Nombreuses révélations dans ce chapitre... j'espère qu'il vous plaira ;) La suite bientôt !
Chapitre XVII – Fiançailles
Elle peinait à ne faire qu'un pas, ce corps était lourd, comme encore endormi. Elle appuya d'une main sur un mur sale et reprit sa respiration. Elle grimaça de douleur et chancela, tombant à genoux sur le sol trempé. Il avait plu, cette nuit. L'eau s'était glissé dans ses cheveux, sur son visage, avait trempé ses habits. Elle avait froid.
Les petites ruelles étaient vides à cette heure, heureusement. Quiconque l'aurait vu aurait été épouvanté par son visage blafard, ses cheveux noirs sales coulant dans son dos, ses yeux déteints.
Malgré ses jambes tremblotantes, jambes qui n'avaient pas utilisés depuis des semaines déjà, la jeune femme réussit à se relever, puisant dans ses dernières réserves pour avancer. Mais telle la flamme d'une bougie sur laquelle on souffle, elle vacilla.
Heureusement, elle fut rattrapée par une ombre qui la souleva dans ses bras. Surprise, elle hésita entre hurler et se débattre, mais lorsqu'elle releva la tête vers l'inconnu, son cœur s'arrêta.
- Luke… Souffla-t-elle.
- Astoria, répondit-il simplement, les yeux couverts par un voile de larme, contraste étonnant avec le sourire qui illuminait son visage.
- Drago Malefoy, espèce de… Pesta Hermione en s'essuyant le visage, tandis que celui qui lui faisait face éclatait de rire.
Alors qu'elle était en train de déguster une pâtisserie, le sang-pur avait poussé celle-ci sur la pommette, faisant une grande trace de crème sur le visage de la jeune femme. Elle se demandait parfois comment il faisait pour être tout à fait normal avec elle alors qu'il lui avait dévoilé ses sentiments il y avait à peine deux jours.
- De … ? Continue ta phrase Greengrass, j'ai hâte de savoir comment tu me trouves ! Sourit narquoisement le jeune homme en posant ses coudes sur la table pour mieux la regarder dans les yeux.
Aussitôt, la brune sentit par picotement ses joues se teinter de rouge. Il n'avait pas arrêté de lui lancer ce genre de phrases, se délectant de la voir gênée et confuse. Chaque mot était une allusion, malgré tout, à leur relation ambigüe.
- D-De… Petit arrogant ! S'exclama-t-elle en évitant ses yeux aciers, mais elle se savait peu convaincante, ce qui accentua le sourire du blond.
- Arrogant ? Vraiment ? Dit-il en faisant la moue, comme déçu. Tu n'as pas autre chose ?
- Oh si, j'en ai ! Prétentieux, moqueur, énervant…
Avant qu'elle n'ait pu continuer, le jeune homme s'était levé de sa chaise et penché sur elle. Leurs visages étaient si près que leurs souffles se mêlèrent, la respiration d'Hermione s'arrêtant, tout son corps se crispant, concentré sur ses deux pupilles grises comme le ciel d'automne. Et avant que Drago ne parcourt les quelques millimètres qui les séparaient, une serveuse arriva et il retomba lourdement dans sa chaise, fixant celle qui venait d'arriver comme si de rien n'était, alors que l'ancienne Gryffondor tentait tant bien que mal de reprendre le cours normal de sa respiration.
La jalousie l'étouffa lorsqu'elle vit le regard que posait la serveuse sur le blond et l'ignorait totalement.
- Je prendrais bien un autre café, lâcha le vert-et-argent.
La serveuse hocha de la tête puis repartit au plus grand soulagement de la Lionne, mais ce sentiment fut vite remplacé par un autre : de l'angoisse. Elle ne savait pas, rectification, elle ne savait plus comment réagir quand il était là. S'attendait-elle à ce qu'un jour, son (ex) pire-ennemi lui annonce qu'il l'aimait ? Sérieusement, si quelqu'un lui avait dit cela quelques années plus tôt, alors qu'elle était encore à Poudlard, elle lui aurait ri au nez en lui expliquant que c'était tout simplement impossible !
