EP3 : NEVER FALL AWAY

Jour 173

Le soleil se couchait dans la vallée. Après une dure journée de labeur, à marcher toute la journée, le repos était bien mérité. Derek saisit le carnet que lui avait donné Wayne et, muni d'un stylo, commença à écrire ses pensées les plus profondes. Le grand homme faisait la grimace, la lueur orangée l'aveuglant légèrement. Il ignorait que son frère l'observait, quelques mètres plus loin, ses yeux fatigués trahissant son épuisement. L'ancien marine se retourna vers sa femme. Rita échangea un regard avec son mari, puis, baissa les yeux, la vérité qu'elle avait apprise la terrifiant. Depuis le début de la journée, elle avait une forte envie de vomir. Elle ne reconnaissait plus là l'homme avec qui elle s'était mariée. Elle le dégouttait. Plus loin, à l'orée de la forêt, Billy s'était écartée du groupe pour pisser. Il défait sa braguette et, basculant sa tête en arrière, poussa un long soupir, soulagé. Puis, alors qu'il se rhabilla, il entendit des pleurs, sur la droite. Ils venaient de buissons pas plus hauts qu'une petite haie. Il y regarda de plus prêt et se rendit compte que quelqu'un y était caché. C'était Gabriel, se balançant d'avant en arrière, les mains serrées l'une contre l'autre. Il priait le seigneur, le remerciant de tout ce qu'il avait pu faire pour lui. Au camp, tandis que Rita attisait les flammes du feu de camp qu'elle avait elle-même préparé, une présence attira son attention. C'était Jackson, revenant avec leur dîner entre les mains, en l'occurrence un lapin. Même s'il ne constituait qu'un maigre butin, tout était bon à prendre. Ils devaient se nourrir, c'était tout ce qui comptait. La nuit était tombée maintenant depuis un moment. Chacun des membres du groupe mangeait sa part du petit animal en silence. Marcus, à travers les flammes, regardait sa femme avec de petits yeux. Rita savait qu'il la regardait. Elle ne supportait pas ça, gardant la tête basse. Jackson, qui avait remarqué la scène, lança un regard au noir. Billy se tourna également vers lui, haussant les épaules. Derek, qui ne supportait pas ce silence, partit se coucher. Mais quelque chose retint son attention. David, l'homme à qui Marcus avait coupé la jambe, commençait à se réveiller. L'ex marine se précipita à son chevet, de même que Rita. La jeune femme demanda à Derek de tenir sa tête afin qu'elle puisse lui donner à boire. Le vieil homme avala quelques gorgées, puis, se mit à tousser, manquant de se décrocher un poumon. Rita lui essuya la bouche, mais ce qu'elle découvrit la terrifia. Sur le torchon se trouvait une tache de couleur rouge. C'était du sang. Marcus arriva sur les lieux, attirés par ses cris étouffés. Derek, d'instinct, retira ses bandages et observa sa blessure. David, trop faible pour répondre, ferma les yeux, contenant sa douleur. Sa jambe était en train de pourrir, lentement. Derek se retourna vers Marcus. Son frère serra les dents, retroussant ses lèvres de colère.

DAYZ

Jour 174

Personne n'avait dormi de la nuit. Tous étaient sur les nerfs, en particulier Marcus. L'ancien marine tournait en rond depuis des heures, ne voyant d'autres solutions au problème. Rita annonça au groupe qu'ils n'ont pas ce qu'il faut pour le sauver. Marcus leur expliqua alors sèchement qu'ils devraient le laisser mourir, mettre fin à ses souffrances maintenant avant que l'infection ne le détruise complètement, que ça lui rendrait service. Derek désapprouva. Il lui dit qu'ils lui ont sauvé la vie, qu'ils ne peuvent pas le tuer, que se serait contraire à ce qu'ils ont fait pour lui. Il demanda à son frère de se mettre à la place du vieil homme. Marcus lui avoua qu'il leur demanderait sans hésitations de le faire, parce que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Rita désapprouva ses paroles. Elle lui dit également qu'il n'est pas le seul à décider de ce qu'ils sont censés faire ou non, qu'ils n'ont aucuns chefs, qu'ils sont libres de décider du sort de David. Marcus s'approcha de sa femme, lui demandant si elle avait la moindre idée de ce qui allait lui arriver, quand l'infection prendra le dessus. Il lui expliqua chaque étape du terrible cycle qui attendait le vieil homme, ce qui horrifia la belle latino. Plus loin, Billy et Jackson assistaient à la scène avec attention. Ce dernier poussa un soupir, déclarant d'un ton ironique qu'il s'agissait encore d'une scène de ménage. Il s'assit, sortit de son sac un sachet de pop corn et commença à en manger, les quelques morceaux de nourriture lui collant entre les dents. La tension entre les deux jeunes gens était sur le point d'imploser. Marcus déclara à sa femme qu'elle ne serait rien sans lui, que c'est grâce à ses nombreux sacrifices qu'elle est encore en vie, qu'elle n'a rien d'autre, hormis son cul à offrir, pour s'en sortir. A ces mots, Rita ne prit pas le temps de réfléchir. Elle gifla son mari, le regardant avec de grands yeux, manquant de tomber en larmes. Marcus releva la tête dans un sourire, s'écartant du groupe. Un craquement attira l'attention de Derek, sur le côté. Il observa Jackson et Billy, puis, posa ses yeux sur le sachet de pop corn qu'ils tenaient entre ses mains. Il demanda, haussant le ton, qui en avait prit. Les deux hommes se pointèrent mutuellement du doigt, ne voulant subir les foudres de l'ancien soldat. Ce dernier lâcha un juron, ne préférant rien dire. Il se tourna vers Gabriel, lui demandant où se trouvait l'hôpital le plus proche. Le chrétien, munit d'une carte, lui annonça qu'ils avaient environ 5 kilomètres de marche avant de tomber sur la ville la plus proche. Le grand homme réfléchit un moment, puis, se tournant vers son frère, annonça aux autres qu'il partirait avec lui et reviendrait le plus rapidement possible avec ce qu'il faut. Rita le coupa, lui disant qu'ils ne peuvent pas se séparer, plus maintenant. Derek lui expliqua qu'ils serraient beaucoup plus lent s'ils transportent David avec eux, mais Rita ne veut rien savoir. Derek secoua légèrement la tête, puis, déclara qu'ils partiraient dans deux minutes au plus tard et qu'ils devaient donc rassembler au plus vite leurs affaires. Billy, finissant sa bouchée, annonça à l'archer qu'enfin, ils allaient avoir un peu d'action. Le petit groupe mit les voiles, Marcus à sa tête.

