Coucou tout le monde ! Désolée pour le temps de publication... Je voulais absolument finir mon chapitre 20 avant de poster celui-ci mais bon, je préfère le poster maintenant ! Il est beaucoup plus grand que les autres... et pour cause. J'ai du le couper en deux ! Du coup, les chapitres 18 et 19 auraient du être un seul et même chapitre, mais c'était beaucoup trop ! Voilà voilà...
Merci à vous lecteurs, et surtout à ceux qui laissent des reviews ! :D
Chapitre 18 - Here we are
Il faisait froid. Allongée à même le sol de terre, elle frémit, son corps parcourut de frissons. La cage où elle était enfermée était composée d'une grille de bois, en face d'elle mais en hauteur, car la pièce avait été construite dans le sol, ainsi que trois murs, deux sur les côtés et un derrière son corps étendu. Une odeur, forte et puissante, avait pris possession de son nez et elle se retenait, depuis les quelques heures qu'elle avait passé cloitrée ici, de vomir.
Quelques heures ? A vrai dire, elle n'en était même pas certaine. Le temps ne s'égrenait pas de la même manière ici. C'était différent. Tout était différent, jusqu'à l'air du soir qui s'infiltrait dans sa prison, jusqu'aux sons feutrés qui parvenaient à ses oreilles, jusqu'à la sensation engourdissante qui la détenait.
Luke et elle avaient été pris par surprise dans le manoir des Timberwolf par Ryan. Il les avait capturé, n'avait eu qu'à les cueillir comme s'ils s'étaient offerts sur un plateau d'argent. Elle avait été naïve de croire qu'ils avaient été en sécurité.
Plongée dans ses obscures pensées, elle ne vit pas l'ombre se faufiler et attraper les barreaux de sa cage, bien qu'elle cachât un instant les rayons pâles de la Lune qui parvenaient jusqu'à elle.
— Astoria !
Aussitôt, la dénommée Astoria se releva d'un bond, écarquillant les yeux. Etait-il déjà venu la chercher ? Mais un soupir de soulagement quitta ses lèvres quand elle reconnut l'individu – Luke. Elle se précipita vers lui, leurs visages au même niveau, bien que l'homme du s'accroupir, jetant derrière lui des coups d'œil inquiets.
— Comment as-tu fait pour t'enfuir ? Chuchota-t-elle, en observant son visage crispé, les mèches brunes qui tombaient délicatement sur son front en sueur, sa bouche tordue en un rictus anxieux.
— Je ne me suis pas enfuit, expliqua-t-il, il m'a laissé sortir. Mais il a refusé de faire de même pour toi. Mais je trouverais un moyen de…
— Non, ne te préoccupe pas de moi ! Le coupa-t-elle, le cœur battant à tout rompre. Notre enfant, Luke, c'est lui que tu dois protéger. Ne laisse pas Ryan l'avoir, je t'en supplie ! Protège-le…
Luke passa une main à travers les barreaux qui le séparaient de celle qu'il aimait, et caressa doucement sa joue – la joue du corps qu'Astoria avait emprunté, le corps de Pansy.
— Ne t'inquiète pas, tant qu'Hermione reste au Manoir Malefoy, Ryan ne pourra pas l'attraper. Il y a quelque chose qu'il déteste dans cette demeure… Qui le repousse, malgré le fait qu'il a réussi à les retenir là-bas.
— Justement, Hermione, je crois qu'elle a quitté les Malefoy, qu'elle est partie. C'était trop dur à supporter… Avoua-t-elle d'une voix blanche. Je l'ai ressenti, j'ai ressenti sa douleur et sa peine !
— De quoi parles-tu ? Demanda le loup-garou, confus.
— C'était aujourd'hui, mes fiançailles officielles avec Drago Malefoy. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il s'est passé. Tout ce que je sais c'est qu'elle a refusé, et... Il faut que tu la retrouves, oui, retrouve-la avant Ryan ou ce monde est perdu !
Luke se releva, dérouté, et passa une main dans ses cheveux. Il lança un dernier regard à Astoria qui s'était approché, dévoilant son visage dans les premiers rayons de Lune. Puis, un bruit le fit sursauter. Astoria poussa un gémissement de détresse et se retira au fond de sa cage. C'était trop tard. Le monde des Sorciers allaient succomber.
