NDA : Chapitre que j'ai mis longtemps à publier, mais qui est très, très important pour la suite de l'histoire. Peu à peu, les pièces du puzzle s'assemblent... Mais arriverez-vous à le voir en entier ? ;) Je voulais aussi vous remercier pour vos reviews qui m'ont beaucoup plu ! Qu'elles soient petites ou grandes, ce qui compte, c'est l'intention, alors merci ! :)
Chapitre X – Liens familiaux
Le médicomage Richard avait maintenant cinquante-cinq ans, et une bonne quantité de vies sauvées à son actif. C'était un grand scientifique de la magie, un Médicomage aguerri, que plus rien n'arrivait à surprendre pourtant, ce qui arriva cette journée-là le dépassa. Alors qu'il déambulait tranquillement dans l'un des couloirs de St Mangouste menant aux salles des opérations, un infirmier le héla.
- Docteur… ! Docteur… !
Le Médicomage remonta ses lunettes et s'arrêta pour laisser le temps à l'infirmier de le rejoindre. Celui-ci, essoufflé, se passa la main sur son front humide.
- Eh bien ! Parlez, mon brave, lui intima le docteur en fronçant les sourcils d'un visage grave.
- C'est… Votre patiente… Elle… Elle a disparu !
- Ma patiente ? Développez, mon cher, j'ai beaucoup de patiente !
- Miss Parkinson, Docteur ! La jeune femme dans le coma !
Richard resta interdit devant cette déclaration. Il s'attendit à ce que l'infirmier lui annonce que ce n'était qu'une simple blague mais l'homme continua de le fixer d'un air tout à fait sérieux et inquiet.
- Mais c'est impossible voyons ! Miss Parkinson était à deux doigts de la mort. Aucun de nos sorts n'avait fonctionné. Elle allait mourir !
- Ses affaires ont disparu tout autant qu'elle, docteur. Il n'y a pas de doutes possibles !
Dérouté, le Médicomage retira ses lunettes et les nettoya énergiquement, ce qu'il faisait dès qu'il réfléchissait, en plissant légèrement le nez.
- Envoyez un hibou aux Aurors. Ils sauront quoi faire. Dit-il enfin.
L'infirmier déguerpit, tandis que le Médicomage, toujours aussi déconcerté le regardait partir.
- Tu as appris la nouvelle ? S'exclama Pansy alors que je quittais ma chambre d'hôpital, mes quelques affaires à la main.
- Quelle nouvelle ? Demandais-je.
- Mon corps ! Mon corps a disparu, Hermione ! Je parie que c'est ce Ryan… Il m'a enlevé. Comme une prise en otage, tu vois.
Je fronçais les sourcils.
- C'est absurde. Pourquoi ferait-il cela ? Ton corps se mourrait… Il nous tenait déjà.
- Peut-être. Mais Pansy Parkinson ne s'est pas évaporé comme ça ! Insista mon amie.
- Astoria Greengrass, si, rétorquais-je d'un ton aigre.
Elle ouvrit la bouche puis la referma. Une ombre passa sur son visage.
- Tu n'aurais pas dû retirer la mémoire à Ginny. Finit-elle par dire.
- J'ai fait ce qu'il fallait faire pour qu'elle soit protégée.
- C'était égoïste.
Je me tournais vers elle, furieuse.
- Au contraire ! Je suis triste de l'avoir perdu alors que je l'avais enfin retrouvé, alors ne me juge pas sur cela Pansy, merci.
- Tu l'as fait parce que tu avais peur. C'était son choix, Hermione, pas le tien. Tu n'avais pas à faire cela !
Je laissais retomber mes épaules, lourdes du poids qu'elles devaient porter.
- Je m'en fiche. Tout ce qui compte c'est qu'elle soit en sécurité. J'ai déjà perdu une amie… Je n'en perdrais pas d'autres. Déclarais-je d'un ton lugubre mais déterminé.
Elle posa une main sur mon bras et m'adressa un triste sourire auquel je n'eus pas le cœur de répondre. Après notre petite discussion, elle transplana et je rejoignais Drago et Narcissa qui m'attendaient dans le hall de l'hôpital. Narcissa me prit dans ses bras quand elle me vit arriver mais Malefoy ne me lança qu'un regard noir. Surprise par ce brusque changement d'attitude envers moi, lui qui avait pourtant été si… aimable – peut-on utiliser ce mot lorsqu'il concerne Drago Malefoy ? – envers moi ces derniers jours, je vacillais mais Narcissa me retint à temps.
