Pour vous remercier pour vos review si encourageantes, je poste le chapitre 5 à l'avance !

En réponse à certaines questions, il faudra être patients car la relation Harry/Draco évoluera lentement. Forcément, sinon ce serait trop simple ! Et je compte bien m'acharner encore sur les belettes !

Place maintenant au procès !

Bonne lecture !

Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre V - Le procès

POV Draco

J'ai passé une nuit agitée. Le flux magique de Harry commence à s'essouffler malgré le fait que j'ai entretenu des pensées positives ces derniers jours. Les doutes me reprennent : est-ce qu'il sera là ? Peut-être que ses amis ont fini par le convaincre d'abandonner, de me laisser tomber. Et si le jury ne l'écoute pas ? …

J'ai heureusement pris la peine de conserver du chocolat en prévision de ce matin. Le manger me fait du bien. Je me calme un peu.

Les gardiens viennent me chercher. On ne me donne pas de vêtements de rechange. Je vais devoir comparaître dans cette tenue immonde. Je suis sale. Aucune humiliation ne me sera épargnée. Tant pis, je garderai la tête haute.

Le transplanage vers le Ministère de la Magie m'affaiblit encore plus que je ne le suis déjà. Les bienfaits du chocolat de ce matin ne sont plus qu'un souvenir.

On me fait entrer dans la salle d'audience du Magenmagot. La salle est pleine à craquer. Immédiatement, je le cherche des yeux. Il est là, au premier rang. Il est là. C'est tout ce que mon cerveau arrive à retenir. Il est là, il ne m'a pas abandonné. Il m'adresse un sourire, son sourire à un million de galions qui me redonne immédiatement espoir.

Je prends place dans le premier box réservé aux prévenus. En fait de box, c'est ni plus ni moins qu'une cage en fer bardée de piques acérées tournées vers moi. Au moindre mouvement brusque, je m'empale sur l'une d'elle.

La même porte que celle par laquelle je suis entré s'ouvre et ma mère apparaît. Oh Merlin, mon cœur se brise en mille morceaux. Elle a l'air si faible ! Je gémis douloureusement à sa vue pendant qu'on l'installe dans la cage voisine de la mienne. Elle tourne vers moi son beau visage et me sourit faiblement.

Les membres du Magenmagot entrent. Le silence se fait dans la salle.

Il est là…

POV Harry

La petite porte latérale s'ouvre dans un bruit de ferraille.

Il entre, escorté par deux gardiens, toujours les fers aux poignets et aux chevilles. Toujours dans la même tenue de prisonnier. Malgré l'humiliation qu'il doit ressentir, il garde la tête haute. Je l'admire d'avoir cette force de caractère, moi je me serais déjà effondré … Je lis néanmoins la peur dans ses yeux gris.

Il me cherche. Il me voit. Son regard s'éclaircit. Je lui souris pour l'encourager.

Il prend place dans cette atroce cage de fer. Les piques tournées vers lui sont à peine à quelques centimètres de son visage. Certaines touchent presque ses épaules.

La porte latérale s'ouvre à nouveau et Narcissa est amenée, menottée. Elle a l'air beaucoup plus faible que lui, son regard est éteint et ses traits émaciés. Malgré la sordide robe qu'elle porte, elle a un port de reine.

Je vois la peine que cette vision occasionne à Draco et je l'entends gémir faiblement.

Pourvu qu'il tienne le coup.

L'audience commence. Ca va aller. Je vais y arriver.

- L'audience du Magenmagot est ouverte ! scanda l'huissier d'audience

La sorcière présidente du Magenmagot, une petite femme maigre au visage sévère répondant au nom de Aloysa Williamson prit la parole.

- Nous ouvrons ce matin le procès en cause du Procureur des Sorciers contre Narcissa et Draco Malefoy. Je ne tolèrerai aucune interruption, ni aucun commentaire dans la salle durant les débats ! Commençons ! Monsieur Malefoy, levez-vous !

Draco se leva en tentant de ne pas s'écorcher contre les piques en fer.

