Merci pour les review ! J'espère que ça continue à vous plaire !

Bonne lecture !

Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre VI - Grimmaurd

POV Harry

Je nous ai fait transplaner directement dans mon salon Square Grimmaurd. Hors de question que ces sangsues de journalistes nous assaillent de questions.

Draco chancelle quelque peu à l'arrivée. Je le tiens toujours dans mes bras. J'ai peur de le lâcher mais je m'écarte légèrement pour le regarder.

Il a l'air un peu perdu.

- On est chez moi, lui dis-je. Je n'avais pas franchement envie qu'on s'éternise au Ministère.

- Ouais, tu as eu raison. Merci Harry me dit-il avec un air grave.

- Pas de quoi …

- Non, Harry. Sincèrement, merci. Sans toi, je serais sûrement …

- Tu es vivant, tu es libre. C'est tout ce qui compte, je le coupe.

- Oui, tu as raison. Que va-t-il se passer maintenant ?

- Et bien, il faudra encore quelques jours avant que le Ministère ne débloque tes comptes et te restitue tes biens. Dans l'immédiat et en attendant, je te propose de rester ici. La maison est immense, je peux t'héberger tout le temps qu'il faudra.

Il me regarde avec circonspection. La fierté légendaire des Malefoy n'a pas disparu. Il ne tergiverse cependant pas longtemps.

- Ok, merci Potter. Mais sitôt que ma situation administrative est régularisée, je te dédommage. Un Malefoy … il commence mais s'interrompt aussitôt, conscient qu'il allait me servir un des « principes » made in Lucius.

- Je sais Malefoy. T'inquiètes pas, je ne te laisserai pas vivre à mes crochets ! Dis-je pour détendre l'atmosphère. Ça fonctionne car il esquisse un sourire. Je poursuis:

- Bon ! Maintenant, je suggère que tu ailles prendre une douche ! Je pense que c'est une priorité !

Merlin, oui ! !

POV Draco

Il m'amène à l'étage. C'est vrai que la maison est immense. Je me souviens que c'était celle de son parrain, Sirius Black et qu'il en a hérité à sa mort. Cette maison est la demeure historique de la famille Black, la famille de ma mère. Du coup, c'est un peu présomptueux de ma part, mais je m'y sens un peu chez moi.

- Voilà ta chambre.

C'est une belle pièce, décorée dans les tons verts et argents. L'ancien occupant devait certainement être un serpentard ! Une porte intérieure donne sur une jolie salle de bain carrelée dans les mêmes tons.

Harry a remarqué mon sourire car il m'explique :

- C'est l'ancienne chambre de Regulus Black, le frère de Sirius, Serpentard convaincu ! Moi j'occupe celle de Sirius. Autant te dire que la déco est un peu différente … !

- Heeeurk, j'imagine déjà une overdose de rouge et d'or ! dis-je sur un ton faussement dégoûté.

- Exactement ! répond-il en riant.

Je me dis à ce moment que ce rire, je pourrais l'entendre des siècles sans me lasser !

- Bon, je te laisse à tes ablutions ! Il y a des serviettes propres dans la salle de bain et des vêtements dans l'armoire.

Intrigué, j'ouvre la penderie en merisier en face du lit. J'y trouve un pantalon noir à pinces de coupe classique et un jean bleu. Il y a également plusieurs pull en cachemire dans des couleurs gris anthracite, noir et crème, des chemises blanches et noires, un pyjama et … des sous-vêtements.

Je constate avec étonnement que tout est à ma taille.

Je me retourne sur Potter en haussant un sourcil. Il semble embarrassé.

- … Je … en prévision, je suis allé acheter quelques fringues de rechange… Je me disais que tu voudrais … enfin, je …

- Tu es allé acheter tout ça sans savoir si … enfin si je sortirais ? Tu étais donc sûr que …

- Non, je n'étais sûr de rien. Je voulais juste y croire, c'est tout.

- Ok. Eh bien, au risque de me répéter, merci Harry.

- Pas de quoi. Bon, quand tu as fini, rejoins-moi à la cuisine !

