Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
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Chapitre 27 – La chute
Un an et demi plus tard – juin 2001
- A la fin des examens !
A Grimmaurd, Harry, Draco, Blaise et Hermione fêtaient la fin de leur deuxième année à l'université.
Ils avaient tous les quatre brillamment réussis leurs examens et espéraient goûter à des vacances bien méritées avant d'entamer leur troisième année. Cette année serait en effet décisive puisqu'ils devaient tous faire les choix d'orientation pour le reste de leurs études.
Harry n'eut pas trop de mal à se décider. Vu qu'il se destinait à la fonction de Procureur, il avait naturellement décidé de se spécialiser en droit pénal.
Hermione était encore en balance entre le droit pénal et le droit de l'intégration des hybrides et créatures magiques.
A l'Institut de Sciences Politiques, Blaise avait longuement hésité entre une carrière diplomatique et une maîtrise en administration des services publics. Il avait fini par choisir cette dernière orientation.
Enfin Draco se destinait à la chirurgie médicomagique. Parallèlement, il avait obtenu sa maîtrise en potions et s'était inscrit à un programme d'études spécifiques en médecine moldue.
Des quatre amis, c'est lui qui avait le programme le plus chargé et il avait passé cette dernière année à travailler d'arrache-pied pour réussir. Cela n'avait pas été sans conséquence sur sa vie personnelle.
Blaise s'en était un jour inquiété.
- Draco ... Je comprends que tu prennes tes études au sérieux mais là, t'es carrément en train d'arrêter de vivre ...
- Blaise, je ne suis pas d'humeur à écouter un sermon.
- T'es d'humeur à rien du tout ces derniers temps ...
- Si, je suis d'humeur à essayer d'obtenir mon diplôme de médicomage.
- Tu as quelqu'un dans ta vie, Draco ?
- C'est quoi cette question ?
- C'est simple. Tu vois quelqu'un ?
- Ça ne te regarde pas.
Blaise n'avait rien pu en tirer. Mais il était clair pour lui que la vie sentimentale de Draco était désertique.
Tout comme l'était celle de Harry.
Alistair avait fini par le quitter en février dernier. Il n'avait pas supporté qu'Harry, pour la deuxième année consécutive, passe toute la journée du 14 avec Draco. Lui qui était toujours d'une humeur égale, lui avait fait une scène digne d'une tragédie grecque. Harry aurait pu lui expliquer que cette journée n'avait rien eu de romantique, qu'il l'avait passée à regarder Draco lutter contre les démons de son passé qui surgissaient immanquablement à cette date. Mais il ne l'avait pas fait parce que c'était le secret de Draco et qu'il ne le trahirait pas. De toute façon, explication ou pas, Alistair avait de plus en plus de mal à accepter le lien particulier qui unissait le brun au blond. Et cela agaçait Harry de plus en plus.
Harry n'avait cependant pas souffert outre mesure de cette séparation. Certes, il avait apprécié Alistair et la stabilité qu'il lui avait apporté, mais il n'y avait jamais vraiment eu d'amour entre eux.
Quant à Draco, ses amants ne restaient jamais assez longtemps pour se rendre compte de l'omniprésence de Harry dans sa vie. Mais le seul qui avait osé un jour faire un commentaire désobligeant sur le brun avait été flanqué à la porte sans autre explication.
Un après-midi d'août particulièrement ensoleillé, les quatre amis se retrouvèrent sur le Chemin de Traverse chez le glacier Florian Fortarôme.
Ils examinaient la carte, indécis comme toujours, lorsqu'une serveuse approcha.
- Bonjour. Puis-je prendre votre commande ?
- Oui, je vais prendre ... commença Harry en relevant la tête.
Là, il resta interdit devant la serveuse qui n'était nulle autre que Ginny Weasley. Hermione et Blaise étaient tout aussi surpris et quelque peu embarrassés.
Draco s'était tendu imperceptiblement.