- Etes-vous bien Draco, Lucius, Alexander Malefoy, né le 5 juin 1980 à Mildenhall, Wiltshire, résidant à Malefoy Manor, Mildenhall Hill, Wiltshire ?

- Oui, Madame la Présidente.

- Madame Malefoy, levez-vous. Etes-vous bien Narcissa, Victoria, Esmeralda Malefoy, née Black le 12 février 1960 à Londres, résidant à Malefoy Manor, Mildenhall Hill, Wiltshire ?

La voix de Narcissa est à peine un murmure lorsqu'elle confirme son identité.

La Présidente poursuivit :

- Les chefs d'accusation retenus contre Draco, Lucius, Alexander Malefoy sont :

1. Avoir sciemment et volontairement fait partie d'une organisation criminelle en vue de commettre des crimes punissables de la peine de mort ou de l'emprisonnement à perpétuité, en l'espèce avoir été un Mangemort dirigé par Tom Jédusor, alias Lord Voldemort dans le but de commettre des crimes à l'encontre des modus et des sorciers nés moldus.!

2. Avoir tenté d'assassiner Albus Dumbledore, la résolution de commettre le crime ayant été manifestée par des actes extérieurs formant un commencement d'exécution et qui ont été suspendus par des circonstances indépendantes de la volonté de l'auteur.

3. Avoir porté volontairement des coups et blessures sur les personnes de Katie Bell et Ronald Weasley. Le chef d'accusation retenu contre Narcissa, Victoria, Esmerlada Malefoy est d'avoir sciemment et volontairement fait partie d'une organisation criminelle en vue de commettre des crimes punissables de la peine de mort ou de l'emprisonnement à perpétuité, en l'espèce avoir été un Mangemort dirigé par Tom Jédusor, alias Lord Voldemort dans le but de commettre des crimes à l'encontre des modus et des sorciers nés moldus.

Monsieur Draco Malefoy, avez-vous compris ce qui vous est reproché ?

- Oui, Madame la Présidente.

- Reconnaissez-vous avoir commis les faits constitutifs de ces infractions ?

- Oui, Madame la Présidente.

Un murmure parcourut l'assemblée.

- Madame Narcissa Malefoy, avez-vous compris ce qui vous est reproché ?

- Oui, Madame la Présidente.

- Reconnaissez-vous avoir commis le fait constitutif de cette infraction ?

- Oui, Madame la Présidente.

- Bien. Je donne la parole au Procureur des Sorciers pour son réquisitoire.

Le Procureur, un homme hargneux à la voix criarde, rappela les exactions commises par les prévenus, leur statut de Mangemort et requit qu'ils soient tous les deux condamnés à recevoir le Baiser du détraqueur.

La Présidente reprit ensuite la parole :

- Puisque la matérialité des infractions n'est pas contestée, il reste à entendre les prévenus sur les raisons pour lesquelles les faits ont été commis. Monsieur Malefoy, qu'avez-vous à dire ?

Draco ferma les yeux un instant pour rassembler ses maigres forces. Il expira lentement avant de parler d'une voie calme et étonnamment ferme.

- Je ne nie pas les faits qui me sont reprochés. Je souhaite cependant expliquer au Tribunal comment j'en suis arrivé là. Mon père, Lucius Malefoy, avait des idées bien arrêtées sur … la pureté du sang. Depuis mon plus jeune âge, il m'a élevé dans la croyance que les sang-purs étaient supérieurs aux autres sorciers et, bien sûr, aux moldus. Etant son héritier, je devais me montrer digne du nom des Malefoy et tout comportement qu'il réprouvait était sévèrement puni. Ses … disons « principes » d'éducation étaient assez radicaux. J'ai reçu mon premier doloris à 5 ans … J'avais trouvé un oiseau blessé, tombé au pied d'un arbre dans le jardin. Je l'avais recueilli et apporté à mon père pour qu'il m'aide à le soigner. Il l'a pris et lui a tordu le cou avant de me le rendre sans explication. Son geste me parut tellement cruel que je me suis mis à pleurer. Il m'a puni car un Malefoy ne doit jamais pleurer. Il m'a enfermé dans le placard. Sauf que j'avais peur du noir et donc, je n'ai pas arrêté de pleurer. Lorsqu'il m'a sorti du placard et qu'il a vu les larmes sur mes joues, il m'a lancé un doloris. C'est devenu son mode de punition préféré par la suite.

