Salut tout le monde :) !

WolfBlut : Merci beaucoup ! ça me fait très plaisir que tu apprécies ma fic ^^, j'espère que ça va continuer ainsi !

Et merci à tous ceux qui me lisent et me suivent régulièrement !


Levy reprit ses activités de professeur avec son « élève ». La relation entre les deux devenait de plus en plus ténue avec les jours et au bout d'une semaine, la Bête pouvait pratiquement lire un texte entier sans son aide. Elle était fière de ses progrès et elle savait qu'au fond de lui, même s'il ne l'exprimait pas, lui aussi était heureux.

Et un jour, un matin de février, en se levant elle vit par la fenêtre qu'il neigeait. Elle resta à observer le ballet des flocons qui tourbillonnaient lentement et décida finalement de sortir pour voir de plus près le manteau blanc qui recouvrait le château. Équipée d'un gros manteau et de bottes, elle poussa la porte d'entrée et s'émerveilla devant les jardins blancs. Sa passion pour la lecture avait préservé son âme d'enfant et un rien la faisait sourire. Elle courut dans la neige et finit par s'allonger dedans en regardant le ciel.

-Qu'est-ce que tu fous allongée par terre comme ça ?

Malgré la phrase qui au premier abord ne paraissait pas aimable, elle savait que Gajeel ne voulait pas la blesser. Poser des questions avec finesse et élégance ça n'était pas son truc. Elle s'y était habituée.

-Je regarde la neige tomber.

-Ça sert à rien.

-Non. Mais c'est joli.

Elle le vit lever la tête, comme s'il vérifiait ses dires et elle sourit. Il regarda le ciel sans faire de commentaires, mais elle était persuadée qu'il appréciait.

Soudain une énorme boule de neige s'éclata contre l'arbre à côté d'eux. Ils tournèrent la tête vers le point d'impact, surpris, jusqu'à ce qu'ils entendent des voix, désormais familières.

-Raté ! T'as entendu l'allumette ?! Raté ! T'es qu'un boulet qui ne sait pas viser !

-Répètes ça ! Je vais t'en faire une si grosse qu'elle va t'exploser les boulons !

-Comme si t'en étais capable ! Le froid ça peut pas te réussir idiot !

La villageoise sourit et la Bête soupira. Levy pensait qu'il avait dû essayer un jour de les empêcher de se battre mais qu'il avait abandonné. Elle vit de loin Lucy qui venait vers elle et lui fit signe. Les habitants du château s'amusèrent ainsi dans la neige toute la matinée.

Levy était fatiguée, elle avait dû courir après Roméo, éviter les boules de neiges de Grey et Natsu, éviter celles de Juvia lorsqu'elle s'approchait trop près de Grey, éviter celles de Gajeel qui semblaient faite en acier tant elles étaient dures, éviter celles d'Erza qui étaient aussi rapides qu'un boulet de canon (et presque aussi dangereuses) et faire un bonhomme de neige avec Mira.

Elle rentra dans le château et bougea le canapé pour aller s'asseoir devant la fenêtre. Elle ramena ses genoux sur sa poitrine en les entourant de ses bras et resta ainsi, à observer le paysage blanc et son bonhomme de neige. Et sans qu'elle puisse s'en empêcher, les larmes coulèrent de ses yeux. Mirajane qui arrivait à cet instant pour voir si elle avait faim, repartie aussi vite et alla prévenir le maître.

La jeune fille ne l'entendit pas arriver et sursauta en l'entendant derrière elle. Elle ne dit rien, se contentant de le regarder s'asseoir à côté d'elle. Elle fut cependant surprise lorsqu'il attrapa la guitare posée à l'endroit où elle l'avait vu le premier jour. Son étonnement s'accentua quand il commença à gratter les cordes, produisant une musique agréable aux oreilles.

Au bout de quelques instants, il reposa l'instrument sur ses genoux et se tourna vers elle :

-Alors ?

-Pas trop mal. Il manque des paroles.

Il fit la grimace.

-Je crois que je ne chante pas très bien.

-Qui t'as dit ça ?

-Natsu.

-Je ne le prendrais pas au mot. Rigola-t-elle doucement.

-Je l'ai pas écouté non plus. Mais après Juvia m'a dit la même chose. Et Mirajane m'a supplié d'arrêter.

