Le titre n'est pas là pour rien, je vous l'assure... xD


Chapitre XV - Surprise

- Quoi ?! S'exclama Harry Potter, les yeux écarquillés de surprise posés sur celle qu'il croyait être Hermione.

Ron hocha de la tête tandis que le visage de Ginny blanchissait sérieusement. Pansy, elle, avait les yeux rivés sur le parquet. Elle n'avait pas réussi à empêcher Ron de dire la vérité aux autres. Il prit discrètement sa main et la pressa dans la sienne, lui insufflant une vague de courage. Elle ne put s'empêcher de sourire, transportée de joie malgré la gravité de la situation.

- Ron, si c'est une blague, elle n'est pas drôle, dit Harry en serrant les deux.

- Ce n'est pas une blague. Vois par toi-même. Elle n'est pas Hermione… (Voyant que Pansy se crispait, il reprit) Elle est Pansy, Pansy Parkinson.

Harry lâcha un rire sarcastique.

- Alors quoi ? Elle a pris du polynectar pour se faire passer pour Hermione ? Dans quel but ?

- Ce n'est pas ça, soupira Ron, qui avait pourtant tenté plusieurs fois d'expliquer la situation à son ami. Ce que tu vois est le véritable corps d'Hermione, bien que transformé par l'esprit de Pansy. Leurs esprits se sont inter changés…

Harry attendit que son ami rie aux éclats et lui avoue que tout ceci n'était qu'une farce, mais il ne le fit pas. Au contraire, son visage affichait une conviction qu'il ne lui connaissait pas. Son regard tomba sur les mains entrelacées de Ron et « Pansy », puis sur les yeux de celle-ci qui le dévisageait. Une chose le frappa. Ce n'était pas les yeux d'Hermione, bruns chocolat, mais deux pupilles olive pailletées d'or.

Il lui fallait l'admettre, la jeune femme qui se trouvait en face de lui n'était pas sa meilleure amie… Mais une Serpentard.

Soudain, Ginny se leva, une main sur le front. Harry, inquiet, s'approcha d'elle et la rattrapa juste à temps alors qu'elle vacillait.

- Ginny ! S'écria-t-il en la posant délicatement sur le canapé.

Elle se tourna vers lui, tandis qu'il posait une main sur son visage brûlant.

- J'ai mal… Souffla-t-elle de ses lèvres craquelées.

Ron, lui aussi à son chevet, eut un frisson de peur. Tout cela lui rappelait une scène… Hermione, ayant mal pendant des jours à la tête, avant de s'effondrer sur le sol… Et ensuite, Pansy était arrivée.

- Il faut l'emmener à Sainte Mangouste, s'exclama-t-il d'une voix autoritaire. Maintenant !

Il ne reproduirait pas les mêmes erreurs, il se l'était promis…

Hermione s'observa dans la glace, songeuse. Son ventre, non, pardon, le ventre d'Astoria avait encore enflé, et prenait maintenant une taille plus ou moins importante. Elle passa ses frêles doigts sur la peau étirée, émerveillée par cette vie qui grandissait dans ce corps qui n'était pas le sien, mais celui d'une morte.

Elle pensa à la veille, à Pansy, qui, au plus grand bonheur de Drago, était rentrée chez elle. Chez elle. Ces mots firent frémir Hermione. Pansy l'avait maintenant totalement remplacée, assez pour que Ron prononce ces quelques mots. Elle n'était pas jalouse de Pansy, ni en colère contre Ron. Elle était heureuse pour eux, bien que Ron soit encore indécis sur ses sentiments. Mais elle aurait aimé qu'il ne soit pas impliqué. Si seulement Pansy ne l'avait pas empêché de prononcer le sort, cette journée-là…

Elle soupira et remit son t-shirt en place. Et alors qu'elle se tournait pour sortir de la salle de bain, elle tomba nez-à-nez avec Drago Malefoy, qui la toisait d'un air curieux. Elle ne put s'empêcher de pousser un cri de surprise. L'avait-il vu ? Avait-il vu son ventre ? Mais d'après le sourire moqueur qui naquit sur son visage, elle comprit que non.

- Alors Greengrass, je t'effraie maintenant ?

- On avait dit que tu ne m'appellerais plus comme ça, grimaça-t-elle pour échapper à la question.

Il haussa des épaules.

- Tu ne travailles pas aujourd'hui ? Demanda-t-elle timidement, en faisant en sorte de ne pas croiser son regard d'acier.