Voilà maintenant 30 minutes qu'ils marchaient à travers champs, avançant avec difficultés. Les deux frères ouvraient la voie, surveillant les horizons, tandis que leurs compagnons de route transportaient dans une couverture le corps énorme du vieil homme. Derek, d'abord silencieux, finit par demander ce qui se passe avec Rita, alors qu'ils sont suffisamment loin pour que les autres ne puissent pas les entendre. Marcus, arme au poing, lui répondit qu'elle savait ce qu'il avait fait aux hommes du van, qu'il lui avait tout raconté, et qu'elle voulait faire une pause dans leur relation de couple. Il ajouta le fait qu'il ne supporte pas de la voir loin de lui, que ce qu'il a dit au camp, c'était sous l'effet de la colère, qu'il ne pense pas un mot de ce qu'il a dit, qu'il se dégouttait lui-même, qu'il ferait peut-être mieux de partir et de les laisser, qu'ils seraient mieux sans lui. Derek, d'abord hésitant, finit par lui avouer que ce qu'il a fait, c'était mal, même s'il voyait là l'intérêt du groupe. Il lui expliqua également qu'il doit regagner sa confiance, mais que pour ça, il doit la laisser tranquille un moment. L'ancien marine lui demanda de le croire parce qu'il a déjà vécu ça. Marcus lui répondit qu'il le savait. Au loin, les deux hommes aperçurent une ville gigantesque. Ils échangèrent un regard complice, puis, commencèrent à courir, de larges sourires aux lèvres. Leurs compagnons de route firent de même, la fatigue se lisant sur leurs visages. Jackson se demanda pourquoi est-ce qu'ils faisaient toujours le sale boulot. Le noir lui dit de la fermer et de continuer de courir. Les deux frères sentaient leurs souvenirs d'enfances rejaillirent dans leur course folle. Ils n'étaient plus de simples survivants, mais des gamins à qui la vie n'a fait aucun cadeaux et qui avaient besoin de se rappeler les moments de leurs vies qui les rendaient heureux. Rapidement, ils arrivèrent aux portes de la ville. Mais leurs sourires s'effacèrent promptement. Devant eux se tenait une horde de créature, rodant dans les rues. Leurs coéquipiers débarquèrent à leur tour, essoufflé, découvrant le terrible spectacle. Marcus serra les dents, la colère montant en lui. Son frère le remarqua, lui demandant ce qu'ils devaient faire. L'ex marine ne prit la peine de se retourner vers sa troupe, leur annonçant seulement qu'ils y allaient.

Jackson mit un pied dans la boue, manquant de s'enfoncer. Accroupis, la bande progressait lentement, préférant les petites ruelles étroites aux grands quartiers que leur offrait la ville. Ils ne voulaient être repérer sous aucun prétexte. La moindre erreur pouvait leur être fatale, et ils le savaient. Marcus zigzaguait entre les bâtiments, son frère derrière lui, prêt à le protéger si le besoin s'en faisait ressentir. Les deux hommes passèrent derrière une vieille maison, chevauchant au passage la vieille clôture qui délimitait les limites de l'ancienne propriété. Leurs coéquipiers firent de même, s'organisant pour faire passer David par-dessus. Marcus continua sur sa droite, rejoignant la grande route. Ils étaient maintenant en terrain découvert. L'ex marine regarda aux alentours. Quelques zombies boitaient nonchalamment, basculant leurs lourdes têtes de droite à gauche. Il plissa les yeux, un bâtiment attirant son attention à l'horizon. Derek se posta à ses côtés. Marcus lui demanda s'il voyait la même chose que lui. Les deux frères échangèrent un regard. Derek acquiesça d'un signe de tête. Marcus se retourna en direction de l'hôpital, portant fièrement un large sourire sur ses lèvres, porteur d'espoir.

