NDA : Je voulais remercier ceux qui m'ont écrit des reviews et ceux qui me suivent ! Cela me fait beaucoup plaisir. Je prends les remarques en compte, alors n'hésitez pas à m'écrire !
Chapitre VIII – La vengeance dans le sang
Le bal avait commencé depuis une bonne heure déjà, mais Hermione n'avait toujours pas mis un pied sur la piste de danse. Elle avait vite réalisée avec horreur qu'elle ne savait pas danser les ballets des Sang-Pur. Elle avait donc refusée chaque invitation en prétextant une douleur à la cheville.
Drago avait les yeux fixés sur elle depuis un bon moment déjà. Lui n'avait pas tenté de la faire danser, merci Merlin. Néanmoins son attitude la rendait nerveuse. Elle se leva pour se fondre dans la foule et éviter le regard scrutateur, quand elle percuta quelqu'un. Elle. Ou plutôt, son autre-elle, c'est-à-dire Pansy Parkinson.
- Pansy ? S'écria-t-elle.
- Hermione ! Ça fait bien une heure que je te cherche ! Mais Ginny me collait aux basques, alors…
- Ginny est là ?!
- Derrière toi, fit une voix qui était très familière à la jeune femme.
Elle se retourna lentement et découvrit le visage de sa meilleure amie. Elle avait une folle envie de lui sauter dans les bras, mais l'expression fermée de la rousse ne montrait pas la même chose Hermione en conclut qu'elle ne savait rien. Un brin de déception la posséda un instant, puis vint la résignation. Peut-être serait-ce cela toute sa vie. Peut-être devrait-elle jouer le rôle d'Astoria indéfiniment, peut-être n'y avait-il pas de solution. Alors autant s'habituer maintenant, ou elle ne le ferait jamais.
- Bonjour… Astoria.
Elle avait prononcé son prénom comme si on lui faisait avaler de force du poison, ce qui fit tressaillir Hermione.
- Weasley, fit celle-ci d'un ton froid, tentant de prendre ceux des Sang-Pur.
Elle tourna brusquement le dos à son amie, les larmes aux yeux. Voir cette haine dans les yeux de Ginny, c'était bien trop dur à supporter… Elle se retrouva donc face à Pansy, qui lui adressa un petit sourire triste. Hermione parcourut la foule de ses yeux.
- Ron n'est pas venu, j'espère, murmura-t-elle à Pansy, tout en vérifiant bien que Ginny, vexée, s'en était allée.
- Non, il ne sait même pas que nous sommes ici, lui répondit la brune.
Hermione en soupira de soulagement. Elle pourrait supporter un Weasley la haïssant. Mais pas deux.
- Mais alors… Pourquoi êtes-vous ici ?
- A vrai dire, je…
Mais la jeune femme se tue, ses yeux dérivant dans le dos d'Hermione.
- ça suffit ! S'écria une voix, rameutant les invités.
Une main attrapa le bras d'Hermione et la tira vers les cuisines, totalement vides. La jeune femme se retrouva soudainement face à une Ginny furibonde, les joues rouges de colère, qui pointait sa baguette droit sur le cœur d'Hermione. Celle-ci, surprise, la regarda sans comprendre.
- Que s'est-il passé lors de ta troisième année ? Demanda alors précipitamment Ginny.
Cela se passa si vite qu'Hermione, habituée à répondre rapidement, se laissa contrôlée par ses souvenirs :
- J'avais un retourneur de temps, et, avec Harr…
Elle s'arrêta net en se rendant compte de son erreur. Trop tard. Ginny avait compris. Elle baissa sa baguette, au bord de larmes.
- Alors c'est vraiment toi, Hermione.
Celle-ci ne put qu'hocher de la tête, la gorge nouée, incapable de prononcer un mot. Puis, Ginny s'approcha et l'enserra dans ses bras, laissant couler quelques larmes voulant s'échapper de la prison de ses yeux.
- Je ne comprends plus rien… Lui chuchota-t-elle à l'oreille.
- Je ne comprends rien non plus, tu sais.
- Je suis tellement désolée… Pour ce jour… A l'hôpital…
Hermione s'écarta.
- Non, ne t'inquiète pas. J'aurais sans doute réagit de la même façon.
- Mais… Est-ce du polynectar ? Pourquoi es-tu Astoria Greengrass ?
- Non, ce n'est pas une potion, c'est permanent. Et… Astoria est avec moi. En moi, si tu préfères. Et celle que tu prenais pour moi…
- C'est Pansy, je sais, la coupa Ginny. Elle n'a pas arrêté de me le répéter. Elle disait qu'elle faisait des rêves étranges, elle m'a supplié de l'amener au bal, elle pense que tu es en danger. Et… Malefoy, il le sait ?
