Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Chapitre 24 - La fin d'une époque
La fête dans la Salle commune des Serpentards dura jusque tard dans la soirée.
Harry était euphorique. Il avait fait remporter la Coupe de Quidditch à sa Maison, plus personne ne voulait sa mort et il allait passer 15 jours de vacances avec Draco à Grimmaurd.
Hermione et Blaise savouraient également leur bonheur. Il était même convenu que Blaise rencontre les parents d'Hermione !
Epuisé par tant d'émotions, Harry gagna le dortoir, Draco à sa suite. Il se sentait bizarre à l'idée de dormir dans la même pièce que le blond. Que ce soit à Grimmaurd ou à New York, ils disposaient de leur propre chambre et de leur propre salle de bain.
Harry n'avait jamais été embarrassé de se déshabiller devant les occupants de son dortoir, que ce soit chez les Gryffondors ou ici. Mais en ce moment, l'idée d'enlever ses vêtements devant Draco lui donnait le rouge aux joues.
Draco dût le remarquer car sans rien dire, il se dirigea vers la salle de bain, son pyjama en main. Harry en profita pour enfiler le sien et s'installer dans son lit.
Le blond sortit de la salle de bain quelques minutes plus tard et vint s'asseoir en tailleur au pied du lit de Harry. Il portait un pyjama en coton finement rayé dont la chemise était boutonnée. Dans cette tenue, Draco était loin de l'image de sex symbol qu'il se donnait habituellement. Mais Harry ne le trouvait que plus émouvant, avec ses cheveux blonds d'enfant, ses grands yeux gris et son merveilleux sourire.
Draco semblait décidé à refaire le match. Ils parlèrent longuement des différentes phases clés du jeu.
- Quand tu as piqué à la verticale, j'ai cru mourir de peur, dit le blond. Tu es toujours aussi suicidaire ma parole !
- Mais non voyons ! Je sais ce que je fais ! Et je signale que c'est toi qui m'a offert un bolide de course !
- Ouais, si j'avais su ... ! N'empêche, quelle action ! Et la remontée, juste après ! C'était ... whhhaaa !
- Tu te rends compte Draco, que c'est la première fois que tu t'enthousiasmes autant de mes exploits !
- C'est la première fois que je te le dis en face ! J'ai toujours été fasciné par ta façon de voler et tes prouesses comme attrapeur. Mais hors de question de te le dire !
Harry riait de bon coeur. Il s'en suivit un passage en revue de tous les matches gryffondor/serpentards qui les avaient opposés, de toutes les anecdotes de couloirs et de leurs meilleurs coups bas. Arrivés au récapitulatif de leur 3ème année, ils finirent par jeter un sort de silence autour d'eux pour ne pas déranger les dormeurs par leurs bavardages.
L'atmosphère changea quelque peu quand ils évoquèrent les années suivantes. Pour Harry, elles avaient toutes été le théâtre d'un drame.
En 4ème année, il avait assisté à la mort de Cédric et au retour de Voldemort. En 5ème année, il avait été mis au ban de société sorcière, traité de menteur, maltraité par Ombrage et par-dessus tout, il avait perdu son parrain bien-aimé.
Draco compatissait sincèrement, même si pour lui ces années ne furent pas très différentes des précédentes.
- Je ne savais pas ce qui s'était pas passé au Ministère ... mon père ne me l'avait jamais raconté. Je suis désolé, Harry. Pour ton parrain.
- Merci Draco. Mais toi aussi, tu as eu tes années noires. La 6ème année n'a pas été facile pour toi.
- Non ... ça tu peux le dire.
Son visage s'était douloureusement refermé sur ces mots. Harry poursuivit :
- Tout ce que j'ai vu dans la pensine, les doloris, les menaces sur ta mère, ta mission, ... je ne l'aurais pas imaginé une seconde.
- Et tu n'as pas tout vu ... dit blond tellement bas que Harry craignait de ne pas avoir entendu ...
- Comment ça ?
- ...
- Draco, tu sais que tu peux tout me dire.