Alors qu'il passe la porte, je lui lance :

- hé Potter ! Comment tu connais ma taille de vêtement ?

Il est rouge de confusion et referme la porte en bafouillant un truc incompréhensible. Je rigole tout seul en l'imaginant en train de choisir mes boxers !

Je me déshabille rapidement et me rends dans la salle de bain. Je fais couler l'eau de la douche et en attendant qu'elle parvienne à température, je me regarde dans le miroir. Mon teint déjà pâlot est carrément blafard. J'ai des cernes sous les yeux. Quant à mes cheveux, ils sont dans un état que je n'ose décrire. Sans plus attendre, je me place sous le jet bienfaisant. Des deux mains, je prends appui sur le carrelage et je laisse l'eau évacuer la crasse et les tensions. Et là, je craque. Les larmes se mêlent à l'eau qui ruisselle sur mon visage. Je me rends compte de tout ce à quoi j'ai échappé.

Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi immobile mais je finis par m'emparer d'une éponge, de gel douche et je me frictionne le corps avec vigueur pour faire disparaître le moindre vestige que cette infâme prison a laissé sur moi. Je termine en me lavant les cheveux.

Le contact de la serviette moelleuse avec ma peau est un pur bonheur. Je la noue autour de ma taille et regagne la chambre. Je me laisse tomber sur le lit. Il est d'un confort absolu. C'est la dernière pensée cohérente qui me vient avec de sombrer dans le sommeil.

POV Harry

Voilà plus d'une heure qu'il est en haut … Je n'entends plus l'eau couler. Dois-je aller voir si tout va bien ? Non, il va croire que je le surveille et que je n'ai pas confiance… Oui, mais s'il avait eu un malaise ? Après tout, il n'était pas bien vaillant en arrivant ici …

Bon, je me décide. J'y vais.

Je frappe doucement à la porte. Pas de réponse. Je frappe un peu plus fort, toujours rien. Là, j'ai carrément peur. J'ouvre lentement le battant et retiens un soupir de soulagement. Il est allongé de tout son long, en travers du lit, dormant comme un bienheureux. Je m'approche silencieusement, place précautionneusement un oreiller sous sa tête et le recouvre d'une couette. Je regarde un instant la Marque sur son bras, la marque de son avilissement, de sa souffrance. Je déplace une mèche blonde encore humide de son visage et murmure malgré moi : « Dors, Draco…ça va aller maintenant. Ton cauchemar est fini… »

Alors que je redescends, on frappe à l'entrée. C'est Hermione.

- Salut Harry ! Je ne te dérange pas ?

- Du tout ! Entre !

- Comment vas-tu ? Tu as transplané si vite au Ministère que je n'ai pas eu le temps de venir te parler. Malefoy est ici ? demande-t-elle en s'asseyant à la table de la cuisine.

- Oui, il est en haut. Il dort. Après l'audience, je ne voulais pas qu'on soit assaillis par les questions des journalistes et les regards de curieux. J'ai préféré transplaner directement ici.

- Tu as bien fait. Comment va-t-il ?

- On n'a pas vraiment eu le temps de beaucoup parler. Il était pressé de prendre une douche et apparemment, ça l'a achevé car là, il roupille comme une masse !

- Rien d'étonnant après tout ça ! Il va rester ici ?

- A priori oui, le temps pour lui de récupérer le Manoir et ses comptes en banque. Après, je ne sais pas encore ce qu'il compte faire. Je ne veux pas le bousculer. Il est le bienvenu ici le temps qu'il faudra.

- Tu crois qu'il voudra retourner vivre au Manoir après … après ce qu'il y a vécu ?

- Je ne sais pas… c'est sa maison, je crois qu'il y tient quand même. Et puis, il y a sa mère. Il ne va sûrement pas la laisser seule et je suppose qu'elle, elle compte y retourner.

- C'était terrible ce procès. Je n'ai pas imaginé une seconde qu'il avait pu avoir une vie pareille. Moi qui le prenais pour un petit prince pourri gâté… j'étais loin du compte …

- On l'était tous … moi le premier. J'en viens même à me dire que ma vie chez les Dursley était moins horrible que la sienne …

- En tout cas, il te doit la liberté ! Tu as été extraordinaire Harry !