Draco déglutit péniblement, exposer ainsi ses douleurs d'enfance devant un parterre de spectateurs avides lui était difficile mais il n'avait pas le choix. Il reprit :

- Quand je suis arrivé à Poudlard, j'avais le crâne bien rempli de tous les principes que mon père m'avait enseignés. J'étais exactement ce qu'il voulait que je sois : fier, arrogant et méprisant de quiconque n'était pas un sang pur. La seule exception qu'il m'imposait était de me rapprocher d'Harry Potter, pourtant un sang-mêlé. Le but était de servir ses intérêts auprès des adeptes du Seign… de Voldemort mais ça, je ne le savais pas à l'époque. Harry Potter a refusé mon amitié et mon père m'a puni car je l'avais déçu. En grandissant au contact d'autres sorciers de mon âge venant d'autres horizons, je me suis cependant mis à douter des théories de mon père. Ainsi, je me suis bien vite rendu compte que la meilleure élève du collège était une sorcière née moldue. Mon père était furieux qu'elle obtienne de meilleures notes que les miennes et j'ai été puni en conséquence.

Harry jeta un coup d'oeil à Hermione, assise deux rangées plus loin avec les Weasley au grand complet. Il ne faisait pas de doute que Malefoy parlait d'elle et Harry la vit rapidement chasser une larme au coin de ses yeux.

Dans la cage en fer, Malefoy poursuivait son récit

- Avant d'entamer ma sixième année, mon père m'apprit que j'allais recevoir la Marque des Ténèbres. Je ne voulais pas. J'avais évolué dans mes idées et je ne voulais pas être comme lui, au service d'un despote qu'il fallait appeler Maître. Je voulais être libre et lui ne l'était pas.

Cette déclaration provoqua un nouveau murmure dans la salle.

- J'ai donc refusé. J'ai voulu lui tenir tête. Alors, voyant que je commençais à résister au sortilège doloris, il a usé d'un autre moyen … La voix de Draco commençait à se briser. « Il a torturé ma mère, sa propre femme … Il savait que je l'aimais plus que tout et que jamais je ne pourrais supporter sa souffrance … Il connaissait ma faiblesse ». Ses larmes coulaient à présent.

- Alors, j'ai cédé. Voldemort et les autres mangemorts sont arrivés au Manoir le soir même et après avoir vu ma mère subir le doloris pendant des heures, j'ai reçu la Marque. Le lendemain, le Seigneur des Ténèbres me donnait ma première mission : faire entrer les mangemorts à Poudlard et tuer Dumbledore. Pour m'inciter à remplir correctement ma mission, il m'a laissé entrevoir les tourments qui attendaient ma mère si je refusais ou si j'échouais. J'ai donc mis en place un plan permettant à Bellatrix Lestrange, Antonin Dolohov et Fenrir Greyback d'entrer à Poudlard grâce à une armoire à disparaître cachée dans l'école. Par contre, je n'arrivais pas à réaliser la deuxième partie de ma … mission: tuer Dumbledore. J'avais tenté de lui envoyer un collier ensorcelé et une bouteille empoisonnée mais ce fut un échec. Katie Bell et Ronald Wealsey, qui n'étaient pas visés, ont été blessés. J'étais perdu, je voulais … je voulais en finir car c'était trop dur, je ne pouvais pas supporter ce que l'on me demandait de faire. Mais il y avait ma mère. Et finalement, j'ai réussi à coincer Dumbledore en haut de la tour d'Astronomie. Je lai désarmé mais au moment de lancer le sortilège de Mort, je n'ai pas pu … je n'ai pas pu ! sanglota-t-il. J'ai abaissé ma baguette, prêt à me rendre. A ce moment, Severus Rogue est arrivé. Et il a rempli la mission à ma place et m'a aidé à m'enfuir.

