Je vois que le chapitre 14 vous a plu. Je ne vous laisse pas dans l'attente plus longtemps !
Bonne lecture !
Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Chapitre 15 – Contre la montre
Draco sortit de la salle d'examen après quelques minutes à peine.
Il accueillit dans ses bras Hermione dont les larmes ne tarissaient pas.
- Hermione, il faut que tu te ressaisisses, dit-il doucement. J'ai besoin de toi pour comprendre ce qui s'est passé. J'ai vraiment besoin de toi.
- Oui, tu as raison Draco. Ce n'est pas en pleurant que je vais aider Harry.
- J'aime mieux ça répondit-il dans un sourire. Je crois que nous ne pourrons rien faire de mieux ici. Je suggère que nous rentrions à Poudlard afin de faire le point sur ce que nous savons déjà. Crois-tu que McGonagall acceptera de m'héberger quelques jours ?
- Oui sûrement. Mais tu n'auras pas de problème à Salem ?
- Non, ils sont au courant. Je reste en Angleterre le temps nécessaire.
- Je vais aller prévenir les médicomages que nous partons et leur demander de nous prévenir en cas de changement.
Profitant du départ d'Hermione, Blaise dit à Draco :
- C'est bien que tu sois venu Draco ...
- Merci de m'avoir fait venir ...
- C'est normal. A ta place, j'aurais voulu savoir et être là.
- ...
- Tu n'aurais pas dû partir Draco.
- Tu sais bien pourquoi je l'ai fait.
- Parce que tu l'aimes comme un fou depuis des années et que tu ne veux pas le faire souffrir, je sais ! Mais alors, dis-toi que tu aurais dû disparaître de sa vie depuis longtemps !
- J'ai tout fait pour qu'il me déteste à la place.
- Il te déteste tellement qu'il a ruiné sa réputation pour te sauver...
- Merde Blaise ! Qu'est-ce que tu essayes de faire ?
- J'essaye de te dire que toi aussi tu fais partie de sa vie, espèce d'empoté ! A tel point qu'il n'a pas pu se résoudre à te laisser à Azkaban ! Lui et toi vous êtes pareils !
- Lui, il a le complexe du héros ...
- Lui, il a ta photo sur sa table de nuit et si tu voyais la façon dont il la regarde chaque soir avant de s'endormir, tu n'aurais aucun doute sur ses sentiments pour toi ...
Draco se passa nerveusement la main dans les cheveux.
- Blaise, tu ne m'aides pas.
- Si, je t'aide. Je t'aide à ouvrir les yeux sur le seul mec avec qui tu pourrais être heureux si seulement tu voulais bien l'accepter.
Draco ne put répondre car Hermione arrivait au bout du couloir.
- Allons-y les garçons. Rentrons.
McGonagall accepta de bonne grâce le retour de Draco le temps de trouver ce qui détruisait Harry.
A peine entré dans la salle commune, l'ex-Prince des Serpentards fut assailli par ses anciens condisciples, plus que ravis de son retour, fût-il temporaire.
Quand tout le monde fut installé dans les fauteuils autour de la cheminée, Hermione y compris, Draco demanda :
- Blaise, raconte-moi précisément ce qui s'est passé, s'il te plaît.
- Bien. Il faut d'abord que je te parle de l'accident dont Harry a été victime la semaine dernière...
- QUOI ? QUEL ACCIDENT ?
- Calme-toi Draco, tempèra Pansy. Laisse Blaise te raconter.
- Bon, je continue. La semaine dernière, j'ai trouvé Harry au pied du grand escalier. Il avait la jambe et le bras cassés, et une plaie à la tête. Il ne se souvient pas vraiment de ce qui s'est passé, si ce n'est une sensation de fourmis dans les jambes. Il se trouve que Mme Pomfresh a détecté les traces d'un sort qui aurait été jeté sur Harry. Nous pensons qu'il s'agit d'un maléfice de jambes en coton. A ce jour, on ne sait toujours pas qui l'a jeté ni si c'était volontaire ou accidentel.
- Tu es en train de me dire que quelqu'un a peut-être tenté de ... blesser voire de tuer Harry ?
- Oui, c'est ce qu'on pense, intervint Hermione.
- Ça ne peut venir que des Weasley ! tonna Draco.