Elle se souvenait encore de cet instant où, par mégarde, elle l'avait embrassé sur la joue…

- Non, heureusement. Vous avez quelque chose de prévu, avec Mère ?

- Rien de prévu, répondit-elle en le dépassant pour descendre les escaliers.

Il la rattrapa et l'arrêta en la tenant par le poignet.

- Astoria.

Elle se retourna pour lui faire face, et dit d'une petite voix :

- Oui ?

Il plaça alors deux billets devant son visage, et elle s'en saisit, intriguée. Une fête foraine ? Elle leva les yeux vers lui, ne comprenant pas, et pour toute réponse, il haussa une nouvelle fois les épaules.

- Je savais que tu aimais tout ce qui était moldu, donc je me suis dit que ce serait bien de faire ça aujourd'hui…

Un grand sourire éclaira la jeune femme. Drago Malefoy ? Dans une fête foraine ? Cela lui semblait être l'idée la plus ridicule qui puisse être, en particuliers pour lui qui détestait les moldus. Alors pourquoi lui proposait-il cela ? Pour se faire pardonner ?

- D'accord Malefoy, j'accepte ta proposition, dit-elle, réjouie et narquoise.

Il reprit les billets et la regarda, faussement furieux, alors qu'elle se mettait à rire.

- On peut savoir ce qui te fait rire Greengrass ?

De toute évidence, il était vexé.

- J'essaye de t'imaginer dans un des manèges moldu… Par Merlin, je sens que ça va être amusant !

Il soupira en passant une main dans ses cheveux blonds pour se redonner contenance.

- Très bien, on part dans une heure, donc prépare toi ! La prévint-il en tournant les talons pour se rendre dans son bureau.

Heureuse, la jeune femme le regarda s'éloigner, ne pouvant empêcher son sourire de s'élargir.

- Une perte de mémoire ? Répéta Ron d'une voix tremblante.

- Un sort d'Oubliette, corrigea le médicomage en remettant ses lunettes en place. On le lui a lancé récemment et un évènement fait qu'elle essaye de retrouver ses souvenirs, en vain. La personne qui le lui a lancé doit être très puissante.

Ron se rassit presque immédiatement, décomposé. Pansy passa une main dans son dos, sans un mot, encouragement silencieux qu'il apprécia. Il ferma les yeux, devinant instantanément, sans que celle qui se trouvait à ses côtés n'ai eu le besoin de lui dire, qui avait ôté la mémoire à sa sœur. Hermione. Tout comme elle avait tenté de le faire avec lui, mais Pansy l'en ayant empêché.

- Est-ce que… Vous avez quelque chose contre ça ?

- Malheureusement non, votre sœur est un cas très rare. Normalement, après un Oubliette, la personne ne se souvient pas de ce qu'on lui a retiré, et cela jusqu'à la fin de sa vie, sauf si traitement. Nous avons administré ce traitement à Mlle Weasley, sans résultat. Son état continue de se dégrader, mais nous avons réussi à le stabiliser à l'aide de calmants. Si votre sœur continue de se battre contre ce sortilège, elle pourrait…

Il s'arrêta là, laissant sa phrase en suspens, mais Ron avait très bien compris. Elle pourrait y laisser sa vie. Harry arriva derrière le Médicomage, deux gobelets fumants à la main, et se précipita vers eux.

- Que se passe-t-il ? Ginny va bien ? Elle va s'en tirer ?

Son inquiétude réussit à faire naitre un maigre sourire sur les lèvres de Ron. Il laissa le soin au Médicomage d'expliquer le tout à Harry, et prit sa tête entre ses mains. Qu'allaient-ils faire ? Que fallait-il faire ? Il ne pouvait pas laisser Ginny mourir… Il ne se le pardonnerait jamais.

Pansy se leva, décidant de laisser les garçons seuls et d'aller voir Ginny. Il fallait qu'elle voie cette dernière de ses propres yeux. Elle s'éclipsa alors discrètement et marcha dans les couloirs blancs, la plupart vides. Elle était de retour ici, là où tout avait commencé. Sa rencontre avec Hermione dans le corps d'Astoria… La découverte de son propre corps dans une de ces chambres, à moitié mort… Elle arriva enfin devant la porte de la chambre de Ginny, et jeta d'abord un coup d'œil à la fenêtre, couverte par des stores, mais l'un d'eux étant légèrement entrouvert, assez pour qu'elle voie la jeune femme allongée dans son lit médical.

