Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Chapitre 22 – L'enfer
POV Harry
Ces deux semaines avec Draco sont passées comme dans un rêve. J'essaye de ne pas penser à notre baiser, à la danse qu'on a partagée, à ce morceau de piano tellement envoûtant. Je voudrais ne retenir que nos fous rires, nos promenades, nos parties de quidditch et nos virées shopping mais inévitablement, mes pensées reviennent à cette nuit de Nouvel An.
La mélancolie me gagne alors que j'arrive au terminal des portoloins de New York. Combien de temps avant de le revoir ? Il va encore me prendre pour un poufsouffle mais tant pis, je me lance :
- Draco ? Crois-tu qu'il serait possible de tu reviennes en Angleterre à Pâques ?
- Harry ? Crois-tu qu'il serait possible que je vienne en Angleterre à Pâques ?
Nous avons parlé exactement en même temps et nous rions tous les deux de notre synchronisme
- Bien, dis-je, je crois que nous avons eu la même idée ! Donc, tu seras à Londres à Pâques ?
- Oui ! Ça t'ennuie si je viens à Grimmaurd ? J'ai pas très envie de me retrouver seul à Belgravia ...
- Non, pas de problème. Ta chambre et ton dressing sont toujours là !
- Tu as déjà une idée de ce que tu auras envie de faire ?
T'embrasser jusqu'à ce que mort s'en suive...
- hum... pas vraiment. Hermione m'aura sûrement préparé un planning de révision pour les ASPIC mais à part ça ..
- Bon, et bien, je t'aiderai en potions alors !
Nous nous taisons un instant profitant encore un peu de la présence de l'autre.
- J'ai passé de magnifiques fêtes de fin d'année, Draco, dis-je pour rompre le silence. Ce séjour avec toi était sensationnel !
- Merci Harry ! J'ai vraiment été content que tu sois là ... et j'ai vraiment aimé ton cadeau !
- Que dois-je dire du mien ! Si je ne gagne pas tous les matches avec un bolide pareil, c'est que je suis l'Attrapeur le plus nul de Grande-Bretagne !
- Même sur un Brossdur des années 20, tu restes le meilleur Attrapeur du monde !
Une voix résonne dans le terminal, appelant les voyageurs pour Londres. Il est temps de se quitter. Je suis triste mais j'ai le cœur moins lourd à l'idée de le revoir dans trois mois.
Je le serre dans mes bras afin de respirer une dernière fois son odeur d'orange amère.
- Au revoir, Draco. Prends soin de toi.
- Toi aussi Harry. Surtout toi ...
Je m'écarte de lui et après un dernier signe, je disparais dans la foule des voyageurs.
POV Harry
- HARRY ! Tu m'as manqué !
Une tornade brune vient d'atterrir dans mes bras.
- Hermy ! Tu m'as manqué toi aussi !
- Alors ? C'était comment New York ? Comment va Draco ? Tu as rencontré ses amis ?
- Hermy, laisse-le respirer ! Dit Blaise en approchant. Content de te revoir Harry !
- Salut Blaise ! Je suis content de vous revoir tous les deux. Laissez-moi m'installer et on se rejoint dans la salle sur demande dans une heure ? Je vous raconterai tout !
Enfin presque …
- Ok ! A plus tard ! Dit Hermione en rejoignant la salle commune des Gryffondors.
Nous nous retrouvons donc, une heure plus tard avec Théo, Blaise, Pansy, Millicent et Hermione. Je leur raconte avec enthousiasme la découverte du New York sorcier. Les filles sont fascinées par l'épisode Edward et ne rêvent que d'une chose, le rencontrer.
Mais là où j'ai carrément créé l'émeute, c'est quand j'ai sorti mon Thunder Bird de sa boîte. Même Hermione, qui ne se passionne pas pour le quidditch, connaît la rareté de l'objet.
- Merlin, Harry ! C'est un balai d'une valeur inestimable. Draco doit sacrément tenir à toi pour t'offrir un pareil cadeau !
