Bonne lecture !

Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre 18 – Changements

POV Harry

- Adrian ... non, on a pas le temps ... Le cours commence à 8h30 et je dois encore prendre ma douche... dit-je en repoussant la main baladeuse qu'Adrian Pucey s'évertuait à glisser entre mes cuisses.

- Mais si, on a le temps ... ça ne prendra que deux minutes ...

Ouais, ben justement, j'aimerais bien que ça prenne parfois un peu plus que deux minutes.

Adrian est ce qu'on peut appeler un « rapide », doublé d'un égoïste. Une fois son problème résolu, il ne se préoccupe plus de personne !

Quand je pense aux efforts que moi je fais ! Pfff... je suis trop attentionné !

- ADRIAN, NON ! Merde, en quelle langue je parle ? T'es bouché ou quoi ?

Je me lève et je le laisse en plan. Il n'a qu'à se débrouiller avec sa copine à cinq doigts.

Je file sous la douche et je reste immobile sous le jet d'eau bouillante bienfaisant. J'adore être sous la douche, j'ai l'impression que mes idées y sont plus claires.

Il faut vraiment que je parle à Adrian. Je ne peux pas continuer comme ça, à coucher avec un mec que je n'aime pas juste pour me venger d'un autre.

Ma relation avec Adrian a commencé le jour de mon retour à Poudlard, après Sainte Mangouste, après son départ. J'étais tellement en colère, tellement malheureux que j'ai cherché l'oubli auprès de la première personne attentionnée et attirée par moi : Adrian.

Un dicton moldu dit que faute de grives, on mange des merles. Ma grive à moi, c'est plutôt un dragon volage, blond aux yeux gris qui s'est envolé de l'autre côté de l'Atlantique. Alors, oui, je me suis rabattu sur un merle.

Avec Adrian, c'est vrai que c'était bien au début. Il a été patient car je n'y connaissais rien ou presque en matière de sexe et particulièrement, avec des garçons.

Il est arrivé à me faire admettre mes préférences pour les hommes, ce dont je me doutais, compte tenu de l'effet que la vue de son joli corps musclé produisait dans mon bas ventre. Et le jour où je l'ai surpris en train de me mater sous la douche, au lieu d'en être gêné, et bien disons que ... j'ai plutôt apprécié !

Mais notre relation m'ennuie. Quand il me prend, c'est avec beaucoup de bruit et peu d'effets. Du coup, je préfère me retrouver au-dessus comme ça je peux prendre mon temps. Et j'aime ça. Parce que j'ai remarqué que, quand je prends mon temps, je peux fermer les yeux et imaginer qu'en dessous de moi, ce n'est pas un petit châtain musclé aux yeux bleus mais un grand blond pâle aux yeux gris.

Je crois qu'il s'en rend compte. Il a deviné que si mon corps baise avec lui, ma tête fait l'amour à quelqu'un d'autre. C'est pourquoi, ces derniers temps, il veut toujours être au dessus. Pour le coup, il a raison : ses piètres performances m'enlèvent toute illusion qu'il puisse d'agir de mon dragon ...

Parfois, je me dis que j'idéalise Draco. Après tout, peut-être que sa réputation de dieu du sexe de Poudlard est totalement surfaite et sans fondement. Mais cette seule idée me fait rire.

Evidemment qu'il est un dieu ... et évidemment que je l'idéalise puisque j'en suis amoureux.

Oui, maintenant je peux le dire. Après qu'il soit reparti à Salem, je n'ai plus eu la force de lutter contre cette vérité. Je l'aime et ça m'a soulagé d'enfin l'admettre.

Mais le soulagement a été de courte durée et a laissé place à une autre réalité, encore plus cruelle : Draco est à des milliers de kilomètres d'ici, certainement en train de faire perdre la raison à ce cher Edward. Bon sang, ce que je le déteste celui-là. Je ne le connais pas mais je le déteste. Déjà, s'appeler Edwaaaard c'est d'un snob !

Dans tout ce maelstrom émotionnel, Adrian n'a été qu'un amant de substitution. Il ne parviendra pas à me faire oublier Draco.

Allez, il est temps que je sorte de cette étuve avant de ressembler à un dim sum.

Je me sèche rapidement et je retourne dans la chambre. Depuis le seuil, je regarde Adrian encore allongé dans les draps. Voilà comment ça va se passer :

- Dégage Adrian. Toi et moi, c'est fini.

- Hein ? Quoi ? Mais tu ne peux pas ...

- Non seulement je peux mais je le fais. Salut !