- Je ... non, ça ... c'est trop ... dur, dit Draco en retenant un sanglot.
- Merlin, Draco ! Que s'est-il passé de plus que les horreurs que j'ai pu voir dans tes souvenirs ?
Draco hésitait ... Il avait besoin d'en parler, de lui en parler. Blaise lui avait dit de le faire mais il n'avait jamais trouvé ni le courage ni le moment. Peut-être que c'était maintenant ou jamais. Il respira un grand coup.
- Voldemort ... il ... il m'aimait bien...
- Comment ça, il t'aimait bien ? Dit Harry pas sûr de vouloir comprendre ce que ça signifiait...
- Il me trouvait ... beau, attirant ... Un soir, il a ... il me voulait ...alors ...
Les mots décousus de Draco faisaient leur chemin dans le cerveau de Harry et toute l'horreur de la situation lui apparut.
- Merlin, souffla-t-il. Draco, il t'a violé.
Draco gardait les yeux baissés, les larmes baignant ses joues pâles.
- Quand Draco ? Quand est-ce arrivé ?
- Le 14 février 1997
Harry ne savait pas quoi dire. Aucun mot ne pouvait soigner une blessure pareille. Alors au lieu de parler, il prit le blond dans ses bras et le serra de toutes ses forces, lui communiquant en silence tout l'amour qu'il avait pour lui.
C'est Draco qui rompit le silence.
- Je suis content de t'en avoir parlé. Seul Blaise était au courant et c'était un peu dur à porter pour lui tout seul, d'autant plus qu'il était là ...
- Je suis content que tu l'aies fait. Merlin m'en soit témoin, je serais capable d'aller le tuer une deuxième fois, cette immonde face de serpent !
- Une fois était bien suffisante Harry, dit Draco dans un pâle sourire. Tu te souviens, juste avant qu'on m'emmène à Azkaban ? Je t'ai remercié de m'avoir sorti de cet enfer... Tu comprends maintenant.
- Oh oui, je le comprends. Mais je regrette tellement tout ce qui t'est arrivé. Quand je pense que toute notre 6ème année, je t'ai suivi, observé, épié pour découvrir si tu étais un mangemort et toi pendant tout ce temps ...
- Harry ! Je te l'ai déjà dit ! Tu n'es pas responsable de tous les malheurs du monde et certainement pas des miens !
- Je sais ... mais dis-moi comment vas-tu ? Comment as-tu surmonté ... ça ?
- J'ai ... j'ai des ressources insoupçonnées.
Harry regardait Draco avec une admiration non feinte.
- Draco. Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse.
- Merci, venant de toi, c'est pas peu dire !
- Je suis sincère !
- Je sais. S'il y a bien quelque chose dont tu ne manques pas, c'est la sincérité.
Au fil de la discussion, Draco s'était rapproché de Harry et il était maintenant à côté de lui, appuyé sur les oreillers. La nuit était déjà bien avancée et la fatigue les rattrapa sans que Draco n'ait le temps de regagner son lit. Ils s'endormirent côte à côte, la tête de Draco reposant au creux de l'épaule du brun.
Le lendemain matin, Harry émergea du sommeil avec l'impression d'un poids sur la poitrine et une odeur d'orange amère dans le nez. Il ouvrit les yeux sur une tête blonde posée sur son torse. Harry retint un sursaut. Que faisait Draco dans son lit ?
Le brun analysa calmement la situation. Ils avaient discuté jusque tard dans la nuit, sans doute s'étaient-ils endormis sans s'en rendre compte. Le fait était que Draco était lové contre Harry, le bras droit replié, le gauche enserrant sa taille, leurs jambes emmêlées.
Harry tenait son bras gauche autour des épaules du blond et sa main lui caressait distraitement les cheveux.
Draco émergeait lentement d'un sommeil paisible et réparateur. Sa douloureuse confession de la veille l'avait libéré et il se sentait étrangement en sécurité. Il avait vaguement conscience que sa tête reposait sur une surface douce et dure à la fois, et qui dégageait une intense chaleur. Une odeur de vétiver flottait autour de lui. Il ressentait également la présence d'un bras protecteur autour de ses épaules.