- Je n'y serais pas arrivé sans toi ! Et oui je l'ai aidé mais je ne veux pas qu'il passe le reste de sa vie à considérer qu'il m'est redevable.

- Ce sera difficile, tu sais comme moi combien il est fier…!

- Oui, je sais mais j'espère sincèrement qu'il va pouvoir dépasser tout ça …

Oui, j'espère vraiment.

J'aimerais qu'Hermione me parle de ce qui s'est passé après notre départ mais elle reste silencieuse et ça ne me dit rien qui vaille …

Je pose néanmoins la question.

- Comment ont réagi les Weasley après le verdict ?

Hermione soupire douloureusement. J'ai vu juste.

- C'est à ce point-là ? demande-je

- En fait Molly était complètement bouleversée par le témoignage de Malefoy. Tu la connais, elle a un instinct maternel puissance mille et l'idée qu'on puisse faire du mal à un enfant la révolte. Je crois qu'elle mourrait d'envie d'aller serrer ce pauvre Draco dans ses bras à lui briser les os ! Donc, pour elle l'acquittement est totalement justifié. Pour Arthur aussi d'ailleurs, et il s'en veut vraiment d'avoir mis ton jugement en doute …

- Mais ce n'est pas l'avis de tout le monde, dis-je en l'invitant à poursuivre.

- Non. Ron est furieux que tu aies laissé entendre qu'il s'était mis tout seul dans les difficultés et que Malefoy n'a pas voulu le blesser volontairement. Il considère que Malefoy doit payer d'une manière ou d'une autre son comportement abject de ces sept dernières années. En résumé, il ne te pardonne pas de l'avoir fait acquitter. J'ai essayé de le raisonner mais il est borné, il ne veut rien comprendre. On a fini par se disputer car il est encore revenu avec la même rengaine que lorsqu'il nous a abandonné pendant la quête des horcruxes … Soit disant que si je l'aimais vraiment, je serais d'accord avec lui, qu'il ne me retenait pas, que je pouvais aller te retrouver puisque je n'attendais que ça … enfin, tu vois quoi … Je lui ai dit d'aller se faire voir, que je ne voulais rester une minute de plus en couple avec quelqu'un d'aussi étroit d'esprit. Enfin, bref, on a rompu.

- Oh Hermy, je suis tellement désolé pour toi, dis-je en la prenant dans mes bras. Je suis sûr que ça va s'arranger, qu'il va revenir vers toi.

- Possible Harry … mais moi je ne suis pas sûre que je l'accepterai.

- Ne dis pas ça Hermy. Laissez-vous du temps …

- Le problème Harry, c'est qu'il croit mordicus que je suis amoureuse de toi et que si je le quitte, c'est pour toi ! Ça ne va pas arranger les choses entre toi et Ron mais surtout entre toi et Ginny ! Elle gobe tout ce que son idiot de frère est en train de lui raconter !

- Ne t'inquiète pas pour ça Hermione. Au fond d'eux, ils savent très bien que je t'aime comme ma sœur. C'est juste plus facile pour eux de l'ignorer. Je mettrai les choses au point avec Ginny dès demain.

- Tu es décidé alors ? C'est fini entre vous ?

- Bah, j'espérais sincèrement qu'elle change d'avis mais ça n'a pas l'air d'être le cas et franchement, là, j'en ai marre. Donc oui, je pense bien que c'est fini.

- Fais ce qui te semble être le mieux pour toi. S'il y en a un qui mérite d'être heureux, c'est toi, avec ou sans Ginny. Tu es libre d'aimer qui tu veux Harry …

Sur le coup, je me demande ce qu'elle veut dire par là mais je n'ai pas le temps d'approfondir car elle se lève déjà pour partir.

Elle quitte Grimmaurd non sans me promettre de revenir le lendemain pour prendre des nouvelles de mon invité.