- Non, Draco. Ils étaient assis tous les deux à quelques mètres de moi au moment des faits et ils n'ont pas bougé de là.
- Finnigan ? Thomas ? Londubat ?
- Non plus, ils étaient à table également.
Draco soupira en se pinçant l'arête du nez.
- Bon, on verra ça plus tard. Qu'en est-il de ce cours de potions ?
- C'était un cours de potions avancé donné exclusivement aux serpentards. Slughorn nous faisait préparer une potion de vision nocturne. Il a noté les ingrédients au tableau et le mode de préparation.
- Où Harry a-t-il pris ses ingrédients ? Dans la réserve ? Demanda Draco
- Non, il avait ses propres flacons.
- Bon, ensuite ?
- J'étais installé à côté de Harry. De ce que j'ai pu voir, sa préparation se passait bien. A l'avant dernière étape, le liquide avait pris la couleur indigo.
- Donc, c'est que la potion était réussie à ce stade. Il lui restait seulement à ajouter la bile de tatou, c'est ça ? Interrogea Draco.
- Oui, exactement. Je l'ai vu déboucher son flacon, peser la poudre et la mettre dans le chaudron. C'est à ce moment-là qu'une immonde fumée noire est sortie et l'a enveloppé.
Draco réfléchissait à cent à l'heure.
- Même s'il avait ajouté trop de bile de tatou, un tel phénomène n'aurait pas pu se produire !
- Et si la potion était indigo à l'avant dernière étape, ça veut dire qu'il n'avait fait aucune erreur jusque-là, rajouta Hermione.
- Exact ! Ça veut donc dire que le problème vient du flacon de bile de tatou ! Dit Draco, soudain excité. Blaise ! Où se trouvent les affaires d'Harry ?
- Heu ... j'ai demandé à Théo de tout ramener ici. Théo ?
- C'est ce que j'ai fait. J'ai tout remis dans son sac et je l'ai déposé au pied de son lit.
Draco se précipita dans le dortoir, les autres à sa suite. Il trouva le sac là où Théo l'avait déposé. Il retira un à un tous les produits dont Harry s'était servi. Ils y étaient tous sauf le flacon de bile de tatou.
- Théo ? Où se trouve le flacon de bile de tatou ? S'énerva Draco
- Il doit être dedans ! Je suis sûr de l'y avoir remis !
- ET BIEN IL N'Y EST PAS !
- Draco, je te dis que je suis sûr de l'avoir mis dans le sac ! Je m'en souviens parfaitement car ce flacon était très différent des flacons de potion habituels.
- Comment ça différent ?
- Et bien, il était plus petit et des motifs étaient sculptés dans le verre.
Draco se tourna vers les autres occupants du dortoir :
- Après qu'Harry ait été emmené à Sainte Mangouste, que s'est-il passé ?
- Slughorn nous a amenés dans la Grande Salle où nous devions attendre notre prochain cours, DFCM, dit Pansy. Pendant ce temps, Théo est allé déposer les affaires de Harry dans le dortoir, comme il te l'a dit. Il nous a rejoint quelques minutes après.
- Théo, demanda Draco, as-tu croisé quelqu'un qui se dirigeait vers la salle commune des serpentards après avoir déposé le sac d'Harry ?
- Non, je n'ai croisé personne. Ah si, Adrian Pucey revenait se changer car dans la confusion, il a renversé son chaudron sur lui.
- Et où est-il maintenant ?
- Il a cours de divination dit Milicent. Il devrait terminer dans une demi-heure.
- Bien. Pansy, Théo et Milicent, quand Adrian reviendra, ne lui parlez surtout de rien ! C'est bien compris ?
- Oui, Draco répondirent-ils en coeur, habitués aux ordres donnés par leur ex chef de file.
- Blaise et Hermione, venez avec moi.
Et sur ce, il quitta la salle commune des Serpentards, Blaise et Hermione sur les talons.
- Draco ! Draco ! Veux-tu me dire où on va comme ça ?
- Dans la classe de potions !
- Mais que veux-tu y trouver ? Tout a déjà été nettoyé !
Draco ne prit pas la peine de répondre. Sur place, il examina méthodiquement les lieux.
- Donc Harry se trouvait ici et toi, Blaise, juste à côté. Où était Adrian ?
- Au dernier rang, juste ici.
