Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Merci encore pour les review !

Bonne lecture !

Chapitre 25 – Renouveau

POV Harry

- Harry ? Viens voir si ces couleurs te plaisent pour le mur de la cuisine... C'est pas trop jaune ?

- Non, Hermione, c'est parfait. Ajoute peut-être un jaune plus ocre. Voilà ...

Nous étions tellement pressés d'aménager le Square Grimmaurd que nous nous y étions mis dès le premier jour. Draco n'était pas encore arrivé mais nous faisions déjà des essais de couleurs pour les différentes pièces.

Blaise avait fait des croquis pour nous donner une idée générale de l'agencement de la maison.

- Pour le séjour, je me demande si ce n'est pas mieux de placer le canapé face à la fenêtre ... dit ce dernier.

- Non, pas question. Le canapé reste face à la cheminée ... dit une voix légèrement traînante que je reconnaîtrais entre mille.

- Draco ! Te voilà enfin !

- Désolé du retard ! Le portoloin a eu un ennui magique.

- Pas grave, tu es là c'est l'essentiel ! Dis-je en l'emmenant dans la salle à manger où la table était couverte de croquis, d'échantillons de tissus et de peinture.

- Et bien, je vois que vous n'avez pas perdu de temps ! Je vais me joindre à vous mais il faut d'abord que je prenne une douche. L'attente dans ce terminal bondé et surchauffé était épouvantable.

- Tu connais le chemin, lui dis-je.

- Oui, sans aucun doute. Harry, tu veux bien me rejoindre en haut dans 10 minutes ? Me dit-il plus bas.

- OK, pas de problème.

Dix minutes plus tard, je suis donc devant la porte de sa chambre. Je frappe doucement et sa voix me dit d'entrer. Il a revêtu un pantalon en toile blanc avec un polo bleu foncé. Il frotte ses cheveux mouillés avec une serviette.

Je sors de ma contemplation. J'ai toujours du mal à reprendre mes esprits quand je le revois après une longue absence.

- Tu voulais me voir ?

- Oui, Harry. Vas-tu me faire languir encore longtemps ou bien me dire enfin ce que c'est que ça ? Me dit-il les yeux brillants en exhibant une toute petite clé en argent d'à peine 3 centimètres.

- Ooh ça ...

- Comment « ooh ça ? » s'offusque-t-il. Tu a oublié peut-être ? Laisse-moi te rafraîchir la mémoire, dit-il en sortant un morceau de parchemin de sa poche.

- « Mon cher Draco » commença-il d'une voix doucereuse, « Tu découvriras ce que cette petite clé ouvre le jour de ton retour à Grimmaurd. Et oui, tu as raison ... c'est une vile méthode serpentarde pour t'obliger à revenir ! Joyeux anniversaire ! Avec toute mon amitié, Harry ». Ca fait 26 jours que j'attends Potter ! 26 ! Jamais on ne m'a fait attendre aussi longtemps pour me donner mon cadeau d'anniversaire !

Je ris devant son air de petit garçon boudeur. J'adore quand il fait des caprices !

- Allez viens avec moi et arrête de râler sinon je t'oblige à chercher tout seul dans toute la maison. Et crois-moi, des serrures, il y en a un paquet !

Je le vois considérer cette menace avec sérieux et il me suit sans plus rouspéter.

Je l'emmène au deuxième étage, dans une pièce qui me sert pour le moment à entreposer du bric-à-brac. J'aurais voulu qu'il découvre son cadeau dans un environnement plus propice mais bon, c'est Draco et il refusera d'attendre un mois de plus.

Je pousse la porte et le laisse entrer le premier, restant légèrement en retrait, attentant sa réaction.

- Merlin ... Il est ... magnifique ... dit-il dans un souffle presque révérencieux.

- J'aurais voulu que tu le vois dans l'environnement définitif que je comptais lui donner mais vu que tu es un petit garçon impatient...

Il se retourne vers moi et l'émerveillement que je vois dans ses beaux yeux gris est ma plus belle récompense. Il se dirige alors vers son cadeau, un piano blanc laqué, demi queue Steynway & sons d'1,88 mètres.

Il commence par en faire le tour en caressant le cadre. Puis il s'arrête devant le couvercle qu'il ouvre en glissant la petite clé dans la serrure. Il caresse religieusement les touches.

Il finit par s'asseoir sur la banquette blanche et après avoir fermé les yeux, il commence à jouer.

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Les notes emplissent toute la pièce. Ses doigts courent sur le clavier, fluides comme de l'eau. Draco semble ne plus faire qu'un avec l'instrument. C'est un spectacle hypnotisant.