Elle vit donc Ginny faire basculer sa tête sur le côté, l'esprit sans doute embrumé par les médicaments. Et très rapidement, elle aperçut aussi l'ombre derrière elle, et du mettre sa main devant sa bouche pour s'empêcher de crier. La silhouette qu'elle n'arrivait pas à véritablement bien distinguer mais devinait masculine, passa une main tendre sur le front brulant de la rousse.

Pansy resta paralysée, ne pouvant plus faire le moindre geste. Qui était cette personne ? Elle arrivait à voir des mèches de ses cheveux lorsqu'elle plissait bien les yeux… Noirs, ils étaient noirs… Un poids s'ôta de ses épaules. Elle avait cru un instant qu'il s'agissait de Ryan, celui qui avait enlevé son corps, mais elle se souvint qu'il avait les cheveux blonds, et non aussi foncés. Hermione ne lui avait jamais fait sa description physique, c'était vrai, mais après tout, Pansy l'avait vu elle-même, alors qu'elles s'étaient cachées dans un placard de la chambre où reposait son corps…

Elle vit la silhouette se pencher vers Ginny pour souffler sur son visage, avant de se redresser brusquement et de transplaner, chose normalement impossible dans cette partie de l'hôpital. Pansy, pouvant désormais bouger, entra brusquement dans la pièce, en inspectant chaque coin, prête à voir l'inconnu sortir de n'importe où. Mais il ne revint pas.

- Pansy ? fit alors la voix de Ginny.

La jeune femme tourna si vite la tête qu'elle entendit un craquement. Passant une main sur son cou endolori, elle s'approcha de la rousse, qui avait l'air parfaitement consciente et rayonnait de bonne santé.

- G-Ginny ? Tu vas bien ?

Cela tenait du miracle ! D'après ce que le Médicomage lui avait dit, ils ne savaient pas combien de temps Ginny allait tenir contre le sortilège, et qu'il faudrait sans doute la plonger dans un coma artificiel, cependant elle s'était redressé sur son lit, lui adressant un sourire, ses yeux verts émeraudes débarrassés de toute douleur. Pansy eut un pincement au cœur, comme un mauvais pressentiment. Que lui avait fait cet inconnu ? Etait-ce un ami ou… un ennemi ?

- Je vais très bien, oui. Je suis désolée de vous avoir causé du souci ! Je ne devais avoir qu'une migraine.

Pansy eut un petit rire. Une migraine ? La rousse au regard désormais pétillant en voyant Harry et Ron se précipiter à son chevet ne se doutait pas que quelques minutes plus tôt, elle était au bord du précipice, prête à tomber dans ce ravin sans fond qu'était la mort…

Hermione ne put s'empêcher de pousser un juron. Par Merlin, mais que faisait cet agaçant blond ? Ils étaient censés être parti depuis une bonne vingtaine de minutes déjà, mais Drago n'avait toujours pas descendu les marches de marbre pour venir la rejoindre.

Arrêtant de faire les cents pas, elle décida d'aller voir ce qu'il se passait là-haut. Certaine qu'il s'était rendu dans son « bureau », elle toqua à la porte de celui-ci, ouvrant ses oreilles en essayant de distinguer le moindre son parvenant de derrière le battant de bois. N'arrivant pas à entendre, elle ouvrit la porte et découvrit un Drago très concentré en train de mélanger dans un chaudron une mixture à l'étrange couleur.

Il leva les yeux vers elle et lui sourit.

- C'est bientôt fini, j'arrive dans quelques minutes.

- As-tu besoin d'aide ? Demanda Hermione en s'approchant de lui, examinant la potion de plus près.

- A vrai dire, Astoria… Commença-t-il, l'air gêné, tu ne t'en souviens probablement pas mais tu es une vraie catastrophe en potion.

- Quoi ? Mais je pensais que… Enfin, c'est bien moi qui te faisais la potion qui repoussait Greyback, non ?

Drago essuya ses mains sur un torchon en soupirant, puis se saisit d'un couteau bien coupant et sortit un ingrédient d'une boite, avant de se tourner vers elle.

- C'était bien la seule potion pour laquelle tu étais excellente. Tu bâclais le reste. Je crois que tu le faisais par pure rébellion contre tes parents. Et ensuite, lorsque tu as essayé de t'y mettre, tu n'avais aucune pratique, rien, sauf cette potion que tu connaissais par cœur…

Il se mit à couper l'ingrédient et Hermione du se retenir de ne pas se précipiter pour lui montrer qu'il s'y prenait mal, sans doute prit par le peu de temps.

- C'est du tue-loup, devina-t-elle en lisant la page d'un manuscrit grand ouvert.