Draco examina la table de travail et ensuite le sol. En se relevant, il dit :
- Adrian a menti, il n'a pas renversé son chaudron.
- Comment le sais-tu ? Questionna Hermione.
- Parce que la potion de vision nocturne contient du venin de crotale noir des Andes. Cette substance est extrêmement acide et attaque directement les matériaux calcaires. Le sol de cette classe est en pierre bleue, donc calcaire. Et le revêtement en dessous de la table de Adrian est intact !
- Le sol a pu être réparé par magie ... dit Blaise.
D'un coup de baguette, Draco vérifia les dires de Blaise.
- Aucun sort n'a été utilisé à cet endroit. Adrian a menti. Il n'a rien renversé sur lui, et donc il n'était pas nécessaire pour lui de rentrer se changer. La seule raison qui devait l'amener dans le dortoir, c'était de subtiliser le flacon de bile de tatou !
- Mais que pouvait-il y avoir dans ce flacon bon sang ? Car nous sommes bien d'accord pour dire qu'il ne s'agissait pas de bile de tatou, n'est-ce pas ?! S'exclama Hermione.
- Tu as raison, Hermy. Il y avait autre chose dans ce flacon que manifestement Adrian ne voulait pas qu'on trouve !
Les trois amis restèrent pensifs un instant. Draco se dirigea soudain vers l'armoire où Slughorn conservait des produits en réserve pour les élèves. Il sortit une petite fiole remplie d'une poudre ocre foncé.
- Blaise, as-tu remarqué si la poudre utilisée par Harry avait la même couleur que celle-ci ?
- Grosso modo. Sauf que la sienne avait des reflets dorés.
Draco essayait de conserver son calme.
- Blaise, en matière de potions, il n'y a pas de grosso modo qui tienne ! Parfois, la seule manière de différencier un remède d'un poison mortel est le reflet qu'il peut avoir ! Alors, es-tu sûr que la poudre utilisée par Harry avec des reflets dorés, oui ou non ?!
- Oui, elle avait des reflets dorés, affirma Blaise.
- Qu'est-ce que cela implique ? Demanda Hermione, assez époustouflée par les connaissances du blond.
- Cela implique qu'au lieu de verser de la bile de tatou dans sa potion, Harry y a versé de la poudre d'hyoscyamus du Caire. Cet ingrédient entre dans la composition de potions utilisées en magie noire, si bien qu'il est interdit de s'en procurer.
- Oh Merlin, souffla Hermione. Mais de quelle potion parle-t-on ?
- Moi je n'en sais rien, Hermy mais par contre je connais quelqu'un qui a sûrement la réponse ! Venez ! Il n'y a pas une minute à perdre !
Draco courut à perdre haleine dans les couloirs jusqu'au bureau de la Directrice.
Ne connaissant pas le mot de passe, il tambourina à la porte comme un forcené.
McGonagall apparut sur le seuil, passablement agacée.
- Monsieur Malefoy ? Puis-je savoir ce qui vous prend !
- Professeur, nous devons absolument entrer ! Je dois parler à mon parrain ! C'est au sujet d'Harry.
Si Hermione ne comprenait visiblement pas ce que le parrain de Malefoy pour faire dans le bureau directorial ni en quoi il était utile à Harry, Blaise lui, affichait un sourire jusqu'aux oreilles en murmurant : « mais oui ! Evidemment ».
La directrice semblait comprendre également car elle laissa passer les trois élèves.
Arrivés dans le bureau circulaire, Draco s'adressa au portrait du Professeur Rogue :
- Bonjour Parrain.
Un petit ooh sortit timidement de la bouche d'Hermione comprenant enfin qui était le parrain de Draco.
- Bonjour Draco, dit le Professeur de la même voix envoutante qu'il utilisait pendant ses cours.
- Parrain, c'est important. Harry Potter a été victime d'une tentative d'assassinat. Il est entre la vie et la mort, et toi seul peux nous aider.
Rogue ne parut surpris ni par la nouvelle, ni par l'étrange association d'élèves qu'il avait sous les yeux.
- Je suis au courant, en effet, que Potter s'est encore fait remarquer. En quoi te serais-je utile ?
- Si, lors de la préparation d'une potion de vision nocturne, on remplace la bile de tatou par de la poudre d'hyoscyamus du Caire, qu'arrive-t-il ?
