aujourd'hui. Bon je te fais un topo : Harriette Small, 45 ans, retrouvée ce matin dans le parc à une quinzaine de mètres de ce que l'on pense être l'arme du crime. Sherlock pense à un suicide mais entre nous, il ne s'est penché que deux petites minutes sur le cadavre pendant que j'avais le dos tourné.
John ne décrocha pas un mot, cette femme ressemblait à sa sœur, elles étaient différentes mais entre Sherlock et sa croisade pour devenir le plus grand trou du cul de Londres et sa psy qui n'avait au final, que réussi à le laisser plus perplexe encore que lorsqu'il était entré dans son cabinet, il n'arrivait plus que très difficilement à éviter l'amalgame entre sa propre sœur et le cadavre face à lui. Elle avait les cheveux bruns, sa sœur aussi. Il inspira, il devait montrer à Sherlock qu'il serait là quoi qu'il arrive et pour cela, il devait se pencher sur ce macchabé et donner au limier des informations intéressantes.
- Il est hors de question que je perde une seconde de plus sur ce simulacre d'enquête, perdez du temps si ça vous chante, moi, je rentre à Baker Street.
- Sherlock attends, tu ne vas pas rentrer comme ça ?!
- Harriette Small, 45 ans, divorcée depuis peu, comment tu sais ça Sherlock ? : on voit la trace de son alliance sur son doigt, la peau y est encore fine, preuve qu'elle n'a arrêté de la porter que récemment ; Alcoolique, O mais Sherlock je ne comprend pas : son teint jaunâtre, son vieillissement cutané prématuré, le nombre de cernes sur son visage. Le suicide maintenant, Mais Sherlock comment sais-tu que c'est un suicide ? Un point d'impact, sur la tempe droite, plaie pénétrante, les berges de l'orifice sont brûlées et noircies de suie, on note la présence d'une abrasion en périphérie de l'orifice qui, j'en suis sûr, correspondra à l'empreinte du canon et enfin, pas de collerette de suie éliminant un tir à bout portant, tir à bout touchant donc. Pas d'orifice de sortie, pas de lésions ou de trace de griffures aux avants bras, poignets et mains donc pas de prise de défense, O mais Sherlock, si on l'avait tué ailleurs et traîné ici ? Impossible, pas de lésion sur les chevilles non plus, du sang en abondance entre l'arme et la victime.
-John et Lestrade ouvrirent la bouche de concert afin de tenter d'interrompre le flux continuel de paroles mais ils furent coupés dans leur élan par un regard bleu acier assassin et le détective survolté reprit de plus belle.
- Mais Sherlock, pourquoi l'arme est aussi loin du corps ? Dans des cas assez rares de suicide par arme à feu, il arrive que le projectile pénètre dans la boite crânienne, provoquant une lésion du lobe frontale droit sans atteindre les aires motrices, l'œdème peut mettre jusqu'à quelques minutes à apparaître et la victime peut alors se déplacer avant de mourir. Mais c'est très rare Sherlock, comment peux-tu savoir que c'est l'un de ces cas ? Facile, l'arme est un Browning chargé avec des munition .25ACP (1), une arme de poche très en vogue auprès des femmes dans la fin du XX siècle, L'arme est vielle et les munitions n'ont de toutes évidence pas été changées. C'est probablement une arme ayant appartenu à la grand-mère de la victime, la grand-mère, Sherlock ? Oui, en observant l'état de dégradation de l'arme, plus le modèle, plus l'inscription : Thérèse, un nom en vogue dans les années 20. Des munitions de mauvaise qualité, peu de poudre, et puis franchement, pour une fois que la police est parvenue à ne pas polluer la scène de crime, vous n'arrivez pas à voir l'évidence ? O Sherlock, je ne comprend toujours pas ? Il n'y a pas de trace de pas autour du corps mis à part celles de la victime. Scotland Yard, arriverez-vous un jour à être, un tant soit peu compétant ? Pourriez vous essayer au moins de faire semblant ?!
Un Silence de surprise suivit le discours du génie, seul retentit comme un écho à la stupeur générale le bruit du mouvement ample de son manteau dans le vent, le limier repartait déjà, relevant son col, sans un regard en arrière à John qui se redressait du corps qu'il avait à peine eu le temps d'examiner sommairement.