...
D'un pied après l'autre, Hermione Granger avançait parmi les tombes, traversant la brume qui s'était installée dans le cimetière. L'atmosphère, lugubre à cette heure, l'avait au début rebutée. Mais elle avait trop vu d'horreurs pour que cet endroit ne la terrifie. Alors, d'un pas las, elle était entrée, et continuait tout droit, ne jetant pas un regard aux sépultures qui l'entouraient, aux fleurs fanées qui les couvraient, seules couleurs dans ce lieu qui réunissait vie et mort.
Elle finit par s'arrêter devant deux pierres tombales dont elle connaissait les inscriptions par cœur. « Rêvons nos vies, vivons nos rêves » était la phrase préférée de sa mère, tandis que son père, qui aimait particulièrement Lamartine, un poète français, avait gravé sur sa tombe « Le livre de la vie est le livre suprême qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix. / On voudrait revenir à la page où l'on aime, et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts ».
Elle se pencha, effleura les lettres de ses doigts gelés, qu'elle arrivait à peine à distinguer dans ce décor sombre. Elle finit par prendre une grande inspiration et se releva pour poser une rose d'un rouge sombre qu'elle avait trouvé dans un parc non loin.
— Papa, Maman, vous me manquez. Si seulement vous étiez là pour m'aider… Je ne sais plus ce que je dois faire… Je ne suis plus moi-même.
Une douleur au ventre l'arrêta dans son monologue. Un vent frais lui parcourut le visage et elle se tourna instinctivement vers la silhouette qui était restée en retrait.
— C'était très émouvant, Granger.
La voix rauque, amère, la fit se raidir. Ryan fit un pas pour s'avancer vers elle, ses yeux gris, qu'elle avait trouvé au début si ressemblant à ceux de Drago, luisant d'une lueur insondable.
— Est-ce que tu vas venir avec moi ou je vais devoir t'y forcer ?
Elle resta silencieuse quelques minutes, fixant les tombes côte-à-côte de ses parents. Sa première rencontre « officielle » avec Ryan s'était aussi faite ici.
— Granger… Grogna l'homme, à court de patience.
— Je vais venir ! L'arrêta-t-elle. Mais je veux que tu répondes à une question avant.
Ryan croisa ses bras sur sa poitrine, un sourire mauvais déformant les traits de son visage.
— Pour quelles raisons mes parents sont-ils morts ?
— Je m'attendais à cette question. (Hermione retint sa respiration, sentant monter une boule de rage dans sa gorge, qu'elle contint à grande peine.) A vrai dire, je n'avais rien contre ton père, mais la colère du mien était inassouvissable. Ta mère par contre… (Il haussa des épaules.) J'avais besoin qu'elle meurt. Je me suis dit que ce serait plus… amusant, si c'était celui qu'elle avait aimé et qui l'avait déjà trahi qui la tue.
Hermione ne put se retenir plus longtemps et le son que provoqua la gifle résonna dans l'endroit vide. Tremblante de colère, elle abaissa sa main, et serra le poing, tandis que Ryan éclatait d'un rire sinistre en essuyant le sang qui s'écoulait de sa bouche.
— Quelle force, j'en aurais presque peur. Par contre petite Sang-De-Bourbe… Recommence une seule autre fois et crois-moi… Tu le regretteras.
Sa voix au ton auparavant sarcastique était devenue froide et menaçante.
— Ton père. Jordan Timberwolf. Pourquoi a-t-il commis ce crime ? C'est lui qui a fait souffrir ma mère, pas le contraire. Alors pourquoi ?
Son timbre était tremblotant, hésitant.
— Qui a dit qu'il avait souhaité le faire, petite Granger ? J'ai répondu à deux questions, maintenant c'est à toi de remplir ta part du marché.
Hermione le regarda un instant, emplissant sa rétine de l'image de ce meurtrier. Un monstre. Voilà ce qu'il était. Un filet de sang écarlate coulait encore le long de son menton, et une goutte glissa, tombant sur la terre qui recueillait tant de morts. Ryan était un monstre, mais même les monstres avaient leurs faiblesses, pensa Hermione en acceptant la main tendue de l'homme.