Je suis tellement emporté par cette musique que je n'entends pas Blaise et Hermione arriver.

- Fantaisie impromptu de Chopin, murmure Blaise. Son morceau préféré.

Je m'adosse contre le mur et je ferme les yeux, me laissant envelopper par cette magie des moldus que Draco maîtrise si bien.

Lorsque le morceau se termine, nous sommes tous les trois silencieux, n'osant pas briser ce moment magique.

Draco se lève et vient vers moi. S'en s'embarrasser de la présence de deux autres, il me serre dans ses bras en me disant :

- Merci Harry. Ce cadeau est fabuleux.

- C'est un cadeau que je me fais à moi-même également, dis-je en riant. Pas question que tu vives ici sans un piano ! J'adore tellement t'écouter jouer.

- Bon, dit Blaise. Je suppose que cette merveille ne va pas rester dans ce débarras ... je n'ai plus qu'à refaire mes croquis pour l'intégrer ! Dit-il faussement ennuyé.

Avant de redescendre au rez-de-chaussée, je demande à Draco de m'attendre alors que j'entre dans ma chambre. J'en ressors avec une boîte longiligne que je lui tends.

- Tu es revenu, comme tu l'avais promis. Alors je te la rends, pour de bon cette fois ...

Il contemple à l'intérieur sa baguette d'aubépine et me sourit, les yeux brillants.

- Oui, je suis revenu. Pour de bon.

Nous redescendons au rez-de-chaussée poursuivre notre entreprise de réaménagement.


Les travaux avançaient bien. Harry en était très satisfait.

Le rez-de-chaussée était presque terminé.

Les vieux carrelages avaient été remplacés par du parquet en wengé d'une belle couleur chocolat.

Harry avait finalement opté pour un jaune doux et lumineux dans la cuisine. Les vieux meubles avaient été enlevés et remplacés par des équipements ultra-modernes.

Des cloisons avaient été abattues entre le salon et la salle à manger pour offrir plus de luminosité et d'espace. Les occupants choisirent des tons taupe et café pour les murs. Les hautes fenêtres furent habillées de lourdes tentures blanc crème.

Dans le salon, trônait dorénavant un immense canapé d'angle en cuir souple blanc cassé. Draco avait insisté – et Harry aussi - pour installer un épais tapis de la même couleur entre le canapé et la cheminée.

Bien entendu, une pièce entière du rez-de-chaussée fut transformée en salon de musique. Pour parfaire son cadeau, Draco laissa à Harry le soin de créer l'environnement qu'il avait imaginé pour le grand piano blanc. A savoir, des murs bleus nuit, une bibliothèque de partitions en bois blanc et ça et là des photographies noir et blanc de la ville de New York.

Sans états d'âme, tous les bibelots et autres vieilleries accumulés par les Black depuis leur première occupation avaient été jetés. Une des premières choses qui avait d'ailleurs été retirée sans ménagement était la sordide collection de têtes d'elfes de maison qui occupait à elle seule tout un pan de mur du couloir.

Un des grands défi de la rénovation consistait également à déplacer ou – à tout le moins à camoufler – le portrait de feue Mme Black. Depuis son cadre dans le couloir, Mme Black prenait un malin plaisir à hurler et à invectiver tout ce qui n'était pas un sang pur. Certes, grâce à la présence de Draco et Blaise, elle l'avait un peu mise en veilleuse mais elle n'en demeurait pas moins désagréable.

Hélas, son portrait avait été soumis à un sort de glu perpétuelle et toutes les tentatives pour la déloger s'étaient avérées vaines.

Pourtant un matin, Harry et Hermione trouvèrent le couloir bien silencieux. Et pour cause ! Mme Black avant tout bonnement disparu. A sa place, se trouvait désormais une jolie reproduction d'un paysage bordant le Lac de Côme.

Ce miracle était dû à Draco qui, à force de persuasion, avait réussi à convaincre Mme Black qu'elle serait beaucoup mieux entourée des membres de sa famille, plutôt que toute seule dans cette maison.

Le matin même, Mme Black avait donc pris ses quartiers dans la salle des portraits du Manoir Malefoy où elle trônait désormais entre Bellatrix et Narcissa, ces deux nièces. Le reste de son voisinage, constitué de l'essentiel de la prestigieuse famille Malefoy, l'agréait particulièrement.

On approchait de la fin du mois de juillet. Les aménagements des chambres aux premier et deuxième étages étaient terminés. Draco occupait toujours l'ancienne chambre de Regulus mais avait allégé la décoration et modernisé le mobilier. Même s'il s'agissait d'une tradition sorcière bien ancrée, il n'appréciait pas particulièrement les baldaquins. Il opta donc pour un lit king-size aux formes épurées. Il pris un soin tout particulier pour aménager l'essentiel de son univers : son dressing.