La bouche béate, il observa Sherlock quitter la scène de crime. Il présenta des excuses pitoyables à Lestrade, lui-même semblait trouver beaucoup de mal à justifier les actes de son colocataire face à l'officier de police. Le grisé balaya ses paroles d'un geste de la main, il connaissait Sherlock et son tempérament taciturne depuis longtemps, il se contenta simplement de prévenir John.
- Fais attention, la dernière fois que je l'ai vu aussi impossible, c'était lorsqu'il se sevrait de la drogue.
Il avait tenté de prendre une voix neutre mais John pouvait lire la gravité de la situation sur son visage. Avait-il raison ? Sherlock avait-il renoué avec l'aiguille ? Son propre visage s'assombrit, le détective devait répondre de ses actes, il héla un taxi et ordonna sèchement l'adresse du 221b Baker Street.
Sherlock consulta sa montre, il lui restait probablement minutes avant que John ne passe le pas de la porte, peut-être moins. C'était donc le temps qu'il possédait pour résoudre son nouveau cas. Le suicide était un suicide, là-dessus il n'y avait aucun doute, mais dans la poche de la victime, il avait subtilisé une petite lettre qu'il avait trouvé alors que Lestrade avait le dos tourné. Il y avait un message, un message étrange et qui lui était directement adressé. Sherlock sortit la lettre ouverte de sa poche et la lue une nouvelle fois.
I am a liar, this much is true,
(je suis un menteur, c'est la vérité )
I could be lying now, even to you.
(je pourrais te mentir en ce moment même)
I burn everything in my path to the ground.
(je brûle tout sur mon chemin )
You, the hunting dog and your Afghan hound
(toi, le limier et ton chien afghan )
Shall The Big Smoke be our Sixty four squares,
(Que "the big smoke" soit nôtre 64 cases)
As Mercy will be scarce,
(puisque qu'il n'y aura aucune pitié )
Allow us to face as Two opposing kings.
(permet nous de nous affronter comme deux rois face à face)
As control swings.
(alors que nous perdons le contrôle)
Many Pawns will be killed,
(beaucoup de pions seront tués)
My Gambit will be tough and skilled,
(mon pari sera fort et professionnel )
The exotic Queen shall be your sacrifice.
(la reine exotique devras être ton sacrifice )
let's agree on a clever devise.
(accordons nous sur une fin intelligente )
We shall be drunk of victory
(nous nous saoulerons de la victoire )
'cause we both know the game is your opium
(parce que nous savons tout les deux que le jeu est ton opium )
Le détective arpenta la pièce, les pas nerveux résonnant sur le plancher. Dès qu'il était arrivé sur place, que Lestrade avait lâché l'identité de la victime, son sang n'avait fait qu'un tour. Il y avait trop de ressemblances avec la sœur de John et les coïncidences, ça n'existe pas. Son alarme interne s'était mise en route et dès qu'il en avait eu l'occasion, il avait fouillé le cadavre, bien décidé à cacher ce qu'il trouvait. Il fallait juste déterminer rapidement ce qui c'était passé pour que le DI lui foute la paix. Et quand John était arrivé, il ne l'avait pas laissé en placer une, inutile de lui donner le temps de réfléchir ni de lui laisser le loisir de l'aider. Impossible.
Sherlock se laissa tomber sur son fauteuil, le corps rigide et crispé, il ferma les yeux, il y a avait un multitude d'informations dans ce poème malsain, il lui fallait prendre le problème de façon posée, réfléchie et surtout, ordonnée. La macabre déclaration commençait par la tonitruante déclaration de l'auteur, se mettant en scène comme un menteur, mais il poursuivait avec un autre mensonge déclarant qu'il disait la vérité, fallait-il prendre la lettre dans son sens contraire ? Non, c'était ridicule. Cela signifiait simplement qu'il avait à faire à un manipulateur, quelqu'un qui voulait de toute évidence tester sa crédulité.