Le visage cireux de l'ex professeur de potions vira au blanc crayeux.
- Par Salazar, Draco, tu es sûr que c'est ce qui s'est produit ?
- Oui Parrain, j'en suis sûr. Mais je ne sais pas quels sont les effets de la potion ainsi créée.
- Le chaudron a dégagé une fumée noire opaque qui s'est enroulée autour de Potter ?
- Oui, ... oui c'est ça, confirma Blaise qui était resté silencieux jusqu'alors.
- C'est une potion de magie noire extrêmement puissante qu'on appelle l'ombre dévoreuse. Comme son nom l'indique, la fumée – l'ombre – pénètre dans l'organisme par la peau et dévore le corps de l'intérieur.
- Oh Merlin, hoqueta Hermione.
Draco rassembla ce qui lui restait de sang-froid pour demander
- Est-ce ... est-ce qu'il existe un remède ? Le blond fermait les yeux en priant tous les Fondateurs pour que la réponse soit positive.
- Il existe un remède en effet ... mais il est extrêmement difficile à préparer.
- Peux-tu me donner les ingrédients et le mode de préparation ? Je les communiquerai aux potionnistes de Sainte Mangouste, dit Draco, le coeur gonflé d'espoir.
Rogue eut un petit rire méprisant.
- Je crains, mon cher Draco, que les potionnistes de Sainte Mangouste soient juste bons à faire bouillir de l'eau. Si tu les laisses préparer le remède, Potter est mort, à coup sûr ! Seul quelqu'un qui maîtrise parfaitement l'art subtil de la préparation des potions peut la réussir...
- Mais, parrain, ... tu n'es plus là. Je veux dire, ... tu ...
- Je parle de toi, Draco. Toi seul est capable de préparer cet antidote.
- Mais ... non, je ne peux pas ... je n'ai même pas mes ASPIC ...
- Draco, dit doucement Hermione en posant sa main sur le bras du blond. Tu en es capable. Si tu réussissais si bien en potions, ce n'était pas dû au favoritisme du Professeur Rogue mais parce que toi, contrairement aux autres, tu avais – tu as – l'intuition pour préparer les potions. Tu ne te contentes pas d'aligner les ingrédients, tu en connais toutes les composantes, toutes les nuances. Te rends-tu compte ? Tu es capable de différencier un poison d'un remède seulement en coup d'oeil Draco ! Fais le pour Harry, Draco. Il a besoin de toi ...
Rogue posa un regard perçant sur Hermione qui ne cilla pas.
- Je n'aurais pu mieux dire Miss Granger. Draco, je vais te dicter la liste des ingrédients. Ils devraient tous se trouver dans ma réserve personnelle si celle-ci n'a pas été pillée entre temps, dit le maître des potions avec un coup d'oeil pour Hermione. Cette dernière rougit au souvenir de cette fois, où en deuxième année, Rogue les avait accusés, Ron, Harry et elle d'avoir volé les ingrédients nécessaires à la préparation du polynectar.
Draco acquiesça.
- Et Draco ... ajouta le Professeur Rogue, tu prépareras la potion ici afin que je puisse te guider. Mais tu te feras également aider par Miss Granger. Les réussites des plus grands maîtres tiennent également dans la qualité de leurs assistants.
La jeune fille n'aurait pu espérer plus beau compliment de son ex professeur de potions.
Le temps était compté. La potion était longue et difficile à préparer. Ils y travaillèrent toute la nuit.
Le Professeur McGonagall transforma son bureau en laboratoire afin de faciliter la tâche de Draco. Celui-ci, aidé de Blaise et Hermione, avait rassemblé tous les ingrédients.
Draco se positionna devant son chaudron. Ses mains tremblaient et il s'exhortait au calme. Mais le fait de savoir qu'il avait la survie de l'homme qu'il aimait entre ses mains ne l'aidait pas à se calmer.
Voyant son état, Hermione le saisit doucement par les épaules et ancra son regard dans le sien :
- Draco, Harry était dans le même état que toi la veille de ton procès mais quelque chose au fond de lui, lui a donné la force d'affronter le Magenmagot. Tu peux faire pareil ! Il compte sur toi comme toi tu as compté sur lui.