-Ah…

-C'est pour ça que je ne chante pas.

-Tu joues assez bien de la guitare. Ça compense.

-C'est déjà pas mal.

Il marqua une pause avant de reprendre :

-Je croyais que t'aimais bien la neige.

Elle se retourna vivement et porta une main à ses yeux pour essuyer les larmes. Il se rapprocha plus et ne sachant que faire pour la réconforter, tapota sa tête d'une main. Levy leva des yeux mouillés vers lui et sourit en réaction à son geste. Le monstre n'était pas très démonstratif et c'était une preuve qu'il s'inquiétait pour elle.

-J'aime beaucoup. Je m'amusais toujours lorsqu'il neigeait.

Le Bête ne répondit pas, la laissant poursuivre.

-Avec mon frère et mes sœurs on faisait aussi des batailles de boule de neige. Mon frère me laissait tenir avec lui parce que j'étais la plus petite. Quand ma mère était encore en vie, on faisait des bonhommes de neige aussi, elle achetait des carottes juste pour qu'on fasse le nez. Une année mon père avait inventé une machine qui fabriquait elle-même les boules de neige, juste pour qu'on s'amuse plus.

La Bête avait écouté, et comprenait où était le problème, ces souvenirs étaient rattachés à sa famille. Et ils lui manquaient. Levy sanglota encore une fois et laissa échapper la phrase qu'elle s'était jurée de ne pas prononcer devant le maître des lieux :

-Je ne sais pas comment il va. C'est pratiquement la seule famille qu'il me reste et il est tout seul…

Il ne répondit pas, ne sachant trop quoi répondre étant donné les évènements. Il était à l'origine de tout ça. Il décida de s'asseoir à côté d'elle, essayant de trouver quelque chose à dire sans y parvenir.

Le silence régna dans la pièce uniquement entrecoupé des quelques sanglots de la jeune fille. Puis il prit la parole, changeant totalement de sujet :

-Tu veux toujours savoir pourquoi plus personne n'a l'aspect d'un humain ici ?

Elle l'observa avec des yeux étonnés. Pourquoi reparlait-il de cela, alors qu'il lui avait bien fait comprendre auparavant que cela ne l'a regardait pas ? Elle avait tenu sa langue en voyant sa réticence à lui raconter.

-Oui. Si ça ne te déranges pas…

-On m'a lancé une malédiction. Et mes serviteurs en ont pâti aussi.

En le regardant elle vit une lueur de tristesse dans ses yeux, ou peut-être était-ce du regret ? Elle ne sut pas le dire.

-Tu as vu le tableau représentant mon père ?

Elle acquiesça, n'osant pas parler, de peur de le couper dans son élan.

-J'avais une dizaine d'année lorsqu'il a disparu. Il m'a laissé seul avec le château.

-Disparu ? Comment ça ? Où est-il maintenant ?

L'idée d'un père abandonnant ses enfants lui paraissait très lointaine, son père à elle lui avait donné beaucoup d'amour et jamais elle n'aurait pu l'imaginer les laisser derrière lui.

-Je ne sais toujours pas. Le seigneur Métallicana n'a plus jamais donné signe de vie à personne. C'était il y a environ 400ans.

-C'est horrible… Attends, 400 ans ?

Elle ouvrit de grands yeux choqués et il eut un faible sourire.

-C'est la magie du sort. Je ne vieillis pas. Ni moi, ni les autres.

Levy cligna des yeux pour assimiler l'information. Elle aurait voulu lui demander plus sur ce sort mais se retient en voyant son visage.

-Je… Enfin, j'ai très mal pris qu'il me laisse en plan comme ça. Alors j'ai commencé à trainer avec des gens peu recommandables.

Il marqua une pause, il n'avait pas l'air de savoir comment continuer.

-Et j'ai fait des choses peu recommandables aussi, dont je ne suis plus très fier maintenant.

-C'est parce que ton père est parti, tu as voulu trouver quelque chose qui pouvait le remplacer.

-Peut-être au début. Mais c'est moi qui ai choisi de faire ce que j'ai fait. J'aurais pu arrêter. Mais ça m'amusait de blesser les gens… ça me passait le temps. Et faire souffrir les autres me permettait d'oublier que moi aussi je souffrais. A l'époque, aucun de mes serviteurs n'avaient l'audace de me répondre. Et ils me craignaient comme la peste. J'étais déjà un monstre. Différemment mais un monstre quand même.

