Disclaimer : tous les personnes et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre III - Azkaban

Après le départ d'Hermione, Harry avait continué à travailler sur la défense de Malefoy. Il finit par s'endormir, épuisé, tout habillé en travers de son lit jonché de volumes de droit en tout genre.

Il fut réveillé par le bruit d'une chouette frappant son bec avec insistance contre la vitre. Encore groggy de sa soirée de travail et la courte nuit qui avait suivi, Harry ouvrit la fenêtre, détacha le petit rouleau de parchemin de la patte de la chouette.

La vue du sceau du Ministre de la Magie tira définitivement Harry du sommeil. Avec un geste fébrile, il déroula le parchemin.

« Harry, " !

Je t'informe que Lucius Malefoy a été retrouvé mort dans sa cellule ce matin. Apparemment, il a mis fin à ses jours. " !

Il n'est donc plus nécessaire de trouver un moyen de reporter le procès de Narcissa et Draco Malefoy. Celui-ci sera remis d'office en application de l'article 12 du code sorcier de procédure pénale. La date est fixée à lundi prochain, 9 heures. " !

Je ne désespère pas que tu renonces à ce projet de défense insensé. " !

Salutations, " !

Kingsley Shaklebot"

Ministre de la Magie »" !

Harry ne savait pas s'il devait se réjouir ou non de cette nouvelle. Après tout, un homme était mort. Il eut une pensée pour Draco, désormais orphelin de père, mais renonça bien vite à s'apitoyer sur le sort de Lucius Malefoy.

Il s'empara d'une plume et d'un parchemin et traça rapidement une réponse à destination du Ministre :

« Kingsley, " !

Non je n'ai pas renoncé. Raison pour laquelle j'ai absolument besoin d'obtenir l'autorisation de rendre visite à Draco Malefoy à Azkaban encore aujourd'hui. Même si le procès est reporté, chaque jour compte." !

J'attends le document par retour de hibou." !

Salutations, " !

Harry Potter »" !

Bon, le propos était un peu sec - surtout s'adressant à un Ministre - mais Harry avait toujours eu horreur des ronds de jambes et n'avait pas de temps à perdre en civilités. Il attacha le rouleau à la patte de la chouette qui attendait patiemment sur le rebord de la fenêtre. !

Il tournait comme un lion en cage depuis 2 heures lorsque la chouette revint avec la réponse de Kingsley: un document officiel du Ministre de la Magie autorisant exceptionnellement Harry Potter à avoir un entretien de 2 heures avec le détenu Draco Malefoy.!

Sans plus attendre, Harry se rendit à Azkaban.

La prison d'Azkaban était le lieu le plus déprimant du monde sorcier. Harry songea qu'une telle prison ne pourrait jamais exister dans le monde moldu et c'était une bonne chose.

Il présenta le document officiel au garde de l'entrée qui procéda ensuite à une fouille en règle. Après avoir déambulé dans des dizaines de couloirs, pris des dizaines d'escaliers tantôt en montant, tantôt en descendant, Harry se dit que tout ce périple n'avait d'autre objectif que de désorienter les visiteurs. Finalement, toujours accompagné d'un garde à la mine patibulaire, ils prirent un ascenseur qui les menèrent au dernier sous-sol : le quartier de haute sécurité où les plus dangereux criminels étaient détenus.

On l'introduisit enfin dans un petit local meublé d'une table et de deux chaises en vis-à-vis. L'endroit était glauque au possible et sentait l'humidité.

Harry dût patienter une demi-heure avant d'entendre le bruit caractéristique de chaînes qui traînent au sol. On lui amenait le détenu.

Harry réprima un cri d'effroi en voyant Malefoy entrer dans le local. Le blond portait des fers aux chevilles et aux poignets, reliés entre eux. La peau de ses poignets était meurtrie par le frottement du métal. Ses cheveux étaient sales et emmêlés. Il portait la tenue réglementaire des détenus: un informe pyjama rayé gris et noir qui avait dû être porté par des centaines d'autres prisonniers avant lui. Il semblait avoir perdu plusieurs kilos, son visage était émacié et ses yeux cernés. On était loin de la gravure de mode qu'était Malefoy au temps où il arpentait les couloirs de Poudlard.

Malefoy s'assit en jetant un regard suspicieux à Harry. Ce dernier nota que les yeux gris bleus étaient déjà considérablement éteints. Le temps pressait.

- Que fais-tu là Potter ? dit Malefoy d'un ton fatigué. Même sa voix est en train de s'éteindre se dit Harry …" !

- Bonjour Malefoy. Je te présente mes plus sincères condoléances pour le décès de ton père.

- Laisse tomber, Potter. Le monde se porte mieux sans lui. Il est mort comme le lâche qu'il a été toute sa vie … Bon, alors, que fais-tu là ?

- Je suis venu te rendre visite.

