Salut tout le monde ! Voilà le deuxième chapitre :)
Pour info, j'ai fini le découpage et en tout il y aura 12 chapitres ^^.
Ils voyagèrent ainsi pendant un temps que Levy ne put définir mais qui lui parut une éternité, jamais elle n'aurait imaginé que la forêt soit étendue à ce point. Jusqu'à ce que soudainement Happy s'arrête. Lorsqu'elle regarda devant elle, elle vit qu'elle était au pied d'une falaise dont on ne voyait pas le sommet, et qui était englouti par le brouillard.
-Plutôt glauque pensa-t-elle.
Elle descendit de cheval et tout en le tenant par la bride elle s'avança pour regarder de plus près en se demandant pourquoi Happy s'arrêtait pile poil ici. La jeune fille se pencha à terre et vit des traces de loups et de lutte, paniquée elle regarda autour d'elle afin de trouver un indice. La fille de l'inventeur remarqua soudainement le sac de son père juste sous la roche, elle courut afin de ramasser l'objet et c'est ainsi qu'elle remarqua un chemin dans la pierre qui semblait monter vers le haut de la falaise. Il était invisible de l'endroit où le grand cheval bleu s'était arrêté, ce qui expliquait qu'elle ne le voyait que maintenant.
-Si j'ai vu ce chemin, mon père l'a surement remarqué aussi !
Une pointe d'espoir lui étreignit le cœur et elle remonta sur son cheval en l'incitant à continuer.
-Allez Happy ! Je suis sûre qu'il est passé par ici.
Ils commencèrent donc à monter la falaise, en s'élevant dans le brouillard. Petit à petit, le brouillard se faisait moins dense et en levant sa tête bleue elle aperçut les contours d'une habitation sur le haut du chemin. Son assurance s'accentua, après tout son père avait dû l'apercevoir aussi et décider de s'y réfugier !
En arrivant en haut, elle comprit qu'elle s'était lourdement trompée et resta bouche bée devant ce qu'elle vit. Ce n'était pas juste une habitation. C'était un grand château avec un immense parc. Mais tout n'était que ruine, le bâtiment avait dû être magnifique il y a des années, mais laissé à l'abandon tel qu'il était, il donnait une impression de vide, de sinistre. Les ronces qui poussaient tout le long des grilles, les murs en pierre noire qui ne reflétait pas la lumière du jour à cause du brouillard toujours aussi épais et les gargouilles en pierre qui semblaient vouloir descendre de leur perchoir pour terroriser les arrivants, renforçaient l'aspect lugubre de la bâtisse.
Levy descendit de sa monture et se colla contre le torse de l'animal. Elle sentait bien que lui non plus n'était pas rassuré. Subitement elle remarque une trace de pas juste devant elle ! La jeune fille s'accroupit pour l'observer, elle n'était pas sûre mais cette trace pouvait très bien appartenir à son père qui se serait abrité à l'intérieur, avant de décider de repartir. Ce fut d'un pas ferme et plein d'espoir qu'elle se dirigea vers la lourde porte en bois. Elle laissa Happy dans le parc, il préférait les poissons mais peut-être pourrait-il réduire le nombre impressionnants de mauvaises herbes. Elle toqua doucement et attendit avec politesse, même si elle pensait bien que personne ne viendrait lui répondre. Effectivement on ne vint pas lui ouvrir en souriant et elle décida donc de forcer le destin en poussant la porte.
La fille de l'inventeur le regretta vite car si le parc n'était pas reluisant, l'intérieur ne valait guère mieux. Un ancien tapis qui était à présent déchiré et d'une couleur indéfinissable recouvrait le hall d'entrée, les rideaux pendaient lamentablement aux fenêtres qui étaient pour la plupart brisées, laissant passer des ronces à l'intérieur, des mauvaises herbes poussaient entre le dalles du carrelage grisâtre et les escaliers en marbre blanc étaient fissurés ou cassés en de nombreux endroits. Le tout recouvert d'une couche de poussière assez conséquente.
Levy commençait sérieusement à penser que personne ne pouvait vivre ici et voulut partir le plus vite possible mais elle ne pouvait pas faire demi-tour aussi vite. Elle opta pour un compromis et sans bouger elle demanda tout haut :
-Est-ce qu'il y a quelqu'un ? S'il vous plaît ? Je ne veux pas vous embêter longtemps ! Je cherche juste mon père, est ce qu'il y a quelqu'un ?
