Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Bonne lecture !

Chapitre 23 – Tel est pris qui croyait prendre

Harry rentrait fort satisfait de l'entraînement de quidditch. La finale Serpentard/Gryffondors qui aurait lieu la semaine prochaine promettait d'être passionnante.

Les serpentards avaient gagné leurs quatre derniers matches et étaient en tête de la compétition.

Harry et ses équipiers croyaient fermement en la victoire. Et ce n'était pas dû seulement aux talents de l'Attrapeur et de son fabuleux balai. Harry se réjouissait en effet d'avoir une équipe soudée et très talentueuse, à quelque poste que ce soit.

Lors du match Gryffondor/Serdaigle, il avait senti une très grande tension dans l'équipe des rouge et or. Ron s'était autoproclamé capitaine mais manifestement, il ne faisait pas l'unanimité. Ils remportèrent le match de justesse et en ayant commis un nombre record de fautes sur l'adversaire.

Harry comptait sur cette tension pour déstabiliser l'adversaire mais il devait également s'en méfier car, à n'en pas douter, tous les coups seraient permis.

La volonté de Harry était donc de pouvoir terminer le match au plus vite.

Sur ces considérations stratégiques, il gagna son dortoir, épuisé mais heureux.

Dans une semaine, Serpentard remporterait peut-être la Coupe de Quidditch et Draco rentrait à Londres.


Le jour de la finale était arrivé. Une intense agitation régnait dans tout le Château.

Tout le monde attendait avec impatience la confrontation entre les Gryffondors et leur ancien capitaine et attrapeur vedette, devenu Serpentard entretemps.

Hermione se disait que, tout de même, autant d'agitation pour un match de quidditch, c'était un peu exagéré.

Il faut dire que pour le moment, toute son attention était accaparée par un beau métis qui lui faisait des choses totalement scandaleuses et indécentes dans une cabine des toilettes des filles au 1er étage.

Hé oui, la sage et douce Hermione s'était révélée, au grand bonheur de Blaise, une polissonne très imaginative quant aux choses de l'amour ...

Alors que – match oblige – ils pensaient avoir une paix royale, ils entendirent des voix approcher.

- ... jamais cru qu'il t'intéresserait. Il est plutôt insignifiant comme type non ?

- Oui, mais il baise bien. C'est tout ce qui compte.

Hermione plaqua sa main sur la bouche de Blaise pour lui intimer le silence. Il venait de reconnaître la voix de Ginny Weasley.

- De toute façon, reprit Ginny, c'est pas comme si j'allais l'épouser non plus. Sauf si je tombe enceinte, dit-elle en riant

- Quoi ? Dit l'autre interlocutrice non identifiée

- T'inquiète ! Je suis pas une gourde ! Je prends une potion contraceptive.

- Oui, mais parfois c'est pas fiable. Si tu oublies de la prendre ...

- Pas de risque ici. C'est une potion que je prends une fois et je suis tranquille toute l'année.

- Wahou ... il faut absolument que ...

La porte se referma. Ginny et sa copine étaient parties.

- Pfff... on a eu chaud, commenta Blaise.

Mais Hermione ne l'écoutait pas. Elle était focalisée sur ce qu'elle venait d'entendre. Si Ginny prenait un contraceptif annuel, pourquoi cacher un test de grossesse sous son matelas ?

Prise d'une impulsion soudaine, Hermione quitta les toilettes en trombe laissant un Blaise un peu ahuri et surtout très dépité.

- Hermy ? Qu'est-ce qui te prends ?

- Je dois vérifier un truc Blaise ! On se rejoint dans les tribunes, tiens-moi une place !

Et elle partit en courant.


Hermione arriva complètement essoufflée à l'infirmerie. Sans attendre, elle demande à Mme Pomfresh de lui donner un test de grossesse.

- Voyons, Miss Granger... dit l'infirmière un peu étonnée d'une telle requête venant d'Hermione. Est-ce si pressé ?

- Oui, Mme Pomfresh, il me le faut immédiatement.

Toujours étonnée et vaguement inquiète, l'infirmière tendit à Hermione une boîte identique à celle trouvée dans la chambre de Ginny. Elle était encore dans l'infirmerie qu'elle retirait déjà l'emballage pour s'intéresser au contenu.

A l'intérieur, à côté du bâtonnet de prélèvement, se trouvait une petite fiole en verre sculpté.