Les yeux du zombie étaient vides, inopérant. La seule chose qu'il pouvait encore faire était grogner. Un bruit attira son attention, le forçant à faire demi-tour. Quelqu'un le sifflait. Il suivit son appel et, s'approchant de la ruelle, tomba dans le piège de Jackson. Le jeune homme, une flèche à la main, s'en servit pour tuer son adversaire. Il l'a lui planta dans le crâne, puis, fit s'écrouler le corps de la créature au sol, appelant ses amis à le rejoindre d'un signe de la main. Ceux-ci suivirent ses ordres au pas de course, traînant le blessé avec eux. Jackson longea une haie de bâtiments en tout genre, ses compères à ses trousses. Il passa devant un magasin de BD sans même s'arrêter, puis, se rendant compte de son erreur, revint sur ses pas. Il observa la vitrine brisée avec de grands yeux. Le reste du groupe le rejoignit, lui disant qu'ils n'avaient pas le temps pour ça. L'archer insista, mais le regard de ses compagnons de route prit le dessus. Il dû se résigner, abandonnant l'idée de lire le dernier numéro de sa BD favorite, X-men, intitulé la mort de Wolverine. Tandis qu'ils continuaient d'avancer, le petit groupe tomba enfin sur ce qu'ils cherchaient. Malheureusement pour eux, l'avant du bâtiment était bloquer par un nombre conséquent de morts-vivants, tapant contre les vitres en verre de l'hôpital en grondant. Il leur était impossible de passer. L'archer leur expliqua qu'il ne servait à rien de passer par-là, sauf si quelqu'un voulait y passer. Billy lui annonça que ce n'était pas nécessaire de le dire, qu'ils le savaient déjà. Jackson se retourna vers son ami noir, lui disant qu'il ne faisait que leur dire la vérité. Billy s'insurgea, lui révélant que ses commentaires étaient inutiles, sans intérêts et complètement grotesques. Le jeune homme, se sentant insulté, haussa la voix. Derek et Marcus échangèrent un regard. Ce dernier, fatigué d'intervenir, plaqua une de ses mains contre son front, poussant un soupir. Rita finit par calmer les tensions, demandant le silence. Les deux hommes s'exécutèrent, attendant les ordres. Gabriel fit remarquer à la jeune femme qu'elle savait imposer le silence. La jeune femme lui révéla qu'elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'ils se taisent. Derek, de ses grands yeux, analysa la structure même du bâtiment. Il n'en voyait seulement une partie, mais il était convaincu qu'il y trouverait une autre entrée. Il fit part de ses pensées aux autres. Marcus appuya son frère. Ce dernier demanda à l'archer s'il pouvait leur ouvrir la voie. Jackson leur répondit qu'il n'avait rien d'autre affaire, décochant une de ses flèches de son arc en arrière, touchant un zombie qui s'était rapprochait d'eux et qui menaçait de tuer uns des leurs. Billy aperçut la créature tomber, à seulement quelques mètres de lui. Il lança un regard au chrétien, lui demandant s'il l'avait vu arriver. Gabriel lui répondit que non. Le noir, reprenant une part de la couverture, révéla à ses compagnons que, même si ce type était un sacré connard, il n'en était pas moins mauvais tireur. Longeant la bâtisse opposée, le groupe avançait prudemment, gardant le silence. Ils gardèrent un œil sur les morts-vivants, dos tournés dans leur direction. Sans trop de difficultés, ils parvinrent à contourner le bâtiment, trouvant ainsi une sortie de secours. Jackson s'y précipita, gardant une main sur la poignée. Il attendit l'ordre de ses compagnons. Marcus braqua son fusil à pompe contre l'objet de métal, prêt à tirer. Derek fit de même avec son pistolet, adressant par la même un bref regard au jeune, lui faisant comprendre qu'il pouvait l'ouvrir. L'archer s'exécuta. Tandis qu'il ouvrit la porte, une montagne de corps pourri s'écroula aux pieds des membres du groupe, criant leur dégoût, jurant à haute voix. L'un d'eux tomba aux pieds de Rita, qui recula en hurlant. Marcus s'approcha de la jeune femme, lui demandant si elle allait bien, mais elle rejeta son aide, lui ordonnant de la laisser tranquille. Derek, observant les corps, se demandait ce qu'ils pouvaient bien faire là. L'archer lui dit qu'il n'en sait rien, mais que rentrer là dedans ne lui disait rien qu'y vaille. L'ex soldat lui demanda pourquoi. Jackson préféra le lui montrer. Armé de sa lampe qu'il braquait en tous coins, l'archer illuminait du flot lumineux les corps pourris d'une cinquantaine de zombies, empilés les uns contre les autres dans l'étroite pièce. Tout était clair maintenant. Quelqu'un les avait disposés de cette manière pour barricader la porte. Ils n'étaient pas seuls. La fine équipe progressait lentement, rampant sur les corps décomposés. Une odeur putride en dégageait, manquant d'en faire vomir plus d'un. Rita se couvrait la bouche et le nez. La puanteur lui était insupportable. Après un moment, les deux frères finirent par s'extirper en premier de la montagne de cadavres, non s'en mal. Marcus balaya sa lampe torche de gauche à droite. Des étincelles s'échappaient d'un réseau de canaux, accrochés au plafond. La zone était plongée dans l'obscurité. Ils échangèrent un regard, puis, s'enfoncèrent dans un couloir, sur leurs aguets. Suivant le corridor, les deux hommes débouchèrent sur un nouveau passage, menant directement à une dizaine de chambres, empestant le renfermé. Plus loin, une lumière attira leur attention. Celle du jour. Alors qu'ils s'y hâtèrent, ils découvrirent le hall du grand hôpital. A l'extérieur, ils pouvaient voir les morts-vivants frappés contre les portes, grondant de colère. Le reste du groupe débarqua à leurs côtés. Billy demanda aux deux hommes ce qu'ils allaient faire maintenant. Derek se retourna vers Rita, révélant au noir qu'il devrait plutôt lui demander conseil. La jeune femme, d'abord interloqué, finit par leur annoncer qu'ils auraient besoin de plus de bandage, de désinfectant, d'alcool, s'ils en trouvaient suffisamment, ainsi que d'antibiotiques afin que David puisse combattre l'infection. Deux équipes se forment alors. Rita, Marcus et Derek partirent au premier étage, tandis que Jackson, Billy et Gabriel fouillèrent le rez-de-chaussée. En bas, Jackson s'insurgea, révélant à ses compagnons qu'il ne supportait pas l'idée d'écouter les ordres d'une femme. Gabriel lui dit qu'il n'avait pas vraiment le choix et qu'il ferait mieux de continuer de chercher. Le chrétien se dirigea vers un ascenseur et en actionna les touches. Sans surprises, rien ne se passa. Il esquissa un sourire, puis, regardant les portes métalliques, poussa un juron. Billy, en ouvrant une vieille armoire poussiéreuse, écarquilla de grands yeux. Il y avait découvert un objet qu'il connaissait bien, mais dont l'existence le terrifiait. Ne sachant quoi faire, il resta planté là, sans savoir quoi dire. La voix de l'archer le ramena à la raison. Jackson lui demanda s'il se sentait bien. Le noir lui répondit que oui, cachant derrière lui l'objet de ses souffrances : Un sachet d'héroïne. En haut, les trois jeune gens avançaient prudemment, ne souhaitant risquer leurs vies dans un assaut suicidaire. Zigzaguant en tout sens et suivant ses partenaires, Rita finit par s'arrêter, faisant face à une porte. Elle y pénétra et découvrit, à l'intérieur du bloc opératoire, le cadavre d'une jeune femme à qui l'on avait fait une césarienne. Ventre ouvert, sa dépouille horrifia Rita. Marcus, quelque pas derrière, détourna le regard, tête basse. Il n'aimait pas voir sa femme dans un pareil état. Derek, quant à lui, se dirigea vers une armoire métallique, d'où il sortit quelques-uns des médicaments et autres produits dont ils avaient besoin. Avant de repartir, Marcus découvrit, sur une étagère, une bouteille de Whisky, à moitié vide. Il attendit que ses compagnons soient partis pour en prendre deux, puis trois gorgées, poussant un léger soupir, l'alcool lui raclant la gorge. Le petit groupe redescendit les escaliers en trombe, appelant leurs coéquipiers à les rejoindre. A leur arrivée, Jackson leur demanda ce qu'ils avaient trouvé. Chacun échangèrent à propos de ce qu'ils avaient découvert avant de faire machine arrière en direction de la sortie. Seulement, sur le chemin du retour, quelque chose d'autre attira leur attention. Alors qu'ils étaient prêts à gravir de nouveau la montagne de corps puants, Marcus sentit une sensation familière le parcourir. L'étrange pressentiment d'être observé. Il fit demi-tour, son fusil à pompe braqué en avant. Un homme se trouvait là, à quelques pas, levant ses mains en l'air, l'implorant de ne pas tirer. Il était habillé en tenue de médecin. L'ex marine lui demanda son nom, l'exigeant sur-le-champ. Entre deux bégaiements, le jeune homme lui révéla qu'il se prénommait Jenkins. Puis, un à un, deux, puis quatre autres personnes débarquèrent sur les lieux. Marcus leur ordonna de rester où ils étaient, bien que les siens lui demande de garder son calme. L'ancien soldat fit une grimace, ne sachant que penser de ce qu'il voyait. Un homme commença à avancer vers lui, lui disant qu'il n'avait pas à avoir peur d'eux, qu'il était un gentil, que son nom était Robert, qu'il était médecin avant tout ça et, en voyant le corps de David, entre deux couvertures, lui annonça qu'ils avaient le nécessaire ici pour le soigner correctement. Marcus garda le silence, commençant à reculer. Robert fit quelques pas dans sa direction mais m'ancien soldat lui cria de reculer, hors de lui. Il passa sa tête par-dessus son épaule et demanda à Jackson, premier à l'air libre, si la voie était libre. Le jeune homme lui assura que oui. Robert, quelque peu nerveux, dit à Marcus qu'il pouvait leur faire confiance, qu'ils ne veulent pas leur faire de mal. Mais rien ne pouvait le convaincre du contraire. Soudain, un cri attira l'attention du grand homme. « Marcheurs ! ». L'archer saisit son arc et commença à tirer. Mais ils étaient beaucoup trop nombreux. Attiré par la vacarme, les morts-vivants s'avançaient vers lui avec une voracité qui le dépassait. Alors le jeune homme fit demi-tour, rentrant dans la vieille bâtisse. Une créature lui prit la jambe, rapprochant de lui ses mâchoires pleines de dents. Il voulut s'en débarrasser à coups de pieds, mais la bête immonde refusait de céder. Derek, armé de sa hache, finit par intervenir, tranchant d'un coup net et précis la tête du zombie, roulant dans un coin. Un à un, les morts s'entassèrent devant leur unique sortie, les empêchant ainsi de s'échapper. Quand le carnage s'arrêta, les survivants ne voyaient plus la lumière du jour. Marcus regarda l'amas de cadavres, fronçant les sourcils de colère. Jackson se retourna vers la tête de son agresseur, la massacrant de violent coups de pieds dans le crâne. Le jeune homme jura à voix haute. Billy lui fit remarquer qu'il était mort maintenant. L'archer posa les yeux sur son ami, puis, vers la créature. Il lui cracha un filet de bave à la gueule, montrant son manque de considération vis à vis de l'homme qu'il était autrefois. Coincés à l'intérieur du bâtiment, le groupe ne pouvait rien faire. Robert, contre toute attente, déclara aux nouveaux venus qu'ils devraient maintenant cohabiter ensemble, sans quoi ils ne survivraient pas longtemps. Bien que réticent, Marcus finit par céder à l'idée, lui demandant ce qu'il voulait en échange des soins qu'ils prodigueraient pour David. Robert leur révéla que le troisième étage est infesté de morts-vivants et que, malgré tous leurs efforts, ils n'arrivaient pas à s'en débarrasser. Il lui expliqua que s'ils obtenaient leur appui, alors ils trouveront un autre moyen de sortir pour eux. L'ex marine réfléchit. Il se tourna vers son frère, puis, voyant dans son regard que c'était la chose à faire, accepta l'offre du chiurgien. Une jeune femme, Blair, infirmière de métier, vérifia les blessures du vieil homme sous ordre de Robert. Elle lui annonça qu'ils avaient besoin d'objets spécifiques pour enlever la chair pourrie de sa jambe sans pour autant risquer sa vie, et qu'ils avaient besoin de remettre le courant en route afin de le soigner en toute sécurité. Jenkins lui répondit qu'ils ne pouvaient prendre de tels risques pour sauver une personne, mais Robert le coupa dans son élan, lui ordonnant de se taire. Il informa Marcus que le générateur de secours se trouvait sur le toit, qu'il serait difficile d'y accéder, mais qu'il y avait bien un moyen d'y aller. Les deux frère échangèrent un regard complice, puis, se tournèrent vers Jackson.