La journée a été épuisante et je monte me coucher à mon tour. En me dirigeant vers ma chambre, je m'arrête devant celle de Draco et ouvre doucement la porte. Il est toujours profondément endormi.

Harry était en train de préparer le petit-déjeuner lorsqu'il entendit des pas dans l'escalier. Une minute plus tard, Draco Malefoy apparut dans la cuisine, vêtu du pantalon noir et du pull crème. La tenue mettait en valeur sa silhouette toute en longueur. Son visage était reposé et les cernes sous ses yeux avaient presque disparus. Malefoy-j-ai-un-corps-de-dieu-grec-et-j-assume est de retour ! se dit Harry.

- Ok, Potter. Je sais que je suis beau mais c'est pas la peine de gober les mouches pour autant, dit l'intéressé comme s'il avait lu ses pensées.

- Bonjour à toi aussi Malefoy ! Bien dormi ?

- Divinement ! Il faut dire qu'entre la paillasse d'Azkaban et le lit de Regulus, il n'y a pas photo !

- Tant mieux ! Maintenant, viens prendre ton petit déjeuner, tu as besoin de te remplumer un peu !

Malefoy haussa un sourcil mais ne dit rien. C'est vrai que prendre un ou deux kilos ne lui ferait pas de mal. Il aimait être mince mais pas osseux. Or, l'inspection matinale de sa petite personne lui avait révélé des hanches un peu trop saillantes et quelques côtes trop apparentes.

Harry posa devant lui une tasse de thé, un jus d'orange, une assiette fumante d'œufs brouillés au bacon et de roasted potatoes ainsi qu'une corbeille de pain de mie tout juste toasté.

Là, le sourcil de Malefoy disparut carrément derrière les quelques mèches qui tombaient sur son front.

- Comment … comment tu sais …

- Et tu n'as pas tout vu … goûte le thé, lui dit Harry avec un sourire espiègle.

Malefoy s'exécuta et but une gorgée du liquide ambre foncé.

- Gun Powder, Fortnum & Mason, infusé 3 minutes et demi … débita le bond dans un soupir d'extase. « Mais comment … ? » redemanda-t-il en reprenant ses esprits.

- Tu oublies qu'on a cohabité pendant 7 ans dans la même école ! Et moi, j'ai le sens de l'observation !

- Et pas moi peut-être ? s'indigna le bond ?

- Ok, vas-y ! J'écoute !

- Tu ne bois jamais de thé mais exclusivement du café - tu ne peux pas être anglais ma parole ! Le matin, tu préfères manger sucré, de préférence des muffins aux myrtilles. Si tu prends des pancakes, tu y ajoutes une quantité industrielle de sirop d'érable quoique tu n'es pas contre le coulis de framboise. Tu préfères le jus de citrouille au jus d'orange. Ah oui, tu es allergique aux noix.

Pour le coup Harry était sidéré.

- Alors Potter, lequel de nous deux a VRAIMENT le sens de l'observation ?

- Le Gun Powder, c'est juste le matin. A 5 heures, tu préfères un earl grey - toujours de chez Fortnum & Mason - légèrement citronné. Si tu as eu entraînement de Quidditch l'après-midi, tu manges aussi un scone avec de la clotted cream.

- A 5 heures, tu bois un chocolat chaud avec un morceau de cake aux fruits confits. Tu manges toujours quelque chose à 5 heures, quidditch ou pas.

- Ton plat préféré c'est le rôti de boeuf aux légumes, accompagné de horseradish sauce et de yorkshire pudding.

- Toi tu préfères le chicken pie.

- Tu aimes les desserts légers comme le strawberry trifle.

- Toi la tarte à la mélasse.

Ils se mirent à sourire devant ces étonnantes « révélations » mutuelles avec d'éclater franchement de rire.

- Eh bien, dit Harry en essayant tant bien que mal de récupérer son souffle, il faut croire qu'on ne se détestait pas tant que ça !

- Détrompe-toi Potter ! Il faut connaître ses ennemis mieux que ses amis ! répliqua Draco.

Cette remarque blessa le brun qui répondit sèchement :

- C'est pour ça que tu sais que je suis allergique aux noix ? Comme ça tu sais comment m'empoisonner ?