Le silence lui répondit et la jeune fille s'apprêta à rebrousser chemin, concluant qu'il n'y avait pas âme qui vive dans le coin, lorsque quelque chose attira son attention dans l'un des couloirs latéraux. Elle n'était pas rassurée du tout mais sa nature très curieuse l'empêcha de faire demi-tour et elle se dirigea dans le couloir. Elle arriva dans une pièce qui avait dû être un salon car un piano ainsi qu'une guitare trônaient au milieu de la pièce et des canapés étaient disposés contre les murs. Elle remarqua encore ce qui avait capté son regard. Cette pièce était bien mieux entretenue que le hall. La différence était peut être minime mais son père lui avait appris à toujours observer et elle était sûre de ce qu'elle voyait. La poussière était presque absente, aucunes fenêtres n'étaient cassées et les rideaux, même s'ils avaient besoin d'un lavage étaient suspendus droits. Elle s'approcha de la guitare et en passant un doigt dessus elle ne vit aucune trace de poussière, preuve flagrante qu'elle était entretenue ou utilisée.
La jeune fille regarda encore son doigt cherchant une logique à entretenir le salon et des instruments de musique en laissant le hall dans un aussi piteux état ? Elle se figea soudainement en entendant des voix. Elle crut rêver au début, puis elle put capter des brides de phrases.
-Putain sale con ! Je t'avais dit que le maître ne serait pas content ! Toujours obligé d'en faire des tonnes ! Regarde dans quel pétrin on s'est fourrés de ta faute ! Il y a qu'une allumette comme toi pour nous foutre dans la merde comme ça…
-Comment ça de ma faute ?! On n'allait pas le laisser crever quand même ! T'étais à fond d'accord avec moi quand il est arrivé ! Et putain de merde, rentres toi dans la tête que je suis un chandelier ! Un chandelier !
-Où tu vas chercher ça ! J'étais toujours contre ! C'est la même chose qu'une allumette ! Mais bon la chaleur a dû t'allumer le cerveau hinhin.
-Espèce d'enfoiré tu viens de dire quoi là ?
-J'ai voulu dire que t'étais idiot. Mais apparemment t'as toujours pas capté alors je vais te le répéter. T'es un idiot. I-DI-OT.
-Je vais te tuer !
-Ah ouais et tu crois que je vais te laisser faire ?! C'est moi qui vais te défoncer et au moins j'aurais la paix ! Personne n'a des idées aussi débiles que toi !
-Mais je t'emmerde ! J'aime pas laisser des gens dans le besoin ! Et je suis pas idiot !
-Bien sûr que si ! Trop de feu ça grille les neurones ! Ça fait longtemps que les tiens ont brulés !
Levy ne comprenait pas grand-chose à cette dispute (c'était quoi cette histoire d'allumette ?) mais elle avait clairement entendu que quelqu'un était venu avant elle ! Et elle était convaincue que c'était son père. Elle s'avança vers les voix mais en arrivant dans la pièce d'où elle les entendait elle remarqua qu'il n'y avait plus personne et elle n'entendait plus la dispute. La jeune fille tourna la tête en essayant de trouver les propriétaires des voix, sans succès. Elle cria « Hé ho » par principe, mais elle n'obtient aucune réponse. Dépitée, elle choisit un couloir au hasard et s'y avança, sans entendre les voix qui provenaient d'un coin sombre :
-Putain mais c'est qui elle ?
-Je savais qu'on était dans la merde mais pas à ce point…
-Elle est surement venu pour l'autre homme. Mais … Il va péter un câble nan ?
-Merci de préciser, j'suis au courant. J'ai pas le cerveau en surchauffe moi…
Elle n'entendit pas non plus la dispute qui reprenait et se finissait en bagarre…
Levy continua son aventure dans le château trouvant à nouveau des pièces relativement entretenues et d'autres aussi tristes que le hall. Elle ouvrait toutes les portes sans spécialement faire attention, ayant bien vite vu que personne ne répondait à ses cris et se pensant seule. Elle commençait à penser qu'elle avait rêvé les voix, ce qui était probable vu la discussion incompréhensible qu'elle avait entendu. Elle n'avait toujours croisé personne et trouvait que ce château était bizarre, mais sa première impression de peur l'avait quitté lors de ses déambulations, comme si elle s'était habituée au lieu.
