Plus petit chapitre par rapport aux autres mais important ! :)


Chapitre XIII – Une dernière danse

Narcissa se précipita vers la jeune femme, et l'aida à se relever.

- Narcissa, vous devez partir… Il… Il est encore là… Il… ! Se débattit Hermione, encore sous le choc.

- Ne vous inquiétez pas, il est parti… Calmez-vous. Dit doucement la mère de Drago.

La jeune femme se tendit, n'en croyant pas un mot.

- Drago… Il est…

Sa voix se brisa. Elle ne voulait pas de réponse, elle ne voulait pas savoir…

- Mort ? Je crois que c'est à vous d'en juger… Si vous vous en sentez capable, bien entendu…

Hermione hocha vaguement de la tête, et la femme la conduisit dans la chambre du blond. Elle poussa un hoquet de stupeur en découvrant le corps de Drago. Il ne restait plus que des lambeaux de son t-shirt, déchiqueté par des griffes, et son torse était marqué par des blessures profondes et immenses, qui le parcouraient de tout son long.

Le front du jeune homme était bandée, ainsi que son épaule, et Hermione se rappela y avoir planté un coupe-papier. Elle se sentit aussitôt prise de remords. Elle s'était enfuie, elle n'aurait jamais dû… Car, comme Greyback n'avait pu s'en prendre à elle, il avait puni Drago à sa place… Et en même temps, le soulagement allégea son cœur. Cela attestait le fait que Drago était toujours en vie, quelque part dans ce corps. Greyback n'aurait jamais fait cela, sinon.

- Il est vivant, Drago est vivant. dit-elle à Narcissa, et elle vit les traits de celle-ci se détendre.

- Merci Merlin ! S'écria-t-elle. Je craignais que la bête ai pris le dessus sur lui… Quand je l'ai trouvé, il se battait contre lui-même, c'était effrayant à voir… (Elle frissonna).

La tête de Drago bascula alors vers elles, un souffle s'échappant de ses lèvres.

- Hermione… murmura-t-il.

La concernée tressaillit. Greyback avait dit vrai, Drago savait tout d'elle depuis le début… Il avait compris les signes, il était un Auror, comment aurait-il pu en être autrement ? Cependant, quelque chose brouillait sa vision, quelque chose, - un sentiment ? - faisait en sorte qu'il repousse cette possibilité… la possibilité que sa fiancée soit « possédée » par Hermione Granger.

- Hermione ? Elle rit doucement en s'approchant du jeune homme, prenant sa main pâle et la serrant. Il n'y a pas d'Hermione ici, Drago. Je suis Astoria… Tu te souviens ? Ta fiancée.

Et Hermione devait continuer à lui faire croire que c'était impossible.

Quelques heures plus tard Drago s'était réveillé, d'après Narcissa. Hermione avait refusé de le voir. Elle ne voulait pas qu'il lise la peur qu'elle avait dans ses yeux, cette peur qu'elle portait dans son cœur. Elle était dans cette salle, celle où il l'avait trouvé caché dans le placard, regardant le ciel par la fenêtre grande ouverte, un verre de bierraubeurre à la main, sirotant. Elle repensait à tout ça, à toute cette histoire. Aux paroles de Ryan, de Greyback. Et aussi au coupe-papier qui était soudainement arrivé dans sa main…

Elle pensait aux pouvoirs de sa mère quand Drago arriva derrière elle.

- Hey… L'appela-t-il.

Hermione sursauta si brusquement que le contenu de son verre alla se renverser sur le sol. Elle le fixa, les yeux écarquillés, et eut le réflexe de s'écarter, croyant une nouvelle fois à un piège.

- Je dois vraiment être un monstre pour que tu aies aussi peur de moi… Rigola-t-il nerveusement en passant une main dans ses cheveux blonds.

Il avait l'air d'aller mieux. Son teint avait repris des couleurs, sa blessure à l'épaule cicatrisait. Mais celles au torse, ça, c'était autre chose… Hermione secoua la tête et se força à reprendre un rythme cardiaque normal.

- Tu n'es pas un monstre, le contredit-elle. Tu es… Drago.

Pour affirmer ses propos, elle s'avança vers lui et posa une main sur sa joue.

- Tu vois, je n'ai pas peur.

Il fut surpris du contact mais finit par lui sourire en posant une main sur la sienne. Leurs doigts liés, leurs regards entremêlés, ils restèrent ainsi quelques minutes jusqu'à ce que Hermione décide d'y mettre fin.

- Est-ce que… Tu te souviens de tout ? Baragouina la jeune fille.

- Non… Dès qu' « il » prend le contrôle de mon esprit, je ne me souviens de rien.

- Alors… Drago… Quel est mon nom ?

Le garçon fronça les sourcils comme par hésitation, et elle retint sa respiration.