Ses compagnons refermèrent les grilles derrière lui, l'enfermant à l'intérieur des conduits manant jusqu'au toit. L'archer, jurant à haute voix, ne pouvait rien faire d'autre que ramper pour échapper à David un sort atroce. Derek se tourna vers Marcus, se demandant s'ils avaient fait le bon choix en envoyant leur ami là dedans. Marcus leva les yeux dans sa direction, lui répondit nonchalamment que oui, puis, secoua la tête en tout sens, débarrassé d'un poids énorme. Robert, prêt à partir, demanda à son nouvel ami de prendre avec lui un homme de son choix, puis, se ravisa en voyant Rita dans un coin, lui révélant qu'il pouvait également prendre une femme s'il le souhaitait. Sans trop réfléchir, Marcus ordonna au chrétien de le suivre. Surpris, Gabriel s'approcha de lui, lui faisant comprendre qu'il devait y avoir une erreur. Marcus lui répondit qu'il avait fait ses preuves l'autre jour, qu'il n'y avait aucunes raisons pour qu'il le déçoive aujourd'hui. Avant qu'il ne parte, Derek prit à part son frère, lui demandant s'il était sûr de son choix, s'il ne voulait pas l'appui de quelqu'un d'autre. L'ancien militaire lui expliqua qu'il avait besoin de quelqu'un confiance ici, pour surveiller leurs amis ainsi que tous gestes suspects à l'égard des gens qu'ils venaient de rencontrer, et que cette personne ne pouvait être que lui. Derek lui souhaita bonne chance. Son frère lui répondit qu'il essaierait, lâchant au passage un sourire. Il gravit les marches du grand escalier en trombe, talonnant les médecins Robert et Jenkins.