- Exactement ! Tout comme toi qui sais que, moi le Sang-pur, je ne bois que du thé moldu. Comme ça tu peux te moquer de moi et même me faire chanter !

La tournure de la conversation commençait à déplaire à Harry. Ce dernier se leva brusquement.

- Bien, je te laisse Malefoy. J'ai des choses à régler ce matin. Fais comme chez toi.

Il partit sans rien ajouter.

Malefoy se sentit vaguement coupable d'avoir laissé penser à Harry que, tout ce temps, il n'avait été pour lui qu'un ennemi. Sans doute l'a-t-il été un temps mais plus depuis longtemps. Et certainement plus maintenant. Mais il était bizarre pour Draco d'avoir une conversation civilisée avec le brun, eux qui avaient passé leur scolarité à s'invectiver pour un rien.

En soupirant, Malefoy entreprit de débarrasser la table du petit-déjeuner. Machinalement, il chercha sa baguette puis se rappela qu'il avait demandé à Potter de la garder avec lui.

Et merde, pensa Malefoy. Je suis bon pour faire la vaisselle à la moldue … Quelle déchéance. "

A peine sorti de chez lui, Harry transplana au Ministère de la Magie. Il s'en voulait d'être aussi touché par les propos de Malefoy. Mais devait-il s'en étonner ? C'était comme ça que ça fonctionnait entre eux depuis toujours … Déjà, il pouvait être content d'avoir eu une « conversation » avec le blond, chose qui ne lui était encore jamais arrivée.

Au Ministère, il fut reçu sans attendre par Kingsley Shaklebolt.

- Bonjour Kingsley, merci de me recevoir.

- Je t'en prie Harry. Assied-toi. Permets-moi de te féliciter pour le résultat du procès. Je ne pensais sincèrement pas que tu y arriverais.

- Vous ne pensiez surtout pas que cela en valait la peine … ne put-il s'empêcher de répondre amèrement.

- J'admets que j'ai été … surpris par ce que j'ai appris au procès. Force est de constater que ton jugement était le bon …

- Mais …

- Mais je crains que ce ne soit pas l'avis de toute la population sorcière. Tu as lu la Gazette ce matin ? lui demanda le Ministre en lui tendant le journal.

- Kingsley, vous savez bien que je ne lis plus la Gazette depuis ma 5ème année à Poudlard …

Il prit néanmoins l'exemplaire qui lui était tendu.

LE SAUVEUR DU MONDE SORCIER FAIT ACQUITTER UN MANGEMORT

De notre correspondante Rita Skeeter" !

« Rebondissement au procès du célèbre mangemort Draco Malefoy et de sa mère Narcissa. Alors que tout le monde pensait que le procès aboutirait à une condamnation sévère de ces deux disciples du Seigneur des Ténèbres, l'intervention providentielle d'Harry Potter, Sauveur du monde sorcier, a permis la libération de l'héritier Malefoy. Harry Potter a ardemment pris la défense de son ennemi de toujours, prétendant que les Malefoy lui ont sauvé la vie. Il est vrai que le public a pu assister à une projection de pensine relatant des épisodes difficiles de la vie du mangemort laissant supposer qu'il a agi sous la contrainte de son père, aujourd'hui décédé. Le magenmagot a été convaincu par l'intervention de Potter et a prononcé l'acquittement de Draco Malefoy." !

Nous avons interrogé les personnes présentes lors de ce procès et cette intervention du Sauveur ne fait pas l'unanimité. Beaucoup de sorciers estiment que la famille Malefoy devait payer pour avoir servi Vous-savez-qui. Voilà qui met déjà à mal la popularité du Sauveur à peine quelques jours après la fin de la guerre. " !

Beaucoup se posent néanmoins la question de savoir pourquoi Harry Potter a accepté de prendre la défense des Malefoy. La haine qui les opposait nous permet de douter qu'il a agi de son plein gré. Certaines personnes proches de notre Sauveur craignent qu'il ait été maintenu sous Imperium le temps de son témoignage ou qu'il ait absorbé un philtre de confusion ou encore une potion … »

Harry arrêta sa lecture et jeta le journal d'un geste rageur.