- ... Ginny ? Dit Harry
- heu ... oui. Bonjour Harry. Hermione, Blaise. ... Malefoy
Un silence embarrassant venait de s'installer, rompu par Draco.
- Alors comme ça, t'es sortie d'Azkaban ? Dit-il, ouvertement hostile.
- Tout comme toi Malefoy. Sauf que moi, personne n'est venu me sauver. J'ai purgé ma peine ...
- Une peine trop clémente pour ce que tu as fait ... s'emporta-t-il.
- Draco, arrête, intervint Harry. Quant à toi Ginny, je te rappelle que Draco a été innocenté. Ce qui ne fût pas ton cas.
- A ce propos Harry, je voudrais te dire que je regrette sincèrement ce qui s'est passé.
- C'est quoi ce truc, dit Draco, mauvais. Un putain de programme de réhabilitation en 12 étapes ? Tu en es au point « demander pardon à ceux à qui j'ai fait du mal » ?
- En effet, Malefoy. C'est à peu près ça.
- Si c'est le cas Ginny, dit Harry, le premier à qui tu dois demander pardon c'est Draco.
- Je ... Malefoy, je te prie de m'excuser.
Le regard que Draco posa sur elle était polaire.
- Non, Weasley. C'est trop facile. Je ne te pardonne pas. Et je m'en vais, dit-il en se levant.
- Nous t'accompagnons Draco dit Blaise, en prenant la main d'Hermione.
Harry se leva à son tour mais Ginny le retint d'une main.
- Harry, je te t'en prie. Laisse-moi une chance de t'expliquer. S'il te plait.
Il la considéra un instant avec de dire :
- Je ne sais pas. Laisse-moi y réfléchir.
- Tu peux me contacter ici, chez Florian.
- Bien. Au revoir Ginny.
De retour à Grimmaurd, l'ambiance était un peu lourde. Blaise et Hermione étaient montés dans leurs chambres. Harry et Draco étaient dans la cuisine.
Draco soupira.
- Tu es décidé. Tu vas lui parler.
Ce n'était pas une question mais une affirmation.
- Oui ... oui je pense bien que oui, dit Harry.
- Je ne vais pas essayer de te convaincre de ne pas le faire Harry. Je te connais, ça ne servirait à rien. Mais je te demande juste d'être prudent. Et de ne pas oublier trop vite ce qu'elle t'a fait.
- Je n'oublie pas Draco, crois-moi. Merci.
- De quoi ?
- D'être ce que tu es. Et de m'accepter comme je suis.
Malgré qu'Harry était décidé à laisser Ginny s'expliquer, il lui fallut encore quinze jours avant de lui envoyer un hibou l'invitant à Gimmaurd à la fin du mois.
Le 31 août, Ginny était donc assise dans la cuisine, une tasse de thé devant elle.
- Bien, Ginny. Dis-moi ce que tu as à dire, qu'on en finisse.
- Je ne sais pas pour où commencer ...
- Et bien commence déjà par me dire pourquoi, alors que tu disais m'aimer, tu as essayé de me tuer ? Pourquoi alors que tu disais m'aimer, tu n'as pas voulu écouter pourquoi je voulais aider Draco ?
- J'ai ... j'ai transposé sur Malefoy la haine que j'avais pour son père. C'est vrai, je n'ai pas supporté l'idée que tu veuilles l'aider ... parce que j'étais jalouse de cette ... relation que vous aviez tous les deux. Lui, contrairement à moi, tu l'as remarqué dès le premier jour. A partir de là, il est devenu exclusif pour toi. Il était ton ennemi. Et là, j'apprends que tu veux le sortir d'Azkaban... comme si tu refusais qu'un autre que toi le condamne. C'était irrationnel, je sais. Mais la haine a pris le dessus ... Et puis Ron s'en est mêlé. Lui, il voulait que Malefoy paye cher pour toutes ces années où il nous a humiliés, Ron, moi et notre famille. Ron a eu le sentiment que tu lui avais volé sa vengeance en quelque sorte. Il est devenu comme fou. Il voulait que tu payes cette trahison. J'étais tellement anéantie par notre rupture, tellement prête à tout que je me suis laissée convaincre par Ron ... Et je le regretterai toute ma vie.