- Merlin, c'est pas vrai ! Comment j'ai pu passer à côté ! Souffla Hermione.

Elle courut alors au dortoir des Gryffondors. Tout le monde allait assister au match, c'était maintenant ou jamais.

Pour la deuxième fois, elle brisa le sort du coffre-fort posé par Ginny, espérant que la petite boîte se trouverait encore au même endroit.

Hermione souleva fébrilement le matelas, tâtonnant par dessous jusqu'à toucher ce qu'elle cherchait.

Elle ouvrit la boîte du test de grossesse et n'en cru pas ses yeux. S'y trouvait une petite fiole en verre sculpté qui, au lieu de contenir le liquide révélateur, contenait une poudre ocre aux reflets dorés. La boîte contenait également deux autres flacons : le premier renfermait quelques cheveux châtains et l'autre ce qui ressemblait à des noix réduites en poudre.

Hermione en avait des sueurs froides. C'était donc Ginny. Elle devait à tout prix prévenir Harry. Il était en danger.


Dans les vestiaires, Harry encourageait son équipe.

- Mes amis ! Nous n'avons jamais été aussi près de remporter la Coupe ! Mais nous devons conserver notre sang froid ! Les Gryffondors connaissent des tensions dans leur équipe et risquent de jouer sur un mode ultra agressif. Il est impératif pour nous de nous imposer dès les premières minutes du match. Sitôt qu'un premier but aura été marqué, je me mettrai en quête du Vif d'or pour terminer le match au plus vite. Je nous souhaite bonne chance. Quoi qu'il arrive, j'ai été très fier de vous durant toute la saison. Vous avez été formidables et c'était un honneur pour moi d'être votre capitaine cette année.

- Merci Harry, dit Théodore. C'était surtout un honneur pour nous de t'avoir comme capitaine. Tu es redonné sa fierté à la Maison Serpentard. Pour notre capitaine ! HIPHIPHIP

- HOURRAAAAH, hurlèrent tous les autres en cœur.

Emu, Harry donna l'accolade à chacun de ses équipiers et ils se mirent ensuite en formation pour décoller.


POV Harry

Je les aime vraiment mes équipiers. Je n'ai pas menti quand je leur ai dit combien j'étais fier d'eux. Encore aujourd'hui, je sais qu'ils feront de leur mieux.

Les portes s'ouvrent. J'adore ce moment. Celui où l'on passe de la pénombre à la lumière. Celui où on sait que tout est possible. Comme Attrapeur, je sors le dernier sous les applaudissements. Je fais rapidement un tour du terrain et je cherche des yeux Hermione et Blaise. Ils devraient être ensemble dans la tribune des Serpentards. Ils ont décidé de ne pas se cacher. Leur courage et leur détermination me galvanise. Mais je ne vois que Blaise ... Mon regard est attiré par une petite forme qui s'agite au pied des tribunes. Hermione me fait de grands gestes et semble catastrophée ... Je ne comprends pas ce qui se passe. Elle est emmenée sans ménagement par Mme Bibine qui l'enjoint à regagner sa tribune.

Mais je ne prête déjà plus attention à Hermione : dans la tribune des Serpentards, côté de Blaise se tient Draco, revêtu des couleurs vert et argent de son ancienne maison. Par Merlin, que fait-il là ? Il devait arriver seulement dans 2 jours !

Mon coeur explose de joie. Il est venu à assister à la finale. Loin de me mettre la pression, sa présence me galvanise encore davantage.


POV Draco

Je suis fébrile. Les cours à Salem terminaient deux jours plus tôt qu'à Poudlard. Je le savais depuis longtemps mais je n'avais rien dit à Harry. Je voulais lui faire la surprise d'assister à sa finale contre Gryffondor. C'est curieux qu'Hermione ne soit pas encore arrivée. Mais que fait-elle en bas des tribunes ?

Mon attention est détournée : les équipes sont appelées. Les gryffondors sortent les premiers, Weasmoche en tête. Il a le regard dur. Je sens que le match sera sans pitié. Seamus Finnigan, Dean Thomas, Cormac McLaggen, Andrew Kirke, Geoffrey Hooper. La belette femelle, leur Attrapeuse sort la dernière.

Au tour des serpentards : Graham Montague, Theodore Nott, Pansy Parkinson, Cassius Warrington, Esther Wilkes, et enfin, lui.