- Je n'ai pas droit à des visites. Comment se fait-il que toi, tu sois là ?

- Je suis Harry Potter, le Sauveur. On ne me refuse rien, dit Harry d'un air faussement suffisant.

Cette réponse eut le mérite d'arracher à Malefoy un petit rictus.

- Fait gaffe Potter, ta tête va enfler.

Harry sourit à cette remarque. Il restait une étincelle de vie dans son regard.

- Votre procès à ta mère et toi est fixé à lundi. J'irai témoigner.

- Oui, je m'en doutais. Et tu as fait tout ce chemin pour me dire çà ? Tu es le Sauveur, tu aurais directement pu dire au Ministre que j'étais une ordure de mangemort et m'épargner un procès ennuyeux. A cette heure-ci, je boufferais les mandragores par la racine. Quant à ma mère …

Je vais témoigner à ton procès en ta faveur et celle de ta mère, coupa Harry.

Le blond était bouche bée. Il plissa les yeux et Harry pouvait littéralement sentir la haine qui

irradiait de ses iris:

- Sors d'ici immédiatement Potter.

- Quoi ? Non ! Pourquoi …

La voix de Malefoy était glaciale quand il dit :

- je t'ai dit de sortir. Remballe ta pitié et tes bons sentiments. Je ne suis pas un putain de projet social pour Sauveur désoeuvré. Maintenant que Voldemort est six pieds sous terre, tu t'ennuies ? Tu cherches une nouvelle cause perdue pour faire parler de toi ? Et bien trouve-toi quelqu'un d'autre ! JE NE VEUX PAS DE TA PITIE !

- Tu m'inspires beaucoup de sentiments différents Malefoy, mais la pitié certainement pas, dit calmement Harry. Il faisait un effort surhumain pour ne pas rentrer dans le jeu du blond et lui cracher à la figure qu'il pouvait bien crever, il n'en avait rien à foutre !

Au lieu de quoi, il reprit :

- Ta mère et toi, vous m'avez sauvé la vie. J'ai une dette envers vous. Même si cela ne rachète pas toutes vos erreurs, cela plaidera en votre faveur.

- Pour ma mère, peut-être. Mais à moi, tu ne dois rien. Tu m'as sauvé dans la Salle sur demande. On est quitte.

- Malefoy, soupira Harry avec lassitude. Ne joue pas à ça. Laisse-moi t'aider.

- Je ne veux pas. Tu peux aider ma mère si tu veux, mais laisse-moi.

- Mais merde Malefoy, pourquoi ?

Le blond restait obstinément muet. Harry commençait sérieusement à s'énerver.

- Pourquoi Malefoy ?

- PARCE QUE CELA ME DONNERA DE L'ESPOIR ! hurla-t-il soudain. L'ESPOIR DE SORTIR D'ICI, DE POUVOIR VIVRE DELIVRE DE LA TERREUR DE VOLDEMORT ! MAIS TOUT CA EST VAIN, JE LE SAIS. JE NE VEUX PAS ESPERER, TU M'ENTENDS ! CA FAIT TROP MAL ! Ca fait trop mal … sanglotait Malefoy.

Le coeur de Harry se serra à la vue de ces yeux délavés par les larmes.

- Draco, tu dois continuer à espérer. L'espoir n'est pas vain. Je te jure que j'ai trouvé un moyen de te faire sortir d'ici. J'ai des arguments solides mais j'ai besoin de preuves à montrer au Magenmagot.

- Des preuves ? Lesquelles ?

- Tes souvenirs. J'ai besoin des souvenirs que tu as de Voldemort et de tout ce que tu as fait durant notre sixième année. Tout. Je pourrai les extraire avec ma baguette et j'ai avec moi des fioles qui me permettront de les conserver. Je demanderai au Magenmagot de les enregistrer et de les examiner comme pièces à conviction. Je veux leur démontrer que tu as agi sous la contrainte. Il s'agit d'une cause de justification en droit pénal qui abolit la criminalité de l'acte. S'il est établi que l'auteur a agi sous la contrainte physique ou morale, le fait n'est plus punissable.

- Potter, où es-tu aller chercher tout ça ? T'es devenu avocat pendant la nuit ?

Harry rigola car c'est exactement la réflexion qu'il s'était faite ce matin.

- On peut dire ça ! Mais je n'ai pas de mérite. Hermione m'a aidé !

- Forcément, le trio gryffondor à la rescousse ! plaisanta le blond.

- Duo en fait. Ron est … disons contrarié par mon initiative.

Harry s'attendait à une réplique cinglante à grands coups de belette, weasmoche ou miséreux. Au lieu de ça, il vit Malefoy se rembrunir :

- Ce n'est que le début. Tu devrais abandonner cette quête ridicule Potter avant que tous tes amis ne te tournent le dos. Voilà ce qui arrivera si tu persistes à vouloir m'aider…

- Alors c'est qu'ils ne méritaient pas mon amitié …

Le Serpentard était abasourdi.