- Et je peux au moins avoir une explication ?

- Si tu y tiens : tu m'ennuies.

- Quoi ?

- Adrian, doit-on vraiment avoir cette conversation prodigieusement stérile ?

- Non, c'est bon. J'me tire mais t'es vraiment un salaud Harry.

- Je m'en remettrai ...

Potter : 1 – Pucey : 0

Ca c'est du largage en règle.

Sauf que ça, c'est pas moi. C'est le Malefoy que je voudrais être qui imagine la scène.

Sois honnête Potter, c'est surtout la manière dont tu voudrais que ton dragon largue Edwaaaard ...

Je me ressaisi et en lieu et place, je dis :

- Adrian, je crois que toi et moi, ça ne fonctionne pas vraiment ...

- Quoi ? Mais pourquoi tu dis ça ?

- Ecoute, ... je t'apprécie beaucoup et je n'ai pas envie de te blesser. Alors, ...

- C'est bon, j'ai compris ...

Et il prend ses affaires et s'en va sans se retourner.

Avec un soupir, je remets mes vêtements de la veille en vitesse et je regagne la salle commune des Serpentards. Là, tout le monde semble déjà au courant de la déconvenue d'Adrian. Blaise et Théo me regardent bizarrement. Je me contente de hausser les épaules d'un air penaud et de monter dans le dortoir pour mettre des vêtements propres.

Je soigne particulièrement ma tenue : jeans noir ajusté et pull coll V en cachemire noir également. Church's aux pieds. Cheveux décoiffés.

Quand j'arrive dans la grande salle, je peux presque entendre le bruit des mâchoires qui se décrochent...

Depuis deux semaines, la gente masculine de Poudlard était fatiguée. Une partie d'entre elle était fatiguée par ses nuits très très courtes dans le lit d'Harry Potter. L'autre était fatiguée de l'attitude totalement imbuvable du même Harry Potter.

Blaise Zabini ne faisait pas partie de la première catégorie mais était très certainement sur le point de basculer dans la deuxième. Raison pour laquelle il décida de prendre les choses en mains.

- Potter ! Il faut qu'on parle ! Dit Blaise en l'empoignant fermement par le bras et en le forçant à entrer dans une classe vide.

- Héé ! Qu'est-ce qui te prend Zabini ?

Blaise soupira et s'assit sur une table.

- Harry ... tu fais quoi là au juste ?

- Je t'écoute soupirer et poser des questions stupides.

- Joue pas au plus malin Harry, ça ne te va vraiment pas. On ne te reconnait plus ! Tu couches avec le premier venu que tu largues toute suite après, tu deviens tellement imbuvable qu'on ose même plus t'adresser la parole, tu agresses tout le monde sans raison ... Mais merde ! Qu'est-ce qui t'arrive à la fin ?

Harry fixa le sol et répondit d'une voix basse :

- Est-ce si terrible de vouloir changer ? De vouloir être quelqu'un d'autre ?

- Si ça t'amène à renier le meilleur en toi, oui, c'est terrible.

Harry se laissa glisser le long du mur jusqu'à terre et enfouit sa tête dans ses bras.

- Je suis perdu Blaise.

- Je m'en rend compte Harry et je crois comprendre pourquoi.

Blaise se tut un instant avec de reprendre :

- Tu n'es pas obligé de lui ressembler tu sais ...

- Je ne ...

- Tu crois que je n'ai pas assez côtoyé Draco Malefoy dans ses plus mauvais jours pour ne pas reconnaître sa marque de fabrique ? Pourquoi fais-tu ça ? C'est lui qui t'incite à agir comme ça ?

- Non, non ! Justement ... dans mes dernières lettres, je lui explique ... tout ça quoi, je croyais que ça l'amuserait. Mais dans ses réponses, je sens bien qu'il est ... déçu.

- Evidemment qu'il est déçu ! Tu n'as plus rien à voir avec la personne qu'il connaît, Harry ! Et en plus, tu lui renvoies à la figure ce que lui était avant et qu'il détestait !

- Oh Blaise, j'ai complètement merdé ... mais je suis perdu. Je ne comprends rien à Draco : une fois, il est doux et attentionné, l'autre fois, il est cynique et froid. Et il me dit toujours que je suis trop sentimental. J'ai essayé de changer, c'est tout.

- Pourquoi veux-tu changer pour lui ? Pourquoi ne peux-tu pas rester toi-même ?