- Pas exactement, répondit-il vaguement. Le tue-loup ne marche plus, j'essaye quelque chose de plus puissant… (Voyant son visage inquiet, il continua) Mais c'est juste pour aujourd'hui, je veux être sûr qu'il ne viendra pas, et qu'en cas de besoin je pourrais le contrôler.

Il versa les copeaux dans la mixture qui prit une teinte sanglante.

- Parfait, estima Drago.

Il sortit une fiole et versa à l'aide d'une louche un peu du contenu de son chaudron dedans. Il répété de même avec d'autres fioles qu'il glissa dans sa cape, puis but la première, devant une Hermione qui espérait que tout cela allait marcher. Elle passa une main sur sa joue égratignée, la cicatrice cachée par de la poudre magique, mais qu'elle arrivait tout de même à sentir sous ses doigts fins.

- On peut y aller, maintenant. Déclara Drago en sortant de la pièce, suivit par la jeune femme.

Ils descendirent et prirent leurs affaires, puis Drago se saisit de la main d'Hermione et transplana.

Le parc était plus grand que ce qu'Hermione ne s'était imaginé. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'était pas allée dans un endroit pareil – la dernière fois, sans doute avec ses parents… Un sourire mélancolique releva le coin de ses lèvres lorsqu'elle se rendit compte qu'elle pouvait désormais repenser à ses parents, et aux souvenirs qu'ils avaient vécus ensemble, sans ne verser la moindre larme, même si la douleur, aussi intense, était toujours là.

Elle regarda Drago du coin de l'œil et ressentit de la joie et du soulagement en voyant son expression béate. Il n'avait pas lâché sa main, et ce contact rassurant fit se comprimer sa poitrine.

- Alors ? As-tu une meilleure estime des moldus, maintenant ? Prononça-t-elle avec un brin de fierté.

- On dirait les grottes de Gringotts, mais hors de terre, et en beaucoup moins effrayant, railla-t-il, sans doute pour la faire enrager.

Mais son expression admirative ne trompait pas Hermione, qui ne réagit même pas à la remarque du jeune homme.

- Très bien, vu que tu ne t'y connais pas très bien en manège moldu, je vais t'emmener faire ce que je préfère, et ensuite, tu pourras choisir, lui proposa-t-elle.

Drago embrassa un instant l'ensemble du parc de ses yeux orageux, avant de poser ceux-ci sur celle qu'il croyait être Astoria.

- Très bien, je te fais confiance, Miss.

Main dans la main, Hermione, contente de pouvoir échapper quelques heures à son destin étouffant, à cette vie qui n'était pas la sienne, heureuse de pouvoir tout de même en profiter, commença par un manège qui mettrait l'arrogant Malefoy dans le bain. Il ne fallait pas commencer trop fort pour qu'il puisse être surpris par la suite, mais pas trop faible non plus, sinon, il s'ennuierait…

Après avoir fait son choix, la jeune femme tira donc le blond. Les heures passèrent, et alors qu'Hermione avait fait faire à peu près toutes les attractions qu'elle avait aimé étant petite puis plus grande à Drago, elle décida qu'il était temps de manger quelque chose.

- Tu as faim ?

Le jeune homme grimaça et posa une main sur son ventre.

- Je ne sais pas si je vais être capable de manger après tout ça…

- Mais si, ne t'inquiète pas, rit-elle en l'emmenant vers un stand de hot-dogs.

En voyant le nom, Drago pâlit sérieusement, ce qui était un miracle au vu de son teint déjà blanchâtre.

- « Chien chaud » ? Tu veux vraiment que je mange du chien chaud ?! Grimaça-t-il en observant le contenu de son assiette comme s'il allait se mettre à bouger, alors qu'ils se trouvaient assis sur une table à pique-nique dans un endroit calme du parc.

- Pour la 100ème fois Drago, ce n'est pas du chien ! Soupira Hermione en plantant ses dents dans son repas, et savourant le goût de cette nourriture qu'elle n'avait pas touché depuis des années maintenant. Chtu voich ? Postillonna-t-elle ensuite. Ch'est chuper bon !

Et elle leva le pouce en souriant de toutes ses dents, ce qui accentua la grimace du jeune Malefoy.

- Allez, essaye ! Insista Hermione en s'essuyant les lèvres à l'aide d'une serviette.