Je suis un peu gêné par la remarque d'Hermione et tente d'esquiver en disant :
- Ooh, tu sais, Malefoy est milliardaire, la valeur des choses n'est pas la même pour lui que pour nous ...
- Je ne parle pas de ça Harry ! Le Thunder Bird est un balai réalisé uniquement sur commande selon les exigences spécifiques du client. C'est incroyable de constater que le balai est parfaitement adapté à ta morphologie, en termes de poids et de taille notamment. Tu l'aurais commandé toi-même qu'il n'aurait pas été plus parfait !
Je suis sidéré par la démonstration d'Hermione. Je n'avais pas encore réalisé ce que ce cadeau impliquait ... En effet, contrairement aux balais standards, celui-ci a été réalisé sur mesure. Je me demande comment Draco a pu fournir toutes ces données au fabriquant ...
Je n'ai pas le temps de m'interroger plus longtemps car Blaise vient de décréter qu'il était mort de faim et qu'il était temps de descendre à la Grande Salle. Je lui jette un coup d'œil reconnaissant.
A Poudlard, les jours se suivent et se ressemblent. Les cours, les repas, la salle commune, les devoirs, le dortoir. Et ainsi de suite.
Nous sommes presque à la mi-février et excepté Hermione, personne n'est encore vraiment sous pression pour les examens de fin d'année.
Il est tard et je reviens de la bibliothèque où j'ai travaillé sur un devoir de métamorphose particulièrement retors quand j'entends des gémissements provenant d'une classe vide.
- Non, Ron, arrête, s'il te plait ... ne fait pas ça !
- T'es vraiment qu'un sale pédé Finnigan ! Tu me dégoûtes !
J'entre dans la salle à temps pour voir Ron rouer Seamus Finnigan de coups de pieds dans le ventre.
- WEASLEY, ARRETE CA ! je hurle
- Tiens, Potter ! Tu viens au secours de cette petite pute ? C'est vrai qu'entre tarlouzes, vous vous entraidez, hein ! Lui aussi, tu te l'es fait ?
J'empoigne Ron par le col et le plaque au mur avec violence.
- Tu dégages Weasley ou bien tu vas savoir ce qu'une tarlouze dans mon genre est capable de faire à ton cul de sale homophobe !
Un éclair de panique passe dans les yeux du rouquin qui se colle un peu plus contre le mur. Je le lâche et lui répète : « Dégage Weasley ».
- Tu perds rien pour attendre Potter ! T'es qu'un putain de dépravé ! Crache-t-il avant de sortir du local.
Je m'approche de Seamus et l'aide à se relever.
- ça va Seamus ? Rien de cassé ?
- Non, ça va. Merci Harry ...
- Qu'est-ce qu'il lui prend à Weasley, il est devenu dingue ou quoi ?
- Pffff... si tu savais, Harry. Depuis ton ... départ, il s'est imposé comme le nouveau prince des Gryffondors. Avec Ginny, ils font régner une véritable terreur. Ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, le payent cash. La semaine dernière, il m'a vu avec un Serdaigle de 5ème année et il est devenu fou. Soit-disant que je jette l'infamie sur la Maison Gryffondor, que je suis un dégénéré, un anormal ... me dit-il des sanglots dans la voix.
- Hé, Seamus, t'en fais pas ... c'est pas toi qui a un problème, c'est lui. Il est encore plus con que je croyais.
- Il est peut-être con mais il est dangereux.
Je n'avais jamais vu une telle panique dans les yeux de Seamus. Il semble sur le point de vouloir me dire quelque chose mais il renonce.
- Bon, faut que je rentre maintenant. Merci encore Harry.
- Pas de quoi. Mais ... Seamus, si Ron te maltraite encore comme ça, il faut que tu le dénonces ! Il n'a aucun droit de faire ça !
- Je sais Harry, je sais. Je le ferai ... la prochaine fois ...