Merlin, je ne l'ai jamais vu aussi beau. Il fait un tour de terrain sous les applaudissements. Le soleil se reflète dans ses cheveux d'ébènes. Il est à mourir dans cette tenue de quidditch. Le pantalon blanc épouse chacun des muscles de ses cuisses. Les protections en cuir brun soulignent ses jambes fines et la robe verte rebrodée d'argent tombe sur sa carrure à la perfection. Sur son balai, il est d'une grâce inouïe. Je pourrais le regarder voler pendant des heures ...

A votre avis, pourquoi je perdais toujours contre lui quand j'étais à Poudlard ?

Tiens, il m'a vu. Son sourire fait trois le tour de sa tête. Le mien aussi du reste. Pour une fois, je vais pouvoir l'encourager sans me cacher.


Harry tournait au-dessus du terrain. Son équipe avait bien entamé la partie, se créant de belles occasions. Pansy avait tenté par deux fois de marquer mais le souaffle fut à chaque fois repoussé par Weasley.

Les gryffondors étaient nerveux comme Harry l'avait pressenti. Ron hurlait à ses équipiers des ordres sans queue ni tête. Les poursuiveurs ne jouaient pas en collectif ce qui générait des pertes de souaffle au profit des verts et argent.

C'est justement une perte de balle qui fut à l'origine du premier but des serpentards. Pansy passa à Cassius qui dribbla Finnigan, évitant de justesse un cognard, pour passer enfin à Esther qui envoya le souaffle d'un tir puissant en plein milieu du troisième cerceau.

Weasley n'aurait rien pu faire, trop occupé qu'il était à agonir Finnigan d'insultes.

Après ce premier but, Harry se mit directement en chasse du Vif d'or mais la petite balle restait introuvable.

Plus bas, le match prenait des allures de règlement de compte. Les rouge et or multipliaient les gestes agressifs et les fautes étaient sifflées les unes après les autres.

Dans cette cohue, Pansy marqua un second but. Elle fut violemment prise à partie par Ron qui faillit la faire tomber de son balai.

Harry jetait des regards frénétiques autour de lui. Il fallait arrêter ce carnage avant qu'un membre de son équipe ne soit blessé.

Tout à coup, il aperçut un éclat doré à une centaine de mètres de lui. Il était dans une position idéale par rapport à Ginny pour l'attraper avant elle. Il fonçait à toute allure sur sa cible et n'était plus qu'à 5 mètres du vif quand un cognard le fit dévier de sa trajectoire, faisant faire plusieurs tonneaux à son balai. Harry remercia la fiabilité de son nouvel engin qu'il put redresser assez rapidement.

Entretemps, le vif d'or descendait vers le centre du terrain. Jouant le tout pour le tout, Harry se lança à sa poursuite dans un piqué vertical qui fit frémir le stade entier. Il était seulement à 3 mètres du sol quand il tira violemment sur le manche de son balai pour le redresser. Il frôla la pelouse du terrain sur 50 mètres avant de remonter en flèche derrière la petite balle dorée. Il vit que Ginny arrivait en face de lui. Il fit le choix de maintenir sa trajectoire.

Ginny le regardait foncer droit sur elle, les yeux écarquillés. L'impact était imminent mais Harry ne ralentissait pas et ne se déportait pas non plus. Dans une accélération foudroyante, il tendit la main vers le Vif d'or tout en redressant son balai. Il frôla de quelques centimètres l'Attrapeuse adverse, restée tétanisée, et referma sa main sur la précieuse balle en or.

Le stade entier exulta quand Harry brandit le poing dans un signe de victoire.

Il fit ensuite un tour du terrain avant de venir s'arrêter en vol stationnaire devant Draco à qui il offrit le Vif d'Or.

Toute la tribune des Serpentards explosa de joie devant ce geste si symbolique de la part du capitaine des verts et argent envers leur ancien Prince.

Draco était ému au-delà des mots et serrait religieusement la petite balle dans sa main quand ses yeux s'écarquillèrent d'horreur.

Un cognard frappé avec une violence inouïe fonçait à toute allure dans le dos de Harry.

Dans un réflexe désespéré, Draco attrapa Harry par sa robe pour le tirer vers lui. Emporté par le mouvement du blond, Harry tomba lourdement sur Draco alors que le cognard frôlait leurs têtes d'à peine quelques centimètres pour aller percuter de plein fouet un élève de première année debout derrière eux.