En temps normal, Hermione se serait énervé Pansy avait dévoilé son identité ! Mais comme elle venait de le faire, elle décida de passer outre. Surtout que Ginny ne l'avait pas cru, au début…
La jeune femme grimaça.
- Bien sûr que non, et je compte bien à ce qu'il ne le sache jamais. Ecoute, je dois y retourner, sinon il va se demander où je suis.
Un léger sourire flotta sur le visage de Ginny.
- Mais tu dois me promettre quelque chose, Ginny. Ne le dis à personne. S'il te plait. Personne. Même pas Ron, ou Harry. Compris ?
- Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien.
Elles sortirent toutes deux des cuisines, croisant un Elfe de Maison, qui les dévisagea étrangement. Pansy avait disparu, et Hermione regagna sa place, un pincement au cœur de devoir quitter son amie qu'elle venait juste de retrouver. Un Drago furieux vint à sa rencontre.
- Où étais-tu ?!
- Aux Toilettes. Pourquoi me suis-tu à la trace ? Tu as peur que je ne t'échappe, c'est cela ? Que je danse avec quelqu'un d'autre, peut-être ? Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas vraiment envie de danser, ironisa la jeune femme.
- Arrête ça, gronda-t-il. Tu ne bouges pas d'ici, point. Et reste éloignée de Weasley et de Granger, je ne veux pas créer de rumeurs, compris ?
Hermione, indignée et en colère, allait répliquer mais le blond s'évanouit dans la foule sans lui laisser le temps de placer un mot. Elle se rassit sur sa chaise, et observa distraitement les danseurs qui évoluaient sur la piste gracieusement, suivant le rythme de la musique comme s'il était ancré dans leur peau.
Alors elle allait attendre là sagement jusqu'à ce que le bal finisse ? C'était ça, le plan ? Sûrement pas. Et puis, si elle désobéissait, que lui ferait Malefoy, après tout ? Il la torturerait ? Qu'il essaye ! Mais sa détermination s'évanouit quand elle se rappela de sa peur face au père d'Astoria. Elle n'avait même pas réussi à lever sa baguette pour se protéger. C'était lamentable. Alors, face à Malefoy… Ce serait encore pire.
Son estomac retomba lourdement, une nouvelle nausée s'approchant de la bordure de ses lèvres. Pas question de vomir ici ! Elle se concentra et la nausée disparut. Pour le moment du moins. Daphné s'approcha alors, accrochée au bras d'un homme, et se planta devant celle qu'elle croyait être sa petite sœur.
- Astoria, je te présente mon mari, Zachary Lowell.
Celui-ci s'approcha d'elle, et lui tendit une main.
- Ravi de rencontrer enfin la sœur de ma femme. Vous êtes aussi belle qu'elle me l'a laissé entendre.
Hermione lança un regard furieux à Daphné qui lui répondit par un petit sourire narquois derrière l'épaule de Zachary. Elle donna tout de même sa main au mari, qui lui fit un baisemain peu ragoûtant. La brune retira son bras en vitesse, et, cherchant Drago du regard pour savoir s'il la surveillait toujours, elle prétexta une excuse pour échapper à la sœur d'Astoria.
Puis soudain, on la prit par la main, et on l'emmena sur la piste de danse sans même qu'elle n'ait pu protester. « Par Gryffondor, mais pourquoi tout le monde aime me tirer, aujourd'hui ?! Je ne suis pas un chien ! ». Le visage furieux – tiens donc, ça l'aurait étonné qu'il soit autrement, son visage – de Drago apparut dans son champ de vision, tandis qu'il plaçait une main sur sa hanche. La jeune femme ne put rien faire d'autre que le suivre.
Elle comprit rapidement que c'était la petite vengeance de Malefoy elle n'avait pas respecté les règles ? Tiens, et si on l'emmenait danser pour voir comment elle s'en tirerait la petite Greengrass ? Après tout, elle a cherché à éviter ça toute la soirée… Autant l'énerver un peu plus !
Sauf qu'il n'avait pas prévu quelque chose : Hermione était vraiment, vraiment mauvaise en danse, surtout quand elle était mal à l'aise et en colère – et la colère s'appliquait bien à ce cas-là. Résultat, les pieds de Malefoy se firent écraser un nombre incalculable de fois, malgré que le jeune homme tente de les écarter dès que sa partenaire faisait un mauvais pas.