Elle finit par arriver devant un escalier qui descendait, elle haussa les épaules et décida de s'y engager. Au point où elle en était, elle pouvait bien descendre jusqu'à la cave… Au bout de l'escalier elle vit qu'elle s'était trompée, ce n'était pas une cave mais des cachots. Levy continua tout doucement à descendre les marches mais cette fois elle ne se sentait plus en sécurité... La sensation de panique était revenue et s'insinuait en elle. Elle en était au point de faire demi-tour quand soudain elle entendit une voix reconnaissable entre toutes.
-Qui est ce ? S'il vous plaît laissez-moi partir… Ma fille m'attend à la maison…
-Papa ! Oh mon dieu ! cria-t-elle tout en courant vers la cellule d'où provenait la voix.
Elle le regarda à travers les barreaux et vit qu'il était tout pâle et tremblant
-Mais Papa tu es malade ! Attends je vais te sortir de là !
La jeune femme regarda autour d'elle pour essayer de trouver des clés ou un objet assez lourd pour faire levier. Son père lui attrapa le bras ce qui ramena le regard de sa fille sur lui.
-Levy ! Il faut que tu t'en ailles ! Tout de suite ! Ne t'inquiètes pas pour moi, je vais réussir à sortir ! Allez va t-en !
Elle resta interdite devant la requête de son père.
-Mais enfin, je ne peux pas te laisser là ! Tu es malade, si on ne fait rien tu risques de mourir !
-Levy vas t-en ! A ton avis, comment je me suis retrouvé dans ce cachot ?! Il faut que tu t'en ailles !
Il se trouve que malgré son intelligence, elle n'avait même pas réfléchi à la question. En effet, qui avait enfermé son père ? Et pourquoi ? Son sang se glaça quand elle comprit que quelqu'un dans ce château leur voulait du mal… La peur reprit le dessus et elle était prête à faire demi-tour pour s'enfuir avec Happy jusque chez elle et se blottir sous sa couette à l'abri du danger. Ses yeux se posèrent alors sur son père et la force de la réalité la frappa. Elle était terrorisée. Certes. Mais elle n'allait pas le laisser là, promis à une mort certaine, non elle ne le pouvait simplement pas. Ce n'était pas dans son caractère.
-Je ne partirais pas sans toi ! Je ne peux pas t'abandonner pour que tu meures comme un animal dans un cachot ! Je vais te sortir de là !
Il était fier de sa fille en cet instant et voir ses yeux déterminés lui remplissait le cœur de joie, mais elle n'était pas au courant pour le maître des lieux. Il devait lui dire.
-Levy, je…
Il ne finit pas sa phrase car derrière le dos de la demoiselle il vit soudain une ombre noire bouger. Il devient tout blanc et ouvrit la bouche afin de la prévenir mais aucun son ne put sortir de ses lèvres. Sa fille le vit se paralyser et fixer un point juste derrière elle. Elle allait se retourner quand une main puissante lui agrippa la capuche et la souleva de terre. Surprise, elle ne put retenir un cri de terreur. Son père intervint alors :
-Non ! S'il vous plaît, laissez la partir ! Je ferais ce que vous voudrez !
-Je m'en fiche. Vous êtes rentrés dans mon château comme des voleurs, vous allez en payer les conséquences.
Levy n'avait jamais entendu une voix pareille, elle était grave et caverneuse et elle aurait juré entendre un grognement sourd à la fin de la phrase, comme celui d'un animal. Mais l'individu l'empoignait toujours à quelques centimètres du sol, l'empêchant de voir à qui elle avait affaire. Or il fallait qu'elle aide son père. Il était la priorité vu son était de faiblesse, il ne tiendrait pas plus longtemps.
-S'il vous plaît, je suis désolée… Vraiment… Mais s'il vous plaît laissez partir mon père, il est malade et s'il reste ici il va mourir.
L'être derrière elle ne répondit pas tout de suite, mais elle sentait son souffle sur sa nuque. Elle tenta de se retourner pour le regarder dans les yeux mais en la sentant gigoter il resserra sa prise et la force qu'il avait la surprit.
-Je m'en fiche. Vous êtes venus de votre plein gré, c'est votre problème.