Et dans un sens, ça l'était toujours. Drago Malefoy croyait aimer Astoria Greengrass sans savoir qu'elle était Hermione Granger. « Tu ne l'as pas dit à Drago non plus, bien entendu. Il t'aurait déjà tué. Il te déteste. Il te détestera bien plus en apprenant. » Oui… Comme Ryan l'avait dit, si Drago apprenait qu'il était tombé amoureux d'une imposture… Il en souffrirait.
Elle sursauta lorsque le jeune homme posa sa main sur la sienne.
- Astoria ? Bon sang, ces derniers temps, tu es vraiment dans la Lune…
- Désolée… S'excusa-t-elle en retirant précipitamment sa main comme si le contact avec l'autre l'avait brulé.
Elle lut dans ses iris que par son geste, elle l'avait blessé inconsciemment. Mais que pouvait-elle faire pour que leurs sentiments disparaissent ? Pour que ce qui pesait sur leurs cœurs leur soit retiré ? Rien. L'amour ne se contrôle pas, après tout… Il regardait le paysage par la fenêtre, songeur, si bien que la jeune femme décida de se lancer. Elle avait une question, question qui lui trottait dans la tête depuis des jours déjà… Mais qui l'avait surtout hantée pendant sept années.
- Dis-moi, Drago… Pourquoi détestais-tu Hermione Granger ?
« Pourquoi me détestais-tu Drago ? Etait-ce véritablement pour mon sang ? Te dégoutais-je vraiment ? Et maintenant ? »
Surpris, le garçon ouvrit légèrement la bouche, ne sachant quoi répondre, troublé.
- Je… (Il haussa les épaules, ayant repris une expression neutre) Je ne la haïssais pas. J'ai fait ce que l'on m'a appris toute ma vie, Astoria, et je n'en suis pas fier. Granger… Elle est une des choses que je regrette. Je regrette de l'avoir laissé aux mains de ma tante… Je regrette d'avoir été un lâche, de l'avoir insulté pour mieux voir son visage se décomposer. Chaque victoire n'en était pas une, c'était simplement la preuve que je devenais comme mon père le souhaitait. Un véritable « Sang-Pur ».
- Mais tu n'es pas comme ça. Tu as changé. Tellement changé…
- J'espère que c'est en bien. (Il lui adressa un grand sourire qui, elle ne sut pourquoi, la fit rougir.)
Le café arriva alors sur leur table, et Drago le finit rapidement en bavardant avec Hermione, jusqu'à ce qu'ils décident de quitter le restaurant. Cette fois-ci, ce fut la brune qui attrapa la main de Malefoy pour transplaner au Manoir.
- Papa ! Maman !
Ginny accourut près de ses parents qui soulevaient de lourdes valises, arrivant pile poil dans un craquement sonore dans le salon alors que la jeune femme lisait.
- Ginevra Weasley ! Refais moi une frayeur pareille, et je…
Avant que Mrs Weasley n'ai pu finir sa phrase, sa fille l'avait prise dans ses bras et la serrait à l'en étouffer.
- ça fait du bien de vous revoir, dit-elle souriante, en faisant de même avec son père.
Les deux époux s'échangèrent un regard. Ils avaient été très inquiets pour leur fille lorsqu'ils avaient appris par l'intermédiaire de Ron qu'elle était gravement malade. La voir de bonne santé et souriante les rassurait.
- Vous allez rester longtemps ? S'enquit-elle.
- Deux-trois jours, répondit Mrs Weasley en observant les alentours.
Le Terrier n'avait pas changé et cela lui faisait chaud au cœur de retrouver sa vieille maison après ces quelques années passées auprès de son fils en Egypte. Ils installèrent leurs affaires dans leur ancienne chambre puis descendirent pour rejoindre la rousse qui préparait à manger.
- Où est Ron ? Et Hermione ? Demanda alors Molly en fronçant les sourcils.
- Ron… euh… Je n'en sais rien, soupira-t-elle, mais il est avec P… Hermione, ça, j'en suis certaine.
- Quel imbécile ! Il n'aurait pas dû te laisser seul, et si quelque chose t'étais arrivé ?! Si je l'attrape, il va avoir les oreilles rouges ! S'exclama-t-elle haut et fort.