- Et cette histoire de grossesse ?
- L'idée d'une femme désespérée, prête à tout pour récupérer l'homme qu'elle aime ...
Devant le silence de Harry, elle ajouta :
- Harry ... durant mon année Azkaban, la seule chose qui m'a fait tenir, c'est l'espoir d'obtenir ton pardon. Mais je sais que c'est beaucoup te demander, et je comprendrais que tu refuses, tout comme Malefoy.
Harry considéra les propos de Ginny.
- Je ne suis pas comme lui. Mais j'aurai beaucoup de mal à te pardonner quand même.
- Ça veut dire que tu y réfléchiras ?
- Ça veut dire ... je ne sais pas. Je verrai, c'est trop tôt.
POV Harry
10 septembre. Je suis de retour sur le Chemin de Traverse. Mes pas me mènent chez Florian Fortarôme. Je ne comprend pas vraiment ce besoin de revoir Ginny mais c'est plus fort que moi.
- Salut Ginny.
- Bonjour Harry. Tu es ... tu es revenu.
- Oui, je suis revenu te dire que ... j'ai entendu tes explications et je te remercie d'avoir fait l'effort de m'en parler. Mais c'est ... je ne peux pas. Je ne peux pas te pardonner. Avec le temps, j'arrêterai sans doute de t'en vouloir mais je ne pense pas que je pourrai pardonner. Je sais que tu as encore des sentiments pour moi mais tu ne devrais pas ... pour moi, c'est fini. Il faut que tu passes à autre chose, Ginny.
- Tu ne peux pas me dire ce que je dois ressentir Harry, ... je t'aime toujours et ça ne changera pas.
- Ginny ... je soupire.
- Ce n'est pas grave. Je te comprends. Je te demande juste une dernière chose ...
Elle s'approche et prend mon visage entre ses mains. Je suis trop pétrifié pour esquisser le moindre geste. Elle m'embrasse. La seule pensée qui me vient à ce moment c'est que ce baiser ne me fait absolument rien.
Je veux l'écarter de moi mais elle s'accroche à mes épaules.
A ce moment, je le vois. Il vient de sortir de la boutique de l'apothicaire. Ses yeux sont en colère. J'écarte Ginny sans ménagement.
- Draco ! Je l'appelle mais il a déjà transplané.
- Merde ! Dis-je et je transplane à mon tour.
Pourvu qu'il soit rentré à Grimmaurd.
Arrivé sur place, je l'appelle. Il ne me répond pas. Je le cherche dans le salon, la cuisine, sa chambre. Finalement, je le trouve dans le salon de musique.
- Draco, dis-je. Ce n'est pas ce que tu crois ...
- Je ne crois rien, Harry. J'ai des yeux pour voir. Mais qu'est-ce qui t'as pris, bon sang ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? S'énerve-t-il.
La colère monte en moi également.
- Ce qui ne va pas chez moi ? Et chez toi, Draco ? C'est quoi ton problème ? On est quoi, tous les deux pour que tu me fasses une crise de jalousie ? Tu es quoi pour venir me faire la morale ? Hein ? Tu es quoi ?
Lorsqu'il me regarde, ses yeux reflètent une douleur que je ne leur ai jamais vu.
- Je ne suis rien, Harry. Rien que le type qui tient suffisamment à toi pour être resté 36 heures sans dormir pour te préparer la potion qui t'a sauvé la vie parce que la fille à qui tu roulais une pelle a essayé de te tuer. Rien que le type qui a failli se faire décapiter par un cognard parce que le frère de la fille à qui tu roulais une pelle a aussi essayé de te tuer. Mais à part ça, je ne suis rien Harry. Rien du tout.