- Tu es Astoria, bien entendu. Finit-il par répondre. (Il rit) Je n'ai pas perdu toute ma mémoire, tu sais !

La jeune femme perdit son sourire. Un voile sombre passa sur ses yeux. « Bien sûr, il refuse toujours de croire que je suis Hermione… » Elle se reprit. « Et tant mieux ! »

- Tu sais, je suis désolé de ne pas t'avoir dit la vérité avant, sur le fait qu'il y avait… « quelqu'un » dans ma tête, en moi, si tu préfères. J'ai essayé de vous protéger, ma mère et toi, mais je n'ai pas réussi, on dirait…

La brune releva ses pupilles vers lui. « J'aimerais te dire la vérité aussi. J'aimerais tellement… Mais tu la sais déjà, à quoi bon me répéter… »

- En parlant de mémoire, il y une chose que j'ai oublié et qui me dérange.

- Ah oui ? Quoi donc ?

Il aborda un sourire mystérieux et lui prit la main.

- Viens.

Drago la tira dans les escaliers, et elle observa ses cheveux blonds, presque blanc, son dos et ses épaules bien développées. Quand il se retourna vers elle, elle essaya de mettre la figure de ce Malefoy qu'elle avait toujours haïe à Poudlard sur ce visage souriant, mais rien n'y faisait, il avait changé, elle en était désormais persuadée.

Elle baissa le regard vers leurs mains serrées et pinça les lèvres. Elle avait envie de mettre fin à ce contact, autant qu'elle avait envie de vivre ce moment jusqu'au restant de sa vie… Le jeune homme la conduisit jusqu'à une grande pièce vide, d'où il ferma les grandes portes, lui lâchant par la même occasion la main.

Puis, il se saisit de sa baguette et lança un sort informulé. La musique, douce, parvint aux oreilles d'une Hermione étonnée, alors qu'un Drago amusé lui tendait une main ouverte.

- M'accordez-vous cette danse, miss ?

Tel un automate, elle posa sa main dans la sienne, et se laissa guider par son cavalier. Elle se sentait mal à l'aise et cherchait par-dessus tout à éviter le regard d'acier, cependant Drago lui releva le menton et elle plongea dans l'orage. Cette fois, c'était vraiment lui. La danse ne fut pas une lutte, mais douce et lumineuse. Un sourire finit par étirer les lèvres de la jeune femme, et tous les ennuis, toutes ses pensées qui la torturaient s'évanouir. Il n'y avait plus qu'elle et Drago, rien d'autre.

Il la fit tourner en riant, et la rattrapa par la taille. Puis la musique finit par se taire, au grand désespoir d'Hermione, qui sentit Drago lui échapper.

- J'en remets une autre ? lui demanda-t-il. (Elle allait répondre avec entrain quand il fronça les sourcils.) Tu n'as rien entendu… ?

- Entendu quoi ?

Il se détacha d'elle et sortit de la pièce, suivie par la jeune femme. Il ouvrit la porte d'entrée et recula d'un pas avant de marmonner un :

- Granger ?

Puis deux mains l'agrippèrent et une voix qu'Hermione connaissait par cœur s'écria :

- Je dois voir Astoria. Maintenant ! S'exclama-t-elle.

- Elle est juste là, alors maintenant calme-toi Granger, grinça le blond en s'écartant.

Une Pansy aux traits tirés entra dans la pièce, cherchant Hermione des yeux. Quand elle la trouva, elle lui sauta dans les bras. La jeune femme ne put que tapoter gentiment le dos de son amie en jetant un regard d'excuse à Drago qui observait la scène.

- Tu veux dire que… Tu as tout dit à Ron ?!

Pansy hocha de la tête en essuyant ses joues avec le mouchoir que lui avait passé Hermione. Celle-ci se leva du lit de la chambre d'Astoria où elles s'étaient assises et se mit à faire les cents pas. Puis, elle s'arrêta, et se plaça face à Pansy.

- Mais… pourquoi ?

- Je pensais que c'était plus juste… Qu'il sache à son tour… Qu'il sache que la personne à qui il disait « je t'aime » n'était pas la bonne… Voilà pourquoi !

Hermione sembla sous le choc. Ron… Ron, elle l'avait oublié. Drago avait pris une grande place dans son esprit dernièrement, et elle avait autre chose à penser qu'à son… petit-ami. Elle n'avait pas mal pourtant. Elle sentait que Ron lui manquait, bien entendu. Mais… Il y avait quelque chose en moins. Elle secoua de la tête et reporta son attention sur Pansy qui semblait véritablement désespérée et se tenait la tête entre les mains.

- Qu'ai-je fait… Mais qu'ai-je fait !

Hermione lui caressa gentiment les cheveux.

- Ne t'inquiète pas… Je pourrais toujours essayer de lui jeter un oubliette…

- NON ! S'exclama Pansy en se levant brusquement, faisant reculer Hermione. Je t'en prie. Pas ça. Je veux qu'il se souvienne… (Elle respira longuement).

