Bonne lecture !
Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Chapitre 19 – New York, New York
POV Harry
Je viens d'arriver à New York. Le portoloin n'est décidément pas un mode de transport fait pour moi si j'en crois mon lamentable atterrissage sur le carrelage froid du terminal.
Alors que je tente péniblement de reprendre mes esprits, étendu sur le ventre, de tout mon long, la joue contre le sol, une paire de chaussures aussi chics que coûteuses entrent dans mon champ de vision. Elles accompagnent une mirobolante paire de jambes recouvertes d'un pantalon en laine.
Les Jambes fléchissent souplement et me parlent d'une voix douce et un peu traînante :
- Alors, Potter ? On fait une entrée remarquée à ce que je vois ...
Les Jambes se redressent et deux bras surgissent pour m'aider à me relever.
Une fois debout, les bras m'enlacent avec force.
Et là, je suis heureux. Je niche ma tête dans son cou pour respirer son odeur qui m'a tellement manqué. Une odeur d'orange amère que je pourrais reconnaître entre mille.
- C'est bon de te revoir Draco...
- Merlin oui !
Je me détache enfin pour regarder son magnifique visage aux traits si fins. Il arbore un sourire qui se propage à ses yeux.
Je fais un effort surhumain pour garder mes mains sur ses épaules alors que je ne rêve que de caresser la peau d'albâtre de ses joues.
POV Draco
Merlin, ce qu'il m'a manqué ! Je respire l'odeur de vétiver de ses cheveux comme un drogué en manque.
Je crois mourir lorsqu'il se détache de moi mais je plonge alors dans l'océan de ses yeux verts et là, je me dis que si je dois mourir, je veux mourir noyé dans ces yeux-là.
Je contemple son beau visage et ça me rend heureux.
Salazar soit loué, mon éducation me permet de rester maître de moi en beaucoup de circonstances mais c'est avec le plus grand mal que je résiste à l'envie d'embrasser ces lèvres si douces.
Posté devant l'immense baie vitrée de l'appartement, Harry ne se lassait pas de contempler la vue.
- ça t'a manqué, dis-moi ?
- Plus que tu ne peux l'imaginer... dit Harry en se tournant vers Draco.
- Tu sais que tu peux venir ici quand tu veux Harry, avec ou sans moi.
- Quel est l'intérêt de venir si tu n'es pas là ? Répondit Harry sur un ton égal, les yeux perdus dans la forêt de gratte-ciels étendue devant lui.
Draco s'éloigna vers la cuisine et revint avec deux bouteilles de bièraubeurre made in US.
- Alors, Harry, raconte-moi ... Où en est l'enquête ?
- Pas très loin, je le crains. Comme tu le sais, notre cible numéro un était les Weasley mais après plusieurs semaines de surveillance, on est tous arrivé à la conclusion qu'ils n'étaient pas mêlés à cette histoire.
Cette information contrariait le blond. Si aucun coupable n'avait pu être identifié, il y avait de fortes chances qu'il recommence.
L'inquiétude de Draco devait être visible car Harry s'approcha pour lui dire :
- Ne t'inquiète pas Draco. Je suis sur mes gardes. Mais ne parlons plus de tout ça, s'il te plaît ! Pendant 15 jours, je suis ici, à New York, avec toi, en sécurité. Pendant 15 jours, il ne pourra rien m'arriver.
- Tu as raison Harry ! Profitons de ton séjour ici. Il y a tant de choses que je voudrais te faire découvrir ! Allons-y dès maintenant ! Dit-il en lançant à Harry sa veste, son écharpe et ses gants.
Ils prirent la direction de Central Park.
- Où m'emmènes-tu ?
- Figure-toi que tout comme le Londres sorcier, il existe un New York sorcier. Il y a plusieurs voies d'accès différentes mais la plus proche est dans Central Park.
Dans le parc, ils arrivèrent à proximité d'un petit pont qui enjambait une voie d'eau et descendirent un petit escalier bien dissimulé permettant d'accéder à la berge. Sous la voûte du pont, se dessinait une porte.
Draco effectua un mouvement de baguette et la porte s'ouvrit. Celle-ci donnait sur une berge identique à celle qu'ils venaient de quitter.
Harry contemplait ébahi le Central Park du monde sorcier.
En soit, il ressemblait très fort à son homologue moldu sauf qu'il était peuplé de sorciers pratiquant la magie en toute liberté.
Les échoppes des vendeurs ambulants proposaient les produits sorciers en lieu et place des traditionnels hotdogs et barbe-à-papas.