Blaise assistait à la scène comme dans un ralenti. Il vit Ron Weasley, les yeux fous, propulser un cognard droit sur le dos de Harry. Il vit Draco devenir blanc de terreur et agripper Harry par sa robe. Il vit Harry tomber sur Draco. Il vit le cognard passer à 5 centimètres au-dessus de leur tête. Et il vit Bobby Stowe mourir le crâne fracassé.

Avant que Ron Weasley n'ait eu le temps de fuir, Blaise hurla :

- ATTRAPEZ-LE ! ATTRAPEZ WEASLEY !

Des sorts fusèrent de partout mais Ron parvint à les esquiver.

Draco et Harry s'étaient relevés. Draco qui avait entendu le cri de Zabini, sentit une vague de rage pure le submerger. Il s'empara du balai de Harry, tombé au sol, et décolla au quart de tour. Le balai, conçu pour une personne légèrement plus petite, n'était pas suffisamment stable pour quelqu'un de la taille de Draco mais peu lui importait. Il prit de la vitesse et parvint à combler la distance avec le Nimbus 2000 du rouquin.

Arrivé à sa hauteur, Draco le talonna, l'obligeant à perdre de l'altitude. Descendu à deux mètres du sol, Draco se jeta sur Ron et ils tombèrent tous les deux sur la pelouse non loin du lac.

Draco était à califourchon sur le roux et le rouait de coups.

Entretemps, les professeurs, Harry, Blaise, Hermione et d'autres élèves étaient accourus pour séparer le gryffondor de l'ex serpentard.

Au moment où Harry arrivait, Draco sortait sa baguette et la pointait sur Ron. Jamais Harry n'avait vu Draco dans un tel état. Il émanait de lui une puissance et une violence qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Il entendit la voix glaciale de Draco siffler :

- Je vais te tuer Weasley ! Pour tout ce que tu lui as fait, je vais te tuer. Mais avant ça, tu vas endurer tellement de souffrances que tu me supplieras de t'achever !

Harry approcha tout doucement du blond.

- Draco, non ... Arrête-ça s'il te plaît. Tu n'es pas un meurtrier.

- Il a essayé de te tuer Harry ! Mourir est encore un châtiment trop doux pour ce qu'il t'a fait

- Justement Draco ! Sa place est Azkaban. Baisse ta baguette, je t'en prie. Je ne veux pas que tu te retrouves toi aussi à Azkaban à cause de lui. S'il te plaît Draco.

Il était maintenant à côté du blond et il posa lentement sa main sur celle Draco en imprimant un léger mouvement vers le bas.

Draco se laissa faire et abaissa sa baguette.

Les professeurs présents immobilisèrent Ron et l'emmenèrent dans une des cellules du Château en attendant l'arrivée des Aurors.

Harry s'agenouilla devant Draco et de ses pouces effaça les larmes qui coulaient sur les joues du blond. Celui-ci attrapa Harry par les épaules et le serra à lui briser les os.

- Tout va bien Draco. Je n'ai rien, ça va.

- Harry, c'était affreux. Ce cognard qui arrivait sur toi, il aurait pu te briser le dos. Merlin, …

- Mais je vais bien. Grâce à toi. Tu m'as encore sauvé la vie.

Ils se relevèrent tous les deux, ignorant les regards étonnés et perplexes des élèves qui assistaient à cette scène surréaliste entre les deux grands ennemis de Poudlard.


Harry et Draco retrouvèrent Blaise et Hermione dans le grand hall du château. Hermione était dans un terrible état d'excitation.

- Par Merlin ! C'est une histoire de fou ! Je viens de trouver les preuves de l'implication de Ginny dans les tentatives de meurtres sur Harry ! Dit-elle

- Comment ? Dirent en coeur Harry et Draco.

- Voyez-vous mêmes...

Elle sortit de son sac la boîte contenant les fioles d'hyoscyamus du Caire, les cheveux – vraisemblablement – d'Adrian Pucey et la poudre de noix.

- Ils sont complices dit Draco. Weasley et sa soeur sont complices depuis le début.

- Mais tu oublies qu'au moment des faits, ils étaient chaque fois bien en vue de l'un d'entre nous, dit Blaise.

- Justement ! Ils étaient peut-être trop bien en vue ! Répliqua Draco. Allons chez McGonagall. Les Aurors doivent être arrivés. Nous leur donnerons les preuves trouvées par Hermy.