Harry fit de même dans la chambre de Sirius. Il avait fait son deuil depuis longtemps et acceptait maintenant de poser ses propres marques dans cette chambre comme dans le reste de la maison. Tout comme Draco, il abandonna le baldaquin de même que les couleurs rouge et or au profit de tons bleus plus reposant. Il agrandit la fenêtre pour bénéficier de plus lumière et y posa de des tentures en lin blanc cassé.

Bien que leur couple n'avait rien de mystérieux, Blaise et Hermione souhaitaient disposer d'une chambre chacun au deuxième étage. Ils avaient carte blanche pour décorer et aménager ces espaces à leur goût.


POV Harry

Depuis quelques jours, je m'inquiète de voir Draco disparaître pendant des heures dans une pièce du troisième étage. Il ne veut absolument rien dire de ce qu'il y fait et toutes mes tentatives ou celles d'Hermione pour le savoir sont un échec.

En ce matin du 31 juillet, alors que je m'apprête à descendre prendre mon petit-déjeuner, je remarque un morceau de parchemin glissé en dessous de ma porte. Je reconnais l'écriture fine et soignée.

« Viens me rejoindre au 3ème étage. D. »

Je m'empresse de monter les escaliers quatre à quatre. Draco est là, adossé au mur, les bras croisés devant lui, un sourire énigmatique sur le visage.

Quand j'arrive à sa hauteur, il se décolle du mur et et sans rien dire m'entraîne vers la pièce au fond du couloir. Il lève la multitude de sorts qui en protégeait l'entrée et en ouvrant la porte, il me dit :

- Joyeux anniversaire, Harry !

Intrigué, je pénètre dans la pièce, Draco à ma suite. Et je reste bouchée.

Les murs de la pièce sont recouverts par la tapisserie familiale des Black représentant leur arbre généalogique. Mais ce n'est pas la tapisserie telle que je l'ai vue la dernière fois, poussiéreuse, jaunie, usée et surtout abîmée par les brûlures que Mme Black avaient infligé aux représentations de certains membres de sa famille.

Non, celle-ci est belle. La trame a été nettoyée en profondeur, les couleurs ont été ravivées. Le fond n'est plus jaune mais ivoire moiré. L'écorce de l'arbre semble vivante et ses branches sont parées d'un feuillage vert argenté. Mais le plus impressionnant c'est que pour la première fois, je peux contempler sur cette tapisserie les visages des personnes qui me sont chères.

Draco a réussi, je ne sais de quelle manière, à reconstituer les représentations que Mme Black avait fait « disparaître ».

D'un doigt tremblant, je touche le visage de mon parrain, Sirius. Pas le Sirius émacié d'après Azkaban. Le Sirius rieur et en pleine santé de l'époque où mes parents étaient encore en vie.

Je m'émerveille de la finesse de la magie de Draco qui a dû déployer une patience incroyable pour reconstituer chaque fil de cet ouvrage.

Il a également réhabilité sa tante Andromeda, son mari né-moldu Ted Tonks et leur fille – sa cousine – Nymphadora. Avec une boule dans la gorge, je suis le petit fil d'or qui relie Nymphadora à son mari, Remus Lupin ainsi qu'à leur fils, Teddy.

La tapisserie est tellement grande qu'elle peut représenter toutes les branches éloignées de la famille Black. Et comment tous les sang-purs ont plus ou moins un lien entre eux, je remarque la branche réservée à la famille Potter. J'y vois mes parents et moi.

Grâce à cette tapisserie, j'ai une histoire, des racines. Une famille.

L'émotion me submerge et je ne peux empêcher mes larmes de couler. Ce ne sont pas des larmes de tristesse. Ce sont des larmes de joie, de reconnaissance et de soulagement. Je me retourne vers Draco qui me regarde avec anxiété. Je n'ai toujours rien dit depuis que je suis entré dans la pièce et je suis incapable de prononcer le moindre mot.

Pourtant mon coeur déborde d'une certitude. Je l'aime, ce serpentard prétentieux, arrogant et capricieux ! Je l'aime comme je n'aimerai jamais personne d'autre. Et je dois le lui dire.