Marcus enfonça la porte avec entrain, braquant son fusil à pompe en avant, cherchant le danger du regard. Il avançait lentement, balançant son arme de droite à gauche, scrutant les moindres recoins sombres du couloir dans lesquels pouvaient se cacher les terribles créatures qui le hantaient tant. Après quelques fouilles, il signala à ses compagnons de route que la zone était sécurisée. Robert et Jenkins, suivit de prêt par le chrétien, sortirent de l'ombre, rejoignant l'ancien marine. Ce dernier leur demanda de fouiller la pièce d'à côté, pensant qu'ils y trouveraient quelques médicaments. Les deux médecins acquiescèrent, intimidés devant l'énorme masse de muscles. Marcus posa son flingue sur une table et, à son tour, commença à vider le contenu d'une armoire, à la recherche de tout ce qui pourraient leur être utile. Il sentit la présence du chrétien, resté derrière lui, parfaitement immobile. Marcus lui demanda ce qu'il faisait encore là, ce qu'il voulait. Gabriel lui retourna la question, lui demandant d'un ton grave ce que lui voulait. Marcus, indécis, fronça les sourcils, lui exigeant quelques explications. Le jeune homme s'approcha de son ami, le questionnant sur ce qu'il comptait faire de ces hommes. Marcus fit mine de ne rien comprendre, lui demandant ce qu'il entendait par là, mais Gabriel le coupa dans son élan, lui faisant comprendre qu'il savait pour le van. Le visage de l'ex marine se ferma. Son regard, lui, explosa. Le chrétien lui reposa la question. Marcus s'approcha de lui, le forçant à reculer. Les deux hommes échangèrent un long et terrible regard. Gabriel ravala un juron, écarquillant de grands yeux. D'un ton sec, autoritaire, Marcus déclara qu'il ferait ce qui doit être fait, avant de quitter la pièce, quittant le jeune homme, trempé de sueur.

Jackson n'était plus très loin de la sortie. Il pouvait voir de la lumière, à quelques mètres de son visage. L'archer rampa jusqu'à la fin du conduit, enfonça la grille qui l'empêchait d'accéder au toit, le frappant à plusieurs reprises, puis, quitta sa prison de métal, poussant un léger soupir. Il chercha du regard le générateur de secours dont Robert lui avait parlé, mais ne parvint à la trouver. Soudain, alors qu'il pensait que tout était perdu, une sensation étrange le força à tourner la tête sur sa gauche. Au loin, il pouvait voir une espèce de conteur électrique. C'était ce pourquoi il était venu.