Il se dirige vers la porte mais avant de la passer, il se retourne et me dit :
- Harry ... tu nous manques tu sais, à Dean, à moi et aux autres. L'histoire avec Malefoy, et bien, ... tu as fait ce que tu estimais être juste. Ça ne nous dérangeait pas ... C'est juste que Ron et Ginny, ...
- Ouais, je sais. Ils sont vraiment cons.
- Fais attention à toi, Harry.
Et il repart sans plus un mot.
Alors que je retourne vers la salle commune des Serpentards, je me dis que les temps ont bien changés. I mois de cela, je détruisais Voldemort et j'étais persuadé d'épouser la soeur de mon meilleur ami, une jolie rousse qui allait me donner une ribambelle de gamins.
Aujourd'hui, ledit meilleur ami est devenu une ordure de la pire espèce, sa frangine me donne la nausée, je suis gay et amoureux fou de mon ex meilleur ennemi.
Quelle ironie ...
En ce jour de Saint-Valentin, la Directrice avait voulu perpétuer la tradition mise en place par Dumbledore.
La Grande Salle avait donc été redécorée dans des couleurs rouge et rose et des milliers de petits coeurs volaient magiquement à travers l'immense pièce.
Les hiboux avaient fort à faire, venant sans cesse déposer devant les élèves des mots doux, des invitations, des déclarations enflammées, des petits paquets de toutes tailles, voire même des beuglantes ...
Harry n'était pas en reste. Il avait déjà reçu une bonne vingtaine de messages, filles et garçons confondus, qui allaient de la timide déclaration d'amour à la demande en mariage en style pornographique. Il lisait pour le moment la prose d'un certain Daniel, un poufsouffle de 5ème année. Si ce type était aussi doué avec son corps qu'avec les mots, il n'était pas exclu qu'Harry lui donne sa chance. Depuis son retour de New York, il n'avait eu qu'une petite aventure sans intérêt avec un Serdaigle de 7ème année.
Un grand bruissement d'ailes lui fit lever la tête. Il oublia en une seconde Daniel et sa prose car Mercutio venait d'arriver dans la salle et se posait avec grâce devant lui.
Le coeur de Harry battait à tout rompre. Fut-il possible que l'inaccessible et insensible Draco Malefoy ait pensé à lui en ce jour de Saint Valentin ? L'exaltation fit cependant vite place à la panique car Harry lui, n'avait rien envoyé à Draco, estimant que l'ex serpentard se moquerait une nouvelle fois de son côté trop sentimental ...
Harry détacha de la patte de Mercutio un petit paquet enveloppé de papier kraft. Il n'était accompagné d'aucun message. Le brun déballa le paquet qui s'avéra être une petite boîte en velours rouge lie de vin qui contenait des chocolats.
Harry sourit devant ce cadeau inattendu. Il reconnaissait bien là le fier Draco Malefoy ... Sobre, élégant et sans ostentation. Et il n'avait pas joint de message pour ne pas passer pour un poufsouffle, évidemment...
Harry sourit de plus belle en enfournant un des chocolats. Merlin, il était délicieux ! Doux, fondant, sucré ... comme le baiser qu'ils avaient échangé ...
Une joie folle gonflait tellement dans le cœur de Harry qu'il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer ... jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'effectivement, sa respiration était bloquée.
Paniqué, il porta une main à sa gorge, la bouche grande ouverte, incapable d'aspirer la moindre goulée d'air, avant de sombrer dans le néant.
Hermione et Blaise attendaient impatiemment dans le couloir de l'infirmerie.
Après ce qui leur a semblé des heures, la porte s'ouvrit enfin sur Mme Pomfresh et le professeur McGonagall.
- Mme Pomfresh ! Que s'est-il passé ? Comme va Harry ? Demanda Hermione
- Il va mieux. J'ai pu dégager ses voies respiratoires et il respire normalement. C'est grâce à vous, Monsieur Zabini. Si vous n'étiez pas intervenu si promptement, je crains que Monsieur Potter ne serait plus parmi nous à l'heure qu'il est, dit gravement l'infirmière.