Ils arrivèrent dans un craquement sonore à la clairière. Hermione la reconnut tout de suite, avec son rocher au centre, là où Asa Green avait l'habitude de s'assoir pour attendre Grey Timberwolf. Néanmoins, le rocher avait été taillé, aplatit, et formait désormais une table de pierre, aux dures traits fourchus.
Plus loin, elle arrivait à apercevoir, malgré l'obscurité, une sorte de cage aux barreaux de bois, une prison qui s'enfonçait dans le sol. Elle frissonna malgré elle et continua à avancer, comprenant que c'était là-bas que Ryan la menait. Alors qu'ils marchaient, toujours en silence, elle reconnut Luke qui trottait vers eux, le visage impénétrable.
— Je l'emmène là-bas, dit-il à Ryan sans adresser un regard à la jeune femme.
Etait-il dans le camp de Ryan, désormais ? Pourtant… celui-ci avait tué celle qu'il aimait. Le brun qui tenait fermement Hermione sembla hésiter mais la lâcha en poussant un grognement.
— Enferme-la bien, elle ne doit pas s'enfuir. (Puis, parlant à Hermione :) Tu sais ce qui arrivera si tu tentes quoi que ce soit.
— Je suis venue de mon propre gré, Ryan. Pourquoi crois-tu que j'essayerais soudainement de partir ?
Un sourire se forma sur les lèvres du loup.
— Qui sait. La peur fait faire des choses idiotes, parfois…
Puis il tourna les talons et disparut dans la noirceur de la forêt. Presque tout de suite, Luke prit Hermione par le bras et l'emporta vers une des cages. L'ancienne Gryffondor était incroyablement mal à l'aise. C'était la première fois qu'elle se trouvait en présence de son cousin… et celui-ci allait l'enfermer dans une pièce ! Puis elle sentit un souffle tout contre son oreille, la tension s'accentuant sur son bras.
— Ecoute-moi bien. S'il arrive que Ryan revienne ici avec Pansy, avec ton corps, alors il faut que tu fasses exactement ce que je te dis maintenant. Le plan de mon frère (il avait prononcé ce mot avec mépris) est d'interchanger vos esprits pour qu'ils reviennent dans leurs corps respectifs au moment même où l'enfant naitra. Néanmoins… Cela tuera Astoria et Pansy. Astoria car elle ne survivra pas à la naissance de l'enfant qui la prendra de plein fouet, et Pansy car Astoria aura pris toute son énergie pour tenter de survivre. (Il vit qu'Hermione allait répliquer mais il la fit taire d'un regard) Tu dois empêcher que cela arrive Hermione. Tu as hérité du pouvoir de ta mère, qu'elle a elle-même reçu de mon père. Tu comprends pourquoi il a tué tes parents ? C'est le pouvoir que Ryan veut récupérer ! Le Fluide ! Et c'est toi qui le détiens, désormais. Tu devras interchangé les corps avant la naissance. C'est le seul moyen.
— Par Merlin… Souffla Hermione, ayant l'impression qu'on venait de lui lancer un sceau d'eau glacée en pleine face. Mais… Astoria est morte ! Le corps de Pansy a disparu. Je ne pourrais jamais…
Alors Luke la conduisit jusqu'à la première cage. Entre les barreaux, Hermione réussit à apercevoir quelqu'un. Pansy. Ou plutôt…
— Astoria est vivante.
Hermione ne put retenir un cri de surprise mêlée à de la joie. Astoria était vivante ! Elle n'était pas morte ! La rouge-et-or sentit la chape de culpabilité qui accablait ses épaules s'envoler.
— Je dois t'enfermer maintenant, dit Luke avec regret. Souviens-toi de ce que je t'ai dit. Pendant ce temps, je vais cacher Pansy.
Il la conduisit jusqu'à l'emplacement juste à côté d'Astoria et elle se glissa dans le trou froid. Son cousin ferma à clef, lui adressant un dernier regard avant de transplaner.
...