- Mais Maman, je ne suis pas s…
Avant qu'elle n'ait pu finir sa phrase, Harry Potter apparut dans le salon, arrivant de la porte de derrière. Ses yeux bleus s'écarquillèrent en voyant les deux adultes, et il regarda Ginny avec incompréhension, celle-ci lui adressant un petit sourire d'excuse. Elle détourna alors rapidement les yeux, son cœur battant à tout rompre. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas eu ces conversations muettes dont ils avaient tant l'habitude auparavant, quand ils étaient encore en couple…
Harry n'eut pas le temps de décrypter l'attitude de Ginny que déjà, Mrs Weasley le serrait dans ses bras, et que son mari lui tapait l'épaule avec affection en riant. Ils n'avaient pas changé, se rendit compte le jeune homme, et cela lui fit chaud au cœur. Seuls leurs cheveux désormais striés de mèches blanches dévoilaient leur âge, ainsi que les rides qui creusaient leur visage.
- Oh Harry, comment vas-tu ? Que fais-tu ici ?
Molly lança un regard suspicieux à sa fille puis à celui qui aurait pu devenir son gendre et qui, comprenant l'allusion, se mit à rougir.
- Je vais très bien Mrs Weasley. Ginny, euh, n'allait pas très bien et Ron devait partir alors je suis resté ici, au cas où…
Sa déclaration fut suivie d'un long silence, alors que la rousse remuait plus énergiquement la sauce qu'elle préparait, les doigts fébriles, son visage rouge caché par le voile que formaient ses cheveux, heureusement.
La tension entre l'Elu et son ancienne petite amie dura pendant tout le repas.
Astoria s'examina dans le miroir. Elle sourit et le reflet de Pansy lui en offrit un en retour. Quelle étrangeté. Être dans le corps de quelqu'un d'autre… Dans le corps d'une amie qui est plus.
Astoria n'avait pas vraiment voulu se retrouver dans le corps de Pansy. Mais c'était sa seule option lorsque Ryan l'avait expulsé de son corps. Elle n'avait pas eu d'autres choix que d'habiter cet organisme fatigué… Et en faisant cela, elle savait qu'elle avait arrangé Ryan.
Le sourire factice disparut aussi vite qu'il était apparue, et Astoria jeta un coup d'œil à la fenêtre. En face se tenait la maison des Rivers, vide de toute présence.
- Astoria ?
La jeune femme se retourna brusquement, mais fut rassurée en voyant Luke entrer dans la pièce, tenant deux verres dans la main. Il s'approcha d'elle et lui en tendit un qu'elle accepta avec plaisir, ne le quittant pas du regard, ayant peur à chaque instant qu'il s'évapore sous ses yeux. Luke, lui, fixait la maison qui faisait face à celle où ils étaient.
- J'ai grandi ici, et là-bas, finit-il par dire. Deux mondes différents qui essayaient de se rapprocher. J'ai toujours senti la douleur qu'éprouvait mon père, sa peine infinie. Qu'importe ce que faisait ma mère, elle n'arrivait jamais à combler le manque qu'il éprouvait. Il partait parfois des jours, même des mois entiers. Et un jour… Il a tout simplement disparu. Et alors Ryan est venu me chercher. Il m'a tout dit. Qu'il était mon frère… Mon demi-frère, corrigea-t-il, que notre père était un traitre… Qu'il était mort.
Sa voix s'étrangla et Astoria se retint de le prendre dans ses bras. Il posa ses yeux embués sur elle et elle eut l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre tant ses pupilles reflétaient une détresse, un désespoir immense.
- Je ne veux pas te perdre non plus, Astoria… Murmura-t-il.
- Tu ne me perdras pas.
- Pourtant, j'ai failli. C'est la deuxième fois que tu fais face à la mort par ma faute.
- Ce n'est pas ta faute, et tu le sais. Rien n'est de notre faute…
- Si, Astoria. Nous avons pensé qu'après tant d'années, la Malédiction nous aurait peut-être enfin laissé tranquille, qu'elle se serait dissoute ou aurait disparu. Mais nous avions tort. (Le ton de sa voix était amer, distant) Elle est toujours là. Ce qu'il nous est arrivé… C'étaient des avertissements. Si nous continuons ainsi alors l'un de nous va mourir. Et qui sait s'il n'entrainera pas d'autres personnes avec lui…
Elle prit sa main et la serra dans la sienne.