En trois pas, je suis devant lui. J'emprisonne son visage dans mes mains et sans attendre ma bouche se pose sur la sienne. Le baiser n'est pas doux, il est empreint de ferveur, d'urgence. Il le ressent et y répond. Bientôt, ma langue et la sienne se cherchent, se trouvent et s'apprivoisent. Mes mains se font plus pressantes et quittent son visage pour descendre dans son dos et le coller plus à moi. Le baiser se fait plus intense, plus profond encore. Ses doigts s'emmêlent dans mes cheveux et caressent ma nuque. Mes mains dépassent la barrière de son t-shirt et se retrouvent à caresser la peau infiniment douce de son dos. Ce contact m'électrise.

Alors que j'ai besoin de reprendre mon souffle, je m'écarte de lui. Les mots sont au bord de mes lèvres et j'ancre mon regard dans le sien.

- Draco, je t'...

Il pose sa main sur ma bouche pour m'empêcher de parler.

- Non, Harry. Non. Ne le dis pas. Je t'en prie, ne dis rien. Ne gâche pas tout, s'il te plaît. Ce sentiment-là n'est pas pour moi. Je ne pourrai pas te donner ce que tu attends, ce que tu mérites. Tout ce que je pourrais te donner, ce seront quelques heures de plaisir dans mes bras. Une nuit, pas de matin. Comme je l'ai fait pour tous les autres. Mais toi, tu n'es pas les autres. Je ne veux pas que tu sois les autres. Toi, tu devrais avoir toutes les nuits et tous les matins de toute une vie. Et ça, je ne peux pas. Pardonne-moi Harry, je t'en supplie. Pardonne-moi et promets-moi que nous resterons toujours amis...

Il me dit tout ça avec une telle souffrance dans la voix que je n'ai pas le coeur de le lui refuser.

- Je te le promets Draco.

- Merci, souffle-t-il en posant un baiser sur mon front.

Alors, il s'écarte de moi et s'en va.

Je soupire douloureusement. Je n'ai plus rien à espérer. Tout ce qu'il me donnera, c'est son amitié. Son indéfectible et si précieuse amitié.


POV Draco

Il m'aime. Il allait me le dire et je l'en ai empêché.

Il m'aime. Je devrais être fou de joie et à la place, je suis fou de douleur.

Parce qu'il m'aime et que je lui fais du mal. Mais du mal, je lui en ferais de toute façon. Je ne suis pas une bonne personne. Il mérite tellement mieux que moi.

Mais je suis tellement égoïste que je refuse de le laisser partir définitivement. Alors, comme le vil serpent que je suis, je veux le garder près de moi au nom de notre amitié.

Je me dégoûte.


POV Harry

D'un accord tacite, nous n'avons plus parlé de ce baiser ni de ma déclaration avortée.

Je ne dis pas que c'est facile pour moi de faire abstraction de mes sentiments pour lui mais la réalité c'est qu'il serait encore pire qu'il ne fasse pas du tout partie de ma vie. C'est déjà pour cette raison que j'ai voulu le sauver d'Azkaban. Et c'est encore pour cette raison que j'accepte aujourd'hui de me contenter de son amitié.

Malgré cela, je suis heureux de constater qu'aucune gêne de subsiste entre nous. Ainsi, il n'est pas rare de nous trouver affalé l'un sur l'autre dans le canapé en train de discuter de tout et de rien. Il n'est pas rare non plus de nous trouver endormis l'un contre l'autre, nos doigts entrelacés.

Je sais que cette situation peut paraître bizarre, vue de l'extérieur. Malsaine peut-être. Mais il n'en est rien. C'est juste le mode de fonctionnement que nous avons trouvé et tant qu'il me permet d'être près de lui, il me convient.


POV Harry

Comme Draco me l'avait annoncé, nous avons passé une partie du mois d'août à faire le tour de ses propriétés.

Nous avons commencé par l'Italie, en compagnie de Blaise et Hermione. Après quelques jours, nous avons décidé de les laisser seuls, profiter de la beauté de la région et du confort de la villa. Ces deux-là sont amoureux un peu plus chaque jour et ça fait plaisir à voir. Ils se sont bien trouvés.

Nous avons donc pris la direction de l'Ecosse. Contrairement à l'année dernière, le temps est magnifique et nous profitons pleinement de la campagne environnante.

Un matin, au petit-déjeuner, Draco me demande :

- Tu es déjà monté à cheval Harry ?

- Heu ... non, jamais.

Bien évidemment, Draco, lui, monte depuis qu'il a appris à marcher ...

- ça te dirait d'essayer ?

- Heu ... bof, je suis pas sûr d'être très doué ... C'est un peu tard pour apprendre non ?