Arrivés devant le bureau directorial, ils virent les Aurors Dawlish et Halifax en pleine discussion avec McGonagall.

- Professeur ! Pardonnez-nous de vous interrompre dit Hermione, mais je crois que Messieurs les Aurors devraient prendre connaissance de ces preuves que j'ai trouvé en possession de Ginny Weasley.

- Ginny Weasley ? Interrogea McGonagall.

- Oui, nous avons toutes les raisons de penser qu'elle est la complice de son frère dans les attaques qui ont failli coûter la vie à Harry, dit Draco.

Les Aurors et McGonagall se regardèrent.

- Messieurs Dawlish et Halifax allaient procéder à l'audition de Monsieur Weasley sous veritaserum. Je suggère de faire de même avec Miss Weasley. Je vais envoyer deux de mes professeurs la chercher, dit la directrice.

- Pouvons-nous rester et assister à l'audition Madame ? Demanda Harry.

Après un nouvel échange de regards, les Aurors acquiescèrent.

Ron fut amené dans une pièce adjacente au bureau directorial. On lui administra le veritaserum. Ses yeux partirent dans le vague et l'interrogatoire commença.

- Veuillez décliner votre identité, entama Dawlish

- Ronald Bilius Weasley

- Date de naissance et adresse ?

- 1er mars 1980. Clos du Terrier, Loutry-Sainte-Chaspoule

- Bien. Monsieur Weasley, avez-vous lancé le maléfice de jambes en coton sur la personne de Harry Potter en vue de provoquer sa chute dans les escaliers ?

- Oui

- Avez-vous échangé les ingrédients utilisés par Monsieur Potter pour préparer la potion de vision de nocturne afin de la transformer en potion de magie noire, appelée l'ombre dévoreuse ?

- Oui

- Avez-vous envoyé à Monsieur Potter une boîte de chocolats préparés à base de poudre noix, substance à laquelle il est allergique ?

- Oui

- Avez-vous lancé un cognard contre lui lors du match de quidditch qui opposait votre maison à la sienne ?

- Oui

- Chaque réponse positive du rouquin était un coup de poignard en plus dans le coeur de Harry. Comment avait-il pu en arriver là ?

- Monsieur Weasley, pouvez-vous expliquer les raisons qui vous ont poussé à commettre ces actes d'une extrême gravité ?

- Je voulais qu'il meure. Il nous a trahis. Il a fait libérer Malefoy, le mangemort. Il devait payer pour ça.

- Pourquoi ?

- Parce que Malefoy est notre ennemi depuis toujours. Il a insulté ma famille, mes amis, moi. Son père a failli tuer ma soeur. Et lui, notre soit-disant sauveur, n'a qu'une idée en tête, le libérer. Malefoy aurait dû crever en prison comme le chien qu'il est !

Harry sentit Draco se tendre à côté de lui et instinctivement il lui prit la main.

- La mort de Monsieur Potter n'aurait rien changé à la libération de Monsieur Malefoy. Pourquoi vous en prendre à Monsieur Potter spécifiquement ?

- Parce que la mort de Potter aurait anéanti Malefoy. Et parce que Potter est une saloperie de pédé.

- En quoi l'orientation sexuelle de Monsieur Potter vous contrarie-t-elle ?

- Les homos sont des erreurs de la nature. Potter devait épouser ma soeur. Au lieu de quoi, il l'a larguée comme une merde pour courir défendre sa pouffiasse blonde. Il méritait de mourir et après lui, Malefoy allait mourir aussi.

Harry était abasourdi par la haine de Ron à son égard, lui qui avait été son meilleur ami. Draco, lui, paraissait prêt à lui arracher la tête.

- Qu'en est-il de l'implication de votre soeur Ginny ?

- Elle m'a aidé. On a mis les stratégies au point ensemble.

- Parlons de la première tentative de meurtre. La chute de Monsieur Potter dans les escaliers. Comment avez-vous procédé ?

- J'ai pris du polynectar pour prendre l'apparence d'un serpentard, Adrian Pucey. J'ai suivi Potter et quand il était en haut de l'escalier, je lui ai lancé le maléfice des jambes en coton. Afin que tout le monde croie que j'étais dans la grande salle au moment des faits, ma soeur a maintenu le vrai Adrian Pucey sous imperium en le couvrant d'un sort de dissimulation pour qu'il prenne mon apparence.