Alors que la température ne le permettait pas, un des deux lacs était totalement gelé au plus grand bonheur des patineurs.
Plus loin, des joueurs de quidditch s'affrontaient amicalement.
- Viens Harry ! Allons nous installer chez Happy, c'est un café sympa un peu plus loin. Edward nous y attend, j'aimerais te le présenter, dit gaiement Draco.
Harry sentit une pierre tomber au fond de son estomac et ensuite la colère le gagner. Il allait passer seulement 15 petits jours avec Draco et fallait que celui-ci invite son petit copain ! Le jour de son arrivée en plus !
Il suivit Draco en lui faisant franchement la gueule, bien décidé à être désagréable au possible avec le pot de colle.
Après à peine quelques minutes de marche, ils débouchèrent sur une clairière animée. En son centre, se dressait un charmant édifice de style colonial. Plusieurs tables étaient posées à l'extérieur car malgré le froid et le temps couvert, il n'était pas désagréable de rester dehors siroter une boisson chaude.
Au loin, Harry remarqua un jeune homme qui marchait vers eux. Instinctivement, il crispa les mâchoires et serra les poings.
Le jeune homme n'était plus qu'à quelques mètres quand Harry reçut le choc de sa vie : Cédric Diggory se tenait devant lui.
POV Harry
Non, non, non. Ce n'est pas possible. Diggory est mort. J'y étais. Je l'ai vu. J'ai ramené son corps. J'étais à son enterrement.
Puis je note les différences entre les deux : mon vis-à-vis a les cheveux beaucoup plus cuivrés. Et ses yeux ont une étrange couleur topaze doré.
A ce moment, je suis comme terrassé : cet homme est d'une beauté époustouflante. Il est grand, mince et son corps paraît avoir été sculpté à même le marbre.
Il n'empêche que je trouve Draco beaucoup plus beau. Edward ressemble trop à ... un prédateur.
En pensant à Draco, la réalité me submerge alors comme un tsunami : jamais, je ne pourrai rivaliser avec ce type. Je comprends pourquoi Draco ne parle plus que de lui. A côté, je suis tout simplement aussi insignifiant qu'un botruc.
Edward fronce les sourcils et arbore une expression de légère incompréhension.
Super, il me prend pour un demeuré. Il faut dire que je le regarde depuis deux plombes sans esquisser un geste ...
Je me reprend.
- Humm ... Bonjour. Harry Potter.
- Bonjour Harry (merlin c'est quoi cette voix ...). Je suis Edward Cullen.
Même son nom est une invitation à la débauche. Edward Cullen. Ça roule tout seul sur la langue. Autre chose que Potter ...
- Enchanté, Edward. Draco m'a beaucoup parlé de toi.
- Moi aussi ! Draco est intarissable à ton sujet !
C'est débile, mais ça me fait plaisir. Savoir que Draco vante mes mérites à son copain hyper canon, ça me ...
Minute ! Qui a dit que Draco vantait mes mérites ? Si ça tombe, il est intarissable pour se moquer de moi ...
- Si j'en crois Draco, poursuit Edward comme si de rien n'était, tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel.
Donc, il ne se moquait pas. Mon coeur tout sec se regonfle d'un coup.
Nous allons nous asseoir tous les trois à une table à l'extérieur. Alors que nous prenons place, le ciel se dégage et un beau soleil d'hiver fait son apparition. Mon oeil est attiré par un éclat lumineux à ma droite. C'est Edward. Il scintille de mille feux.
- Edward ... c'est normal que ... que tu brilles tout à coup ? Dis-je un peu platement.
L'intéressé rigole doucement et Draco répond à sa place :
- Edward est un vampire, Harry. Ceux de son espèce ont la peau qui scintille au soleil.
- Désolé, dis-je en m'adressant à Edward. Je n'avais jamais rencontré de vampires avant toi. Et je pensais qu'ils ne vivaient que la nuit.
- Oui, c'est ce que tout le monde croit. Mais c'est faux. Nous pouvons vivre aussi bien le jour que la nuit. Le mythe provient de ce que la journée, nous devons nous cacher des humains s'il y a du soleil ... tu comprends pourquoi. Nous serions trop « visibles ».
- Mais ici, tu ne te caches pas ...
- Non, c'est l'avantage de vivre dans le monde sorcier. Vous fréquentez régulièrement des créatures mythiques. Par contre, quand je vis parmi les humains, je dois être plus prudent.
- Tu ne vis pas toujours avec les sorciers ? demande-je de plus en plus intéressé par cet étrange personnage.