- Tu es en train de me dire que la défense d'un mangemort est plus importante que ton amitié de toujours avec Weasley ?

- Je suis en train de te dire qu'éviter la mort d'un être humain à qui on a retiré toute possibilité de faire ses choix en connaissance de cause est plus important que ménager la susceptibilité d'un rouquin borné ! s'enflamma Harry.

- Whaou … j'aurai au moins vécu pour entendre Harry Potter critiquer Ronald Weasley !

- Bon alors, ces souvenirs ?

- Je n'en manque pas, crois-moi ! Mais je doute que le Magenmagot les accepte. Ils diront qu'ils ont été falsifiés !

- Non, les souvenirs falsifiés se détectent très facilement. De plus, j'ai déjà sélectionné certains de mes souvenirs qui recouperont les tiens. Ainsi, ils verront que tu dis la vérité !

Malefoy semblait en proie à un débat intérieur. Harry insista :

- Draco, ça va marcher je t'assure ! Il ne s'agit pas d'être seulement un témoin de moralité, je vais leur apporter des éléments de preuve, de droit qu'ils ne pourront pas ignorer. C'est écrit noir sur blanc dans le code sorcier de procédure pénale !

Avec un soupir résigné, Malefoy accepta qu'Harry prélève ses souvenirs. A la fin, une dizaine de petites fioles contenaient toutes un précieux liquide argenté.

Sa mission accomplie, Harry se concentra sur son vis-à-vis. Il était déjà fort affaibli.

Indubitablement, la présence des détraqueurs avait une forte incidence sur lui. Il fallait pourtant qu'il tienne le coup jusqu'au procès.

Heureusement, il n'avait rien laissé au hasard.

- Malefoy, il faut maintenant qu'on parle de ta préparation pour l'audience. Il faut absolument que tu aies les idées claires le jour du procès.

- Merde Potter, t'as vu où je suis ?! Tu crois que c'est facile de ne pas sombrer dans la folie quand ces immondes créatures campent derrière ta porte ? s'énerva le blond.

- Je sais Malefoy, je sais ! Mais je vais t'aider. Donne-moi tes mains … allez fais pas ta pimbêche, donne-moi tes mains. Je vais faire passer un peu de ma magie en toi pour reconstituer la tienne.

Malefoy tendit ses mains à Harry qui sursauta tant elles étaient glacées. Le brun fit en sorte de faire affluer sa magie dans ses mains et se concentra pour la transmettre à Draco. Lorsque le flux magique de Potter lui parvint, Malefoy sentit une douce chaleur se répandre dans ses doigts, ses bras et puis dans tout son corps. L'opération dura à peine quelques minutes mais à la fin, Draco se sentait plein de vie comme jamais il ne l'avait été auparavant. Tout à coup, son avenir s'éclaircissait. Il y avait une chance pour lui de s'en sortir ! Il y avait un espoir et cet espoir ne lui faisait plus mal, au contraire !

Il ouvrit les yeux et gratifia Harry d'un sourire qui déstabilisa le brun.

- Merci Harry ! Je me sens tellement … vivant ! C'est incroyable !

- Tu devras à tout prix préserver ce sentiment Draco. Essaye d'être positif, c'est ce qui permettra à ta magie de se maintenir à niveau. Je ne pourrai pas revenir te voir avant le procès, et ce jour-là je ne suis pas sûr que je pourrai t'approcher pour te redonner un nouveau flux magique.

- Je comprends. Je te promets que je ferai tout ce qu'il faut.

- J'ai ceci qui pourra t'aider dit Harry en extirpant de sa poche une énorme tablette de chocolat. Cache-là dans ta cellule et manges-en un morceau tous les jours.

Malefoy prit la tablette de chocolat et la cacha précautionneusement dans la poche de sa tenue de détenu.

L'heure était venue pour Harry de quitter Azkaban. Il salua Malefoy en lui prodiguant encore quelques encouragements.

Avant qu'il ne franchisse la porte, Draco l'interpella :

- Harry, je sais que nous avons un … historique un peu compliqué et pas franchement agréable. Mais peut-on considérer ceci comme une trêve ?

- Je veux mieux qu'une trêve Draco, je voudrais l'armistice.

- C'est d'accord, dit-il en tendant au brun la même main que sept ans plutôt dans le train qui les emmenaient pour la première fois à Poudlard.

Harry saisit la main tendue avec un sourire éblouissant. Mu par une impulsion soudaine, il attira Draco vers lui pour lui donner une accolade. Le blond l'entendit lui dire : « Au revoir mon ami ».

Retourné dans sa cellule, Draco se dit que ces mots avaient encore plus de force que n'importe quel flux magique. Pour la première fois depuis très longtemps, Draco Malefoy dormit paisiblement.