- Draco, ...
- Non, Harry. Il n'y a plus rien à dire. Excuse-moi, dit-il en m'écartant pour passer la porte. Je dois être à New York, j'ai rendez-vous avec Cliff demain.
Il retourne dans le couloir où attend une petite valise.
- Attends Draco. Je croyais qu'on y allait ensemble.
- Non, Harry. Je pars seul. Il le faut. On parlera à mon retour.
- Quand ? Je demande paniqué.
- Je ne sais pas. Au revoir Harry.
Et il a transplané. Merlin, je suis un idiot.
Je passe le reste de l'après-midi et la nuit à repenser à ce qui s'est passé. Je lui en veux. Après tout, c'est lui qui m'a rejeté en premier. Et maintenant, il me fait toute une histoire pour un baiser que je n'ai même pas demandé. Il me fait une crise de jalousie comme si ...
... comme s'il m'aimait. Merlin, je suis vraiment un idiot.
Le matin du 11 septembre, je me réveille avec la ferme intention d'appeler Draco et lui dire que j'arrive à New York. Pas question d'attendre son retour. Je vais tout lui dire et cette fois, il ne m'empêchera pas de parler. De lui dire que je l'aime.
Je prends mon téléphone portable. Je me félicite d'avoir obligé Draco, Hermione et Blaise à s'équiper de ce petit appareil moldu qui permet de communiquer plus rapidement et plus facilement que par hibou ou par cheminée.
Je regarde l'heure. 9 heures à Londres. 5 heures à New York. Si je l'appelle maintenant, il va râler car je l'aurai réveillé. On ne doit pas plaisanter avec les heures de sommeil de Draco, ... Bon, je vais attendre.
En fin de matinée, je décide d'aller parler à Ginny. Je retourne donc au Chemin de Traverse. Elle est en train de nettoyer les tables à l'extérieur.
- Harry ? Que fais-tu ici ?
- Ginny, j'ai réfléchi à ce que tu m'as dit. En fait, je te comprends. Je comprends qu'on puisse être capable de faire des choses irréfléchies par amour, qu'on puisse même faire atrocement souffrir la personne qu'on aime. Je te comprends car c'est exactement ce qui m'arrive. Et moi aussi, je voudrais qu'il me pardonne.
- Il ?
- Oui ...
- Alors, tu l'aimes vraiment, me dit-elle d'un air résigné.
- Oui et je ne veux pas perdre un minute avant de le lui dire.
- Et lui ?
- Je ... oui, peut-être. Je l'espère en tout cas...
Ginny me sourit gentiment.
- Je ne vais pas dire que je suis étonnée, ce serait un mensonge mais je suis contente pour toi.
Je m'apprête à partir quand elle me retient.
- Harry ... si jamais ... ça ne se passe comme tu veux avec Draco, sache que moi je serai là. Je serai toujours là, prête à te donner ce que tu veux par-dessus tout, une famille.
Je ne répond rien. Je n'ai qu'une hâte, contacter Draco. Je regarde ma montre : 12h45. Je l'appelle.
Il répond à la 3ème sonnerie.
- Draco, c'est moi Harry. T'es où ?
- Au WTC, avec Cliff. Ecoute Harry, je n'ai pas le temps ...
- Ne raccroche pas je t'en prie. Draco, on doit parler absolument. Je dois absolument te dire ...
- Putain, Harry je n'entends rien de ce que tu dis ... c'est quoi ce boucan ? Mais qu'est-ce que ... Oh Merlin !
La communication se coupe. Il est 12h46. 8h46 à New York.
J'essaye de le rappeler mais je tombe directement sur sa messagerie. Sans doute un problème avec le réseau. Tant pis, je réessayerai plus tard.
Je profite du fait que je suis sur le Chemin de Traverse pour m'arrêter chez Fleury et Bott acheter un livre de droit dont j'aurai besoin à la rentrée.