- Je ne comprends pas comment on peut être aussi peu doué dans cette discipline que toi, Astoria. Lui chuchota-t-il à l'oreille alors qu'il dansait. C'est étrange, tu savais danser, avant…
Hermione sentit sa gorge se serrer. Elle étouffait, enfermée dans l'étau des bras de Malefoy. Avant. « Avant » ce mot avait un goût acre et amer, une signification douce mais mélancolique. Avant, elle était Hermione Granger, et Hermione Granger n'avait cure de savoir danser. Avant, elle se fichait de son apparence, de ses cheveux en bataille, impossible à coiffer, qu'elle ramenait le plus souvent en queue de cheval pour qu'ils évitent de la gêner.
Mais maintenant ? Maintenant, chaque mot qu'elle prononçait pouvait la faire basculer. Elle vivait dans cette peur permanente qu'on la découvre, et Malefoy s'approchait bien trop près de son secret. Elle avait cette… impression dérangeante qu'il savait bien plus de choses qu'il n'en laissait entendre.
Hermione leva la tête et croisa ses yeux glacials. Une lueur indéfinissable y brillait. Elle aurait voulu s'enfuir, crier, bouger, mais elle se sentait comme paralysé par les mains qui la tenait fermement. Elle était la proie et elle ne pouvait échapper à ce prédateur. Il était bien trop fort. Bien trop.
Impossible de détourner le regard désormais c'était une lutte fiévreuse qui s'installa entre eux, mais personne ne sembla s'en apercevoir. Ils virevoltaient dans la pièce, ne se rendant même pas compte des yeux rivés sur eux, des murmures qu'on chuchotait sur le couple qu'ils formaient. L'un était bien trop occupé à vouloir s'enfuir, et l'autre à retenir.
Puis soudain, la musique s'arrêta, et Hermione, suffocante, réussie à se libérer de la poigne de Malefoy. Elle disparut dans la foule de danseurs avant même qu'il ne puisse l'arrêter.
Son cœur tambourinait dans sa poitrine sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit pour l'arrêter. Ses yeux, ses yeux… Au fond, elle y avait lu une cruauté sans bornes, une envie terrible de sang, de meurtres… Elle connaissait cette lueur. Elle la connaissait, mais elle ne l'avait jamais lu dans les yeux de Malefoy. Cette lueur ne lui appartenait pas, c'était impossible. Un monstre, un monstre… Drago Malefoy avait été beaucoup de choses, mais jamais il n'avait été un monstre. Et pourtant, j'ai si peur… Pourquoi se cachait-elle de lui ? Que devait-elle craindre ? Elle se rappela s'être dit, quelques minutes plus tôt, qu'il pouvait bien la torturer s'il le voulait et que ça ne lui ferait rien… Mais elle se trompait ! Merlin qu'elle se trompait. Elle n'avait jamais été aussi terrifiée de toute sa vie.
Tremblante, elle bouscula quelques danseurs. Les nausées revenaient, plus fortes encore. Elle se sentait mal… Elle se sentait partir. Ses yeux rencontrèrent alors une silhouette connue. Du moins, elle la reconnaissait mais n'arrivait pas à se rappeler où elle l'avait déjà vue.
Drago ? Oui, ces cheveux blonds lui rappelaient définitivement Malefoy. Cette carrure élancée mais marquée, cette aura arrogante et méprisante qui l'entourait… Pourtant, quelque chose clochait. Elle ne pouvait voir son visage car il était de dos, mais elle voyait bien que quelque chose n'allait pas. En vérité, tout n'allait pas. Ce bal, ce mariage, ce changement de corps… maintenant qu'elle y pensait, maintenant qu'elle revoyait les yeux glacés de Malefoy… Et si c'était lui ? Et s'il était responsable de tout ? Et s'il savait ?
Elle se perdait. C'était confus. Sa vision se flouta, sa respiration s'accéléra. Fuir, fuir, tout de suite ! Criait sa conscience dans sa tête. C'était encore plus fort que lorsqu'elle était avec Drago. Toutes ses cellules la suppliaient de partir, de quitter cet endroit maudit, de ne jamais revenir.
- Non, Hermione, qu'est-ce que tu fais ! Hermione ! Ne le suis pas !
La voix d'Astoria retentit dans tout son être, comme si elle y insufflait une dernière force, mais Hermione n'y prêta pas attention. L'homme blond – Drago ? – partait. Elle devait le suivre. C'était un ordre, une obligation. Fuir n'était pas la solution, ça ne l'avait jamais été. Elle le suivit d'un pas mécanique, presque résolu, malgré les protestations de plus en plus faibles de son amie, qui, elle, flairait le danger.