- Luke, nous avons vaincu la Malédiction malgré tout. Aucun de nos descendants n'aura plus jamais à en souffrir. Nous serons les derniers. (Ses yeux brillaient de larmes tandis qu'elle lui souriait.) Je suis heureuse de m'être sacrifier pour ça. (Elle posa une main sur son ventre plat, et ressentit un étrange vide en ne ressentant pas la vie de son enfant. Hermione s'en occuperait bien en l'attendant, elle en était certaine.)
Hermione était assise à un bureau, triturant nerveusement son stylo. Elle avait beaucoup pensé à ce que Drago lui avait dit. En vérité, il ne lui avait pour l'instant jamais menti, alors qu'elle n'avait fait que cela. Peut-être était-il le temps d'avouer. Pas encore, en tout cas, elle n'était pas prête. Mais si elle disparaissait du jour au lendemain, ce qui allait sans doute arriver grâce à Ryan, elle voulait qu'il sache toute la vérité.
Alors, assise à cette table, elle lui écrivait une lettre. C'était la meilleure idée qu'elle avait eu. Elle n'expliquait pas tout, cela aurait été bien trop long, et elle n'avait pas le temps.
Les mots s'enchainaient sur le papier, et les larmes sur le visage de la jeune femme. Quand elle eut fini, elle regarda son œuvre avec satisfaction, essuyant les preuves de sa mélancolie d'un revers de manche. Il restait quelques taches sur le papier mais elle n'avait pas l'envie de tout réécrire, alors elle rajouta un P.S à la fin. Puis elle plia le tout et le fourra dans une enveloppe qu'elle cacha sur elle.
- Hermione. Fit une voix dans son dos.
Elle se leva et découvrit – avec soulagement – Narcissa Malefoy. Celle-ci semblait gênée dans son attitude, mais son visage n'exprimait rien, ce qui inquiéta la brune.
- Que se passe-t-il ?
- Il faudrait que tu te prépares… Maintenant, soupira-t-elle. Les Greengrass sont arrivés.
Hermione, stupéfaite, fronça les sourcils.
- Me préparer ? Mais pour quoi ? Un bal, encore ? Et que font les Greeng…
- Hermione, aujourd'hui est le jour des fiançailles officielles de mon fils et d'Astoria. Etant donné que tu joues le rôle de cette dernière…
- Je vais devoir la fiancer avec Drago Malefoy, finit-t-elle.
Narcissa hocha lentement de la tête pour approuver, alors qu'Hermione serrait les poings. Non, non, non, non… Elle ne pouvait pas. C'était plus fort qu'elle. Elle ne pouvait pas fiancer Drago à Astoria, et pour des centaines de raisons. Malheureusement, elle allait le faire. Parce qu'elle n'avait pas le choix. Raide, elle passa à côté de Narcissa, espérant que celle-ci n'ait pas remarqué son malaise, puis courut dans les escaliers pour se réfugier dans sa chambre. Elle fouilla frénétiquement dans le dressing, se demandant comment les Sang-Pur s'apprêtaient lorsqu'ils se fiançaient. Elle finit par lancer les vêtements un peu partout, frustrée, et s'assit sur le lit, avec l'étrange envie de s'arracher les cheveux.
C'était n'importe quoi. On ne pouvait pas lui demander de faire ça. C'était cruel ! Cruel… Pas qu'envers elle. Envers Drago, surtout envers lui. Il pensait se marier avec la femme qu'il aimait… Mais quand Astoria retrouverait son corps – si cela arrivait un jour – il verrait enfin la vérité. Il aurait épousé une inconnue. Elle éclata d'un rire hystérique.
Tout avait été si parfait, le matin même. Comment avait-elle pu croire que tout cela allait durer ? « Qu'est-ce que tu es naïve, Hermione Granger… » Pensa-t-elle.
Elle leva alors les yeux vers la porte qu'elle avait sans le vouloir laisser entrouverte et découvrit celle-ci béante, Drago Malefoy l'observant, scrutateur.