Lorsque je rentre à Grimmaurd, je suis prise d'assaut par Hermione.
- Harry ! Harry ! C'est épouvantable ! Tu es au courant ? Où est Draco ? Dis-moi qu'il n'est pas là-bas !
- Hermione, de quoi tu parles ?
Elle m'entraine avec elle dans le salon où la télévision est allumée sur la chaîne moldue américaine CNN. Je vois sur l'écran une image qui est censée être celle des tours jumelles. Sauf qu'il n'y en a plus qu'une. De l'autre, s'échappe une longue colonne de fumée noire.
- Bon sang, que s'est-il passé ?
- Deux avions se sont encastrés dans les tours. Le premier à 8h46 et le deuxième à 9h03, me dit Blaise, le visage défait. La tour sud s'est effondrée.
- Quoi ?
Mon cerveau n'arrive pas à assimiler l'information. Je regarde l'écran. Je regarde la Tour nord. Mentalement j'essaye d'évaluer à quel étage à eu lieu l'impact.
Merlin.
La réalité me submerge : Draco était au 91ème étage. Il me parlait quand la communication a été coupée brutalement. Il était 8h46.
Je sens qu'on me secoue. J'entends la voix d'Hermione.
- Harry ? Où est Draco ?
- Il ... il est là-bas. Dans la tour nord.
Je suffoque. Le dire à voix haute rend la catastrophe plus réelle.
- Il a sûrement pu transplaner, dit Blaise.
- Je ne ... je ne sais pas. Il me parlait au téléphone. Il n'a pas peut-être pas vu arriver ... il n'a peut-être pas eu le temps ...
Les larmes coulent sur mes joues. Je ne veux pas y penser. Ça n'est pas possible. Il ne peut pas être ... mort.
Il ne peut pas m'avoir laissé pour toujours.
- Il faut que j'y aille, dis-je, frénétique. Il faut que j'aille à New York le retrouver.
Au moment où je dis cela, sur les images diffusées en direct, je regarde, impuissant, la tour nord s'effondrer à son tour. Il est 10h28 à New York.
Ma vision se brouille. Les sanglots finissent par avoir raison de moi et je m'écroule en pleurant et appelant Draco comme si dire son nom pouvait suffire à le faire revenir.
Puis le néant m'engloutit.
- Harry ? Harry ? Tu vas bien ?
C'est la voix d'Hermione. Elle semble venir de très loin. Je crois que je suis dans mon lit. J'essaye de me souvenir de ce qui s'est passé. New York. Les Tours. Draco.
La douleur me submerge à nouveau. Je me redresse comme un ressort.
- Draco ! Avez-vous eu des nouvelles de Draco ? Je demande
Blaise et Hermione secouent négativement la tête.
Je retombe sur les oreillers vaincu par les larmes qui affluent de nouveau. La colère prend le relais.
Je veux me lever.
- Harry, non. Tu es resté inconscient plusieurs heures.
- Je dois y aller, Hermy. Je ne peux pas rester ici sans rien faire, je vais devenir fou.
- Harry me dit Blaise. Tu ne peux pas partir pour New York maintenant. Les moldus pensent à une attaque terroriste et ont fermé l'espace aérien. Le Ministère américain de la magie a également fermé les liaisons par portoloins au cas où des sorciers seraient impliqués.
- Oh Merlin, ... dis-je désespéré.
- Ecoute Harry, j'ai bien une idée, tente Blaise.
Je suis toute ouïe.
- J'ai un contact au Département des affaires étrangères sorcières. Je vais essayer de les convaincre de te réserver le premier portoloin qui part pour New York.
- Merci Blaise ! Merci beaucoup.
- De rien Harry. Draco est mon ami. Moi aussi je souhaite avoir de ses nouvelles le plus vite possible.