La brune la scruta. Quelque chose dans l'attitude de Pansy lui paraissait étrange.

- Je pense qu'il va venir ici, tu sais… Finit par murmurer la Médicomage en se rasseyant, fixant ses chaussures. Il sait qui tu es, il a deviné…

Hermione frissonna. C'était bien de la peine, de la jalousie qu'elle distinguait dans la voix de Pansy… ! Elle chassa rapidement cette idée de sa tête.

- Ecoute Pansy, tu ne peux pas rester au Manoir. (Elle pensa à Greyback, encore dans enfermé dans le blond.) C'est beaucoup trop dangereux. De plus, je ne crois pas ça plairait à Drago…

- Et depuis quand te soucies-tu de ce qui plairait à Drago ou pas ? Rétorqua la jeune femme.

- Je suis toujours Astoria Greengrass, Pansy…

- Laisse-moi au moins rester une nuit ! J'irais voir Blaise, ensuite. Je ne le lui dirais pas la vérité, promis.

Hermione soupira mais finit par accepter dans un murmure. Elles entendirent alors le craquement du transplanage, et la brune sortit de la pièce pour ensuite revenir et chuchoter.

- C'est Drago, il est revenu du Ministère. Je vais aller lui expliquer…

Elle descendit les escaliers et se retrouva face au blond qui déposait ses affaires. Il avait l'air un peu fatigué, une ride anxieuse barrait son front, et elle fronça les sourcils.

- Que se passe-t-il ? Lui demanda Hermione en s'approchant.

- On travaille encore sur l'affaire des Granger, mais le Magenmagot veut que l'affaire soit close, étant donné que le meurtrier a été retrouvé… Cependant, on ne sait absolument rien de tout ça, et ça me perturbe, tout simplement.

Hermione tressaillit.

- Tu ne veux toujours pas me dire qui il est ?

- C'est une information confidentielle, Astoria. Mais si tu veux savoir, d'après ce qu'on a récolté sur lui, ce serait un meurtre familial…

- Qu-quoi ? Tu veux dire que celui qui les a tués serait de la même famille ?!

Il hocha de la tête, puis ses yeux se posèrent sur les escaliers. Hermione se retourna et vit Pansy qui descendait timidement.

- Elle va rester quelques temps avec nous, dit précipitamment la brune.

- Je crois qu'il faut qu'on parle, siffla Drago en prenant sa « fiancée » par le bras.

Il l'entraina dans le salon et ferma les portes derrière eux.

- Tu sais très bien le danger que je représente et pourtant tu laisses cette fille chez nous ?

- Je ne peux pas la laisser seule dehors… C'est mon amie. Elle sera plus en sécurité ici. (Elle pensa à Ryan, au corps de Pansy qui avait disparu, et secoua de la tête)

- Bon sang ! Je savais que tu avais perdu la mémoire, mais pas ta raison ! S'écria-t-il.

- Il n'est pas revenu, Drago ! Il est encore en toi, mais il n'est pas revenu !

- ça ne tardera pas… souffla-t-il. Je le sens prendre le contrôle peu à peu… il se prépare. A quoi ? Je n'en sais rien. Je ne sais même pas comment il a pu venir en moi !

Il frappa violemment contre un mur, faisant trembler la vaissellerie posée dans une armoire. Hermione lui enjoint à se calmer en le faisant s'assoir.

- Il n'y a pas un moyen de le stopper ?

- Si. Tu le connaissais, ce moyen, avant. C'était toi qui me préparais les potions nécessaires.

Les yeux de la brune s'agrandirent. « Oh non… Astoria savait. Elle savait ! » Et si Astoria le lui avait dit… ? Alors peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé… Elle se força à chasser la frustration et cet horrible sentiment de trahison.

- Et quel est ce… moyen ?

Il pinça les lèvres.

- Je sais juste que tu préparais du tue-loup, mais que tu rajoutais un ingrédient à l'intérieur. Lequel ? Je ne sais pas…

Intérieurement, Hermione suffoquait. Il avait un moyen de protéger Drago, de les protéger tous, même si c'était seulement pour quelques jours, et la seule personne qui connaissait ce moyen était morte !

- Pour Pans… Euh, Hermione, tu acceptes ? Juste pour une nuit Drago… S'il te plait !

Il plongea ses yeux aciers dans les siens, réfléchissant un instant, avant de soupirer. Hermione sut alors qu'elle avait gagné.

- Oui, une nuit… grommela-t-il.

La jeune brune aborda un grand sourire, ravie, et, sans se rendre compte de son geste, elle posa ses lèvres sur la joue du blond. Puis, revenant soudainement à la réalité, elle écarquilla les yeux, s'écarta, bafouilla quelques mots et quitta la pièce.