- Mais que s'est-il passé au juste ? Demanda Blaise.
- Monsieur Potter a fait un choc anaphylactique suite à l'absorption d'une substance à laquelle il est gravement allergique, expliqua Mme Pomfresh.
- Quoi ?
- Oui, Miss Granger. Il semble que les chocolats que Monsieur Potter a mangés contenaient une importante quantité de poudre de noix, poursuivit la Directrice.
- Mais ... c'est ... impossible ...
- Avez-vous une idée de qui lui a envoyé cette boîte de chocolats ? Interrogea McGonagall?
- Eh bien, ... vu que c'est Mercutio qui a apporté le paquet, il y a de fortes chances que ce soit ... Draco Malefoy, dit Hermione d'une toute petite voix.
- Monsieur Malefoy pouvait-il ignorer que Monsieur Potter était allergique aux noix ? Continua la Directrice.
- C'est possible ... dit Hermione. Après tout, jusqu'il y a peu, ils ne se connaissaient pas vraiment, ajouta-t-elle sans conviction.
- Bien, nous éclaircirons cela plus tard. Pour l'instant, Monsieur Potter a besoin de repos. Je vous prie tous les deux de regagner vos Maisons.
Hermione et Blaise marchèrent en silence une partie de chemin. Finalement, ce fut Hermione qui posa la question :
- Blaise ? Draco savait pour l'allergie de Harry ?
- Oui, il le sait depuis la première année.
- Tu ... tu crois qu'il ... aurait pu vouloir faire du mal à Harry ?
Blaise crispait les mâchoires, signe de grande tension chez lui. Il répondit d'un ton sec et catégorique :
- Je ne peux pas croire tu puisses penser, ne fût-ce qu'une minute, que Draco a quelque chose à voir là-dedans ! Draco a tous les défauts du monde mais JAMAIS, JAMAIS TU M'ENTENDS, IL NE POURRAIT TUER QUELQU'UN ET CERTAINEMENT PAS HARRY ! s'emporta le métis.
Hermione fondit en larmes.
- Je le sais Blaise ! Pardonne-moi d'avoir douté de lui mais je ne comprends rien à ce qui se passe ... je suis tellement ... perdue..., sanglota-t-elle.
- Oh, Hermy ! C'est moi qui te demande pardon. Je n'aurai pas dû crier comme ça, dit Blaise en la prenant dans ses bras. C'est juste que je sais que Malefoy n'y est pour rien. Pas seulement parce que c'est mon ami et qu'il tient à Harry mais parce que Draco déteste la Saint Valentin. Jamais il n'enverrait quoi que ce soit à qui ce soit le 14 février. Pour lui, c'est un jour maudit.
- Pourquoi ?
Blaise soupira.
- Je ne sais pas si c'est à moi de te le dire. Draco pourrait m'en vouloir à vie ... Mais bon ... Voilà, en 6ème année, le 14 février tombait un vendredi. Draco avait été rappelé par son père pour passer le weekend au Manoir. La plupart des Mangemorts étaient là, ainsi que Voldemort. J'y étais également, avec Crabbe, Goyle et Nott. Je ne sais plus lequel des mangemorts – Dolohov je crois – a plaisanté sur le fait qu'on était le jour de la Saint Valentin. Ça a ... donné des idées à Voldemort qui s'est mis en tête d'organiser un « dîner romantique » avec l'un d'entre nous. Evidemment, il a choisi Draco. Il a ... comment dire, toujours été sensible à sa beauté, disant qu'il y avait quelque chose de féminin chez lui. Voldemort a demandé aux elfes de maison de préparer un repas et il a emmené Draco avec lui dans une pièce à l'étage pour le reste de la soirée. Personne ne sait exactement ce qui s'est passé dans cette pièce mais ... j'entends encore les ... les hurlements de Draco résonner dans mes oreilles... ça a duré des heures et des heures, jusqu'à ce qu'il ne crie plus du tout. Là, le silence a été encore pire que tout le reste car j'étais persuadé qu'il l'avait tué... Je n'ai pas revu Draco avant notre retour à Poudlard. Le lundi matin, quand je l'ai vu arriver dans la Grande Salle, j'ai su qu'il avait été brisé. Définitivement.