Commence alors une interminable attente. A plusieurs reprises, j'ai rappelé sur son portable. Sans succès. Le réseau est complètement saturé. J'essaye de me persuader que Draco a pu transplaner, contrairement à ces centaines de pauvres moldus pris au piège des tours infernales.
Ce n'est que le surlendemain que le Département des affaires étrangères me contacte. La catastrophe est un attentat terroriste initié par des moldus radicaux. Le monde magique n'est plus en cause et les liaisons par portoloins sont rouvertes. Je pourrai partir en fin de journée.
J'arrive à New York en plein cahot. Une épaisse poussière recouvre tout et tout le monde. Les services de secours moldus ne savent plus où donner de la tête.
Le site de l'attentat est inaccessible. Je ne sais pas où chercher.
Je commence par aller à l'appartement. Il est désespérément vide.
Je me renseigne ensuite dans tous les hôpitaux. Son nom n'apparaît sur aucune liste mais sans précaution, on me dit qu'il est peut être trop tôt, que son corps n'a peut-être pas encore été retrouvé. Je tremble à la simple idée qu'il est peut être enseveli sous une tonne de gravas.
Machinalement, je porte la main à mon poignet. Le bracelet. Notre bracelet. Merlin, j'aurais dû y penser plus tôt ! Si Draco était mort, nul doute que le bracelet se serait détaché. Or, ce n'est pas le cas ! Il est vivant. Cette seule pensée me galvanise pour recommencer mes recherches.
Le lendemain, je refais le tour des hôpitaux. Toujours rien. Puis, je pense à quelque chose. J'interpelle une infirmière.
- Mademoiselle, si on a des compétences médicales, croyez-vous qu'on peut accéder au site pour aider les secours ?
- Si vous êtes médecin ou étudiant en médecine, il y a des chances. Toute l'aide est bonne à prendre.
C'est ça ! Comment n'y ais-je pas pensé plus tôt ! Le seul endroit où je n'ai pas cherché, c'est sur le site.
Afin d'éviter les barrages de police, je transplane directement au milieu de la catastrophe. C'est encore pire que je ne l'imaginais, si tant est qu'on puisse imaginer une chose pareille.
Mes yeux scrutent chaque personne mais je ne le vois pas. Je pense à lui du plus fort que je peux et je touche mon bracelet. Une forte chaleur, presque une brûlure, l'envahit.
Et soudain, je le vois. A genoux dans les décombres. Ses cheveux blonds rendus gris par la poussière. Il se redresse en portant sa main à son poignet. Il a dû sentir la brûlure. Il m'aperçoit. Au prix d'un effort qui semble incommensurable, il se met debout et chancelle vers moi tandis que je cours vers lui. Je l'attrape dans mes bras au moment où il va s'effondrer et je transplane avec lui dans notre appartement.
Il me sert dans ses bras avec tant de force que j'en suffoque. Il pleure, des larmes de poussière et de sang.
- Harry, si tu savais. C'était si horrible, sanglote-t-il. Tous ces morts, tous ces blessés. J'ai essayé de les sauver. J'ai essayé de transplaner avec eux mais ma magie s'est épuisée. Je n'ai pas pu les sauver, Harry. Ils sont morts. Certains se sont jetés par les fenêtres pour échapper à cet enfer ! Oh Merlin, comment est-ce possible ? Je suis resté sur place pour aider les secours mais les morts et les blessés sont trop nombreux ...
Il est clairement en état de choc. Je l'éloigne de moi à contrecoeur mais je dois vérifier s'il n'est pas blessé. Je le fais allonger sur son lit et je passe ma baguette le long de son corps pour détecter d'éventuelles blessures internes. A part des coupures et des hématomes, il n'a rien. Je lui lance un sort de nettoyage et le soigne rapidement.