- Quel torchon ! A-t-on idée d'écrire des foutaises pareilles ! Ils sont cons ou quoi ? Tout le monde sait qu'avant un procès, les témoins sont passés au détecteur de sorts et de potions !

- Ça les arrange de l'oublier … Je t'avais prévenu que ta réputation allait en souffrir.

- Et moi je vous avais dit que je n'en avais rien à foutre ! Et c'est toujours le cas !

Kingsley jugea prudent de changer de sujet.

- ça va avec Malefoy ? Il vit chez toi à Grimmaurd si j'ai bien compris ?

- Oui, en attendant de récupérer ses biens. C'est d'ailleurs à ce propos que je venais vous voir. Y a-t-il des formalités à remplir ? Des papiers à signer ?

- Oui, en effet. J'ai fait préparer un dossier avec tous les formulaires. Tu n'auras qu'à lui demander de les signer et de me les ramener ensuite.

- OK. Il récupère tout ?

- Et bien, suite au décès de son père, Draco Malefoy devient le nouveau Lord Malefoy. Sous réserve d'un immeuble et d'un compte en banque revenant à sa mère, il hérite de toutes les autres propriétés immobilières, des comptes en banque et des coffres de son père. De plus, comme son père est décédé sans qu'il ait été jugé et condamné, aucun bien ne peut être confisqué par le Ministère, ajouta Kingsley avec une légère amertume.

Harry eut un sourire en coin. Et toc, autant pour le Ministère. Il revint cependant à un des propos du Ministre.

- Vous avez dit « toutes les autres propriétés immobilières ». Il y en a combien comme ça ?

- Ah Harry ! dit le Ministre en riant, en plus du Manoir dans le Wiltshire, les Malefoy possèdent un hôtel particulier dans Belgravia à Londres, des résidences de campagne en Ecosse, en France, et en Italie. Ils possèdent également un duplex à Paris et un autre à New York. Lucius, en dépit de ses idéologies, était en affaires avec les moldus de sorte qu'il avait également des comptes et des coffres dans les banques moldues. Pas étonnant que Voldemort ait fait de Lucius son bras droit : il en avait besoin pour le financer ! Mais manifestement notre cher Jédusor n'est pas parvenu à faire main basse sur la fortune des Malefoy. Lorsque Draco Malefoy aura signé ces documents dit-il en tendant une farde brune à Harry, il sera le plus jeune milliardaire du monde sorcier.

Harry n'avait jamais estimé la valeur des gens à leur fortune personnelle. Lui-même était suffisamment riche pour vivre de ses rentes, bien que ses avoirs soient loin d'égaler ceux de Malefoy. Mais il était inquiet de l'impact que tant de richesse pourrait avoir sur un jeune homme de 18 ans à peine.

Il prit l'enveloppe des mains de Kingsley et quitta son bureau en le remerciant.

Arrivé devant l'ascenseur, il entendit une voix l'appeler.

- Harry !

- Arthur.

- Harry … je … écoute, Molly et moi sommes vraiment désolés pour ce qui s'est passé. Nous aurions dû nous fier à ton jugement. Ce que nous avons vu au procès était tellement … enfin, bref. Tu as eu raison d'agir comme tu l'as fait. La place de Draco n'était pas en prison, contrairement à son père.

- Merci Arthur ! Merci de me dire tout ça. Harry était ému et heureux.

- Ecoute, Harry. Je sais qu'avec Ron et Ginny, ce n'est pas facile pour le moment mais sache que tu es le bienvenu au Terrier quand tu veux !

- Merci Arthur. Je passerai prochainement, j'ai hâte de revoir Molly ! Vous m'avez tellement manqué, ajouta-t-il en serrant Arthur contre lui. « Bien, je vais y aller maintenant. A bientôt »

- A bientôt Harry !

C'est le cœur plus léger qu'Harry s'engouffra dans l'ascenseur.