Levy était horrifiée par ce qu'elle entendait. Celui qui comptait désormais parmi les personnes qu'elle appréciait avait été une créature dénué de pitié. Il avait répandu le désespoir chez les gens qui l'entouraient.

-Et un jour, une vieille femme est venue taper à la porte du château. Elle s'est présentée comme une sorte de chaman, elle a dit être capable de retrouver mon père. Alors mes serviteurs l'ont laissé entrer.

Il laissa une pause, se remémorant surement cette soirée. Il avait l'air soulagé, comme si le fait de raconter son histoire lui ôter un poids des épaules. La villageoise retenait son souffle, sentant la chute arriver.

-En fait, il se trouve que j'avais blessé un de ses fils durant une bagarre et que leur village avait été détruit par ma faute. Il allait rester handicapé toute sa vie. Elle venait se venger.

Il racontait son histoire sur un ton neutre, comme si les événements ne l'avaient pas plus marqué que ça.

-C'était vraiment une chaman, alors pour me punir de ce que je lui avait fait, elle m'a transformé en monstre. Moi et tous ceux qui me servaient. Et elle a lancé une malédiction sur le château, le transformant en vieille ruine déserte.

La jeune fille resta la bouche ouverte devant son histoire. Elle ne savait que dire pour le réconforter, elle n'osait pas poser sa main sur son bras comme il l'avait fait pour elle auparavant. Elle avait peur qu'il le prenne mal, mais elle était touchée qu'il lui raconte enfin son histoire même si ce qu'il avait fait était atroce. Elle avança timidement la main mais il recula.

-Je mérite ce qui est arrivé. C'est de ma faute et je ne mérite aucune pitié.

-C'est arrivé il y a longtemps… Tu as été pardonné depuis… Tu as assez été puni. N'y a-t'il pas de moyen de lever la malédiction ? Dans tous les livres il y a un moyen !

-Non. J'ai blessé et tué de nombreuses personnes. Jamais je ne serais pardonné.

Levy voyait bien qu'il regrettait cette époque.

-Mais maintenant tu as changé ! Tu as réussi à te faire des amis ! Tu n'es plus le même !

-Tu crois ça ? Tu as la mémoire courte. Tu ne rappelles déjà plus l'état de terreur dans lequel je te mettais ?

En prononçant ses paroles, il s'était levé et il se tenait maintenant debout face à elle, la regardant d'un air sombre.

-Crois-moi, tu devrais avoir peur de moi.

-J'avais peur de toi. Je me souviens très bien, je t'ai maudit et traité de monstre plusieurs fois. Mais après j'ai appris à te connaître. Et je sais qu'au fond de toi tu es quelqu'un de bien.

-Est-ce que quelqu'un de bien aurais fait ce que je t'ai fait ? Renvoyer ton père, te garder ici…

-ça n'a rien à voir. Je me suis sacrifiée pour mon père.

-Tu n'aurais pas eu à le faire si j'avais été quelqu'un de bien.

Elle voulait lui prouver qu'il avait tort, mais malgré tout elle savait qu'il avait raison. Ce qu'il avait fait était à peine humain. Elle baissa les yeux vers le sol, ne sachant pas quoi répondre et se sentant triste pour lui.

-Je me rends bien compte que tu devrais me détester et pour une quelconque raison tu ne le fais pas. J'aimerais te rendre la pareille pour tout ce que tu m'as donné…

Levy releva la tête, curieuse de ce qu'il voulait lui dire, il semblait hésitant, ne sachant pas comment annoncer ce qu'il avait en tête.

-Repars chez toi. Vas voir ton père et vas t'occuper de lui. Tu seras mieux auprès des gens que tu aimes.

La jeune fille n'en crut pas ses oreilles. Il la laissait partir ainsi ? Elle ressentit une grande joie, elle allait pouvoir voir son père et en même temps une certaine tristesse. Elle allait quitter le château et ses habitants. Cependant elle avait hâte de rentrer chez elle, elle s'inquiétait de l'état de santé de son père. Elle ne savait comment remercier son geôlier, alors elle arbora un immense sourire.