Nous rentrâmes au manoir dans un silence de mort. Arrivés, Drago se réfugia presque immédiatement dans son bureau, tandis que Narcissa se préparait déjà à repartir. Lorsque l'habituel claquement du transplanage retentit, je me retrouvais seule dans l'entrée, un léger frisson me parcourant l'échine. Puis, la fatigue l'emportant, je montais les escaliers en faisant le moins de bruit possible et j'atterrissais dans ma chambre.
Je me vautrais dans mon lit et m'endormit sur le coup. Le rêve ne tarda pas à arriver.
J'étais dans un cimetière. Les tombes blanches m'entouraient, comme sortis de la terre, poussées par une force inconnue. Je me retournais vers les deux sépultures qui me faisaient face et poussais un cri de surprise. Kathleen et Lewis Granger.
- Hermione Granger.
Je ne me tournais pas vers la voix. Je n'en avais pas besoin je la connaissais. Une fureur incontrôlable s'empara de moi, si forte que j'en tremblais, serrant les dents et les poings.
- Ryan Tonks. Ou préfères-tu que je t'appelle Ryan Black ? Demandais-je en posant mes yeux sur lui.
Un immense sourire s'installa sur son visage.
- Alors tu ne sais toujours pas qui est mon père. Tant mieux. Tu m'as donné beaucoup de mal, petite sang-de-bourbe. Mais tout est bientôt fini. Tu ne pourras pas lutter bien longtemps contre moi.
Je m'avançais à grand pas de lui, et lui crachais au visage :
- C'est ce qu'on va voir !
Surpris, il bascula et tout disparut autour de moi. Des silhouettes noires apparurent alors, et j'eus l'impression de pénétrer une fois de plus dans un souvenir. Ryan, assis dans un fauteuil, les yeux fermés, les ouvrit brusquement et poussa un juron.
- Elle m'a bien eu. Je ne savais pas qu'elle pouvait controler son pouvoir…
La porte de la pièce où il se trouvait s'ouvrit alors brusquement, et un loup se jeta sur lui en poussant un affreux grondement. Mon pire ennemi se retrouva alors allongé sur le dos, tentant de repousser le loup qui le griffait et le maintenant au sol. Puis, le loup se transforma en humain et hurla sur Ryan.
- Tu m'avais promis ! Tu m'avais promis que tu ne lui ferais pas de mal.
Ryan le repoussa brusquement et le jeune homme alla s'écraser sur le mur d'en face, faisant tomber plusieurs tableaux. Le fils de Narcissa se releva en soupirant et en s'époussetant, puis s'approcha de l'autre, un air navré gravé sur son visage. Il s'accroupit.
- Je l'ai fait pour ton bien, petit frère. Astoria Greengrass devait mourir, ou ce serait toi.
- J'aurais préféré mourir. Répondit l'autre.
Et tout me devint clair. J'avais sous les yeux Luke Timberwolf. Le fils de ma tante et de son mari. Mon cousin. Cela me choqua tellement que je poussais un hoquet de stupeur, et que Ryan, l'ayant entendu, se tourna vers moi. J'étais pourtant persuadée que, dans un souvenir, personne ne pourrait me voir…
- C'est pas vrai, chuchota-t-il, un instant stupéfait, avant de se jeter sur moi, tout croc dehors.
Je hurlais en me réveillant, et me tenais le bras où s'échappait mon sang d'une grande effilade. Je retins un nouveau hurlement sous la douleur mais lançais tout de même un regard à la blessure et m'empêchais de vomir.
Elle était béante, et je ne pouvais détourner mes yeux de tout ce sang qui coulait de mon bras. J'allais sans doute tourner de l'œil quand Malefoy arriva et se dépêcha de lancer un sort à ma blessure. Cela ne fit qu'arrêter le sang de couler, et la refermer légèrement, cependant, la douleur, atroce, était toujours présente. C'est quand qu'il s'approcha de moi et passa une main sur ma joue que je remarquais que je pleurais.
Je m'accrochais à sa chemise et mis mon visage dans son cou, tremblante. Il passa ses mains dans mon dos et me serra contre lui. Nous restâmes ainsi de longues minutes jusqu'à ce qu'un frisson parcourt son corps et qu'il s'arrache brusquement à moi. Je lui lançais un regard plein d'incompréhension qu'il évita. Son visage était devenu aussi froid que la fois où il m'avait forcé à danser avec lui.