Le silence dans la salle était pesant. Harry revivait toute la scène, lui qui avait été présent, caché sous le plancher de la Tour …

- Nous sommes rentrés au Manoir. Voldemort était satisfait de la mort de Dumbledore mais il m'a sanctionné pour ma lâcheté, ainsi que ma mère et mon père. J'ai appris par la suite qu'Harry Potter avait fui Poudlard également afin de trouver le moyen de tuer Voldemort. A partir de là, je ne vivais que dans l'espoir qu'il y parvienne, qu'il nous débarrasse de ce serpent ! Un jour, des raffleurs sont arrivés au Manoir. Ils avaient capturé Ron Weasley, Hermione Granger et un garçon au visage complètement boursouflé, méconnaissable. Vu la présence des deux autres, ils supposaient que c'était Potter. Bellatrix m'a amené dans le salon afin que j'identifie le garçon. Evidemment, c'était Potter. Malgré son visage tuméfié, j'ai tout de suite reconnu ses yeux. Mais je ne pouvais pas me résoudre à le dire à ma tante et mon père. Il aurait appelé Voldemort sur le champ et Potter serait mort. J'ai donc menti. J'ai dit que je ne savais pas, que je ne le reconnaissais pas. Harry Potter a ensuite réussi à s'enfuir. La fin, vous la connaissez, acheva Draco.

- Bien, Monsieur Malefoy. Avez-vous quelque chose à ajouter ?

- Je regrette profondément sur ce qui s'est passé. Je regrette d'avoir été aussi faible devant mon père. Je sais que je ne suis pas une bonne personne mais je ne suis pas un meurtrier. Je voulais seulement épargner la seule personne qui compte pour moi … ajouta-t-il dans un souffle.

- Madame Malefoy, avez-vous quelque chose à dire ?

Narcissa Malefoy était beaucoup trop faible pour se défendre longuement. Elle confirma les propos de son fils, précisant qu'elle-même avait reçu la Marque des Ténèbres le jour de son mariage avec Lucius.

- Je n'ai jamais vraiment partagé les convictions de mon mari. Mais je n'ai pas eu le courage de m'opposer à lui. J'aurais dû protéger mon fils mais je n'y suis pas arrivée… Mon fils, que j'aime plus tout, qui s'est sacrifié pour moi … sanglota-t-elle douloureusement. Lorsque, dans la Foret Interdite, le Seigneur des Ténèbres m'a demandé de m'assurer que Potter était bien mort, je me suis approchée et j'ai pu constater qu'il respirait. Egoïstement, je lui ai demandé si Draco était vivant, ce qu'il m'a confirmé. Alors j'ai entraperçu une chance pour mon fils de vivre dans un monde libéré de la tyrannie de Voldemort et j'ai menti. J'ai prétendu que Potter était bel et bien mort. Je regrette beaucoup de mes actes mais ce que je regrette le plus, c'est de ne pas avoir pu épargner toutes ces souffrances à mon fils …

Epuisée, Narcissa s'affaissa sur son siège, non sans se blesser aux piques de la cage en fer. Draco pleurait en contemplant, impuissant, la souffrance de sa mère.

Insensible, la Présidente, poursuivit la procédure.

- Nous allons maintenant entendre Harry Potter qui se présente en qualité de témoin en faveur de Draco et Narcissa Malefoy.

Un véritable brouhaha se fit alors entendre dans la salle.

- SILENCE OU JE FAIS EVACUER LA SALLE ! tonna la Présidente.

Le silence revint bien vite, personne ne voulant manquer ce qui allait suivre.

Harry se dirigea vers un box à gauche de l'estrade présidentielle. Il sentait les regards posés sur lui, particulièrement ceux de la famille Weasley.

- Etes-vous bien Harry James Potter, né le 31 juillet 1980 à Godric's Hollow, Pembrokeshire, résidant à Grimmaurd Square, Londres ?