Pansy se tournait, encore et encore, dans son lit. Enfin, si on pouvait appeler ce matelas que Ron lui avait gentiment laissé un lit. Donc oui, elle avait toujours été habituée à son avantage de Sang-Pur, mais à vrai dire, même le canapé du salon était plus confortable que ce satané matelas ! Elle se leva brusquement, comprenant qu'elle n'allait sans doute pas pouvoir dormir.
La nuit était à son heure la plus noire quand elle descendit les escaliers pour se rendre dans la cuisine. Elle passa par le salon et sourit en y découvrant Ron, assoupi, ronflant bruyamment. Il avait laissé sa chambre qu'il partageait autrefois avec Hermione à ses parents. Harry était rentré chez lui après le dîner – de mauvaise grâce, elle l'avait remarqué aux regards qu'il lançait à Ginny. Puis les parents Weasley s'étaient retirés dans leur chambre, ce qui avait considérablement détendu l'atmosphère.
Ils avaient tous été d'accord : Arthur et Molly Weasley ne devaient pas savoir qu'elle n'était pas Hermione Granger. Pas encore, du moins. Elle savait que Ron et Ginny n'aimaient pas mentir à leurs parents.
Soudain, alors qu'elle entrait à pas de loups dans la cuisine – même si c'était inutile, le roux avait un sommeil de plomb – un bruit retentit derrière elle. Une main se plaqua dans sa bouche et elle essaya de crier mais l'ombre lui intima le silence en plaçant un doigt devant ses propres lèvres.
— J'enlève ma main à la condition que tu me promettes de ne pas crier.
C'était un homme, de toute évidence. Pansy acquiesça lentement, son cœur menaçant de sortir de sa poitrine tant il battait vite. Alors la poigne ferme se retira de son visage et Pansy hésita un instant à hurler.
— Tu dois fuir. Ryan – tu sais qui es Ryan, n'est-ce pas ? (Pansy hocha de la tête pour confirmer) – arrive, il vient te chercher.
Aussitôt, Pansy sentit ses jambes se dérober sous elle. L'inconnu la retint immédiatement par le bras.
— Ce n'est pas le moment de flancher ! Il faut que tu partes, maintenant. Il ne doit pas t'attraper…
L'homme l'empoigna et voulut la tirer vers l'extérieur, mais la jeune femme se dégagea.
— Je dois… prendre des affaires ! Et Ron, il…
— Personne ne doit savoir. Ceux qui savent où tu vas sont morts. Nous n'avons plus de temps ! (L'urgence régnait dans sa voix, ainsi que la peur.)
— Comment puis-je savoir que tu n'es pas à la solde de Ryan ? Que ce n'est pas un piège ?
Alors que l'individu allait répondre, une voix surgit du silence.
— Oh, mais ce n'est pas un piège. Il tentait vraiment de te sauver. Oui, il tentait vraiment de me trahir.
Pansy n'eut pas besoin de voir le visage du nouvel arrivant pour comprendre instantanément qui il était. Avant qu'elle n'ait pu réagir, l'inconnu numéro 1 – alias le gentil – se jeta sur elle et ils atterrirent brusquement sur les graviers de la cours. Il avait dû essayer de transplaner mais quelque chose les avaient ralentis. Tout son corps la faisait souffrir désormais.
— Très belle tentative, mais complètement vaine, mon frère. Ricana inconnu numéro 2 – Ryan, en somme –, qui avait transplané à leur suite, s'approchant de… son frère ?, masse étendue sur terre qui essayait de se relever, crachant quelques gravats mélangés à du sang sur le sol.
Pansy chercha frénétiquement sa baguette sur elle, mais elle se rappela qu'elle l'avait laissé sur sa table de chevet. Maudissant son idiotie, elle se força à garder son calme. Quelqu'un les avait sans doute entendus, c'était obligé avec le boucan qu'ils avaient produit. Elle vit alors inconnu numéro 1 lever la main et Ryan s'envola en l'air pour retomber de tout son poids quelques mètres plus loin.
Le cœur de Pansy s'arrêta de battre dans sa poitrine. Il n'avait pas de baguette non plus, et pourtant… Et pourtant, elle savait que c'était bien de la magie qui était à l'œuvre ! Le frère de Ryan se leva précipitamment et se dirigea vers elle mais retomba lourdement devant ses yeux comme si une liane invisible lui avait agrippé la cheville.