Avant de rentrer chez lui, il décida de s'arrêter au Chaudron Baveur. Sur place, il rencontra Hermione. Après avoir pris un café, ils décidèrent de rentrer ensemble à Grimmaurd.

A cet instant, Harry avait le sentiment qu'après tout, les choses allaient peut-être pouvoir s'arranger.

Impression de courte durée ! Harry et Hermione venaient à peine d'arriver à l'intérieur de la maison du Square Grimmaurd qu'ils se figèrent devant la scène apocalyptique qui se déroulait devant eux.

Ron, riant comme un dément, lançait doloris sur doloris à Malefoy, étendu par terre, le dos arqué de douleur. Pendant ce temps, Ginny hurlait les pires insanités au blond.

Harry se jeta sur Ron et tous deux roulèrent par terre. A califourchon sur lui, Harry le frappa au visage avec toute la violence dont il était capable.

Pendant ce temps, Hermione avait lancé à Ginny un sort d'entrave. Elle tentait maintenant de retenir Harry avant que celui-ci ne finisse par tuer le rouquin.

Encore au sol, Harry saisit par le col celui qui fut son meilleur ami et lui siffla au visage :

- Au nom de l'amitié que nous avons partagé, je ne te dénoncerai pas aux Aurors pour avoir lancé un sortilège impardonnable. Mais je ne veux plus te voir, Ron. Ne réapparaît jamais devant moi sinon je te jure que tu vas te retrouver à Azkaban. Ça vaut aussi pour ta sœur.

- T'inquiète Potter ! Je me tire d'ici ! Je te laisse avec ton mangemort. Qu'est-ce qu'il te fait pour te remercier de lui avoir sauvé le cul ? Hein ? Il te laisse le baiser ? Avant ou après que tu as baisé mon ex ? Ou en même temps ?

Ce fut trop pour Harry. Il lui asséna un nouveau coup au visage et un autre dans le ventre.

- T'ES QU'UNE ORDURE RON ! DEGAGE D'ICI AVANT QUE JE TE TUE !

Se relevant péniblement, le visage en sang et la mâchoire douloureuse, Ron s'approcha de Harry :

- T'es mort pour moi Potter !

Et il sortit sans même un regard pour Hermione, en transplanant avec Ginny.

Harry se rua sur Malefoy, à moitié inconscient sur le sol.

- Draco ! Draco ! Parles-moi ! Tu m'entends ? Merlin, Hermione, il faut l'emmener à Sainte-Mangouste !

- C'est bon Potter, articula faiblement le blond. J'en ai vu d'autres. Aide-moi à me relever … Il me faudrait une potion de ravigote. Tu en as ?

- Oui, je crois bien. Hermione … mais l'intéressée était déjà en train de fouiller dans les armoires à la recherche de la potion.

- J'ai trouvé. Elle administra le remède à Malefoy qui reprit directement quelques couleurs.

- Dis-moi, c'est un moulin ta baraque ? Comment ces tarés ont-ils fait pour transplaner directement dans ton salon ?

- Pendant la guerre, cette maison était le QG de l'Ordre du Phoenix. Comme Ron et Ginny en faisaient partie, ils ont toujours pu entrer et sortir à leur guise. Je vais directement modifier les sorts de protection !

- Ca semble nécessaire en effet …

- Depuis combien de temps étaient-il là ? demanda Hermione.

- A peu près une demi-heure. J'étais à l'étage quand j'ai entendu un bruit. Croyant que c'était toi qui rentrais, dit-il à l'adresse de Harry, je suis descendu. Quand ils m'ont vu, ils m'ont directement lancé des sorts. Voyant que je n'avais pas ma baguette, Ron a ricané comme un malade et a commencé à me lancer le doloris.

- Oh Malefoy, je suis désolé ! commença Harry. J'aurais dû te rendre ta baguette directement, c'est ma faute si …

- Oh là Potter ! STOP ! Arrête de toujours dire « désolé » et arrête de toujours croire que tous les malheurs du monde arrivent par ta faute ! C'est saoulant à la fin ! Ce qui est arrivé ce matin, c'est uniquement la faute de ton taré de meilleur ami !