- Et pour le cours de potions ?

- Cette fois, c'est ma soeur qui a pris du polynectar pour prendre l'apparence de Pucey. Durant le cours, elle est allée vers la réserve et a profité de la distraction de Potter pour remplacer sa fiole de bile de tatou par une fiole d'hyoscyamus du Caire. Pendant ce temps, le vrai Adrian Pucey était enfermé dans une classe. Elle l'avait assommé puis soumis à un obliviate partiel.

- Comment vous êtes procuré l'hyoscyamus alors qu'il s'agit d'une substance interdite ?

- Mon frère Bill travaille en Egypte. Il a réussi à s'en procurer et me l'a envoyée clandestinement.

- Est-il au courant de votre objectif ?

- Il ne m'a pas posé de question.

- Concernant les chocolats, que s'est-il passé ?

- J'ai fait faire ces chocolats dans une boutique de Pré-au-Lard. Je les ai envoyés à Potter le matin de la Saint Valentin en utilisant l'oiseau qu'il partage avec Malefoy. L'idée était également de faire accuser Malefoy. Pour qu'on me voie dans la Grande salle au moment de l'arrivée de l'oiseau, j'ai utilisé le retourneur de temps d'Hermione Granger que ma soeur avait volé dans son dortoir.

- Et le cognard d'aujourd'hui ?

- Ce n'était pas prémédité. Potter a remporté le match. Quand il a attrapé le vif d'or, il est allé l'offrir à cette ordure de mangemort. Je ne l'ai pas supporté. En lui envoyant le cognard, je voulais que Malefoy le voie crever.

Draco était devenu livide. Il broyait littéralement la main de Harry dans la sienne.

- Monsieur Weasley, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

- Oui, si c'était à refaire, je recommencerais.

- Monsieur Weasley, vous allez être emmené à Azkaban en attendant d'être présenté au Procureur des Sorciers et jugé pour la triple tentative d'assassinat sur la personne de Harry Potter, pour coups et blessures volontaires sur la personne de Harry Potter et pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort de Bobby Stowe.

Un sort d'entrave fut placé sur Ron et il sortit entre les deux Aurors sans un regard pour Harry.


Une heure plus tard, on amena Ginny. On lui administra également du veritaserum.

- Miss Weasley, avez-vous participé à la préparation et la perpétration des tentatives d'assassinat sur la personne de Monsieur Potter ?

- Oui

- Pourquoi ?

- Parce que Ron me l'a demandé.

- Vous ne vouliez pas la mort de Monsieur Potter ?

- Non ! J'aime Harry depuis mon enfance. Je voulais l'épouser. Et puis, il y a eu cette histoire avec Malefoy. Il l'a fait libérer et il a rompu avec moi. J'ai énormément souffert. Je voulais le récupérer à tout prix. Ma première idée était de faire en sorte de tomber enceinte et de faire croire que l'enfant était de Harry. Par application des anciennes lois sorcières des familles de sang pur, il aurait été obligé de m'épouser. Pour ça, je me suis procuré des potions pour stimuler la fertilité et un test de grossesse pour confirmer que j'étais bien enceinte. Je comptais également trafiquer les analyses génétiques pour qu'on croie que l'enfant était de Harry. Quant à Harry, je comptais le soumettre à un sortilège de confusion pour lui faire croire qu'on avait fait l'amour.

- Espèce de sale ... commença Draco incapable de se retenir plus longtemps

- Monsieur Malefoy, taisez-vous où je vous fais sortir immédiatement ! Poursuivez Miss Weasley !

- Mon erreur a été de parler de mon plan à Ron. Il n'a pas voulu en entendre parler. Il était hors de question qu'Harry fasse à nouveau partie de la famille. Pour lui, il devait mourir. Il a fini par me convaincre de l'aider à assassiner Harry. Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai accepté. Mais après la première tentative, j'ai eu des remords. Quand on a mis au point la deuxième tentative qui devait avoir lieu pendant le cours de potion, j'ai décidé de conserver des preuves. Ron m'avait demandé de tout brûler mais je ne l'ai pas fait. Je savais que je ne pourrais pas vivre avec ça sur ma conscience et que je finirais par me rendre. J'ai donc gardé l'hyoscyamus, les cheveux d'Adrian et la poudre de noix.

- Miss Weasley, voulez-vous ajouter quelque chose ?

Ginny leva les yeux vers Harry.