Il se redressa d'un bon et ses yeux gris rencontrèrent immédiatement deux prunelles d'un vert intense.
Harry décida de chasser directement l'éventuel embarras du blond en disant d'un ton joyeux :
- Bonjour, petite marmotte ! Bien dormi ?
- Heu ... oui, ... très bien même ...
- Tant mieux ! Moi aussi ! Allez ouste, marmotte. On doit s'habiller ! J'ai pas envie de rester coincé dans ce château parce qu'on aura raté le train ! Dit Harry avec exubérance.
- Harry ... commença Draco, un peu nerveux ... c'est moi ou ... on a dormi dans le même lit ?
- Hum ... oui. On a dû s'endormir sans s'en rendre compte, dit Harry avec nonchalance. Ça t'embête ?
- Non... non, pas du tout ...
Draco était encore un peu déphasé par ce réveil inhabituel ... mais auquel il pourrait bien s'habituer quand même, se dit-il.
Draco, nooooon ... pas sur ce terrain.
Le reste de la matinée de se passa sans problème. Les bagages étaient prêts. Et après un copieux petit-déjeuner, l'essentiel de Poudlard quitta les lieux pour la gare de Pré-au-Lard.
Dans le train qui les ramenait à Londres, Harry, Draco, Blaise, Hermione, Theo, Milicent et Pansy passèrent le temps à bavarder, à jouer à la bataille explosive et à bavarder encore.
Evidemment, « l'affaire Weasley » comme ils se plaisaient à l'appeler fut abondamment commentée. Chacun y allait de ses pronostics quant à la sanction qui serait infligée au rouquin et à sa soeur.
Theo, Millicent et Pansy, qui n'étaient pas présents pendant l'interrogatoire eurent droit à un résumé de celui-ci.
- pffiiiii ... siffla Pansy, elle est forte la belette femelle ! Si tu étais tombé dans son piège, t'étais cuit Harry !
- Bah, si elle a cru qu'il suffisait qu'elle soit enceinte pour se faire épouser, elle est encore plus conne que je ne croyais ...
Les autres le regardaient comme s'il lui était poussé une deuxième tête.
- Ben quoi ? Dit Harry
- Harry, tu n'as jamais entendu parler des Lois Anciennes ? Demanda Theo
Rien n'agaçait plus Harry que le fait qu'on lui rappelle continuellement qu'il avait été élevé chez les Moldus ...
- Non, je ne connais pas les Lois Anciennes, dit-il un peu sèchement.
- Pour faire bref, expliqua Blaise, ce sont des lois ancestrales, souvent de tradition orale, qui régissent encore certains aspects du monde sorcier, notamment chez les familles de sang-pur. Une des Lois Anciennes décrète que si une fille sang-pur tombe enceinte, elle peut revendiquer le père de son enfant comme époux légitime. Celui-ci non seulement ne peut s'y opposer mais de plus, le mariage ne peut être délié car il s'agit d'un mariage magique.
Harry était un peu sonné par ce qu'il venait d'entendre. Effectivement, vu comme ça, il l'avait échappé belle ... Mais autre chose lui vint brusquement à l'esprit.
- Ce sont ... hum ... ce sont aussi les Lois Anciennes qui régissent les fiançailles des sang-purs à leur naissance ?
- Oui, en effet. C'est Draco qui avait répondu.
- Et ... ces fiançailles-là sont-elles aussi magiques ? Je veux dire, peuvent-elles être déliées ? Demanda Harry sur un ton qu'il voulait égal.
- Merlin, y a intérêt ! dit Théo en riant. Sinon je fais quoi moi avec Astoria qui est censée être fiancée à Draco ?
Mais Draco, lui ne riait pas.
- Tu sais, Théo, que d'après les Lois Anciennes, je peux obliger Astoria à respecter le contrat passé entre mes parents et les siens. Et si tu t'y opposes, je serai contraint de t'affronter en duel jusqu'à ce que mort s'en suive. Inutile de préciser que celui qui survit gagne la main de la belle.