Marcus et son équipe accédèrent au dernier étage par un long escalier. En haut de ces derniers, un mort vivants les attendaient. L'ex marine l'attira et abattit férocement la crosse de son arme sur le crâne de l'horrible créature, qui cessa de grogner. Il fit signe à ses coéquipiers de le suivre. Robert passa devant, montrant la voie à suivre. Marcus marchait à ses côtés, son fusil pointé en avant. Ils tournèrent successivement à gauche, puis à droite, se dirigeant presque au hasard dans ces longs couloirs. L'atmosphère était lourde. C'était calme, beaucoup trop calme. Alors qu'ils arrivèrent devant un nouveau bloc, Robert s'y précipita, le marine à ses trousses. Jenkins tenta de les suivre, mais Gabriel l'en empêcha, lui disant qu'il était préférable pour eux de rester ici et de les laisser faire. Robert pénétra dans la pièce, fouillant les quelques armoires qu'il voyait. De l'une d'elle, il trouva un pistolet qu'il retourna sur Marcus. Les deux hommes se jaugèrent un long moment, leurs armes dirigées sur chacun d'eux. L'ex soldat lui demanda ce qu'il faisait. Le chiurgien lui répondit sèchement qu'il ne voulait pas faire ça, qu'il voulait juste le meilleur pour les siens. Marcus lui annonça qu'ils n'étaient pas forcés d'en arriver là, qu'ils avaient un arrangement. Robert nia les faits, lui disant que ce qu'ils avaient mis en place ne comptait pas pour lui. Marcus lui ordonna de baisser son flingue et de se calmer, baissa son fusil à pompe, mais le chiurgien ne voulait rien entendre. Un bruit attira l'attention des deux hommes, restés dans le couloir. Jenkins s'y dirigea, faisant confiance à ses sens. Gabriel lui demanda de rester avec lui, mais le jeune homme fit la sourde oreille. Il tourna à droite, suivant la piste. En s'approchant, il reconnut là un fil électrique qui pendait au sol, prêt d'une mare d'eau dont des gouttes tombaient encore de la tuyauterie. Gabriel arriva à son tour sur les lieux, regardant ce que faisait le médecin de loin. Jenkins marcha dans la flaque. Il se tourna vers le chrétien. Trop tard. Il y eut un bruit sourd, puis une lueur étincelante. Marcus et Robert levèrent les yeux au ciel. Les lumières étaient revenues. Jackson avait réussit. Ils n'eurent le temps de régler leurs différents, les cris de Gabriel retenant toute leur attention. Ils déboulèrent dans le corridor, suivant ses hurlements. Ils retrouvèrent les deux hommes, plus loin. Jenkins était à terre, raide mort. Le chrétien tentait de le réanimer. Robert lui demanda ce qu'il s'était passer. Gabriel lui raconta sa vision de l'histoire, mais le médecin ne voulait y croire. Marcus s'étrangla, commençant à perdre le contrôle. A peine eurent t-ils le temps de se dire quoi que se soit qu'une dizaine de morts vivants débarqua, se bousculant dans l'étroit couloir face à eux. Marcus ordonna aux hommes de fuir, mais Gabriel ne voulait laisser Jenkins ici. Marcus lui fait alors comprendre qu'il est mort, qu'ils ne peuvent plus rien faire pour lui, et qu'ils doivent partir s'ils ne veulent pas finir dans le bide de ces choses. A contre cœur, les trois hommes prirent la fuite, laissant leur nouvel ami se faire dévorer.

Assis sur une chaise, Derek regardait David avec attention, cloué à une table. Le vieil homme ne s'était toujours pas réveillé, ce qui l'inquiétait. Un médecin et une infirmière s'occupaient de lui, pensant ses blessures du mieux qu'ils purent avec le peu qu'ils avaient. Le retour de Marcus se faisait attendre. Soudain, une voix féminine réveilla le grand homme de sa torpeur. C'était Blair, la jeune infirmière, qui lui disait salut d'un signe de la main. Le marine la regarda un moment, puis, se tourna vers David, le regardant de loin. Blair poussa un soupir et vint s'asseoir aux côtés de Derek, regardant à son tour ses collègues s'activer. Elle lui fit remarquer qu'il n'avait pas l'air très causant. L'ancien soldat esquissa un bref sourire, mais ne put lui répondre. La jeune femme posa les yeux sur le bel homme, remarquant une tâche de sang sur son t-shirt. Intrigué, elle le lui signala. Mais Derek lui mentit, lui affirmant que ce n'était rien. Mais la détermination de la jeune infirmière eut raison de lui. Elle lui demanda de retirer son t-shirt afin qu'elle puisse l'examiner, ce que Derek, à contre cœur, se résout à faire. Il enleva avec quelques difficultés son vêtement, dévoilant ses magnifiques abdos. La jeune femme, partie chercher son matériel, fut d'abord gêné par ce qu'elle voyait, puis, se mit à sourire, lui confiant que ça faisait longtemps qu'elle avait vu de mecs aussi sexy. Le grand homme la remercia. Puis, Blair dirigea son regard vers son épaule. Elle s'y attarda, remarquant les points de suture qui y étaient déjà. Ils étaient en train de sautés. La jeune femme lui avoua qu'il fallait réparer ça. Derek lui demanda de s'occuper de David, qu'il en avait plus besoin que lui, mais l'infirmière s'entêta, lui disant qu'il était blessé, lui aussi, et qu'il avait autant besoin de soin que lui. Derek soupira, ne pouvant que se résigner. Alors qu'il la laissa s'occuper de lui, préparant les quelques fils dont il allait avoir besoin, Blair lui confia qu'il fallait « réparer ça, soldat ». Etonné, l'ancien marine lui demanda pourquoi elle l'avait appelé comme ça. Elle lui répondit que les hommes avec une telle carrure ne pouvaient être que des soldats, et que le tatouage de l'armée américaine sur son épaule droite l'avait quelque peu mis sur la piste. Les deux jeunes gens se mirent à rire, oubliant un temps l'horreur des évènements. L'aiguille perfora la peau épaisse du grand homme, qui poussa un cri étouffé. Blair lui demanda ce qui lui était arrivé, à l'épaule, tandis qu'elle commençait à la recoudre. Derek lui répondit qu'on lui avait tiré dessus, que c'était un accident, que l'homme qui lui avait infligé ça l'avait ensuite soigné et sauvé la vie, que sans lui il ne serait plus là aujourd'hui. Blair ajouta qu'il est aussi chanceux d'être tomber sur eux. Derek lui demanda depuis combien de temps ils vivent ici. La jeune femme lui répondit que, depuis que tout a commencé, ils n'étaient jamais partis, que les premiers jours, des centaines de blessés attendaient d'être secourus, mais qu'il n'y avait plus rien à faire pour eux, qu'ils étaient beaucoup trop nombreux pour le peu de personnel qui restait, qu'ils ont dû faire des choses horribles pour sauver ceux qui l'étaient encore. Derek, observant les quelques médecins et infirmières défilés sous ses yeux, lui demanda où étaient passés ces blessés. Blair hésita, puis, lui dit que les corps qu'il avait vu devant la porte étaient les cadavres de ces gens. Derek baissa les yeux, l'air désolé. Blair lui fit remarquer que ce n'était pas de sa faute, ni la leur, que les véritables coupables se trouvent là, dehors. La jeune femme cria victoire, finissant de recoudre l'épaule de Derek, satisfaite de son travail. Le grand homme lui demanda si c'était la première fois qu'elle faisait ça. Elle lui répondit que oui, qu'elle était encore en première année de médecine lorsque les morts-vivants sont apparus. Puis, à son tour, elle lui demanda ce qui lui était arrivé depuis que l'infestation a commencé. Derek baissa les yeux, ravalant un peu de salive. Il ne savait pas s'il pouvait lui en parler, mais la tentation n'était que trop forte. Alors qu'il s'apprêtait à tout lui raconter, un bruit sourd résonna à leurs oreilles. C'était celui d'une voiture dont l'anti-vol c'était activé. Les deux compères quittèrent la pièce, rejoignant le hall où les zombies s'affairaient encore contre les portes de l'hôpital. Une caisse sportive de couleur grise passa tout prêt d'eux. « Jackson » déclara le grand homme, secouant la tête dans un large sourire. Attirés par l'alarme, les morts délaissèrent l'hôpital pour la voiture. A son bord, Jackson criait, hurlait au volant d'une des voitures les plus chères qu'il ait eu l'occasion de conduire, tandis que les zombies le suivait de loin en boitant.