- Nous devons aller à St Mangouste. Finit-il par dire.
- Ce n'est pas nécessaire, protestais-je, bien que la douleur me lançait toujours.
Il ne m'écouta pas et me saisit par le bras. Lorsque nous arrivâmes, je courus aux toilettes et vomissais tout le contenu de mon estomac, tremblotante, les larmes aux yeux. « Qu'est-ce qu'il m'arrive… Par Merlin… ». Drago vint me chercher et m'emmena voir le Médicomage.
- Encore vous, Mrs Greengrass, dit celui-ci en fronçant les sourcils, en nous apercevant.
Je baissais les yeux. Je ne savais pas pourquoi, une crainte affreuse s'était emparée de moi. « Non, non, Astoria me l'aurait dit. Elle me l'aurait dit, ce n'est pas possible… » Et pourtant. Tous ces indices qui s'accumulaient… Astoria m'avait tant caché, c'était possible que… cela soit son dernier secret.
- Ma fiancée s'est blessée, docteur. Cracha Malefoy comme s'il méprisait le Médicomage – ce qui devait être le cas, le connaissant.
Je me tournais alors vers Drago.
- Est-ce que je pourrais parler en privé au docteur, s'il te plait ?
Il me jeta un regard en oblique puis finit par m'autoriser et s'éloigna, bien que son dernier coup d'œil me sembla être une menace.
- J'aimerais voir mes résultats. Ceux que j'ai fait lors de mon… séjour. Annonçais-je d'une voix calme à l'homme, alors qu'à l'intérieur de ma tête, je faisais face à une tempête.
Celui-ci réfléchit tout posant ses yeux perçants sur moi.
- Ils n'ont pas encore été totalement examinés, Mrs Greengrass. Rétorqua-t-il d'un ton réprobateur.
- C'est important, docteur. Très, très important. Insistais-je.
- Peut-être faudrait-il soigner votre blessure avant cela, ensuite, j'irais voir ce que je peux faire pour vous. Proposa-t-il.
Je soupirais et acceptais d'un hochement de tête. Le Médicomage m'emmena dans une petite salle où il sortit quelques potions et les appliqua sur ma blessure. La première me brula mais je serrais les dents, tandis que la deuxième me glaça, mais rien ne sortit de ma bouche. « Il coule dans tes veines une quantité impressionnante de vengeance. » « Ta faille ». avait-il dit. Ma faille. Mon envie de vengeance. Envie que je cachais en moi depuis la mort de mes parents déjà… « Tu ne l'as pas dit à Drago non plus, bien entendu. Il t'aurait déjà tué. Il te déteste. Il te détestera bien plus en apprenant. » Les paroles de Ryan me revinrent, aussi tranchantes qu'un couteau. « Il te déteste » Je me souvenais du regard si froid de Drago… Si glacial. Comme s'il tentait d'instaurer une distance entre nous. Ce devait être le cas, bien entendu. « Il te détestera bien plus en apprenant. » Je frissonnais, et la nausée repointa le bout de son museau. « Il te déteste ». Pourquoi tout tournait autour de moi ?
« Il te déteste » « Sang-de-Bourbe » « Je sais qui tu es, Hermione Granger ». « Je sais qui tu es. » Et sans que je ne m'en rende compte, tout devint noir et je m'évanouis sous le regard étonné et stupéfait du Médicomage.
Quand je me réveillais, Drago était penché sur moi, une moue agacée peinte sur son visage. Sans que je sache pourquoi, cela me rassura. Il semblait humain, cette fois.
- Dis-moi, Greengrass, c'est une manie de s'évanouir chez toi ! Railla-t-il.
Je lui répondis par un faible sourire. J'étais allongée sur la table où le Médicomage avait ausculté mon bras, et celui-ci feuilletait – en fronçant les sourcils – un tas de feuilles. Je détournais mon regard de Drago et le posait sur le docteur.
- Vous avez les résultats ? Demandais-je d'une petite voix.
- Oui, dit-il en nous souriant – et je sentis une boule se former dans ma gorge. Non, non, non, ne souriez pas, c'est impossible, non ! Mais ce que je craignais allait se réaliser. J'ai une excell…
- Drago, sors ! Ordonnais-je, avant que le docteur nous dévoile sa « bonne nouvelle » - qui était loin d'en être une.