Mais il reste sa détresse émotionnelle. Pendant plusieurs heures, jusqu'à l'épuisement, il me raconte ce qu'il a vu. Il me parle de Cliff, certainement mort comme tous ceux qui se trouvaient entre le 90ème et le 97ème étage. Il me dit qu'il a pu transplaner in extremis quand il a vu l'avion s'approcher de la tour. Il me raconte son besoin de rester sur place pour aider les victimes.
Il finit par s'endormir dans mes bras, vaincu par la fatigue et la douleur.
Le lendemain, il se réveille, encore hébété par les évènements. Quand il comprend qu'il est vivant et en sécurité, une nouvelle crise de larmes le reprend. Il finit par se calmer et je l'incite à aller prendre une douche.
Pendant ce temps, je lui prépare un petit-déjeuner. Tout en m'affairant à la cuisine, je réfléchis à ce que je vais lui dire. Vu son traumatisme, ce n'est franchement pas le moment de le gaver avec mes états d'âme. A la place, je vais prendre soin de lui.
Quand il ressort de la salle de bain, il se dirige directement vers moi. Il me prend dans ses bras.
- Harry, c'est tellement bon de te revoir.
- J'ai eu si peur Draco ... si peur de ... , dis-je incapable de continuer tant les larmes me brûlent les yeux.
- Chhhhht, petit lion, je suis là. Tu m'as retrouvé. Comme toujours.
Après avoir un peu mangé, Draco me dit qu'il compte retourner sur place pour continuer à aider les services de secours moldus. Je propose de l'accompagner.
Evidemment, notre aide est quantité négligeable dans cet océan de drame et de souffrance. Mais je sens que c'est important pour Draco. Il doit, quelque part, compenser le fait que, lui, a pu s'en sortir grâce à sa magie.
A la fin de la journée, nous sommes tous les deux épuisés. J'arrive à convaincre Draco que nous ne pourrons rien faire de mieux aujourd'hui et qu'il vaut mieux rentrer à l'appartement.
Nous sommes installés sur le tapis du salon, face à la cheminée. Une bouteille de whisky pur feu est à moitié vide sur la table. Draco en a bu plus que moi. Pour oublier.
Il me parle encore. Il en a besoin. Je le laisse faire car il doit exorciser toutes les horreurs qu'il a vues. Les sanglots l'étreignent. Je le prends dans mes bras et lui caresse doucement le dos pour l'apaiser.
Il relève alors vers moi ses grands yeux gris, si plein de souffrance que j'en ai le coeur brisé. Ma seule réaction à ce moment est de me pencher vers lui et d'effleurer ses lèvres. Il ne me repousse pas. Je mordille sa lèvre inférieure et je sens son souffle chaud contre ma bouche. Ma langue s'insinue doucement à la recherche de la sienne. Lorsqu'elles se trouvent, le baiser se fait plus profond.
Je sens que je perd le contrôle. Mes mains descendent vers ses hanches, soulèvent son t-shirt et caresse la peau nue de son dos. Soudain, je sens ses mains sur ma taille, sous mon pull. Ce contact m'électrise et me fait perdre toute mesure. Je lui enlève son t-shirt pendant que je me débarrasse de mon pull. Le contact de sa peau brûlante contre la mienne m'arrache un gémissement. Ma langue court le long de son cou, lèche sa clavicule et son torse jusqu'à ce que ma bouche emprisonne l'un de ses tétons, que je mordille encore et encore.
Perdu dans les brumes de l'alcool, je le sens se tendre, rejeter la tête en arrière pendant que je lui inflige cette douce torture.
Je le prends dans mes bras et je ne sais encore comment, je parviens à l'emmener dans sa chambre où je le couche sur le lit.
Mes mains partent à l'assaut de sa ceinture que je défais prestement. Les boutons de son jean se défont les uns après les autres. Je le fais glisser sur ses longues jambes en même temps que son boxer.
Je me débarrasse de mon propre pantalon et de mon sous-vêtement.