La suite parlait de brûler ce qui se trouverait sur son chemin, c'était un homme dangereux. Des sueurs froides commencèrent à le transpercer alors qu'il reprit sa lecture assidue. Le limier, c'était de toute évidence lui et le chien Afghan ne pouvait être que John. Ses sourcils se froncèrent, la personne qui lui avait adressé cette lettre avait réussi à la laisser sur un cadavre qu'il n'avait pas approché post-mortem puisqu'il n'y avait aucune empreinte de pas près de la quadragénaire, peut être l'avait-elle sciemment gardée dans sa poche ? Mais pourquoi ? Pour de l'argent ? Parce qu'elle connaissait cette mystérieuse personne ? L'odeur de la chasse le fit frémir, il avait été bon comédien dans le parc en s'indignant prétendument sur le manque total d'intérêt de cette enquête, en fait, il lui avait suffi d'écouter la frustration qu'il gardait au fond de lui depuis sa prise de conscience et de la rediriger vers Lestrade, ce n'était pas complètement satisfaisant mais ça avait tout de même été agréable.
Il secoua la tête et se concentra à nouveau sur le poème, « the Big Smoke » c'était facile, ça, c'était Londres, John employait parfois ce terme pour parler de la capitale et les 64 cases devaient être une métaphore pour les échecs. Londres, son terrain de chasse, il ignorait tout de son adversaire mais il savait qu'il jouerait sur son propre terrain.
Ensuite, le poème devenait plus engagé, il était question de deux rois s'opposant, il ne fut pas bien compliqué de comprendre qu'il serait l'un d'entre eux et que son adversaire chercherait à le tuer ou bien à tomber dans le cas où il n'y parviendrait pas. Le champs lexical sur les échecs ne variait pas tellement et ne lui apprit rien mis à part sur la nature de son adversaire qui devait :
1. Être un grand malade psychopathe
2. Être un homme dangereux n'hésitant pas à tuer.
Rien de bien particulier jusqu'à cette phrase : « The exotic Queen shall be your sacrifice » S'il devait être le Roi de ce jeu macabre, alors il n'y avait qu'un Homme qui pouvait être sa Reine, son bras armé, son pion le plus précieux : John. Les deux dernières phrases lui parurent plutôt illogiques et franchement inutiles, il avait déjà compris l'idée.
Sherlock eut un mouvement d'agacement, gesticulant sur le cuir, le faisant grincer alors qu'il triturait allègrement la feuille entre ses doigts nerveux. Il tentait en vain de trouver une sorte de logique jusqu'à ce qu'il se rende compte de l'erreur de son corbeau. Il n'avait jamais eu pour habitude de prendre de l'opium, un homme qui avait été jusqu'à déposer un message dans la poche d'une suicidée et s'était renseigné sur lui ne pouvait ignorer une telle chose. Le mot Opium devait signifier quelque chose d'autre. L'une des phrases parlait d'être saoul de la victoire, une autre façon de s'extirper de la réalité.
Il sourit. Dans son génial cerveau, une idée commença à germer, il était possible que ce mot fasse référence au quartier Londonien le plus connu pour ses nombreux bars, ayant donné son nom à une marque d'alcool et son passé sulfureux. Il se précipita sur l'ordinateur de John et laissa ses doigts experts danser sur les touches. Une rapide recherche internet lui confirma ce qu'il redoutait déjà. A Soho, il y avait un bar nommé l'Opium. De toutes évidences, il y était chaudement invité pour mourir, et à moins qu'il ne trouve un moyen efficace de l'éloigner de lui, John le suivrait également. Son visage blêmit, son cœur de serra dans une insupportable douleur, ses muscles se crispèrent, John devait être protégé, John devait à nouveau être écarté. Son regard se fixa sur l'écran lumineux. Il y a encore quelques semaines, il ne lui aurait rien caché et leurs aventures se seraient retrouvées sur la toile. Sherlock n'avait aucun mal à imaginer son ami dans un de ses affreux pull, penché sur le clavier, sa tasse de thé fumante auprès de lui, une auréole avait incrusté le bureau, là où il la posait toujours. Mais les choses avaient changé, il venait de se rendre compte qu'il n'avait pas seulement besoin de lui pour stimuler son cerveau en ébullition, il en avait besoin tout court, tout simplement, comme le fait de respirer. Il avait besoin de le garder en vie, en sécurité, quoi qu'il lui en coûte.
Alors qu'il entendait la porte d'entrée claquer et des pas bien connus s'engouffrer dans l'escalier, Sherlock ferma la page web, se précipita sur son fauteuil et tenta de se composer un visage neutre, il décompta à partir de dix et la porte s'ouvrit en branle bas de combat sur un John passablement énervé. Le « Game was on » et pour une fois, au plus grand déplaisir de Sherlock Holmes.
Voilà voilou a bientôt pour la suite n'hésitez pas à commenter :)