Théo était devenu livide.
- Je.. Draco, ... je croyais que ... enfin, ...
Pour le coup, Harry n'en menait pas large non plus.
Draco partit alors d'un rire tonitruant.
- AH Théo, mon ami ! Tu aurais dû voir ta tête ! Ça valait son pesant de Galions ! Le contrat de fiançailles s'est éteint avec la mort de mes parents. Et crois bien que je ne ferai rien pour te ravir Astoria. Elle est jolie certes car elle n'est pas trop grande et elle a de beaux cheveux bruns. Mais elle a trop de seins, trop de fesses, pas assez de muscles, des cheveux trop longs et des yeux trop bruns. Sans compter qu'il lui manque un service trois pièces entre les jambes ... débita Draco en riant de plus belle.
- Je croyais que les femmes te plaisaient quand même un peu dit Blaise.
- Bof, c'est divertissant de temps en temps. Mais l'homme de ma vie, hé bien ... comme je viens de le dire... c'est un homme.
- Donc, si je dois résumer, dit perfidement Hermione, tu craques pour les bruns, cheveux courts, pas trop grands, musclés et aux yeux clairs.
- Autant dire la moitié des mecs aux environs, dit Théo.
- N'importe quoi ! S'indigna Draco. D'abord, mon truc à moi c'est les yeux verts pas seulement les yeux clairs.
Oups. Boulette.
Conscient de sa monumentale erreur, Draco rougit jusqu'aux oreilles. Mais ce n'était rien comparé à Harry.
Hermione, sans pitié, enfonça le clou.
- Brun aux yeux verts, dis-tu ? ... Il y a un dans ce compartiment ...
Draco décida de rassembler ce qui restait de sa dignité et de son courage et dit :
- Bon, j'admets. Harry est totalement mon genre. Mais il est mon meilleur ami et donc, intouchable ! L'amitié c'est sacré.
Harry qui flottait à trois mètres du sol depuis le « totalement mon genre » retomba aussi sec.
Intouchable ? Non mais t'es pas bien ! Au contraire, vas-y ! Touche tout ce que tu veux !
Malgré ses protestations intérieures, Harry avait la conviction que le blond était sérieux et sincère quand il le qualifiait d'intouchable en raison de leur amitié.
Il se résigna, heureux quand même que Draco le trouve à son goût.
Hermione et Blaise échangèrent un regard consterné. Manifestement, leur plan était tombé à l'eau.
A Grimmaurd, les premiers jours se passèrent dans la tranquillité. Harry et Draco profitaient des vacances pour faire des grasses matinées, se promener à Londres, boire des café moccha aromatisés chez Starbucks. Mais la dolce vita prit fin rapidement par l'arrivée d'Hermione munie d'un calendrier de révisions pour les ASPIC. Elle était suivie d'un Blaise complètement effrayé. Manifestement, il découvrait là un aspect assez inquiétant de sa chère et tendre.
Draco comptait entamer ses révisions à son retour à Salem mais afin de ne pas décourager ses amis, il se proposa de les aider en potions, en métamorphose et en sortilèges, matières dans lesquelles il excellait déjà à Poudlard.
Harry parvint à soutirer à Hermione de leur laisser au moins les après-midi de libres afin qu'il puisse un peu profiter de la présence de Draco à Londres.
La première semaine passa ainsi, rythmée par les révisions, les visites de Blaise et Hermione et les moments de détente.
Un soir où ils étaient tous les quatre attablés dans la salle à manger, Draco demanda :
- Alors Hermy, tu t'es finalement décidée pour tes études supérieures ?
- Je crois que mon choix est fait. Droit sorcier !
- Génial ! dit Harry. On sera ensemble ! Tu iras à la Faculté Sorcière de Londres ?
- Oui, certainement. Je dois encore remplir le formulaire d'admission.
- Et toi Blaise ? demanda Harry.
- Pour moi ce sera l'Ecole Sorcière Supérieure de Sciences Politiques. Enfin, je vais essayer car il parait que l'examen d'entrée est très sélectif.