Marcus menait sa troupe avec efficacité, courant au hasard dans les couloirs, cherchant des yeux une sortie. Alors qu'il tourna à gauche, il remarqua un ascenseur, au fond du corridor. Il ordonna aux deux hommes d'y courir, ce qu'ils firent, tandis qu'il resta en arrière dans le but de les couvrir. Ils appuyèrent sur de nombreuses touches, en vain. Le système d'ouverture des portes était bloqué. Ils devaient les ouvrir manuellement. Alors ils s'y hâtèrent, puisant dans leurs dernières forces, serrant les dents. Marcus vit arriver les premiers morts-vivants qu'il abattit de son fusil à pompe, criant à ses compères de ne pas traîner.

Jackson stoppa la bagnole. Il y descendit, pénétrant dans le magasin de BD qu'il avait remarqué plus tôt. Il chercha des yeux l'objet de ses désirs, le dernier numéro des X-mens, dans lequel Wolverine est censé mourir. Une fois repéré, il commença à le lire, ne prêtant attention aux grognements d'un mort vivant, s'approchant lentement de lui. Il l'ignora, continuant sa lecture, tandis que le zombie marchait dans sa direction. Puis, alors que le zombie l'atteignit, il s'insurgea, passant derrière le comptoir où se tenait autrefois le commerçant qui tenait cet endroit. Le jeune homme commença à crier, affirmant que Wolverine ne pouvait mourir comme ça, puis, après avoir souffler un peu, exécuta le mort vivant, lui ordonnant de la fermer. Alors qu'il s'apprêtait à quitter les lieux, il fit demi-tour, s'attardant sur le cadavre du zombie qu'il venait d'abattre. C'était une jeune femme. Sa tête lui disait vaguement quelque chose. Il leva les yeux aux murs. Des photos d'elle s'y trouvaient, souriante, pleine de vie. Il se pencha sur elle, lui avouant qu'il était désolé et reprit la voiture dont l'alarme sonnait toujours, attirant des dizaines de morts vivants avec lui.

La nuit était tombée depuis un moment déjà. Jackson pénétra dans l'hôpital en trombe. Billy lui demanda s'il allait bien, s'il n'était pas blessé. L'archer lui répondit avec assurance qu'il se portait toujours mieux que lui. Derek, Rita, Blair et les autres médecins débarquèrent à leur tour, souhaitant savoir ce qui lui était arrivé. Jackson leur révéla qu'il avait laissé la voiture en dehors de la ville, qu'il avait éloigné une grande partie des morts-vivants loin d'ici et qu'ils n'avaient plus de soucis à se faire là dessus. A son tour, le jeune homme demanda si ses amis étaient revenus eux aussi. Mais personne ne lui répondit. Soudain, un bruit d'ascenseur attira leur attention. Derek sortit son pistolet de sa poche arrière, le braquant dans sa direction. Jackson le seconda, pointant son arc sur l'imposante structure. Alors qu'ils s'apprêtaient à faire feu, les visages de Marcus et Gabriel leurs apparurent. Derek tomba dans les bras de son frère, soulagé de le voir en vie. Il regarda successivement l'ex marine, puis le chrétien, la tête basse. Quelque chose était arrivé. Derek demanda où étaient Robert et Jenkins. Marcus ne prit la peine de prendre la parole, se contentant de secouer la tête négativement, l'air triste.

Jour 175

Le jour se lève. Marcus et les siens ont veillé toute la nuit, aux pieds du lit de David, attendant son réveil avec impatience. Tous se jaugèrent avec des yeux fatigués, une étrange impression les parcourant : celle qu'il ne s'en sortirait pas. Soudain, un puissant ronflement perça le silence. Derek, Rita et Blair se penchèrent en avant, fronçant leurs sourcils. Marcus, resté en arrière, se leva, commençant à s'approcher d'eux. David ouvrit les yeux avec difficultés. Il avait toujours du mal à respirer, mais il était parfaitement conscient. Le vieil homme esquissa un sourire. Ses compagnons de route lui rendirent la pareille. Puis, une ombre se profila derrière eux. C'était Marcus. David leva une main, attendant de lui qu'il la saisisse. L'ancien soldat, d'abord confus, se dirigea à son chevet, s'agenouillant à ses côtés. Il lui prit la main avec force. David le remercia d'un regard, pour lui avoir sauver la vie. Marcus baissa les yeux, puis se tourna vers les siens. Leurs figures baignaient de joie. Alors qu'il se tourna vers sa femme, le grand homme crut voir, sur le visage de sa belle, un sourire qui lui était destiné.