Des larmes coulaient silencieusement sur les joues de Blaise et les yeux d'Hermione étaient écarquillés d'horreur à l'idée de ce que Malefoy avait pu subir.
- Merlin, Blaise ! C'est ... c'est ... aucun mot ne peut décrire ça ! Oh Merlin !
- J'étais là Hermy ... j'étais là, moi, son meilleur ami ... et je n'ai rien fait ... rien du tout !
- Blaise, si tu avais tenté quelque chose, tu serais mort ! Tu n'aurais rien pu faire ! Rien ! Ne te culpabilise pas, je t'en prie. Tu n'y es pour rien !
- Je sais Hermy, mais c'est difficile à supporter quand même ...
- Comment Draco a-t-il fait pour s'en sortir ? Où a-t-il trouvé la force de survire à ça ? Se demandait Hermione, plus pour elle-même qu'autre chose.
- Tu dois plutôt demander en qui et pour qui, il a trouvé cette force ...
- Blaise ? Tu es train de me dire que ...
- ... Draco est amoureux, oui. Depuis qu'il a 11 ans. Son amour est absolu, entier et irrévocable. C'est le premier et le dernier qu'il connaîtra jamais.
- Ça signifie qu'il a trouvé son âme sœur ?
- Oui, il l'a trouvée.
- Et cette âme sœur, c'est ...
- ... Harry, termina Blaise dans un souffle.
Hermione soupira. Elle se doutait que Draco nourrissait des sentiments pour son meilleur ami mais elle pensait que cette situation était plus récente. Et jamais, elle n'aurait pu imaginer qu'il s'agisse de l'amour qui lie les âmes sœurs.
Blaise poursuivit :
- Tu comprends maintenant pourquoi Draco n'enverrait jamais quoi que ce soit à Harry, un 14 février ?
- Oui, je comprends. Tout est clair.
- Je te demande de ne rien dire de tout cela ni à Draco ni à Harry. Il ne sait rien des sentiments de Draco à son égard.
- Pourquoi Draco ne veut rien lui dire ?
- Draco a été traumatisé. Il est persuadé qu'à part sa mère, personne ne peut l'aimer. Il a réussi à obtenir l'amitié de Harry et c'est sacré pour lui, il ne veut rien d'autre.
- Mais si les sentiments de Draco étaient réciproques ... ? Je pense qu'ils le sont d'ailleurs ...
- Je le pense aussi et je l'ai dit à Draco. Mais il ne veut rien entendre. Harry restera son meilleur ami, rien de plus.
- Pfff ... quel gâchis ! Nous ne pouvons vraiment rien faire ?
- Non. Et je ne crois pas que nous devons nous en mêler ... Connaissant nos deux amis, on ferait pire que mieux.
- Tu as raison, dit Hermione dans un soupir résigné.
Ils marchèrent encore en silence quelques minutes avant que Blaise ne dise :
- Quelqu'un en veut vraiment à Harry. C'est la troisième fois maintenant ...
- Et nous n'avons toujours aucune piste ...
Blaise s'arrêta soudainement. Il regarda Hermione avec gravité :
- Hermione, fais attention à toi. Je ne peux m'enlever de l'idée que la menace vient des Gryffondors et je crains tous les jours qu'ils ne finissent par s'en prendre à toi à cause de ton amitié pour Harry et ... pour moi.
- Ooh Blaise, ne t'inquiète donc pas ...
- Si Hermy, je m'inquiètes. Je ne supporterais pas ... qu'il t'arrive quelque chose. Je ne supporterais pas de ... te perdre. Tu comptes tellement pour moi.
Blaise s'était rapproché et tenait maintenant le visage d'Hermione entre ses mains. Tout doucement, il rapprocha ses lèvres de celles de la jolie brune et l'embrassa avec toute la douceur dont il était capable.