— Pansy ! Hurla-t-il. Fuis ! Transplane !
Pansy commençait à penser que c'était une sacré bonne idée. Mais elle ne pouvait pas abandonner Ron ici. L'autre éclata d'un rire sardonique.
— Ne comptes pas là-dessus Parkinson. J'ai bloqué la maison, personne ne pourra sortir d'ici !
D'accord, tout à coup, elle se demanda si ce n'était pas fichu. Elle se releva en vitesse, prenant le temps d'épousseter ses genoux, puis piqua un sprint jusqu'au Terrier. Il fallait à tout prix qu'elle récupère sa baguette et prévienne les autres ! Mais Ryan lui réserva le même sort qu'à l'inconnu numéro 1. Son pied se retrouva empêtré dans quelque chose, et elle tomba dans un cri de tout son long sur les cailloux. Quand elle essaya de se lever, une force bien trop puissante la maintint à terre.
— Alors Luke, tu pensais véritablement que tu pourrais cacher Parkinson ? Que tu pourrais me trahir sans que cela ait de conséquence ?
Ryan semblait s'être désintéressé d'elle et avait le regard fixé sur son frère tout en s'avançant vers lui, celui-ci reculant à chaque pas que l'homme faisait.
— Tu es complètement fou à lier, dit « Luke » en grimaçant, levant la main sans doute pour réutiliser son étrange magie.
Mais Ryan le pris de revers et dévia l'attaque en envoyant le jeune homme dans les airs, qui se prit le mur du Terrier d'une force inouïe. Elle vit son corps mou glisser contre la paroi, et voulu bouger mais la même pression la retint.
— Vois-tu, même si tu es mon frère, je n'aime pas les traitres. Ils subiront tous le même sort. La mort.
Et avant que Pansy n'ai pu faire quelque chose, Ryan levait la main vers Luke, et serrait. La jeune femme comprit tout de suite. Il l'étranglait, le privait de son air !
— NON ! Arrête ! Cria-t-elle à s'en écorcher la voix, les larmes ruisselants sur ses joues alors que Luke s'agitait, essayant vainement d'attraper une gorgée d'air, rien qu'une qui aurait pu le sauver. Son visage virait au bleu et Pansy ferma les yeux, ne voulant pas voir cela, repliant ses genoux près de sa poitrine et laissant court à ses larmes.
Bientôt, le léger râle que produisait Luke disparut, et les sanglots de Pansy redoublèrent d'intensité. Il était mort. Elle n'avait pas besoin de le voir pour le savoir. Elle imaginait sans peine son corps détendu, ses yeux clos, sa tête penchée sur le côté, la bouche légèrement entrouverte. Il avait essayé de la sauver, et voilà ce qu'il s'était passé…
— Cela devait arriver un jour ou l'autre, soupira Ryan en s'approchant d'elle. La Malédiction allait le tuer, lui ou Astoria.
Pansy en avait marre des tyrans, des persécuteurs qui la faisait toujours fuir. Elle avait décidé depuis longtemps de ne plus être une lâche. Alors quand l'homme se pencha vers elle, elle fit la chose qui lui parut le plus censé : elle le mordit de toutes ses forces.
D'accord, le gout du sang n'était pas très agréable, mais elle ressentit une certaine fierté à l'encontre de son geste. La pression qui s'exerçait sur elle s'évapora, Ryan trop occupé à hurler comme un dément, alors elle ouvrit la bouche, et se leva d'un bond, courant jusqu'à la maison en essayant de ne pas regarder le corps sans vie de Luke.
— PARKINSON ! Rugit Ryan dans son dos, ce qui la fit accélérer.
Elle atteignit la porte juste à temps et la ferma en la coinçant avec une chaise trouvée dans la cuisine. Elle allait se rendre dans le salon quand la porte explosa littéralement derrière elle. Elle se retrouva propulsée contre un des meubles de cuisine et la douleur submergea son épaule.
— RON ! Eut-elle le temps d'appeler avant que Ryan ne l'attrape et qu'ils transplanent.
...