- Parce que je l'aime et que lui n'aimera jamais quelqu'un qui parle le poufsouffle. Alors, je me suis dit que je devais m'endurcir, être comme lui.

Nous y voilà, se dit Blaise.

- Harry, tu te rappelles ce que je t'ai dit quelques jours après ton arrivée à Serpentard ?

« ... Ne confonds pas l'amitié qu'il te donne avec autre chose que tu pourrais souhaiter ... »

- Oui, je m'en souviens, répondit Harry douloureusement.

- Et qu'es-tu en train de faire ?

- MERDE ! JE N'Y PEUX RIEN BLAISE ! JE L'AIME ! Éructa Harry. Tu me dis tout ça comme s'il suffisait que JE décide de ne pas l'aimer. Mais je n'y arrive pas ! Et pourtant, j'essaye. Regarde-moi : il n'y aura bientôt plus un seul mec de Poudlard qui sera pas passé dans mon lit ... Mais ça ne sert à rien, à rien du tout ... ajouta-t-il dans un souffle.

Blaise soupira derechef. Il posa une main sur l'épaule du brun et lui dit :

- C'est vrai, Harry, personne ne peut te dicter tes sentiments, pas même toi. Mais il est une chose que tu peux faire, que tu dois faire : rester fidèle à toi-même. Ne te déguise pas en quelqu'un que tu n'es pas. Un jour ... un jour, il arrivera peut-être que Draco ouvre enfin les yeux. Et ce jour-là, il faut qu'il voit Harry Potter, son ami et pas cet ersatz de lui-même que tu essayes de devenir. S'il voit ça, crois-moi, il s'enfuira. Et une dernière chose Harry : Draco est tout sauf endurci.

POV Blaise

Je suis désolé Draco. Tu m'as demandé de le protéger des sentiments qu'il pourrait avoir pour toi. J'ai essayé et j'ai échoué.

Parce qu'il t'aime.

Comme toi tu l'aimes.

Tu parles d'un gâchis.

Il est prêt à tout pour toi. Même à devenir quelqu'un d'autre. A devenir toi. Quitte à se détruire.

POV Harry

Depuis ma conversation avec Blaise, je me suis calmé. Mon lit ne ressemble plus au quai 9 3/4 un jour de rentrée et mes amis m'adressent de nouveau la parole.

Sans entrer dans les détails, je me suis excusé auprès d'eux pour mon lamentable comportement en mettant tout ça sur un contrecoup de mon hospitalisation.

Les serpentards ont gobé l'affaire mais je vois bien qu'Hermione est sceptique.

Parallèlement, nos investigations piétinent.

Hermione, avec l'aide Pansy, est parvenue à maîtriser le sort du coffre-fort ainsi que son contre-sort.

Un après-midi où Ginny avait entraînement de quidditch, Hermione est entrée dans le dortoir des filles.

Elle a lancé le contre-sort et a pu accéder au lit, aux tiroirs de la table de nuit, à la commode et au bureau de la rouquine. Sa timide inspection s'est avérée d'un inintérêt absolu.

Cet échec a prodigieusement énervé ma chère Hermy qui, faisant fi de sa conscience, a entrepris alors une fouille plus énergique des lieux. Elle a retourné tous les tiroirs, répandant leur contenu à même le sol. Le résultat n'a pas été plus concluant.

Elle s'est alors attaquée au lit, éventrant les coussins de toutes tailles qui le recouvrait, arrachant les draps et soulevant le matelas. C'est là qu'elle a découvert un test de grossesse encore intact.

Hermione en a soupiré de frustration. C'était notoire que Ginny se faisait culbuter par tout Poudlard, pas étonnant donc que, de temps en temps, elle craigne les conséquences ... Mais tout ça ne la reliait en rien aux évènements.

D'un coup de baguette, tout fut remis en place. Personne n'aurait pu se douter que l'ouragan Hermione était passé par là.

Lentement mais sûrement, mes amis et moi sommes parvenus à la conclusion que les Weasley n'avait rien à voir avec les « accidents » dont je fus la victime.

Nous sommes maintenant le 20 décembre et plus personne n'a essayé d'attenter à ma vie.

Et c'est tant mieux car dans deux jours je pars à New York. Heureusement que j'avais activé un rappelle-tout, j'ai bien failli oublier ...

Bon, ok. La réalité c'est que je ne dors plus depuis 8 jours, que j'ai déjà refait ma malle 5 fois et que j'ai tellement lu et relu les billets que je connais par coeur les conditions générales écrites en tout petit au dos.

Je suis excité comme un acarien au Salon de la Moquette.