- Je crois qu'on ne peut plus le qualifier comme ça à présent …

- Et bien, je vais te dire, Potter : il était temps ! Tu as toujours été aveugle quand il s'agissait Ron Weasley.

- Je ne le reconnais plus. Je ne sais vraiment pas ce qui lui prend !

- Ce qui lui prend ? Il a toujours été jaloux de toi depuis le premier jour et toi tu ne voyais rien !

Harry écoutait sans rien dire. Malefoy poursuivit sur un ton étonnement calme :

- Il est jaloux car il a toujours été dans l'ombre de quelqu'un. D'abord, ses frères et ensuite toi, le survivant avec sa célèbre cicatrice ! Tu crois vraiment qu'il t'a suivi gratuitement dans ta quête ? S'il n'espérait pas tirer un peu de profit de ta célébrité, crois-moi il t'aurait laissé te démerder tout seul avec Voldemort ! C'est une sangsue qui phagocyte tout ce qui peut avoir un intérêt pour lui. Il était jaloux de tout en toi, même de ton amitié pour Granger !

Harry ne disait toujours rien. Draco avait raison. Il avait déjà entendu ces mots. C'était ceux de l'horcruxe sorti du médaillon de Serpentard …

- Quant à la belette femelle, poursuivit le blond, elle ne t'aime pas. Elle … oh Merlin, il n'y a pas de bonne façon de t'annoncer ça mais je pense que tu dois le savoir. Elle te trompe Harry ! Elle n'avait pas 14 ans qu'elle s'est faite culbuter par Blaise Zabini ! Comment je le sais ? Parce que je les ai surpris ensemble. Blaise avait oublié de jeter un sort sur la porte du dortoir pour ne pas être dérangé. Quand elle m'a vu, elle n'a même pas été gênée ! Elle s'est mise à me mater de haut en bas en me disant que j'étais le bienvenu, qu'elle n'était pas contre d'être prise par deux mecs à la fois ! J'étais tellement dégouté que je suis parti en courant. Le pire de tout, c'est que Blaise était sincèrement amoureux d'elle. Ça lui a pris des mois pour s'en remettre !

Harry était consterné. Hermione avait plaqué sa main sur sa bouche pour s'empêcher de crier.

- Ce n'est pas tout, Potter. Pendant ton absence l'année dernière, pendant que tu courais comme un fou pour trouver un moyen de tuer Voldemort, elle s'envoyait ton grand ami Londubat … Ils ont été surpris dans une classe par les Carrow. L'anecdote a égayé la table de Voldemort pendant des jours !

Harry n'était pas capable d'émettre le moindre son. Il avait l'impression de s'être une nouvelle fois fait avoir.

- Harry, dit Malefoy en posant une main sur son épaule, je sais que ce que je viens de te dire te fait souffrir et crois bien que je le regrette. Mais tu devais le savoir afin d'arrêter de te culpabiliser ! Elle ne t'aime pas. Elle a aimé Potter, le garçon qui a survécu et maintenant elle aime Potter le garçon qui a vaincu. Mais elle n'aime pas Harry, juste Harry. Et son débile de frère, c'est pareil. Tous les deux, ils te résument à la cicatrice que tu as sur le front. Et c'est injuste.

Harry se tourna vers Hermione qui était restée silencieuse jusque-là.

- Tu ne dis rien Hermy …

- Sincèrement ? Je crois que Malefoy vient de te faire économiser 10 ans de psychanalyse, Harry ! Il est temps pour toi de tirer un trait sur les Weasley. Tu dois tourner la page. Et Draco a raison : tu n'es pas responsable des malheurs du monde !

- Hermione Granger d'accord avec Draco Malefoy ! On aura tout vu ! s'exclama Harry

Et les trois protagonistes sourirent de bon coeur devant l'incongruité de la situation.

- Au fait Malefoy, il est grand temps que je te rende ceci …

Harry s'était levé et avait pris dans l'armoire une boîte longiligne qu'il remit au Serpentard. Draco souleva le couvercle et put contempler à l'intérieur sa baguette d'aubépine.