Disclaimer : tous les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Chapitre 28 – I dreamed a dream
19 ans après la fin de la guerre
Harry, Ginny et leurs trois enfants arrivent sur le quai 9 3/4, bondé comme à chaque jour de rentrée. Harry pousse un lourd chariot sur lequel les valises de ses enfants sont entassées.
Pour James, c'est déjà la troisième rentrée. Il avise ses amis un peu plus loin sur le quai et court les rejoindre sans attendre.
Un garçon plus jeune s'accroche à la manche du veston de Harry. C'est sa première rentrée et il semble terriblement inquiet à l'idée de ce qui l'attend.
Harry lui passe une main dans les cheveux pour tenter de l'apaiser.
Mon grand, ne t'inquiète pas. Tout va bien se passer ! Et tu sais, c'est normal de ressentir de l'appréhension. James ne fanfaronnait pas autant le jour de sa première rentrée ...
Ces paroles ont l'effet escompté. Le jeune garçon esquisse un sourire. Il embrasse son père, sa mère et sa petite soeur et se dirige vers le train.
Harry regarde son fils s'éloigner. Soudain, son regard tombe sur un couple un peu plus loin sur le quai. L'homme grand, blond et beau à damner un saint embrasse un petit garçon de 11 ans qui lui ressemble trait pour trait. Il est accompagné d'une jolie brune, très élégante.
Les deux hommes se regardent et esquissent un mouvement de tête en guise de salut.
Le coeur de Harry se fêle. Il détourne les yeux et les reporte sur son fils qui vient de s'arrêter à hauteur du garçon blond. Ils échangent manifestement quelques mots. Le garçon blond lui tend la main et il la serre sans attendre.
Harry soupire. Son fils vient de faire le geste que lui même avait refusé d'accomplir des années plus tôt.
Les deux garçons montent à bord du train. Les portes se ferment et la locomotive démarre dans un sifflement assourdissant.
TRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITTTT...
POV Harry
TRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITT ...
Je me réveille en sursaut et coupe l'alarme du réveil matin d'un geste rageur.
Encore ce rêve. Je fais le même chaque veille de rentrée scolaire depuis que James est entré à Poudlard.
Je déteste faire ce rêve. Il me montre des choses et des personnes dont je ne veux pas me souvenir.
Il faudrait que j'en parle un jour à un psychomage ...
Je ne comprends pas pourquoi les rentrées scolaires de mes enfants me rendent nostalgique. Pourtant, j'ai tout pour être heureux, vraiment tout.
Je suis un mari et un père de famille comblé. Tout ce que j'ai toujours voulu.
Ma main se porte automatiquement vers la place à côté de moi dans le lit. Elle est froide et vide. Cette sensation me réveille définitivement : ma douce moitié m'attend au terminal des portoloins. Pas question pour moi d'être en retard, sinon je vais l'entendre pendant une semaine ! Cette perspective m'arrache une grimace et un sourire en même temps.
Je me lève et me douche rapidement. J'enfile des vêtements décontractés. Hors de question de porter un costume mes jours de congé !
J'arrive dans la cuisine pour me servir un café quand un petit corps me percute de plein fouet.
- PAPAAA !
- Lily ma puce ! Tu es déjà debout !
Je prends ma fille, mon rayon de soleil, dans mes bras. Je ne me lasse pas de regarder son petit visage en forme de coeur, auréolé de boucles rousses, qui me sourit tout le temps.
- Je pars au terminal des portoloins. Tes frères dorment encore mais je serai de retour au plus tard dans un quart d'heure, lui dis-je.
- A d'autres ! Dit une voix plus grave dans mon dos. A peine vous vous serez retrouvés que vous allez vous roulez des pelles à n'en plus finir ! On ne vous verra pas avant au moins heure ... sans compter que ce que vous ferez à peine arrivés ici !
- JAMES !
Je rougis jusqu'à la racine des cheveux des propos de mon fils aîné. Il connaît décidément trop bien ses parents ...
Je reprends contenance et je transplane dans la dignité.
Au terminal des portoloins, je consulte le panneau d'affichage des arrivées. Son portoloin est annoncé à l'heure dite.
Je m'adosse à un mur et j'attends, les yeux fermés.
J'esquisse un sourire quand j'entends son pas aérien qui approche. Je garde toujours les yeux clos et me laisse emporter par mes autres sens.
Le toucher tout d'abord lorsque je sens la douce caresse de ses doigts sur ma joue et ma nuque.
Le goût, lorsque ses lèvres sucrées se posent sur les miennes.
L'ouïe, lorsque j'entends sa voix douce et chaude me murmurer à l'oreille : « bonjour, mon amour, tu m'as manqué ».
L'odorat, lorsque je niche ma tête dans son cou pour respirer son parfum d'orange amère.
Et enfin j'ouvre les yeux, pour le voir. Ses grands yeux gris, ses cheveux blonds, son corps toujours aussi parfait malgré ses 37 ans.
Draco. L'homme de ma vie. Le père de mes enfants. Mon mari.