- Je suis sûre que tu vas y arriver Blaise ... je t'aiderai à te préparer. Il faudrait que je te fasse un planning ...
-Stop Hermione ! Laisse-moi déjà survivre à ton « planning » pour les ASPIC, hein ? On verra le reste après !
Harry et Draco riaient de l'air déconfit de ce pauvre Blaise.
- Et toi Draco ? Reprit Hermione. J'ai appris que tu avais été admis à la Faculté sorcière de Harvard.
- Wahhou ! s'exclama Blaise. Harvard ! Rien que ça ! Leur section médicomagie est hyper sélective. Tu as dû faire une sacrée impression !
Le coeur de Harry se serra. C'est ce qu'il redoutait depuis des mois : que Draco décide de rester aux Etats-Unis pour y poursuivre ses études de médicomage. De plus, il était admis à Harvard. Comment refuser une telle opportunité ?
- Hé bien pour tout dire, répondit le blond, j'ai également postulé dans les Facultés Sorcières de Cambridge et d'Oxford. Et j'y suis admis également ...
- Merlin, Draco ! Tu as l'embarras du choix ! Dit Hermione admirative.
- Et tu as fixé ton choix ? demanda timidement Harry
- Oui ... ce sera Oxford. Contrairement à Harvard, ils proposent en plus de la section médicomagie, une maîtrise en potions en partenariat avec l'Institut Supérieur de Potions de Hambourg.
Harry n'aurait pas pu être plus heureux. Draco revenait en Angleterre pour de bon !
Après le repas et le départ de Blaise et Hermione, Harry et Draco s'installèrent sur le tapis du salon avec une bièreaubeurre.
- Je suis content que tu rentres en Angleterre Draco.
- Moi aussi. C'est vrai qu'Harvard est une sacrée opportunité mais l'Angleterre me manque. Blaise, Hermy et toi, vous me manquez.
- Oxford a une sacrée réputation aussi ...
- Tu as postulé ?
- Tu rigoles ! Je n'ai pas le niveau pour entrer à Oxford Draco !
- Ça c'est toi qui le dit ... depuis que tu n'es plus obligé de faire le sale boulot pour Dumbledore, tu remarqueras que ta moyenne a prodigieusement augmenté !
Ouais, c'est pas faux ... mais bon, il en faut plus pour être admis dans cette faculté.
Draco se leva et transplana dans à l'étage. Il revint une seconde plus tard, une enveloppe à la main.
- Harry, tu promets de ne pas m'en vouloir ?
- Hein ? ... quoi ... pourquoi t'en voudrais-je ?
- Tiens, lis dit Draco en lui tendant l'enveloppe.
Harry la prit et en sortit un épais parchemin couleur crème.
« Cher Monsieur Evans,
Nous avons le plaisir de vous faire savoir qu'à l'issue de l'examen de votre dossier de candidature et sous réserve de l'obtention de vos ASPIC, vous êtes admis à intégrer la Faculté de Droit Sorcier d'Oxford, à partir du 1er octobre 1999. Une journée d'information se tiendra le 20 août prochain.
Avec l'assurance de notre considération distinguée.
Cicéron Rhadamanthe
Président de la faculté de Droit »
- Draco, je ne comprends pas. Pourquoi me montres-tu cette lettre ?
- Tu es admis à Oxford Harry. J'ai postulé pour toi ...
- Tu as quoi ?
- Je leur ai envoyé ton dossier de candidature. Et comme tu vois, tu es suffisamment brillant pour être admis ...
- Mais ... ce nom ... Evans ?
- J'ai envoyé la candidature sous le nom de ta mère afin que le bureau d'admission ne soit pas influencé par le nom de Harry Potter...
Harry était sans voix. Ce silence rendait Draco nerveux.
- Je suis désolé Harry. Je ne voulais pas te blesser ou te donner l'impression que je me mêle de tes affaires...
- Draco Malefoy, tu es absolument incroyable !
- Je ...