Malefoy aborda un rictus.
- Tu rigoles, Greengrass. Je te laisse seule un instant, et tu trouves toujours le moyens de t'évanouir ou de te faire kidnapper, alors si tu penses que je…
- S'il te plait ! Sors. Sors, tout simplement. Je… Je n'en aurais pas pour longtemps.
Il me regarda, abasourdi, puis, d'un pas lourd, quitta la pièce en prenant soin de claquer la porte, signe qu'il m'en voulait. Je soupirais, et tournais la tête vers le Médicomage en me relevant. Il avait l'air aussi interdit que le blond, mais ne posa pas de question, et s'éclaircit la gorge :
- Bien, alors je disais donc que vos résultats nous dévoilaient d'excellentes nouvelles… (Intérieurement, je priais Merlin que ce ne soit pas ce que je crois Mais Merlin ne m'écouta pas.) Vous êtes enceinte ! De quelques mois déjà. D'ailleurs, c'est étrange que votre ventre n'est pas gonflé. Vous devez faire un déni de grossesse…
Je n'écoutais son bavardage que d'une oreille. Il me fallut un moment pour me reprendre tellement je tremblais, mais j'arrivais à placer un faux sourire sur mon visage.
- C'est… génial. N'en dîtes rien à mon fiancé, je lui ferais la… surprise. Oui, la surprise.
Quelle ironie. Quel destin allait avoir cet enfant ? Cette vie qui naissait alors qu'autour tant de gens mourraient… A commencer par sa propre mère. Astoria Greengrass. Qu'allais-je faire ?! Et si Drago l'apprenait ? Tout ça n'était qu'un cauchemar. Un stupide cauchemar. J'allais me réveiller dans mon corps, ce monstre de Ryan n'existerait pas, mes parents seraient toujours vivants. Ma mère ne serait pas une Cracmolle aux pouvoirs étranges, je n'aurais pas de tante aux trop nombreux secrets. Pansy serait toujours la même petite peste de Poudlard et Astoria se marierait avec Drago. Tout irait bien. Tout serait normal.
Pourquoi ne me réveillai-je pas, alors ? Pourquoi étais-je toujours dans cette salle à écouter ce Médicomage bavasser sur ce qu'il pensait être « une excellente nouvelle » ?! Je voulais juste m'enfuir, courir loin de tout cela, courir, courir, jusqu'à en mourir. Mort. Ce mot ne signifiait désormais plus qu'une chose pour moi : Destin.
- Tout va bien, Mrs Greengrass ? Demanda alors gentiment le Médicomage.
Je fus tenté alors de lui répondre que, NON, rien n'allait, rien, rien, mais je me retins à temps.
- Oui, merci bien.
Je pris mes affaires, et quittais à mon tour la salle d'auscultation. Dehors, Malefoy attendait, mais il n'était plus furieux. Son regard vide tomba sur moi comme un manteau de neige, je réprimais ma peur et le rejoignit en quelques pas. Nous descendîmes dans le hall, où la foule se pressait. Moldu touchés par des sorts ou autres, Médicomages, patients sorciers… Et parmi eux, cette chevelure noire caractéristique. Ryan. Ce n'était pas moi qu'il fixait cette fois mais Drago. Et il avait un sourire si… si vainqueur sur son visage que la crainte m'étouffa, et quand je levais les yeux vers Drago, lui aussi souriait. Il souriait, alors que ses yeux étaient toujours aussi vides, aussi froids, aussi noirs…
Malefoy me saisit par le bras, et nous transplanâmes. Et lors de ce transplanage, sa voix s'insinua dans mon esprit tel un serpent. La voix de mon pire ennemi.
« On se reverra. Je reviendrais. Et je prendrais ce qui m'appartient. »
Une nouvelle pièce du puzzle s'assembla. L'enfant. C'était l'enfant qu'il voulait. Pourquoi ? Une nouvelle réponse entrainait encore tellement de questions.
« On se reverra. Je reviendrais. Et je prendrais ce qui m'appartient. »
Viens. Je t'attends. Et je t'assure que tu n'auras rien. Absolument rien. Même pas ma vie. Parce que c'est moi qui vais prendre la tienne…
NDA (2) : Une petite question : Vous en étiez-vous doutez ? De la condition d'Astoria ? Avec les nausées, etc ?