- Malefoy, voyeur ! S'écria-t-elle en s'élançant vers la porte avec l'intention de la fermer. Mais le jeune homme plaça son pied et l'en empêcha, faisant naitre un juron dans la bouche d'Hermione.
- Est-ce que ce mariage te dérange, Astoria ? Demanda-t-il.
Aussitôt, elle arrêta de forcer contre le battant en bois. Que répondre à ça ? Bien sûr que ce mariage la dérangeait. Mais avait-elle le choix ?
- Non… Répondit-elle d'une petite voix.
C'était drôle, elle qui s'était dit ne plus vouloir lui mentir continuait en cet instant même. Pitoyable.
- Tout va bien Drago. Je m'habille et je te rejoins.
Elle entendit le garçon soupirer et vit son pied se retirer. Elle ferma la porte derrière lui et s'appuya contre le battant.
Quelques minutes plus tard elle avait par chance trouvé une robe assez large pour que le ventre enflé d'Astoria ne se remarque pas, et qu'elle ne ressemble pas à un sac à patate non plus. Elle ne savait pas si c'était l'idéal pour des fiançailles mais ce n'était pas comme si elle pouvait encore se permettre d'hésiter.
Elle finit, en respirant profondément pour tenter d'enfouir son angoisse, par descendre les escaliers. Des rires lui parvenaient du salon, ce qui ne fit que renfoncer son impression de mal-être. Drago l'attendait devant la porte. Il semblait lui aussi soucieux, magnifiquement bien habillé dans son ensemble noir. Sa mine fatiguée disparut quand il la vit arriver.
- Tu es sublime, dit-il en souriant.
- Je peux dire de même pour toi, Drago, complimenta-t-elle, le sourire en moins. Pourquoi n'ai-je été prévenu que seulement maintenant ?
- Tu le savais, répondit-il évasivement. Avant ton évanouissement.
- Je vois…
La porte s'ouvrit et Mr Greengrass se trouva soudainement devant les deux jeunes gens. Aussitôt, Drago prit la main d'Hermione et se plaça en rempart devant elle, défiant l'homme du regard. Celui-ci lui adressa un rictus à glacer le sang puis les fit entrer.
Un buffet trônait au centre de la pièce où mangeaient en riant poliment la famille Greengrass et celle des Malefoy, constituée seulement par Narcissa. Drago ne lâcha néanmoins pas la main de la jeune femme en s'avançant vers eux. Elle sentit la pression qu'il exerçait entre sa paume, comme s'il avait lui aussi besoin d'une ancre contre laquelle se rattacher pour ne pas dériver. Ils étaient l'un à l'autre leur attache.
Une tension appuya alors contre le crâne d'Hermione. Quelqu'un voulait entrer en communication ou du moins pénétrer dans son esprit. Elle regarda autour d'elle, mais aucun des invités ne la fixait. Elle repoussa intérieurement la personne, cependant la pression ne disparut pas.
- Bien, nous allons pouvoir commencer, dit alors Narcissa en se tournant vers les deux futurs fiancés.
Tous acquiescèrent, et Narcissa amena son fils et sa bientôt belle-fille devant un membre du Ministère de la Magie. Hermione serra sa robe de ses poings, gênée par cette mascarade qu'ils étaient obligés de jouer, tandis que Drago trifouillait nerveusement dans la poche de sa veste, puis s'éclaircit la voix.
- Astoria…
Elle tourna la tête vers lui. Il ne souriait pas. Il avait peur, sans doute autant qu'elle. Mais pas pour la même raison. C'est alors qu'Hermione le vit avec stupéfaction mettre un genou à terre en continuant de la regarder dans les yeux.
Etait-ce comme ça que les Sang-Pur demandaient en mariage ? C'était la première fois qu'on lui faisait cette proposition alors elle ne savait comment réagir. Les invités fixaient Drago en grommelant et elle comprit. Il l'avait fait pour elle. Pour lui montrer qu'il avait changé. Il lui faisait une demande moldue devant une dizaine de Sang-Pur.
- Astoria Greengrass, voulez-vous m'épouser ?