- Pour la première fois de ma vie, on me reconnaît pour ce que je suis moi et pas parce que je m'appelle Harry Potter. Pour la première fois ! ... Et c'est toi qui as permis cela. Parce que, toi, tu as eu plus confiance en moi que n'importe qui d'autre.
- Alors ... tu n'es pas en colère contre moi ?
- En colère ? Merlin, non ! Je suis juste sur le point de t'élever une statue en or de 200 pieds de haut que je vénèrerai le restant de ma vie !
- Oui, bon ... 100 pieds seront suffisants ... Je ne suis pas mégalomane non plus ... Mais je préfère l'or blanc, si tu veux bien.
Et tous les deux éclatèrent de rire.
- Harry, reprit le blond d'un air grave, je n'ai pas insisté pour que tu me suives à Salem et je le regrette vraiment. Alors je voudrais que tu considères sérieusement cette possibilité de venir à Oxford avec moi.
- Draco, tu crois vraiment que je dois réfléchir longtemps à l'idée d'intégrer la meilleure faculté sorcière du pays ? Evidemment que je vais y aller !
- Merci Merlin ! Dit Draco en bondissant sur Harry pour le serrer dans ses bras.
- Draco ? Que vais-je dire à Hermione ? Elle pense que je vais aller à la faculté sorcière de Londres avec elle ...
- Ne t'inquiète pas, elle était au courant de mon projet ! Je lui ai dit de postuler également mais elle préfère rester à Londres. Pour Blaise ...
- Je peux comprendre ça ... dit Harry de manière énigmatique.
Ils passèrent le reste de la soirée à imaginer à quoi ressemblerait leur vie sur le campus universitaire d'Oxford.
La deuxième semaine des vacances passa à toute allure. Le samedi soir arriva trop vite au goût de Harry qui accompagna Draco pour la dernière fois il l'espérait, au terminal des portoloins de Londres.
- Bonne chance pour les ASPIC Harry.
- Bonne chance à toi aussi, Draco. On se revoit le 1er juillet.
- J'ai hâte ! Prends soin de toi !
- Toi aussi.
Au fur et à mesure que les examens approchaient, Hermione devenait ingérable. Elle arpentait les couloirs comme un zombie, en train de réciter des formules de métamorphose, tout en révisant les runes anciennes.
Pour Harry, il n'y avait là rien d'inhabituel. Tous les ans, à la même période Hermione était dans cet état. Pour Blaise par contre, c'était tout nouveau et l'inquiétude du métis grandissait à tel point qu'il failli amener sa douce à Sainte Mangouste !
Le mois de mai amena avec lui la perspective des célébrations de la fin de la guerre et de la victoire du Survivant sur Voldemort.
Harry reçut quantité de hiboux l'invitant à telle ou telle commémoration. Il les refusa toutes, prétextant qu'il devait se consacrer à ses examens. La vérité c'était qu'examens ou pas, il ne voulait pas y aller. Pour lui, célébrer la fin de la guerre, c'était aussi revivre la mort de ses proches, de ses amis, sa propre mort.
Son moral était au plus bas et cela faisait déjà 10 minutes qu'il lisait et relisait la même page quand une bouffée de flammes vertes apparut dans la cheminée de la salle commune, le visage de Draco au milieu.
- Salut Harry
- Salut Draco. Je suis content de te voir et de t'entendre.
- Je voulais te voir aujourd'hui parce que ... c'est aujourd'hui que ... enfin, je me dis que tu ne devais pas aller très fort.
Harry n'arrêtais pas de s'émouvoir de la capacité du blond à lire en lui comme dans un livre ouvert. Alors que tout le monde ou presque pensait qu'Harry était heureux de fêter l'anniversaire de la fin de la guerre, Draco était le seul à avoir vraiment compris.
- Ouais, t'as raison. Ça va pas fort. J'ai reçu au moins dix invitations à des soirées, des commémorations, ... je les ai toutes brûlées.
- Ça ne va pas faire remonter ta cote de popularité, dit Draco avec un sourire en coin.