Il avait dit ça d'un ton neutre malgré sa voix rocailleuse, et la jeune fille sentit monter ses larmes et elle le supplia d'une voix sanglotante :
-S'il vous plaît, je vous en supplie… Laissez au moins mon père partir, il est fatigué et malade ! Il ne peut pas rester ici… Il va mourir s'il vous plaît… Je veux bien rester avec vous mais lui, laissez-le partir ! Je vous en prie… Au moins lui s'il vous plaît…
Il y eu un silence, puis il prit sa décision.
-Ok.
Ce fut tout ce qu'il dit. Il lâcha la fille du prisonnier qui tomba à terre comme une poupée de chiffon, attrapa la grille qui retenait l'inventeur pour l'ouvrir et empoignât celui-ci sans ménagement pour se diriger vers l'escalier. Makarof resta sans voix, il n'aurait jamais cru possible que sa fille se sacrifie pour lui. Il était vieux et malade, elle aurait dû le laisser mourir ici et s'en allait vivre sa vie sans lui. Le vieil homme était abasourdi ce qui le fit réagir avec plus de retard que prévu.
-Levy non ! Vas t-en tout de suite !
-Trop tard le vieux. J'ai décidé qu'elle restait ici.
-Levy… murmura l'inventeur en jetant un dernier regard à sa fille avant de passer le seuil de la porte.
Celle-ci fixait les yeux larmoyants l'endroit d'où venait de disparaître l'inventeur, elle n'avait même pas fait attention à celui qui lui avait pris son père. Elle se retrouva alors seule sur les pierres froides de la prison et elle ne put retenir ses sanglots plus longtemps. La jeune fille aurait au moins aimé pouvoir lui dire au revoir. Elle eut une crise de larmes et continua à sangloter jusqu'au retour de son geôlier. Il s'arrêta dans l'ombre en la voyant ainsi, de cette façon elle ne l'apercevait pas.
-C'est bon. J'ai renvoyé ton père chez lui avec le canasson bleu.
Il s'attendait à une réaction mais elle sanglotait toujours autant la tête entre les mains sans le regarder.
-Héééé ! Jt'ai parlé la crevette !
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase, Levy se releva et les yeux encore remplis de larmes elle hurla :
-Ne m'appelez pas comme ça ! Je vous ne connais pas !
Elle aurait voulu dire quelque chose de plus long et de plus remarquable mais son chagrin mêlé à la colère ne lui permit pas de riposter plus, elle s'effondra en pleurs une nouvelle fois.
-J'fais comme je veux. Et puis c'est vrai que t'es toute petite. J'ai fait ce que tu voulais non ? Tu devrais être contente, j'aurais pu vous tuer tous les deux.
Entendre ces mots ne fit qu'accentuer sa colère. Comment pouvez-t-il dire ça d'une voix si calme, d'un ton si neutre ? Elle releva la tête pour le regarder droit dans les yeux mais il se tenait dans l'ombre et elle put juste voir qu'il était grand, très grand comparé à elle.
- Je voulais lui dire au revoir ! Vous êtes un monstre ! Vous ne…
Elle ne put continuer sa phrase car il l'interrompit en grognant.
-Bien sûr ! Qu'est-ce que tu croyais ?! Que quelqu'un de normal pouvait vivre dans un endroit pareil ?!
Il s'avança dans la lumière et Levy eut un mouvement de sursaut qui lui fit ouvrir la bouche et reculer contre le mur froid.
C'était réellement un monstre. On aurait dit un dragon qui se tenait sur ses pattes arrières, elle voyait ses griffes acérées qui brillaient dans la lumière. Il avait des écailles couleur d'ébène, qui semblaient faite d'acier et qui renforçait son apparence noire et sombre. En la voyant effrayée, ses yeux rouges à glacer le sang pétillèrent et il eut un sourire qui dévoila ses crocs pointus et luisants. Sa queue noire vint fouetter ses flancs renforçant son aspect animal malgré la cape noire qui trônait sur ses épaules.
Cependant il gardait un côté humain par la façon dont il se tenait avec un sourire en coin qui était inimitable pour une bête et son visage gardait un petit quelque chose qui montrait qu'il n'était pas totalement un fauve. Il eut un petit rire en regardant la jeune fille et fit demi-tour en balançant sa queue.
-Bouges pas, j'vais demander aux deux incapables de te filer une chambre.
Il l'abandonna là, les yeux remplis de larmes et traumatisée par la vision de la Bête.
J'espère que ça vous a plu ? Et je vous dit à la semaine prochaine !