-Merci !

Soudainement, elle s'approcha et passa ses bras derrière son dos pour l'enlacer.

-Merci. J'espérais tant le revoir.

Il ne sut comment réagir à ce câlin inopiné et se contenta de poser les mains sur les petites épaules de la villageoise.

Levy repartait dans la direction de son village après avoir dit au revoir à tous ceux qu'elle avait rencontrés dans le château. La Bête lui avait prêté son cheval, un grand animal noir qui forçait l'admiration. Il était très grand et semblait capable de galoper pendant des heures sans s'arrêter. Elle trouvait qu'il suivait bien avec son maître, la même sensation de puissance se dégageait d'eux. Étrangement, ce cheval s'appelait Panther Lily, il avait une petite cicatrice sur l'œil gauche en forma de lune que Levy trouvait adorable. Elle monta dessus, ajusta la bandoulière de son sac, fit signe aux serviteurs qui la regardait partir, leva les yeux vers la tour du maître, essayant de l'apercevoir mais sans résultat. Elle fit donc tourner le cheval et repartit dans son village non sans une pointe de tristesse. Elle ne put s'empêcher de penser que ses leçons quotidiennes avec la Bête allaient lui manquer.


Mirajane dut se faire violence pour monter dans la tour est. Elle aimait l'ordre et détestait la façon qu'avait son maître de réduire les meubles en morceaux quand il s'énervait. Donc elle ne montait jamais nettoyer cette tour, elle le laissait se débrouiller tout seul sans s'attendre à un quelconque résultat. Elle le vit dans sa chambre, regardant par la fenêtre.

-Vous n'auriez pas dû la laisser partir.

-Et j'aurais fait quoi ? Je l'aurais gardé ici pour toujours ? Je n'y connais pas grand-chose en relations mais ce n'est pas comme ça que l'on obtient l'attention de quelqu'un.

-Elle ne va surement pas revenir.

-J'espère. C'est mieux pour tout le monde.

Après un silence elle reprit :

-Vous lui avez dit ?

-Non.

-Pourquoi ? C'est la première depuis très longtemps qui aurait pu briser la malédiction.

-Je ne veux pas de sa pitié.

-Ne voulez-vous pas redevenir humain ?

-Je m'en fiche.

-Vous pourriez penser à vos serviteurs.

Il ne prit même pas la peine de répondre. La théière soupira, son maître était très buté.

-Elle va vous manquer ?

Là non plus elle n'eut pas de réponse mais elle décida d'interpréter ça comme un oui. Elle se sentait triste pour lui, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entretenu d'amitié et maintenant que Levy était partie, il allait redevenir le grognon insensible qu'il était. Mirajane le trouvait déprimant.

-Tant pis pour vous déclara-t-elle en partant.


A bout de plusieurs heures de trajet, Levy vit enfin le toit de sa maison. Elle pressa Lily d'arriver plus vite car elle était impatiente de revoir son père. Lorsqu'elle arriva, la première chose qu'elle vit fut Happy, encore hors de son pré. Elle éclata de rire et sauta du cheval noir pour se diriger vers le bleu. Celui-ci hennit en la reconnaissant et trottina vers elle. Elle lui caressa le front et l'animal mit son nez contre son manteau.

-Hé non, désolée mon grand, je ne t'ai pas ramené de poissons aujourd'hui !

Elle le repoussa gentiment et se dirigea vers la maison, pressée de voir son père. Elle poussa la porte d'entrée sans se préoccuper de frapper et ne reconnut pas l'homme qui se tenait dans la pièce.

-Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous faites chez moi ?

-Bonjour. Je m'appelle José. Je dois supposer que vous êtes Mademoiselle Levy, la fille de Makarof ?

-Euh oui…

-Savez-vous où se trouve votre père s'il vous plaît ? Je suis le directeur de la clinique de Phantom Lord.

-Phantom Lord ? L'hôpital psychiatrique ?!

-Exactement. On m'a demandé d'interner votre père. Savez-vous où il se trouve ?


Voilà pour cette semaine ! J'espère que ça vous plaît toujours ^^.

Et comme vous voyez on s'approche tout doucement de la fin, il reste trois chapitres :)

A la semaine prochaine !