A ces mots, le blond se ressaisit. Il repensa au flux magique qu'Harry lui avait envoyé lors de son séjour à Azkaban et l'espace d'un instant, il put encore en sentir les effets au bout de ses doigts. Il respira un grand coup. Ses mains étaient fermes. Il était prêt.
Le processus démarra. Draco suivait scrupuleusement les directives de son parrain. Sans aucune précipitation et avec des gestes sûrs, il versait les ingrédients, agitait sa baguette et prononçait les incantations requises. Il chérissait l'aide d'Hermione qui avait découpé les ingrédients avec le plus grand soin.
- Bien Draco. Tu t'en sors parfaitement dit Severus. Mais le moment critique est arrivé. Tu dois maintenant verser dans le chaudron trois carapaces de scarabées brésiliens et attendre que la potion prenne une couleur vert cinabre moyen. Là se situe la difficulté : tu n'auras que tes yeux et ton intuition pour déterminer si la potion présente la bonne couleur. A ce moment-là, tu ajouteras trois gouttes d'essence d'héliotrope en prononçant l'incantation lux vincit tenebris. Si la potion est réussie, une forte lumière jaillira du chaudron et la potion prendra une couleur jaune soleil. Tu as bien compris ?
- Oui, parrain.
- Bien. Verse les carapaces de scarabées.
Draco s'exécuta et attendit que s'opère le changement de couleur. La potion, jusque-là d'un noir aux reflets émeraudes, s'éclaircit jusqu'à devenir de plus en plus verte.
- Draco ... dit Severus, je pense qu'il est temps ...
- Non, pas encore !
- Draco ... une seconde de trop et la potion est perdue !
- NON ! Ce n'est pas encore le moment ! s'exclama Draco, à la surprise générale.
Il scrutait le contenu du chaudron depuis une bonne minute déjà quand il murmura soudain : « maintenant ! ». Il versa les 3 gouttes d'essence d'héliotrope et prononça distinctement :
Lux vincit tenebris !
Rien.
Draco s'écroula de frustration, de colère et de douleur.
- NOOOOOOON ! Pardonne-moi Harry ! Pardonne-moi, psalmodiait-il la tête entre les bras.
Entre deux sanglots, il entendit un hoquet de surprise.
- Merlin, Draco ! Regarde ! Dit Blaise en le forçant se relever.
Devant lui, le chaudron brillait d'une douce lueur. Il s'approcha prudemment mais recula tout aussi vite car un puissant halo lumineux se dégagea de la préparation, d'une intensité telle qu'il dut se protéger les yeux.
Lorsque la lumière disparut, il resta au fond du chaudron un liquide d'une intense couleur jaune incandescente.
Hermione pleurait de joie dans les bras d'un Blaise incrédule. Quant au Professeur Rogue, il regardait son filleul avec un mélange d'étonnement et de fierté non dissimulée.
- Draco, ce que tu viens de faire là tient du prodige. Par Salazar, je n'ai jamais vu une potion de lumière dégager autant d'intensité. Sais-tu que la réussite d'une potion de lumière est le rêve inaccessible de bien des maîtres ?
Mais Draco n'entendait rien. Tout ce que son cerveau parvenait à enregistrer, c'est qu'il avait réussi à confectionner le remède qui sauverait Harry.
A peine la potion terminée, Draco la versa dans des fioles en verre. Selon la puissance du sort et sa progression dans l'organisme d'Harry, celui-ci devrait absorber la potion durant plusieurs jours.
Blaise, Hermione et Draco transplanèrent ensuite à Sainte Mangouste sans plus tarder.
Sur place, ils durent encore convaincre les médicomages de pouvoir administrer le remède à Harry.
- Monsieur Malefoy, vous croyez vraiment pouvoir arriver ici et administrer n'importe quelle potion de votre cru à MON patient ? s'offusqua le médicomage, un personnage obtus du nom de Hector Sganarelle.
- Oui, c'est exactement ce que je vais faire sauf si, entretemps vous m'annoncez que non seulement vos potionnistes ont trouvé ce qui tue Harry mais également qu'ils ont trouvé le remède ...
- heu ... non, nous ne savons toujours pas ...
- ET BIEN MOI JE LE SAIS ! IL EST ATTEINT PAR UN SORTILEGE DE MAGIE NOIRE APPELE L'OMBRE DEVOREUSE ET SI JE NE LUI DONNE PAS CET ANTIDOTE IMMEDIATEMENT IL MOURRA !
