Merci pour les review ! Elles me font toujours très plaisir !

Je poste plusieurs chapitres à la fois car ils sont beaucoup plus courts.

Bonne lecture !

Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre VII – Confidences

Draco tenait devant lui les parchemins relatifs à son héritage qu'Harry venait de lui remettre. Il les fixait d'un drôle de regard, les lèvres serrées.

Après le départ d'Hermione, Harry lui avait imposé le repos toute l'après-midi afin qu'il se remette des doloris lancés par Ron.

Le soir, ils avaient partagé un repas léger avant de s'installer, à même le sol devant la cheminée du salon. Même si on était en juin, Harry avait allumé un feu sans chaleur, juste pour le plaisir de voir danser les flammes dans l'âtre. Cette vision le détendait.

- ça va Malefoy ?

Ledit Malefoy ne répondit rien, se contentant d'émettre un léger soupir.

- Tu sais, tu n'es pas obligé d'examiner tout ça tout de suite. Je peux comprendre que tu sois un peu déstabilisé par …

Contre toute attente, Malefoy émit un rire sans joie.

- Déstabilisé ? ironisa-t-il. Déstabilisé par quoi ? Le fait d'être riche ? Je rêve Potter ! Tu es encore plus naïf que je ne le pensais ! Tu crois vraiment que je ne sais pas ce qu'il y a dans ces parchemins ? Que je ne suis pas au courant de l'étendue de la fortune de ma famille au galion près ? Bien sûr que je le sais ! J'avais 11 ans quand mon père m'a fait apprendre par cœur toute l'étendue de nos possessions car « un Malefoy doit toujours avoir conscience de sa richesse ! » dit-il non sans amertume.

- Ok, mais maintenant ce sera à toi de gérer tout ça …

- Pas besoin, tout est déjà entre de bonnes mains.

Devant l'air interrogateur d'Harry, Malefoy expliqua :

- S'il y a une chose que mon père aimait encore plus que Voldemort, c'était l'argent. Et en la matière, peu importaient ses principes ! Comme il voulait éviter que le Lord Noir ne dilapide le patrimoine familial, il a converti les trois quarts de notre fortune en livres sterling et en dollars. Ces placements sont actuellement gérés par des moldus dans des banques moldues. Le quart restant est en galions et est géré par des gobelins. L'avantage des gobelins par rapport aux sorciers est qu'ils n'ont d'allégeance envers personne, sinon eux-mêmes. Donc, comme je te le disais, la fortune des Malefoy est entre de bonnes mains …

Harry était estomaqué par cette révélation.

- Et oui mon naïf petit Potter, comme tu vois, l'hypocrisie des sang-purs est sans limite !

- Bon mais quel est le problème alors ?

L'expression de Draco redevint grave.

- Le problème c'est qu'en acceptant l'héritage, je prends la place de mon père … je deviens … lui dit-il dans un souffle en passant sa main sur son bras gauche.

- Non, Draco, tu n'es pas lui ! Tu as été un moment ce qu'il voulait que tu sois mais tu n'es pas lui ! Tu m'as dit tantôt que je ne me résumais pas à la cicatrice sur mon front. C'est pareil pour toi ! Tu ne te résumes pas à la Marque sur ton bras et à ce que ton père a voulu faire de toi. Tu es libre maintenant ! Plus libre que lui ne l'a jamais été ! Alors accepte ton héritage. Accepte d'être le nouveau Lord Malefoy, celui qui redorera le nom de ta famille ! … Et surtout, accepte que des centaines de groupies campent devant ta porte pour se faire épouser par le meilleur parti d'Angleterre ! termina Harry.

L'image fit sourire le Serpentard mais il se rembrunit très vite.

- Les groupies comme tu dis seront vite déçues quand elles apprendront que je suis déjà fiancé.

- TU QUOI ?

Harry venait de s'étouffer avec la gorgée de bièraubeurre qu'il était en train de boire.

- Je suis fiancé Potter.

- Mais avec qui ? Et depuis quand ? interrogea Harry quand il eut récupéré l'usage de la parole.

- Astoria Greengrass, je crois. Je devais avoir 2 ou 3 ans …

- Comment ça tu crois ? Et on ne se fiance pas à 2 ans, c'est n'importe quoi ! dit Harry avec une pointe de colère.

Draco haussa le sourcil. L'ignorance de Potter et ses humeurs étaient parfois déstabilisantes. Il se résolut néanmoins à lui expliquer.

- Chez les sang-purs, on fiance les héritiers mâles dès que la candidate idéale se présente. C'est une tradition. On m'a donc fiancé à Astoria le jour de sa naissance. Moi, j'avais 2 ans. On était censé se marier à la majorité d'Astoria.

- Mais … tu ne la connaissais pas ! Je veux dire … comment as-tu su que tu étais amoureux d'elle ?

- A vrai dire, je ne la connais toujours pas. Et je ne suis pas amoureux d'elle.-

- Mais comment peux-tu te fiancer, pire te marier, à quelqu'un que tu n'aimes pas ?

Draco sourit tristement.

- Chez les sang-purs, le mariage est une alliance, un contrat conclu dans l'intérêt patrimonial des familles. On ne se marie jamais par amour. C'est trop dangereux.

Harry était consterné. De toutes les choses qu'il avait apprises sur Malefoy, celle-ci était la plus déprimante.

- Et tu l'acceptes ?

- Ai-je le choix ?

- Evidemment que tu as le choix ! s'emporta Harry. Tout comme tu as eu le choix de ne pas me reconnaître quand j'étais prisonnier au Manoir, tout comme tu as eu le choix de ne pas t'enfuir et d'affronter tes juges ! On a toujours le choix !