- Comme tous les vampires, je suis immortel. J'ai 17 ans depuis 1918. Alors pour varier les plaisirs, j'alterne les modes de vie. Je compte rester parmi vous encore quelques années puis je retournerai dans le monde moldu, comme vous dites.
- Mais pourquoi ? Tu es plus à l'aise ici, non ? Tu peux être moins « prudent » ...
- Oui, c'est vrai. Et je me plais beaucoup parmi vous. Mais j'ai le sentiment que je ne trouverai mon bonheur que dans le monde moldu.
- Ton bonheur ?
- Oui, la femme de ma vie. Celle que je cherche depuis presque 80 ans maintenant ...
- Tu veux dire ... hmm, que tu n'as personne ici qui ... demande-je laborieusement
- Non, absolument personne. Enfin, j'ai des amis évidemment ... mais personne dont je ne sois amoureux, termine-t-il doucement.
Draco, qui était resté silencieux jusque là, intervient :
- Je lui ai présenté toutes les sorcières possibles et imaginables, mais monsieur est difficile ! Je lui ai même présenté des sorciers au cas où mais ce pauvre Edward est désespérément hétéro ... ajoute Draco en lui donnant une bourrade dans le dos qui ne le fait pas tressaillir d'un poil.
- Je sais, je suis un cas désespéré rigole Edward. Doublé d'un incurable romantique !
- Comment ça ? Je demande.
- J'ai l'intime conviction que nous avons tous notre âme soeur quelque part dans ce monde : une personne unique qui, lorsque nous la trouvons, remplit tout le vide que nous ressentons. Une personne avec qui nous sommes ... complets. Certains ont la chance de la trouver, d'autre pas. Moi je cherche encore. Et je continuerai à chercher aussi longtemps que nécessaire. Jamais je ne pourrai renoncer en me contentant d'un choix de substitution.
Je reste silencieux, trop bouleversé par ce que je viens d'entendre.
Draco se lève et annonce qu'il va nous chercher à boire. Je reste seul avec Edward.
- Draco est vraiment quelqu'un de bien, me dit-il tout d'un coup. Et il ne te trouve pas insignifiant.
Je reste sans voix . Comment diable sait-il que ...
- Parce que j'entends tes pensées Harry.
- Quoi ?
- J'entends ce que tu penses comme si tu l'énonçais à haute voix.
Oh Merlin ... je souffle en repensant à tout ce à quoi j'ai pensé quand il est arrivé.
Edward rigole franchement.
- Ne t'en fais pas Harry ! J'ai l'habitude de ce genre ... d'introspection !
- Oui mais ... je suis désolé quand même. Je n'ai pas l'habitude d'être aussi hargneux et grossier.
- Tu avais de bonnes raisons. Tu me prenais pour un ennemi.
- Oui, c'est vrai ...
- Tu comprends maintenant que tu n'as rien à craindre de moi ? Nous sommes colocataires et c'est tout.
J'acquiesce en silence. Mais il y aura toujours un Edward quelque part. Un canon qui m'éclipsera aux yeux de Draco.
- Tu te dévalorises trop Harry. Comme je te l'ai dit, tu comptes pour lui plus que tu ne le penses. Il m'a raconté tu sais ... comment tu lui as sauvé la vie.
- Je ne veux pas qu'il se sente redevable envers moi ... je voudrais qu'il m'... apprécie pour ce que je suis et pas pour ce que j'ai fait pour lui. Et puis, lui aussi il m'a sauvé la vie ...
- C'est tout-à-fait louable de ta part... comme c'est aussi louable de ne m'avoir pas encore demandé de te révéler les pensées de Draco ... Après tout, je peux les lire aussi bien que les tiennes.
- Je ne veux pas savoir.
- Pourquoi ? Tu as peur de la réponse ?
- Oui en partie. Mais surtout, je ne veux pas le trahir.
- C'est aussi pour ça que j'aurais refusé de te les révéler.
Draco arrive à ce moment-là, faisant léviter devant lui deux mugs d'un délicieux chocolat chaud parfumé à la cannelle et un gobelet en plastique muni d'une paille. Il place les mugs devant lui et moi et tend le gobelet à Edward.
- Puma, ça te va ?
- Mon préféré, sourit Edward.
D'un air interrogateur, je regarde Edward porter la paille à sa bouche. Quand je vois que le liquide qu'il aspire est rouge carmin foncé, je comprends de quoi il s'agit.
J'ai dû pâlir car Draco lève les yeux au ciel et dit :
- Si tu dois vomir Potter, fais ça dans les buissons.