- Je dois y aller, je dois le suivre, c'est Drago, il sait tout Astoria, j'en suis persuadée, c'est lui, c'est lui ! Tout est de sa faute. L'homme qu'on a vu à l'hôpital… C'était lui ! Il sait tout, Astoria, tout… Il a tué mes parents. Ça aussi, c'est lui. Forcément. Drago Malefoy, s'occuper d'une affaire de Moldus ? Merlin, ce serait bien trop beau… C'est lui !
Ses phrases étaient entrecoupées, elle devait passer pour une folle, mais rien qu'une pensée ne flottait dans sa tête : C'était lui. Drago Malefoy était le coupable – une fois de plus – de ses malheurs, de tout ce qui leur arrivait.
- Qu'est-ce que tu racontes Hermione… Souffla Astoria, la voix serrée par l'émotion, Il n'aurait jamais fait ça, il…
- ARRÊTE !
Elle avait crié. Tout le monde s'était retourné vers elle. Elle s'en fichait. Drago avait disparu. Elle serra sa baguette qu'elle avait glissée dans l'une des ouvertures secrètes de la robe elle le retrouverait, elle le devait. Vengeance. Coûte que coûte. Une rage inégalable coulait dans ses veines, une rage impossible à éteindre.
- Tu es naïve, tellement naïve, Astoria. Tu penses vivre ton monde saint, mais regarde toi ! Tu es maudite. Tu ne pourras jamais être avec celui que tu aimes, et tu sais pourquoi ? Il y a tellement de raisons ! Je suis dans ton corps, tu as été vendue à un Malefoy, vous risquez de mourir par sa main, oui, par la main de ce même Malefoy, toi et ton « ami »… Alors arrête de me dire que Drago est un ange, car il ne l'est pas, il ne l'a jamais été ! Sais-tu tout ce que j'ai enduré par sa faute ? Ce que d'autres ont enduré par sa faute ?! Et il recommence… Comment ai-je pu penser un seul instant qu'il avait changé…
- Tu ne sais pas ce que tu dis… balbutia Astoria. Tu n'es plus toi-même. Hermione, n'y va pas, je t'en conjure… Je ne veux pas te mêler encore plus à cette histoire… Je t'en prie !
Mais Hermione reprenait sa marche. Qu'importait les arguments d'Astoria, ils ne tenaient même pas la route. Elle connaissait l'histoire, maintenant. Elle allait se venger, non, pas qu'elle. Elle allait venger ses parents, Astoria et celui qu'elle aimait. Astoria devrait même la remercier ! Après tout, grâce à Hermione, elle pourrait vivre avec son « petit-ami » en paix…
Hermione se laissa guider par son instinct et suivit la piste de Drago elle avançait parmi les invités d'un pas leste, déterminé, sa baguette ancrée dans sa main, qui attendait impatiemment d'être dévoilée, de lancer le sort interdit. Pourtant, elle tremblait encore. Une partie d'elle-même hésitait. Une partie d'elle-même lui chuchotait à l'oreille : « Astoria a raison. Ce n'est pas toi, tu n'es pas une meurtrière. Et tu n'as aucune preuve contre Drago Malefoy ! ». Mais elle enfouissait cette voix bien vite et avançait plus rapidement.
Elle arriva dehors. Il faisait frais. La nuit noire avait déployé son manteau sur le Manoir et ses alentours. Elle jeta un regard à l'horizon mais l'ombre recouvrait la terrasse et le jardin, elle n'y voyait rien.
- Lumos, murmura-t-elle.
Elle faillit crier, mais une main se plaqua sur sa bouche.
- Vous êtes tellement facile à manipuler, vous, les sorciers. Ça a été un peu plus dur avec toi, je dois bien l'avouer, mais j'ai fini par trouver ta faille. Tes parents n'est-ce pas ? Il coule dans tes veines une quantité impressionnante de vengeance… Cela peut te porter préjudice, enfin, j'espère que tu retiendras la leçon !
Il était apparu devant elle si soudainement qu'elle ne l'avait pas vu. Sa haine, sa rage, tout était disparue sous le regard polaire. Mais ce n'était pas Drago. Ce n'était pas lui. Et pourtant, cet individu lui ressemblait d'une façon… étonnante. Les mêmes traits fins, ciselés dans la glace de son visage. Ce sourire arrogant. Ces yeux orageux. Mais ce n'était pas lui… Elle s'était fait avoir comme une débutante.
- Dors bien ! Lui dit l'inconnu en ricanant.
La poigne s'intensifia sur sa bouche et sur son nez. L'air ne passait plus. Elle se débattit, mais en vain. Tout devint noir, et la jeune femme s'évanouit.
Hermione était tombée dans le piège. Elle ne se doutait pas que c'était pire encore que ce qu'elle pensait.