- Je t'aime Harry. Je ne voulais pas tout ça ... mais Ron ... il m'a convaincue ... Et puis, j'ai tellement souffert de te voir avec ... ces hommes. Comme si moi, je n'avais jamais compté pour toi. Crois-tu que tu pourras me pardonner, Harry ? Me laisseras-tu te montrer comme je t'aime ?

Harry avait le visage fermé. Il s'approcha de Ginny et lui dit :

- Tu as cessé de compter pour moi le jour où j'ai compris que Draco pouvait bien crever, tu t'en fichais. Tu dis que tu m'aimes mais c'est faux. Tu aimes le Sauveur, c'est tout. Harry Potter, tu n'en as jamais rien eu à foutre. Si c'était le cas, tu aurais accepté que j'avais besoin d'aider Draco. Alors non, Ginny, je ne te pardonne pas. Je ne te pardonnerai jamais, tu m'entends. JAMAIS !

Et sur ces mots, il quitta la pièce en claquant la porte. Ginny darda alors un regard noir sur Draco.

- Qu'est-ce que tu lui as fait sale serpent ! HEIN ? QU'EST-CE QUE TU LUI AS FAIT ? C'EST TOI QUI MERITAIS DE MOURIR ! TOI !

- Miss Weasley, repris l'Auror Dawlish, vous allez être emmenée à Azkaban en attendant d'être présentée au Procureur des Sorciers et jugée pour participation à la triple tentative d'assassinat sur la personne de Harry Potter.

Elle fut emmenée sur le champ.


Après le départ de Ginny pour Azkaban, Draco, Blaise et Hermione regagnèrent la salle commune des Serpentards. Harry n'y était pas.

- Bon sang, où peut-il être ? s'inquiéta Hermione.

- Laissez, j'ai mon idée, dit Draco.

Draco trouva Harry assit au bord du lac.

- Tu veux en parler ? Demanda Draco en s'asseyant à son tour

Harry restait silencieux mais Draco savait qu'il ne servait à rien de le pousser. Il attendit patiemment.

- Il a été mon meilleur ami pendant 7 ans, Draco. On a vécu ensemble des épreuves terribles et en dépit de tout, nous sommes restés amis... Comment peut-on arriver à ressentir autant de haine ? Je n'imaginais que ça me ferait aussi mal ...

- Evidemment que ça te fait mal, Harry. Tu ne peux pas balayer 7 ans d'amitié d'un revers de main. C'est comme un deuil que tu dois faire ... Et je ... regrette sincèrement d'être à l'origine de tout ça ...

- Tu n'es responsable de rien ! Dit Harry avec véhémence. C'est Ron qui m'a rejeté ! C'est toi qui avais raison Draco : un ami c'est aussi quelqu'un qui ose te dire ce que tu ne veux pas entendre, même si c'est dur. Quand nous étions « amis », jamais Ron n'a discuté mes choix, jamais il n'a osé me dire en face ce qu'il pensait. Il a accumulé une telle rancœur et une telle jalousie ... Contrairement à toi. Tu me tenais tête, tu t'adressais à Potter et pas au Survivant ...

- Je …

- Non, laisse-moi finir. Toi, tu n'avais pas peur de me mettre le nez dans les erreurs. Même si parfois tu me rabaissais plus bas que terre, tu me redonnais le sens des réalités. S'il n'y avait pas eu quelqu'un comme toi et comme Rogue, je pense que je serais devenu invivable, prétentieux et arrogant ...

- ... exactement comme moi !

- Ouais ! Exactement, dit Harry en riant.

Il se tut quelques instants avant d'ajouter :

- T'es incroyable Malefoy ! Même aux pires moments, tu arrives à me rendre le sourire. Et c'est dans ces moments-là que je regrette d'avoir refusé de te serrer la main en première année ...

- Tu penses parfois à ce que nous serions devenus si tu avais accepté mon amitié ?

- Je ... avant j'y pensais tout le temps. Mais maintenant, je m'oblige à ne plus y réfléchir.

- Pourquoi ?

- Parce que je me rends compte que ton amitié est la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie et je suis malade de penser à tout ce temps qu'on a perdu à se détester.

- Alors, rattrapons le temps perdu ! dit Draco en se levant. Serpentard a gagné la Coupe de Quidditch, deux criminels sont sous les verrous, il me semble qu'on a des choses à fêter !

- Et comment !