- Pas du tout ! En plus, pour nous les sorciers, c'est beaucoup plus facile. Nous pouvons communiquer avec l'animal, contrairement aux moldus. Le cheval ressent notre magie et il a confiance. Donc, à part apprendre à te tenir en selle, il n'y a rien de très compliqué. Alors, tu es d'accord ? Me demande-t-il.

Quand il arbore ce sourire d'enfant, je ne peux rien lui refuser ...

- Ok, je veux bien essayer.

- Extra ! Viens avec moi, je vais te confier à Billy. C'est lui qui m'a appris à monter quand j'étais petit. Avec lui, ça va aller tout seul !

Et d'un pas enthousiaste, nous descendons aux écuries.

- Billy, je te présente Harry Potter. Je voudrais que tu lui apprennes à monter.

- Bien, Monsieur Malefoy, répondit Billy. Avez-vous une idée pour le cheval ?

- Et bien, je pensais à Eowin, ma jument. Elle est douce et docile, ce sera parfait pour un début.

- Vous avez raison Monsieur Malefoy. Mais si vous laissez votre jument à Monsieur Potter, quel cheval dois-je vous préparer ?

- Vous pouvez seller Sauron ...

- Vous êtes sûr Monsieur Malefoy ... la dernière fois vous avez été désarçonné ...

- Oui, j'en suis sûr. Bien, Harry. Je te laisse ta leçon. J'ai encore quelques problèmes d'intendance à régler mais je te rejoins après. Nous pourrons faire une balade dans la lande.

Sur ce, il tourna les talons.

Billy m'amène Eowin, une magnifique jument perlino. Sa robe d'un blanc nacré et ses crins argentés irradient au soleil. Je peux lire immédiatement dans son regard doux qu'elle me fait confiance.

D'instinct, je tends la main lentement sous son nez, paume vers le haut, et je l'invite à approcher en lui parlant doucement. Elle s'approche en fourre son nez dans ma main.

- Hé bien, Monsieur Potter ! Vous avez le même don que Monsieur Malefoy avec les chevaux. Elle vous a adopté !

Le premier contact étant établi, Billy m'apprend à me hisser en selle et à maîtriser ma monture. J'y arrive facilement car d'une part, Eowin est vraiment docile et d'autre part, elle est à l'écoute de mes directives.

Une heure passe et je suis de plus en plus à l'aise avec la jument.

A ce moment, Draco arrive perché sur un immense pur-sang dont la robe est tellement noire qu'elle semble ruisseler comme de l'encre.

Lui-même est vêtu d'une tenue d'équitation qui lui donne l'air de sortir d'un roman de Jane Austen. Le pantalon blanc moulant et les hautes bottes noires lui font des jambes interminables. La veste bordeaux lie de vin à liséré et boutons dorés, très ajustée souligne ta taille et sa carrure. Il porte une chemise blanche dont le jabot en soie est retenu sur le devant par une épingle. Il est absolument remarquable.

Vu comme ça, on ne peut douter que Draco est un aristocrate. Tout dans son être transpire la confiance et la puissance.

Son cheval est beaucoup plus nerveux que le mien mais il semble le maîtriser parfaitement.

- Alors Harry ? Prêt pour une promenade ?

- Prêt !

Nous mettons en route au petit trot. La lande écossaise est magnifique à cette heure de la journée.

- Dis-moi Draco, tous les noms de vos chevaux sont tirés du Seigneur des Anneaux ?

Il rigole franchement.

- Beaucoup en effet ! Il y a Legolas que je monte en alternance avec Eowin. Arwen et Galadriel étaient montées par ma mère. Il y a également Gandalf et Saroumane que j'ai monté également. Enfant, j'avais même un poney qui s'appelait Frodon !

- Et celui-ci ? Sauron ...

- C'était le cheval de mon père. Maintenant, c'est le mien.

- J'ai du mal à croire que ton père a appelé son cheval d'un nom tiré d'un roman moldu !

- Tu aurais voulu qu'il l'appelle Voldemort ? Me dit-il en riant

Nous continuons à rire et à parler tout en chevauchant. Bientôt le soir tombe et nous décidons de rentrer.

Le reste du séjour se passe à merveille.

Après New York et la France, le mois de septembre est déjà bien entamé quand nous rentrons enfin à Londres.

En m'effondrant sur mon lit après ces superbes vacances, je me dis que je ne suis pas loin d'avoir une vie de rêve. J'ai ma maison à moi au coeur de Londres que je partage avec les personnes que j'aime, je vais entrer dans une prestigieuse faculté sorcière, j'ai des amis formidables, dont un surtout qui me fait vivre des moments vraiment uniques.

Oui, à peu de choses près, ma vie est parfaite.