- Oui Madame la Présidente.

- Vous avez fait enregistrer à l'appui de votre témoignage des preuves, étant des souvenirs prélevés sur Monsieur Draco Malefoy, référencés dans des fioles numérotées 1 à 10, ainsi que trois de vos propres souvenirs, référencés dans des fioles numérotées 11 à 13. Le Bureau des aurors a examiné ces souvenirs et a confirmé leur authenticité. Ces preuves sont donc considérées comme recevables. Afin de permettre aux membres du jury de prendre connaissance du contenu des fioles, nous devons recourir à une projection de pensine. Monsieur Potter, acceptez-vous que vos souvenirs soient examinés en audience publique par la projection de pensine ?

- J'accepte.

- Monsieur Malefoy, acceptez-vous que vos souvenirs soient examinés en audience publique par la projection de pensine ?

Draco n'avait pas envisagé cette perspective. Il croyait que ses souvenirs allaient être examinés à huis clos. C'était déjà bien assez difficile d'avoir dû évoquer sa vie devant un public sans qu'il faille y ajouter l'image ! Il plissa les lèvres, visiblement contrarié. Devant lui, Harry le suppliait silencieusement d'accepter, sans quoi son plan était fichu. !

- J'accepte.

Sur ce, la Présidente fit apparaître une grande vasque en pierre. Elle débita une formule magique qui créa au-dessus de la pensine un voile de brume blanchâtre et opaque, un peu semblable à un écran géant moldu.

Elle versa le contenu des fioles dans la vasque et commença leur examen successif.

Le public était captivé et abasourdi par ce qu'il voyait. La vision d'un enfant puis d'un adolescent - fût-il Draco Malefoy,- torturé de la sorte ne pouvait pas laisser indifférent. Harry remarqua que certaines personnes présentes dans la salle avaient les larmes aux yeux, dont notamment Molly Weasley.

Les trois souvenirs de Harry venaient adéquatement corroborer la scène des toilettes de Mimi Geignarde, du mensonge de Malefoy au Manoir et du mensonge de Narcissa dans la Forêt Interdite.

- Bien Monsieur Potter, nous vous écoutons.

Harry respira un grand coup, c'est maintenant que tout se jouait.

- Je pense que les images parlent d'elles-mêmes dit-il d'une voix assurée. Vous avez pu voir que si je suis ici aujourd'hui, si le monde sorcier est libre, c'est parce que ces deux personnes ici présentes ont pris le risque de mentir à Voldemort. Elles m'ont sauvé la vie, ni plus ni moins. Particulièrement, Madame Malefoy. Si elle n'avait pas menti, Voldemort serait venu m'achever sur le champ. Cet acte de grand courage doit indiscutablement plaider en sa faveur et constituer une circonstance atténuante.

Murmures dans l'assistance.

- Pour ce qui concerne Draco Malefoy, la situation me paraît encore plus évidente : vous avez entendu et vu ce que son père lui a fait subir, il est indiscutable qu'il a agi sous la contrainte. Or, vous savez qu'il s'agit d'une cause de justification en droit pénal qui abolit la criminalité de l'acte. S'il est établi que l'auteur a agi sous la contrainte physique ou morale, le fait n'est plus punissable ! Il n'a d'ailleurs jamais voulu tuer le Professeur Dumbledore, vous avez bien vu dans mon souvenir qu'il abaissait sa baguette ! Il allait se rendre ! s'enflamma Harry.

Les chuchotements dans la salle se firent plus intenses.

- Et qu'en est-il des blessures occasionnées à Miss Bell et à Monsieur Weasley ? s'emporta le Procureur, furieux de la tournure que prenait le dossier.

- Même si ce qui est arrivé à Katie Bell et Ron Weasley est grave et aurait même pu être dramatique, les faits n'ont pas été commis volontairement. Katie Bell a été blessée parce qu'elle a ouvert le paquet qui contenait le collier par curiosité. Quant à Ron Weasley, sa présence dans le bureau du professeur Slughorn était tout à fait fortuite. Ron avait absorbé un philtre d'amour particulièrement puissant en mangeant des chocolats qui m'étaient destinés. Il avait besoin d'un antidote que seul notre professeur de potions pouvait lui fournir.