Hermione tournait en rond dans sa petite cellule depuis plus d'une demi-heure déjà. Luke n'était toujours pas revenu – peut-être était-ce bon signe ? Pansy devait être en sécurité à l'heure qu'il était… Mais alors qu'adviendrait-il d'elles ? Un craquement sonore retentit dans la clairière et Hermione se précipita vers l'entrée de sa cage, tentant d'apercevoir quoique ce soit dans l'épaisse obscurité. Un doigt glacé parcourut sa colonne vertébrale quand elle reconnut les deux silhouettes qui s'avançaient vers elles.
Ryan Timberwolf et… Pansy !
L'homme avait le bras en sang et semblait furieux, tandis que Pansy avait la bouche entourée d'un liquide rougeâtre, ce qui répugna la jeune femme.
Avec effroi, elle lâcha les barreaux et se laissa glisser à terre. Où était Luke ? Il avait dit qu'il protègerait Pansy ! Qu'avait-il bien pu se passer ? Il fallait qu'elle se reprenne et applique le plan à la lettre. Sinon, Astoria et Pansy étaient fichues. Toute à ses pensées, Hermione ne remarqua pas qu'une troisième silhouette s'était ajouté aux deux précédentes.
— Fais sortir Granger et Greengrass, ordonna Ryan d'un ton sec au nouveau venu. Elle entendit la porte de la prison d'Astoria s'ouvrir dans un grincement, puis vint son tour. Elle n'eut pas la force de se débattre quand l'intrus l'amena à l'extérieur.
— Où est Luke ? Demanda Astoria à Ryan en le fusillant du regard.
— Avançons. Dit Ryan en faisant un geste à son larbin qu'Hermione n'avait toujours pas regardé, trop intéressée par les informations qui allaient sortir de la bouche du loup-garou.
Astoria et Pansy se firent empoigner tandis que Ryan attrapa Hermione et la força à marcher.
— Réponds Ryan. Où est Luke ?
— Il est mort.
Il jubila en lisant la souffrance que causa ses paroles dans les yeux d'Astoria.
— Non… Bégaya celle-ci. C'est impossible, il ne peut pas être mort…
Pansy émit un sifflement ironique.
— Si, il dit la vérité. Je… Je l'ai vu moi-même…
Astoria laissa échapper un sanglot, les yeux écarquillés. Hermione ferma ses paupières et pensa à ce nouveau membre de sa famille qui avait perdu la vie à cause de Ryan. Elle ne laisserait pas quelqu'un mourir une nouvelle fois.
De toute évidence, il les menait droit à la table de pierre.
— Maintenant Granger, tout repose sur toi. Fais ce que je dis et…
— Et si je refuse ? Le coupa brusquement la jeune femme. Et si je n'accepte pas que tu te serves de nous ainsi ?
Ryan ricana.
— Mais tu n'as pas le choix. Premièrement parce que je tiens tes deux amies, et que tu ne voudrais pas les perdre, n'est-ce pas… ? (Hermione eut un léger sourire. Pour que le plan de Ryan fonctionne, il avait besoin d'elles trois. Ce qu'il disait n'était que du bluff, pourtant lorsqu'une lueur dangereuse s'alluma dans ses pupilles, elle ne put s'empêcher de ressentir de la peur.) Deuxièmement car je pourrais tuer celui que tu aimes en quelques secondes à peine, d'un claquement de doigt.
L'homme éclata de rire en regardant dans le dos de la jeune femme. Elle se retourna vivement, s'attendant à apercevoir Ron – après tout, Ryan ne savait pas qui elle aimait véritablement – mais ce qu'elle découvrit la liquéfia sur place. Drago. Les yeux vides, le visage défiguré par un masque d'assassin, cependant c'était bien lui, du moins son corps. Il tenait fermement Pansy, qui essayait de lui décrocher un coup de pied bien placé, et Astoria qui, elle, restait parfaitement neutre et immobile.
— Coucou Granger, lui sourit Greyback, dévoilant une dentition abominable, enfonçant ses doigts crochus dans le bras de Pansy qui poussa un glapissement et arrêta aussitôt de se débattre.
— Par Merlin, Drago… Murmura-t-elle en voulant s'approcher, mais Ryan la retint.