Lorsque je m'allonge sur lui et que nos érections se touchent, je crois bien que je vais exploser de plaisir. Je continue à l'embrasser comme si ma vie en dépend. Je veux lui faire oublier l'enfer qu'il vient de vivre.
Alors que ma bouche descend lentement vers le centre de son anatomie parfaite, je me dis vaguement que c'est une mauvaise idée. Il est saoul, traumatisé et faible. J'ai l'impression de profiter de lui.
Mais lorsque j'entends le râle de plaisir qu'il émet alors que je le prends tout entier dans ma bouche, j'oublie toutes mes réserves et tous mes doutes.
Je remonte vers son visage pour l'embrasser encore et m'asseoir sur ses cuisses. Je sens son membre dur tout contre moi et ma volonté m'abandonne. Sans aucune préparation, je m'empale sur lui dans un cri de souffrance. Sur son visage à lui, je lis le plaisir à l'état pur et cette vision d'extase emporte immédiatement ma douleur. Il pose ses mains sur mes hanches et amorce des mouvements qui me le font entrer en moi encore plus profondément. Je crie, de plaisir cette fois tant ses amples mouvements génèrent en moi des sensations inouïes. Je ne peux m'empêcher de penser que même rendu à moitié inconscient par l'alcool, Draco Malefoy est un dieu au lit.
Je le chevauche avec l'énergie du désespoir. Alors que je vois que son orgasme est proche, je me saisi de mon propre sexe que je caresse intensément. Nous atteignons la jouissance ensemble, lui en moi et moi sur lui, dans le même cri de plaisir.
Je m'écroule sur son torse maculé de ma semence et de sa sueur dans un soupir d'extase.
Et le sommeil nous emporte.
Never thought you'd make me perspire
Never thought I'd do you the same
Never thought I'd fill with desire
Never thought I'd feel so ashamed
Me and the dragon can chase all the pain away
So before I end my day
Remember
My sweet prince
You are the one
My sweet prince
You are the one
(Placebo)
Les rayons du soleil me tirent d'un sommeil sans rêve. Les évènements affluent lentement à la surface de ma conscience. Le salon. L'alcool. Le baiser. Nos corps, nus, empressés. La jouissance.
Je me retourne. Je suis seul dans ce grand lit. Sur l'oreiller à côté de moi repose un fin bracelet en cuir noir, dont le fermoir en or blanc renferme une émeraude.
Je contemple mon propre bracelet à mon poignet. A peine, ais-je touché le fermoir que celui-ci se détache.
La peur me noue le ventre.
Je me lève et m'habille sans attendre. Je gagne le salon.
Il est debout devant la cheminée, une main posée sur le manteau. Il ne me regarde pas. Il souffre.
- Draco ... je commence.
- J'espère que ça en valait la peine Harry ... J'espère que me baiser en valait la peine, reprend-il plus férocement, parce que là, tu viens de détruire notre amitié.
- Draco, non ... je ne voulais pas ...
- Tu ne voulais pas quoi ? Non, Harry ! Tu as voulu exactement ce que les autres ont voulu avant toi : baiser l'insensible et inaccessible Draco Malefoy !
Il s'interrompt, le visage douloureux.
- Merde, Harry ! Je croyais que tu étais différent des autres ...
- Mais je le suis Draco. Je n'ai rien à voir avec les autres ! Je ne voulais pas ...
- TU NE VOULAIS PAS ? J'ETAIS SAOUL HARRY ! ET COMPLETEMENT DEPASSE PAR LES EVENEMENTS ! COMMENT AS-TU PU PROFITER DE LA SITUATION COMME CA ? COMMENT AS-TU PU ME FAIRE CA ! A MOI ! ! Hurle-t-il .
- Je suis désolé Draco ... je suis tellement, tellement désolé ! Jamais je n'aurais pu te faire du mal, tu le sais. Jamais ! Oh Merlin, Draco, pardonne-moi !
- Va-t-en.
- Draco ...
- J'ai dit va-t-en. Et ne reviens plus.