Harry vit Ron devenir rouge brique. Il n'appréciait manifestement pas qu'Harry le « charge » de la sorte. Voilà qui n'allait pas arranger sa relation avec le rouquin …

- Peut-on savoir pourquoi vous prenez soudain la défense de Monsieur Malefoy alors qu'il est de notoriété publique qu'il est votre ennemi depuis toujours ? demanda le Procureur perfidement.

- De simples querelles d'écolier ne font pas de Malefoy mon ennemi. Ma démarche n'a d'autre objectif que la justice. Je n'ai pas débarrassé le monde sorcier d'un tyran pour que la justice soit rendue de manière sommaire et partiale ! Les véritables mangemorts, ceux à qui l'on doit tous les morts que nous pleurons, sont toujours en fuite. Les Malefoy ne doivent pas payer pour les véritables criminels qui n'ont pas encore été rattrapés, uniquement parce qu'eux ont eu le courage de se rendre !

Harry comptait bien mettre la pression sur le Procureur et le Bureau des Aurors en rappelant à tout le monde que l'essentiel des mangemorts était encore en liberté. La manoeuvre avait réussi si on considérait que le Procureur semblait avoir rapetissé de plusieurs centimètres …

- Merci Monsieur Potter. Si plus personne ne souhaite prendre la parole, les débats sont clos, et l'affaire est prise en délibéré.

Sur ces mots, le Magenmagot se retira.

Draco et Narcissa Malefoy furent raccompagnés dans les cellules du Ministère.

L'attente du verdict commençait.

****!

POV Harry

Voilà. Je l'ai fait. Oh Merlin, pourvu que tout ça ait servi à quelque chose. Je voudrais aller le voir, attendre avec lui mais on ne me laissera jamais faire.

La salle d'audience s'est partiellement vidée. Je reste assis sur mon banc.

Autour de moi, les commentaires et les pronostics vont bon train. Je ne veux pas les entendre. Je baisse la tête, mes avant-bras posés sur mes cuisses, les mains jointes devant moi. Je sens une présence et lève les yeux. Ron.

- T'es un sale enfoiré, tu sais ça ?

Je soupire. Il ne me laissera aucun répit.

- Ecoute Ron, ce n'est pas contre toi. Il fallait bien que j'explique comment on est arrivé chez Slughorn à boire son hydromel …

- Tu fais chier Harry !

- Non ! Toi, tu fais chier Ron ! Tu as écouté au moins ce qui s'est dit ce matin ou tu as juste retenu le petit chapitre qui te concernait ? Après tout ça, tu crois toujours que j'ai eu tort de défendre Malefoy ?

- Je dois me mettre à chialer parce que le petit blondinet à sa maman a été grondé par son papa ? Heureusement que son copain Harry est venu prendre sa défense ! dit Ron méchamment

Je regarde mon meilleur ami avec consternation.

- Putain, Ron t'es vraiment con. Dégage de là et fous-moi la paix !

Ron s'en va s'en rien dire. Je vois Hermione qui l'attend près de la porte. Elle me fait rapidement un signe de tête. Elle n'ose manifestement pas venir me parler. Lorsque Ron arrive à sa hauteur, il empoigne son bras pour l'emmener hors de la salle d'audience.

Je reste seul pour attendre le verdict.

POV Draco

Je suis amené dans une cellule dans un sous-sol. Elle est un peu moins sordide que celle d'Azkaban.

Ils ont emmené ma mère mais je ne sais pas où. Je m'inquiète pour elle. Elle a l'air beaucoup plus affectée que moi par les Détraqueurs.

Je repense à cette audience. Harry a tenu parole. Le ton était juste, ni trop ni trop peu. J'espère qu'il a été entendu.

Je voudrais le voir pour le remercier mais on ne me laissera jamais le voir.