- Ah oui ? Tu l'as eu, toi, le choix ?

POV Harry

OK, là il marque un point.

- C'était pas pareil Malefoy …

- Et en quoi, je te prie ?

- La prophétie. Je ne pouvais pas y échapper … Toi, c'est différent … c'est privé …

Je me rends compte de la faiblesse de mon argumentation.

- D'accord. Si je résume, moi, je peux me rebeller contre une décision de ma famille mais toi tu n'avais pas le choix parce qu'une prophétie a décrété que tu serais le sauveur du monde sorcier … Tu veux que je te dise Potter, ton histoire de Sauveur c'est une connerie monumentale dont Dumbledore et sa clique t'ont abreuvé pendant des années pour que tu leur obéisses ! Et aujourd'hui, le Ministère te sert la même salade pour se déculpabiliser d'avoir laissé l'avenir du monde sorcier à un gamin de 17 ans ! Ils auraient pu te laisser le choix ! Ils auraient dû te laisser le choix ! hurlait-il à présent.

Je ne dis rien car il a raison. Je m'étonne juste qu'il s'en soit rendu compte et que manifestement cela le mette en colère.

- Je suis désolé de m'être emporté Potter mais tout ça … ta vie, la mienne, les choix qu'on ne nous a pas laissés, ça me révolte. On a tous les deux été des pions, ni plus ni moins.

Ce constat me bouleverse par sa cruelle vérité. Pour la première fois, j'ai besoin de le dire à quelqu'un. Je n'imaginais pas que ce serait Malefoy :

- Tu sais, je l'ai jamais dit à personne, mais … je lui en veux. Je lui en veux terriblement dis-je en essayant de retenir mes larmes.

Il sait que je parle de Dumbledore. Il se tait et attend la suite.

- Avant de mourir, Rogue a eu le temps de me confier ses souvenirs. Tout avait été planifié, absolument tout … Rogue a dit cette phrase que je n'oublierai jamais : « Vous l'avez élevé comme un porc pour l'abattoir ». Putain ce qu'il avait raison ! dis-je pleurant pour de bon cette fois.

- Et tu t'es quand même rendu à Voldemort …

- Oui. Parce que j'avais la certitude qu'il n'y avait pas d'autres solutions et parce que quand tu en viens à comprendre que tout ce qui t'entoure te dépasse, vivre ou mourir ne t'importe plus …

- Idiot de Gryffondor trop courageux !

Je souris tristement et lui dit :

- Tu sais que le Choixpeau voulait m'envoyer à Serpentard ? Je l'ai littéralement supplié de me mettre à Gryffondor parce que …hmm, … parce que Ron m'avait dit que tous les Serpentards finissaient mal.

Draco ne dit rien mais je vois sa mâchoire se contracter. Sa voix tient plus du murmure quand il répondit :

- Il ne t'aurait jamais laissé aller à Serpentard.

Devant mon air interrogateur, il poursuit:

- Tu sais que mon père a longtemps fait partie du conseil d'administration de l'école ? Il l'était déjà avant qu'on y entre. Eh bien, la veille de notre première rentrée scolaire, il a surpris une conversation entre Rogue et Dumbledore. Le vieux fou lui disait qu'il était exclu que tu ailles à Serpentard, qu'il fallait absolument que le Choixpeau te mette à Gryffondor. Rogue lui a demandé comment il ferait pour influencer le Choixpeau et Dumbledore lui a répondu : « Ne t'en fais pas Severus. Tout est en place. Harry choisira lui-même d'aller à Gryffondor. Nous ne pouvons pas perdre la seule arme que nous avons ». Bien entendu, à l'idée que tu puisses être « une arme », mon père m'a demandé de me rapprocher de toi et de devenir ton ami … amitié que tu as refusée. Entretemps, tu avais rencontré les Weasley et … comment dire, je me suis toujours demandé s'il s'agissait vraiment d'un hasard …

J'ai l'impression qu'un gouffre s'est ouvert sous mes pieds. Rien n'était vrai ? Toute ma vie n'a donc été qu'une mascarade ? Tout avait été décidé pour moi, même qui serait mon ami ou mon ennemi ?

Dans un souffle, je lui demande :

- Draco, tu crois qu'on peut enfin décider pour nous-mêmes et être amis ?

Il ne me répond pas et une vague de colère me soulève le ventre. Incapable de me retenir, je lui crie :

- T'es incroyable, Malefoy ! Tu es capable de te fiancer et te marier en une seconde avec une donzelle que tu ne connais même pas mais tu n'es pas foutu d'accepter d'être ami avec moi !

Là, il me regarde. Ses yeux gris ressemblent à une mer déchaînée. J'ai l'impression qu'ils sondent les tréfonds de mon âme mieux qu'un legilimens. Puis son regard s'adoucit et quand il me répond enfin, sa voix est légèrement rauque. C'est la première fois que j'entends dans cette voix une telle émotion.

- L'amitié pour moi, c'est sacré Potter. Car c'est tout ce qui te reste quand tu as tout perdu … Alors oui, tu es mon ami. Viens-là, me dit-il en entourant mes épaules de son bras et en m'attirant vers lui.

Et là, je craque. Je pleure dans ses bras sur mes souffrances, les siennes, sur les mensonges, sur ce qu'aurait été ma vie si on m'avait laissé le choix, sur cette amitié qu'inconsciemment j'ai tant espéré et qui me sera désormais plus précieuse que ma vie.