Il se saisit du hot dog à contrecœur et le porta à sa bouche, prêt à vomir à tout moment. Mais lorsqu'il avala, ces saveurs inconnues le surprirent. Il ignorait beaucoup des moldus et de leur monde. On lui avait toujours apprit que ces derniers étaient inférieurs à eux, sorciers, qui étaient soi-disant beaucoup plus évolués… Mais en voyant tout cela à travers les yeux d'Astoria, il arrivait à apercevoir ce qui lui plaisait tant ici.

Il observa la jeune femme à son insu, et constata que pendant ses quelques jours, elle s'était véritablement embellie. Pas véritablement physiquement, ce n'était pas dans ce sens qu'il l'entendait. Mais son sourire avait quelque chose de féérique, ses yeux pétillaient comme jamais, d'une couleur qu'il n'avait pourtant jamais vu sur ce visage, visage aux traits doux et rieurs.

Qu'importe où il se trouvait, si elle était dans la même pièce que lui, il ne pouvait s'empêcher de la regarder. Elle était cette lumière dans ces ténèbres qui l'entourait. Cette lueur d'espoir, de rire et de joie.

Ce fut la première fois qu'il songea qu'il avait de la chance de pouvoir se marier avec une femme comme elle. Il aurait voulu que le reste de sa vie se passe comme cette journée : calme, magique…

- Fais attention Malefoy, tu baves, le prévint-elle, interrompant ses pensées.

Il se reprit aussitôt et détourna le regard. Il avait avalé son repas en deux trois mouvements, sans même s'en rendre compte. Hermione s'étira paresseusement, les rayons du Soleil faisant briller ses cheveux caramel.

- Quelle attraction veux-tu faire, maintenant ?

Il fit mine de réfléchir, mais à vrai dire, il avait déjà la réponse en tête. En face de lui, Hermione espéra qu'il ne choisirait pas quelque chose à sensation forte car déjà, les nausées revenaient.

- ça, dit-il finalement en pointant l'attraction choisi du bout de son doigt.

Hermione papillonna des yeux avant de sourire, malgré tout surprise. Il avait choisi le manège parfait.

- La grande roue ? D'accord. On y va ?

Le silence habitait la cabine où ils étaient désormais installés. Drago regardait le paysage s'élever, avant de se tourner vers Hermione qui avait pris la place en face de lui et regardait nostalgiquement par la vitre.

- Je ne savais pas que tu connaissais autant ce monde.

Elle releva instinctivement la tête vers lui.

- Il y a peu de choses que tu sais sur moi, Drago Malefoy, répondit-elle d'une voix grave.

Ses yeux s'illuminèrent d'une lueur qu'Hermione n'avait jamais vue auparavant dans ses pupilles d'aciers.

- On parie ?

Et avant qu'elle n'ait pu réagir, le jeune homme s'était penché vers elle et avait posé ses lèvres sur les siennes…

Une erreur. Cela avait été une erreur. TOUT avait été une erreur. Venir ici, se rapprocher de Malefoy… Quelle idiote. Elle n'avait pas pu s'arracher du baiser, car elle avait apprécié. Mais quelques secondes plus tard, en se rendant compte de ce qu'ils étaient en train de faire, elle s'était écartée et avait regardé, horrifiée, le blond qui semblait aussi étonné qu'elle par son geste.

- Astoria, je…

- Ne dis rien ! Avait-elle dit abruptement, sentant l'amitié qu'ils avaient réussie à construire peu à peu lors de cette journée se disloquer.

Elle n'arrivait cependant pas à regretter. Elle posa son front sur le verre glacé de la fenêtre, alors qu'ils étaient en pleine descente. Elle était au bout de la cabine, néanmoins pas assez loin. Elle avait peur, peur qu'il entende son cœur qui battait à la chamade. Peur qu'il se rende compte de ses sentiments. Hermione ferma les paupières et se força à se calmer. Il le fallait. Juguler ses émotions, et faire en sorte de redevenir comme avant… ne pas succomber devant ce flot ininterrompu qui la paralysait.

- Désolé… Excuse-moi, s'il te plait.

Sa voix enrouée, un chuchotement. Hermione ouvrit un œil et le regarda en coin, découvrant avec soulagement qu'il ne la regardait pas.

- Excuse-moi de ne pas t'avoir dit plus tôt ce que je ressentais pour toi quand j'ai compris mes sentiments.

Sous le choc, la brune sentit son rythme cardiaque s'arrêter. Elle aurait voulu étrangler Drago pour qu'il ne continue pas, pour qu'il se taise, pour ne plus qu'un seul mot ne sorte de sa bouche, mais elle assista, impuissante, à sa déclaration. A cette déclaration sincère faite à une fille fausse.

- Parce que je t'aime.