- Ecoutez, Monsieur Malefoy, je n'ai jamais entendu parler d'un sort de ce genre ...
A ce stade de la conversation, Draco perdait patience, ce qui curieusement se traduisait chez lui par un calme démesuré.
- Docteur Sganarelle, dit-il d'une douce voix basse mais qui transpirait la menace, est-ce que vous voulez vraiment discuter avec moi de l'existence et des effets d'un sort de magie noire ?
Tout en prononçant ces mots, il avait relevé la manche gauche de sa veste, exhibant au médicomage apeuré la Marque des Ténèbres.
- Quoi ? ... que ... mais ...
- Alors écoutez-moi bien, Docteur. Soit vous m'interdisez d'administrer ce remède à votre patient et celui-ci mourra sous VOTRE responsabilité et je ferai du reste de votre vie un enfer. Soit vous me laissez faire, et si Harry Potter meurt, vous aurez la satisfaction de faire arrêter la personne responsable de sa mort. Moi.
Décomposé, le médicomage finit par accepter que Draco approche son patient.
- Merde Draco, t'es carrément flippant par moment, tu sais ... dit Blaise un peu sous le choc.
- Ouais, je sais.
A l'intérieur de la chambre, Draco dut rassembler tout son courage pour ne pas hurler de terreur à la vue du corps de Harry. Depuis la veille, il s'est considérablement émacié comme si son squelette tentait de remonter à la surface de sa peau. Son teint était gris à cause d'un voile d'ombre qui le recouvrait tout entier.
Hermione avait caché son visage contre l'épaule de Blaise, incapable de regarder davantage la déchéance de son meilleur ami.
Draco s'approcha et retira de sa poche, un tube en plastique transparent muni d'un piston. Il plongea l'embout dans la fiole et en tirant le piston, aspira le liquide jaune soleil à l'intérieur du tube.
Il ouvrit délicatement la bouche de Harry et s'apprêtait à enfoncer le tube dans sa gorge quand il fut brutalement interrompu par le médicomage :
- Par Merlin ! Que faites-vous ?
- Ceci est une seringue. C'est un instrument médical utilisé par les moldus pour injecter des produits dans l'organisme et aussi pour faire ingérer des liquides à des personnes inconscientes, expliqua Draco avec une patience qu'il n'avait pourtant pas.
- Un instrument moldu ?
- Oui, moldu ! Vous feriez mieux d'élargir un peu votre horizon, Docteur. Les moldus ont de très bons outils pour soigner leurs patients ! Maintenant, si vous avez fini de me faire perdre mon temps ...
Draco put terminer son geste. Une fois la seringue dans la gorge de Harry, il actionna délicatement le piston afin que le liquide coule lentement dans son œsophage sans en perdre une goutte.
L'effet fut immédiat. L'ombre grise qui enveloppait Harry se retira et son corps reprit un peu de consistance. Il restait pâle et amaigri mais le pire était passé. Il était sauvé.
Deux autres doses de potion furent encore administrées à Harry à deux heures d'intervalle afin d'effacer toute trace de l'ombre dévoreuse. Pour compenser le traumatisme subi par son organisme, Harry reçut également une potion de ravigote ainsi qu'un philtre de sommeil sans rêve pour l'aider à récupérer.
- Draco, dit Hermione, tu n'as pas dormi depuis hier et tu souffres du décalage horaire. Il faut que tu rentres à Poudlard pour te reposer. Harry va sûrement dormir jusque demain. Nous reviendrons à la première heure.
Draco soupira. « Oui, tu as raison. Rentrons. »
Avant de quitter la chambre, Draco se pencha à l'oreille de Harry et dit si bas que personne ne put l'entendre : « Dors, mon amour, dors. Ton cauchemar est fini... ».
POV Draco
Je suis revenu dans le dortoir des serpentards. Je m'allonge sur ce qui fut mon lit mais qui est maintenant le tien. J'enfuis mon visage dans l'oreiller qui porte ton odeur, une douce odeur d'eau de Cologne et de vétiver. J'ai l'impression de t'avoir près de moi.
La dernière image que je vois avant de sombrer dans le sommeil, c'est toi qui me souris depuis la table de nuit.