- Je t'aime Hermione, dit-il en s'écartant légèrement.
- Oh Blaise ... dit la brune les larmes aux yeux.
- Je te promets que je ne suis pas comme la belette. Je te respecte tellement ! Je serai patient, j'attendrai tout le temps qu'il faudra ...
- Blaise, tu n'auras pas attendre ... dit Hermione avec ferveur. Je t'aime, depuis notre première soirée dans la salle commune des Serpentards. Je ne sais pas si cet amour est aussi absolu et dévastateur que celui qui lie Draco et Harry mais il est sincère et profond, je te l'assure.
- Ma douce Hermione, vu où ils en sont tous les deux, je préfèrerais largement qu'on s'en tienne à un amour « ordinaire »...
Le baiser qui s'en suivit n'avait pourtant rien d'ordinaire tant il était passionné.
Harry sortit de l'infirmerie trois jours plus tard, complètement rétabli.
Blaise et Hermione lui avait expliqué la raison de son malaise.
Bien sûr, il ne crut pas une seconde que Draco puisse être l'expéditeur de la boîte de chocolat, peu importe la déception de savoir que le blond n'avait pas pensé à lui le jour de la Saint Valentin.
Déception qui ne fût qu'un lointain souvenir quand, à sa sortie de l'infirmerie, il eut la surprise de trouver dans son dortoir un boîte remplie de muffins aux myrtilles de chez Starbucks, soumis à un sort de conservation. Un petit mot accompagnait la boîte :
« Mon petit lion,
Je sais que les Starbucks foisonnent dans les rues du Londres moldu mais je sais aussi qu'il n'y en a pas dans les environs de Poudlard ... Donc, pour te faire patienter jusqu'à Pâques, voici une livraison spéciale depuis le Starbucks en bas de notre immeuble à New York.
Régale-toi !
Draco
PS : je suis assis à ta table habituelle, en train de boire ton fameux double café moccha aromatisé au caramel. Merlin que c'est bon ! »
L'envoi était daté du 15 février et était arrivé ce matin par la poste sorcière. Sans doute que le paquet était trop imposant pour Mercutio.
Mais peu importait à Harry que ce paquet lui ait été envoyé le 14, le 15 ou le 16. Tout ce qu'il retenait c'était que Draco avait pensé à lui, au point de lui envoyer des muffins et d'aller boire son café dans le Starbuck en dessous de leur immeuble.
Leur immeuble.
Harry ne pouvait pas détacher les yeux de ces deux petits mots. Il se fustigea néanmoins d'y accorder une telle importance. Peut-être n'était-ce qu'un lapsus après tout.
Il sortit un parchemin de son bureau afin de remercier Draco et de lui relater les derniers évènements. Ils s'étaient mis d'accord avec Blaise et Hermione pour qu'il le mette au courant sitôt qu'il serait rétabli, afin de ne pas l'inquiéter outre mesure.
Outre les remerciements, il commença son courrier en lui annonçant que Blaise et Hermione sortaient ensemble. Il était très content pour ses amis, surtout pour Hermione qui avait la chance d'avoir trouvé quelqu'un d'aussi adorable que Blaise. Ça la changerait de la belette.
Harry dut finalement se résoudre à parler de ce nouvel « accident » dont il avait été victime le jour de la Saint Valentin. Il recommença trois fois la formulation mais ce n'était pas satisfaisant. Il finit par reposer sa plume en soupirant. Il aurait tant voulu que Draco soit là ... Il lui manquait. Et en cet instant, celui qui lui manquait n'était pas l'homme dont il était amoureux, mais son ami. Machinalement, il porta la main à son bracelet.
Il cogitait encore à la façon de tourner sa lettre quand la cheminée de la salle commune se mit à cracher des flammes vertes. Le visage de Draco apparut au milieu.
- Harry ? Harry ? Ça va ?
- Draco ? Oui, ça va ! Et toi ?