« Aller, Hermione. Courage. Dis oui, et tout sera fini. Dis oui, et tu pourras passer à autre chose. Vas-y. Dis oui, et Drago Malefoy deviendra plus tard le mari d'Astoria Greengrass… La vraie Astoria Greengrass. »
Elle ouvrit la bouche pour répondre quand un sifflement atroce lui vrilla les tympans. « A L'AIDE ! » Hurla une voix dans sa tête. Puis le sifflement disparut, comme la pression qu'elle ressentait depuis tout à l'heure, laissant derrière eux une Hermione déboussolée. Elle avait reconnu la voix. Astoria, c'était Astoria, elle était en danger ! Ou alors… Ce n'était que son imagination. Astoria était morte. Elle baissa les yeux vers Drago et s'empêcha de pleurer. Ce n'était pas le moment d'être faible.
- Non. Je ne veux pas.
Elle respira profondément et s'enfuit au plus vite de la salle, en courant, ne voulant pas voir la réaction du blond. Elle monta les escaliers, trouva un sac dans le placard d'Astoria et y fourra ses affaires les plus précieuses dont la lettre et le Carnet. Elle rajouta des habits pour le geste mais alors qu'elle se retournait pour aller récupérer son manteau dans le hall, elle tomba nez à nez avec Drago Malefoy.
- Je crois qu'il faut que nous ayons une petite conversation. (Ses yeux d'aciers tombèrent sur son sac et il recula d'un pas.) Tu comptais partir ? Comme ça ? (Il rit, un rire désœuvré qui lui fit mal à la poitrine) Alors tout ce que je t'ai dit ne comptait pas, Astoria ? Le fait que je t'aime ?
- Arrête, dit-elle en le dépassant et en courant dans les escaliers, mais il la rattrapa.
- Arrêter quoi ?! Arrêter de t'aimer ? Parce que tu crois que c'est possible, peut-être ?! (Il avait crié mais s'en fichait complètement).
- Non. Arrête de m'appeler Astoria… Ou Greengrass… Arrête.
Il ricana.
- Alors comment veux-tu que je t'appelle, dis-moi ?
Son corps se secoua de tremblements. C'était le moment. Elle devait lui dire. Elle descendit quelques marches en silence, sentant qu'il la suivait.
- Tu vas me prendre pour une folle mais très vite tu te rendras compte que c'est la vérité. Drago Malefoy… Je suis… non, j'ai été ta pire ennemi. Celle que tu détestais, que tu aimais plus que tout insulter, rabaisser. Alors tu peux m'appeler Hermione Granger.
Un silence accueillit ses paroles. Suivit d'un rire sarcastique.
- Alors c'est tout ce que tu trouves pour me le faire payer, Greengrass ? Me repousser ainsi ? Tu croyais vraiment que j'allais gober de tels mensonges ?
Il la força à le regarder dans les yeux en la retournant brutalement vers lui.
- Je ne te mentirais pas en te disant que je n'ai rien ressentis quand tu m'as dit non lors de la cérémonie. Je ne te mentirais pas en te disant que je ne ressens rien pour toi, Astoria. A toi de me dire la vérité.
Elle le repoussa de toutes ses forces.
- Ne dis plus jamais ce nom. Plus jamais ! Tais-toi maintenant ! Tais-toi ! Tu ne comprends pas ? Je ne suis PAS Astoria ! Je ne peux pas répondre à ce que tu me dis ! Regarde-moi ! Pendant tout ce temps je t'ai menti.
- C'est impo…
- Non, c'est possible et tu le sais très bien. Le loup-garou qui est en toi m'a tout de suite reconnu. Tu le savais toi aussi, Dra… Malefoy. Tu ne voulais juste pas te l'avouer. Tu as préféré te voiler la face. J'habite le corps d'Astoria comme Greyback habite le tien. Avec une seule différence. Astoria est… morte.
Elle avait employé un ton froid, dur. Elle fit quelques pas vacillants, prit son manteau et transplana.
« Encore une personne qui te trahit, petit Drago Malefoy… » Fit la voix douceâtre de Greyback dans la tête du jeune homme, sous le choc. « Ne sens-tu pas cette colère et cette amertume qui finira par te ronger l'esprit ? Laisse toi envahir… Tu verras comme la vie est bien plus douce ainsi. »