— Je ne ferais pas ça si j'étais toi. Mon frère, le seul qui me reste désormais, te hait profondément. Tu lui as menti, après tout. Et mon cher ami a décuplé sa colère. Si tu fais un pas de plus vers lui, Greyback ne pourra pas le retenir, et Drago se jettera sur toi sans doute pour te tuer.
Le corps d'Hermione fut parcouru d'un frisson tandis qu'elle ravalait ses larmes en reculant lentement.
— Laisse-le tranquille. Il n'a rien à voir avec ça ! Je ferais tout ce que tu veux, alors s'il te plait, laisse partir…
— Non.
Hermione voulu rétorquer mais une douleur abominable lui tordit alors le ventre. Elle ne sut pas si c'était l'angoisse qu'elle éprouvait ou l'enfant qui s'agitait, cependant ses pensées se déconnectèrent totalement. Les yeux de Ryan brillaient intensément à la lumière de la Lune. Il fallait agir vite ou sinon… Il gagnerait.
...
— RON !
Le bruit du transplanage retentit et l'endroit fut alors plongé dans un silence inhabituel. Même la goule avait cessé de taper contre la tuyauterie. Certain d'avoir rêvé, Ronald Weasley se redressa sur le canapé, frottant ses yeux fatigués. La gorge sèche, la soif le réveillant totalement, il s'extirpa de son lit de fortune et traina des pieds jusqu'au robinet de la cuisine, butant contre un morceau de bois… Un vent glacial lui fouetta le visage et il écarquilla les yeux. La porte… n'était plus. Des morceaux trainaient un peu partout dans la pièce, et l'air s'engouffrait, balayant tout sur son passage.
— Pansy… Comprit tout de suite le jeune homme, horrifié.
Ça n'avait pas été un rêve, Pansy avait bel et bien tenté de l'appeler à l'aide ! Idiot qu'il était, il n'avait même pas bougé le petit doigt… Non, non, non, non, non… Il sortit de l'endroit en courant, priant pour qu'elle soit endormie dans son lit, qu'elle soit là-haut, en sécurité… Mais quand il trouva la porte de la chambre de Pansy grande ouverte, le lit vide, il ne put s'empêcher de pousser un cri de désespoir.
Ginny apparut derrière lui, fronçant les sourcils d'incompréhension, le visage marqué par la trace de son oreiller.
— Que se passe-t-il ? Ron ?
— Pansy… A été kidnappée… Dit-il au prix d'un effort terrible.
Ginny plaqua une main sur sa bouche, retenant un hoquet de stupeur.
— C'est Ryan… Je suis sûr que c'est lui…
— Ryan ?
La rousse eut l'impression qu'on venait de la pousser du haut d'une montagne lorsque le nom passa la barrière de ses lèvres. Ron se mit à descendre les escaliers et elle n'eut d'autre choix que de le suivre.
— Oui, c'est Hermione qui m'en a parlé. Elle m'a expliqué que c'était sans doute un loup-garou… et que c'était lui qui avait changé leurs esprits. Il est très puissant, d'après elle. Et il a enlevé Pansy…
La cadette Weasley se sentit défaillir mais se retint à la rambarde de l'escalier juste à temps. Ron ne remarquait pas son état et c'était tant mieux. Néanmoins, elle avait encore une fois l'impression qu'on passait son cerveau au micro-onde – étrange objet moldu qu'ils avaient étudié à Poudlard. Lorsqu'ils arrivèrent dans la cuisine, la jeune femme découvrit quelque chose d'étrange : le mur avait été enfoncé de l'extérieur.
— Je vais voir dehors, signala-t-elle à son frère avant de sortir. L'air frais lui ferait du bien.
La nuit enveloppait la campagne aux alentours de son épais manteau sombre. Ginny dut plisser les yeux pour essayer de distinguer le décor, cependant lorsque ses yeux s'habituèrent à la noirceur, elle ne repéra rien d'insolite. Alors qu'elle se retournait pour rentrer au chaud, la masse d'un corps sans vie la stoppa dans son élan et elle poussa un cri de surprise, l'image de son frère mort au combat se superposant à la scène.
Ron vint immédiatement la rejoindre, baguette en main, mais la baissa en apercevant le macabre spectacle. Ginny resserra son manteau autour de sa taille, chassant les souvenirs douloureux, puis s'approcha de l'homme appuyé contre le mur.