Alors, j'attends. J'attends qu'on décide si j'ai le droit de vivre ou si je dois mourir.

****!

POV Harry

Après trois heures d'attente, l'audience reprend. Le Magenmagot au complet revient dans la salle.

Draco et sa mère sont réinstallés dans les cages de fer. J'ai les mains qui tremblent.

La présidente prend la parole :

- Le jury est parvenu à un verdict dans le dossier en cause de Draco Malefoy et Narcissa Malefoy. Les prévenus n'ont pas nié leur implication dans les crimes qui leur sont reprochés. Concernant Draco Malefoy, il est indiscutable qu'il a effectivement tenté d'assassiner le professeur Albus Dumbledore. Toutefois, les preuves qui ont été déposées devant cette cour démontrent à suffisance qu'il a agi sous la contrainte …

Oh Merlin, ils retiennent la contrainte. Oh Merlin, Merlin, Merlin, je n'ose pas écouter la suite …

- … procédure criminelle, les fait qui lui sont reprochés ne sont pas punissables. En conséquence, Draco, Lucius, Alexander Malefoy est acquitté des charges qui ont été retenues contre lui.

Mes oreilles bourdonnent. Je n'entends plus rien. La voix de la présidente me sort de ma torpeur.

- SILENCE ! !

Je me rends compte que la salle d'audience est en ébullition.

- SILENCE ! répète la présidente qui poursuit :

- Concernant Narcissa Malefoy, le jury retient qu'elle a accepté en connaissance de cause de recevoir la Marque des Ténèbres. Aucune cause de justification ne peut donc être retenue. Il apparaît toutefois qu'elle n'a commis aucun crime directement. Elle a par ailleurs sauvé la vie de Harry Potter. En conséquence, retenant les circonstances atténuantes, Narcissa, Victoria, Esmeralda Malefoy est condamnée à 40 jours de prison. Madame Malefoy, vous serez raccompagnée à Azkaban pour purger votre peine. Monsieur Malefoy, vous êtes libre. Vous serez accompagné dans une salle d'attente le temps de récupérer vos effets personnels.

L'audience est levée !

« …Vous êtes libre… ». Je n'ose pas encore y croire. Je regarde Draco, la cage et les chaînes ont disparu. Je me lève pour aller vers lui. Il se tourne vers moi mais est directement poussé vers la porte latérale. Je lui fais comprendre que je l'attends dehors.

Autour de moi, on commente le procès. Je regrette d'entendre que beaucoup sont contrariés par cette décision. Un sorcier m'interpelle vertement :

- Vous n'avez pas honte d'avoir fait libérer un mangemort ?

Je décide de laisser couler. Je suis encore trop sonné. Je me fraye rapidement un chemin vers la sortie. Arrivé dans la salle des pas perdus, une meute de journalistes se presse pour m'interroger. Je les bouscule sans ménagement et sans faire aucun commentaire. Mes yeux ne quittent pas la porte adjacente à la salle d'audience qui, après une éternité, finit par s'ouvrir sur Draco Malefoy.

POV Draco

J'ai encore du mal à y croire. Je vois les chaînes disparaître. Un gardien m'emmène hors de la salle. Je me retourne pour voir Harry. Dans une conversation muette, je comprends qu'il va m'attendre à la sortie.

On me conduit dans une petite pièce sans fenêtre. Après quelques minutes, quelqu'un dépose devant moi les vêtements que je portais lors de mon arrestation. Le costume porte encore les séquelles de la bataille mais il paraît être un habit de prince comparé à l'uniforme de la prison. Je m'habille prestement.

Enfin, on m'indique la porte de sortie. J'ai l'impression de vivre au ralenti. La porte s'ouvre. Un brouhaha s'élève, des flashes crépitent, des questions avides fusent de tous les côtés. Je n'ai pas le temps d'analyser la situation que des bras m'entourent. A ce moment, je ne ressens que deux choses : une merveilleuse chaleur et les effets d'un transplanage.

Je suis libre …