- Je ne sais pas... j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose. Mon bracelet a commencé à chauffer très fort ... j'ai eu peur, je me suis dit que ...
- Non, non ! Rassures-toi, tout va bien. C'est juste que je pensais à toi en ce moment ... je suis en train de t'écrire une lettre. Et ... bon, j'ai pensé ... assez fort disons... au fait que j'aimerais que tu sois là ... J'ai touché mon bracelet et c'est peut-être ça qui a déclenché une réaction.
- Oui, c'est possible en effet. C'est intéressant comme réaction, ceci dit ... Bon ! Et donc tu m'écrivais ! Pour me dire quoi ?
- Eh bien, déjà pour te remercier pour les muffins ! Et ensuite pour t'annoncer que notre Hermy sort avec Blaise !
- AH ENFIN ! rugit Draco. Blaise m'avait dit qu'il en pinçait sérieusement pour Hermy. Je suis content qu'il soit enfin passé à l'action !
- Ouais, je suis vraiment content pour eux ! Même si j'ai menacé Blaise de l'avada kedavriser s'il faisait le moindre mal à Hermy !
- Si c'est le cas, crois-bien que je le ressusciterais pour le tuer à mon tour juste après ! Bon, et la troisième chose ?
- Quoi ?
- Harry, tu n'as pas déclenché une réaction si puissante sur mon bracelet pour juste me dire merci et me raconter les derniers potins...
- Merlin, Draco... t'es flippant par moment.
- Je sais, on me l'a déjà dit. Alors ?
Harry lui raconta tout. L'arrivée de Mercutio le jour de la Saint Valentin, la boîte de chocolat et le choc anaphylactique. Même dans les flammes vertes, Harry pouvait voir que le blond était livide.
- Draco, je vais bien maintenant ...
- …
- Draco, dis-moi quelque chose !
- Harry, tu sais bien que je ne t'aurais jamais fait une chose pareille, hein ?
Le blond avait l'air complètement désemparé.
- Evidemment Draco ! Bien sûr, j'ai pensé que c'était toi parce que c'est Mercutio qui m'a apporté la boîte mais quand j'ai appris ce qu'il y avait dedans, j'ai tout de suite su que quelqu'un s'était servi de notre oiseau.
- …
- Draco, j'ai confiance en toi plus qu'en n'importe qui. Je te confierais ma vie !
- Merci, Harry. Ce n'est pas facile pour moi de me convaincre que j'ai ta confiance. Après notre passé …
- Draco. Le passé reste dans le passé. Et en plus, même au plus fort de notre haine, tu n'as jamais essayé de me tuer. Moi, je ne peux pas en dire autant. Tu as failli mourir à cause du Sectum sempra ...
- Tu ne connaissais pas les effets du sort ...
- Oui mais tu aurais pu mourir quand même... Je n'ose même pas penser à ...
- Harry. Stop. Le passé reste dans le passé. C'est toi qui l'a dit.
- T'es chiant Malefoy à retourner mes arguments contre moi ...
- Je suis encore un serpentard tu sais ... Bon, ne détourne pas la conversation : il y a toujours dans cette fichue école un psychopathe qui veut avoir ta peau ! Des pistes ?
- Aucune. Mercutio était dans la volière. N'importe qui aurait pu s'en approcher.
- Et les Weasley ?
- Assis à la table des Gryffondors et avant, dans leur salle commune. Hermione les y a vus.
Ils parlèrent encore de tout et de rien quelques minutes puis le blond obligea Harry à aller se coucher.
- Tu dois encore récupérer Harry, tança Draco.
- Oui, papa
- Ce n'est pas drôle ! Je m'inquiète pour toi.
- Je sais. Il ne faut pas.
- A d'autres ! Bonne nuit Harry
- Bonne nuit ... enfin, non, il est quelle heure chez toi ?
- 18 heures
- Bonne soirée alors !
- Sois prudent petit lion
Et sans attendre, Draco disparut dans les flammes.