— Qui est-il ? Demanda-t-elle d'une voix tremblotante.
Ron ne répondit pas : il n'en savait rien. Ginny, assez proche, se pencha vers le présumé cadavre et avança deux doigts tremblants sur son cou. Lorsqu'elle toucha la chair meurtrie, une pulsation lente la surprit, un frisson traversa son dos, et elle recula précipitamment, la bouche grande ouverte.
— Il est vivant !
— Quoi ?
Son frère arriva, prit le bras de l'inconnu et chercha son pouls : effectivement, celui-ci était presque inexistant et très faible, mais la personne était bel et bien encore vivante !
— Envoie un hibou à Harry et dis-lui d'amener un Médicomage ! Transporter cet homme à Ste Mangouste pourrait lui faire perdre la vie, et nous avons besoin de ce qu'il sait pour retrouver Pansy.
Ginny acquiesça et s'empressa d'aller écrire à l'Auror. Quelques minutes plus tard, l'Elu arriva en compagnie d'un docteur. Les deux Weasley leur expliquèrent la situation, ils avaient déplacé le corps de l'inconnu à l'intérieur, sur le canapé, et son pouls semblaient s'être accéléré à leur plus grand soulagement.
Lorsque le Médicomage diagnostiquait l'étranger, Harry jeta un coup d'œil à la « scène de crime », là où Pansy avait mystérieusement disparu. Ron lui raconta ce qu'il avait entendu juste avant de se réveiller complètement, la culpabilité créant un poids dans son estomac. Il lui parla également de Ryan, le soi-disant loup-garou. Alors qu'Harry fronçait les sourcils, le Médicomage les appela tous les deux au chevet de celui que Ginny avait trouvé.
— Il va guérir vite, leur apprit-il, c'est un loup-garou, et malgré la force brutale qui a été utilisé contre lui, il devrait se remettre dans quelques minutes.
— Loup-garou ? Répéta l'Auror.
Il demanda au docteur s'il n'avait pas remarqué autre chose d'étrange, et celui-ci lui montra à la base de la nuque du loup, une pierre incrustée, bien plus petite que celle qu'il avait trouvé sur le corps de l'assassin des parents d'Hermione.
— Cet homme fait partit de l'organisation ! S'exclama Harry, stupéfait, en remettant en place ses lunettes rondes sur son nez.
Ron grogna, impatient.
— On s'en fiche ! Je veux juste qu'il nous dise où se trouve Pansy, le reste…
— Si, au contraire, c'est très important, trancha Harry. Cela veut dire qu'il y a un lien entre Pansy et ce groupuscule, une raison particulière qui fait qu'ils l'ont enlevé… Peut-être même ce Ryan est-il…
Alors même que le nom de « Ryan » quittait sa bouche, l'inconnu ouvrit brusquement les paupières, découvrant deux pupilles chocolat.
— Pansy, murmura-t-il avant d'écarquiller les yeux sous le choc des réminiscences qui parvenaient à son esprit. Merlin, j'ai échoué…
Il remarqua enfin les quatre personnes qui l'entouraient et se mit en position assise, scrutant le visage de ces inconnus.
— Ron Weasley (il montra du doigt ce dernier), Harry Potter (il fit de même), et Ginny Weasley… (Son regard s'attarda sur la jeune femme, un soupçon de tristesse traversant ses iris). Et vous, je ne sais pas qui vous êtes, grimaça-t-il en se tournant vers le Médicomage.
— Décline ton identité, ordonna Harry d'un ton abrupt.
— Luke, Luke Timberwolf. Ah, et pour information, je suis le cousin d'Hermione Granger. (Il regarda les autres tours à tours, un léger sourire innocent relevant les commissures de ses lèvres) Mais j'imagine qu'elle vous en avait parlé ?
Alors ce chapitre ? Vous a-t-il plu ? Vous donne-t-il envie de lire la suite ? :D
Et j'ai une question... qui m'importe beaucoup.
Que pensez-vous de Ryan Timberwolf ?
Toute réponse sera accueillie avec (une immense !) joie et gratitude xD