- Depuis quand je me préoccupe de ma popularité ?
- Certainement plus depuis que tu t'es collé un mangemort comme meilleur ami ! Répondit Draco en riant. Le sujet était devenu une plaisanterie entre eux depuis un certain temps déjà.
- Je veux bien y aller l'année prochaine. On ira à deux et on comptera le nombre de crises cardiaques que ça provoquera !
- Bonne idée ! On mettra des T-shirts « On emmerde le Ministère et ses sbires bien-pensants » !
Harry riait de plus belle.
- Merci Draco ! C'est de ça dont j'avais besoin !
- Pas de quoi !
- Dis, Draco ? Je voudrais te parler d'un truc, dit Harry plus sérieusement.
- Vas-y !
- Eh bien, voilà. J'ai réfléchi pour Oxford ... non, non, t'inquiète ! Je suis toujours décidé à y aller, dit-il devant la mine paniquée de son ami. C'est juste que je me demandais ... Plutôt que de vivre dans une résidence étudiante, on pourrait rénover Grimmaurd et l'aménager pour qu'on puisse y vivre toi, moi, Blaise et Hermione. Toi et moi, on peut transplaner tous les jours à Oxford, c'est pas très loin. Et comme ça, on est quand même avec Blaise et Hermy ... T'en penses quoi ?
- Moi, je trouve ça génial ! Mais ils en disent quoi les autres ?
- Blaise et Hermy sont enchantés !
- Affaire conclue alors ! On fera les travaux de rénovation pendant les vacances. Avec nos magies respectives, ça ne devrait pas prendre plus d'un mois... et après, toi et moi – si ça te dit bien sûr – on repart faire le tour de mes propriétés d'Ecosse, d'Italie et de France.
- C'est formidable comme programme ! Merci !
- Bon allez ! Retourne à tes révisions Harry, sinon Hermione va m'envoyer une beuglante !
- A bientôt Draco !
L'année se termina en douceur. Harry obtint ses ASPIC avec succès, tout comme Blaise, Hermione, Pansy, Millicent et Théo.
Malheureusement, Serpentard ne gagna pas la Coupe des Quatre Maisons qui revint à Serdaigle. Les Gryffondors étaient bons derniers, juste devancés par les Poufsouffles.
C'étaient leurs derniers jours à Poudlard mais personne de leur groupe de se sentait nostalgique. Ils avaient hâte de commencer leur nouvelle vie.
Si Harry restait à Londres pour y vivre avec Draco, Hermione et Blaise, Théo lui, partait le mois prochain pour l'Allemagne étudier les potions à l'Institut Supérieur de Potions d'Hambourg. Il ne voulait pas trop s'éloigner d'Astoria qui restait à Poudlard pour y effectuer sa dernière année.
Pansy partait dès le lendemain pour Milan où elle commencerait des études de stylisme à partir de septembre. Quant à Millicent, elle partirait à l'Université Sorcière d'Alexandrie pour étudier l'Histoire de la Magie.
Le jour du départ, Harry reçut un hibou de Kingsley Shaklebolt :
« Cher Harry,
Je t'informe que le verdict dans le procès de Ronald et Ginny Weasley a été prononcé ce matin.
Sur réquisitions conformes du Procureur, Ronald est condamné à 30 ans de réclusion avec un sursis pour la moitié. Ginny a bénéficié de plus de clémence car elle a été condamnée à 5 ans d'emprisonnement avec un sursis pour ce qui excède un an.
Arthur et Molly sont effondrés et ils auraient espéré te voir au procès. Mais étant donné les circonstances, ils comprennent.
Félicitations pour tes ASPIC.
Amitié,
Kingsley »
Harry chiffonna le parchemin et le jeta. Le verdict était plus que clément ! Il repensait amèrement au procès de Draco pour lequel le Procureur avait requis rien de moins que le Baiser du Détraqueur... Ici, dans le meilleur des cas, Ginny sortirait l'année prochaine et Ron dans 15 ans.
Harry chassa ces sombres pensées.
Sa nouvelle vie commençait.