Alors que la bande rangeaient leurs affaires, Blair va voir Derek, un large sourire aux lèvres. Derek lui révéla que garder David ici était la meilleure solution pour lui, car avec une jambe en moins, il ne fera pas long feu dehors. La jeune femme confirma, mais lui annonça que ce n'était pas pour à qu'elle était là. Derek lâcha son sac, intrigué. La jeune femme lui demanda pourquoi ils ne restaient pas ici plus longtemps. Il lui répondit clairement que ce n'étaient pas dans leurs projets, qu'ils comptaient rejoindre la côte est pour trouver un bateau. La jeune infirmière insista, lui disant qu'ils pouvaient rester quelques jours, histoire de retrouver leurs forces. Mais l'ancien soldat déclina son offre, lui disant que c'était impossible. Blair baissa les yeux, l'air triste. Derek releva sa tête vers la sienne, lui annonçant qu'il aurait voulu rester, mais qu'il ne peut pas se le permettre, car ce n'est pas comme ça qu'ils fonctionnent. Leur groupe est basé sur le bien commun et non sur l'individualisme. Alors qu'il souhaitait lui proposer de venir, la jeune femme tourna les talons, gardant les yeux baissés. Derek soupira. Billy, passant à ses côtés, lui conseilla d'abandonner ces conneries que sont les femmes, car selon lui, la gente masculine se comporte et se débrouille mieux seul. Il se désigne alors comme exemple. Derek le regarda de la tête aux pieds, lui avouant que ça ne lui avait pas trop réussit. Le sourire sur les lèvres du noir s'effaça, tandis qu'il regarda à son tour son corps, criant au grand homme quel était son problème. Le groupe quitta les lieux, sous les regards des membres de l'hôpital. Derek passa sa tête par-dessus son épaule. Il aperçut Blair, derrière les épaisses vitres du bâtiment. Il l'a regarda un long moment avant de se concentrer sur la longue marche qui les attendaient. Alors qu'ils s'enfonçaient dans les champs et prairies, Derek se retourna pour voir la ville, au loin, un sentiment amer à la bouche. S'il tendait l'oreille, il pouvait entendre les bruits sourds de la voiture de Jackson, qui piaillait avec un rythme soutenu. Et puis, alors qu'il s'apprêtait à suivre ses compagnons, quelque chose attira son attention. Une forme maladroite, agitant les bras en tout sens et criant son nom. Le grand homme plissa les yeux, quelque peu aveuglé par la lumière du soleil. C'était Blair. La jeune femme courrait dans sa direction, haletante et déterminé. Derek esquissa un sourire à sa vue, content de la voir se joindre à eux.

La nuit était tombée. Les braises flambaient et les flammes dansaient. Le petit groupe s'était réuni autour du feu, riant aux éclats. Tous, sauf Marcus, montant la garde, son fusil à pompe posé à ses côtés. Jackson, qui avait du mal à reprendre son souffle, n'arrêtait pas de raconter des blagues machistes en présence des deux femmes. Celles-ci prirent ses propos au second degré, mais à une réflexion de l'archer et du noir, elles surent donner de la voix et se faire entendre, se battant contre les deux hommes, se jetant littéralement sur eux. L'ambiance était à la détente. Derek, lui aussi, se mit à rire. Seul Gabriel restait silencieux. Afin d'en savoir plus sur les raisons de son silence, l'ex marine commença par mettre à l'aise le jeune homme, lui disant qu'avoir un membre de plus parmi eux, et qui plus est une femme, ne pouvait être qu'un bien, et ce, parce que les femmes veulent tout contrôler, et c'est ce qui leur font parfois défaut. Malgré cela, le chrétien baissa les yeux. Il n'était pas dans son état normal. Quelque chose le tracassait. Derek posa une main sur son épaule, lui disant qu'il pouvait tout lui dire. Gabriel hésita, puis, prit à part le grand homme, lui annonçant qu'ils doivent parler de Marcus. Ce dernier, depuis son poste, serrait les poings avec force, contenant ses tremblements. Son regard était vide, hagard. Il était ailleurs. Rentrant sa tête dans ses impressionnantes épaules, un bruit l'interpella. Une petite voix résonnait dans sa tête. C'était la sienne, demandant à Gabriel et Robert de se dépêcher. Les deux hommes, tant bien que mal, parvinrent à ouvrir les portes du monte-charge, n'attendant plus que l'arrivée de leur ami. Marcus fonça vers l'ascenseur, puis, appuya sur un des boutons au hasard. Il regarda ensuite Robert, qui lui rendit la pareille et lui annonça d'un ton rocailleux qu'il était désolé. Le médecin ouvrit de grands yeux. Il n'eut le temps de comprendre ce qui c'était passé. Marcus l'avait poussé en arrière d'un coup de pied. Les portes de l'ascenseur se refermèrent derrière lui. Le pauvre homme frappa de toutes ses forces contre l'objet de métal, implorant qu'on le laisse rentrer. Mais aucun des deux hommes ne réagit. Gabriel, trop choqué pour dire quoi que se soit, recula en arrière, horrifié par ce qu'il entendait. Robert criait, hurlait de douleur tandis qu'il se faisait dévorer vivant. Ses souvenirs, Marcus les revivait comme des flashs. Il passa une main dans ses cheveux, puis son autre main, son crâne lui causant d'atroces souffrances. Il fit une grimace, puis, lorsqu'il releva la tête, croisa le regard de son frère, au loin, le chrétien à ses côtés. Les deux hommes se dévisagèrent l'un l'autre. Derek ne reconnaissait plus là son frère. Ses yeux étaient devenus noirs. Il pouvait s'y noyer. Sur son visage, il pouvait y entrevoir un sourire psychopathe.