Chapitre 2: L'on finit par se mordre la langue !
Angleterre fût réveillé par la sensation brûlante, désagréable et familière que laissait les rayons de soleil sur ses paupières closes.
God... ses yeux étaient comme cimentés maintenant.
A tâton, il chercha à s'appuyer sur sa table de chevet pour l'aider à se relever doucement, ne serait-ce que pour s'asseoir, calé contre la tête de lit qu'il savait à l'abri du soleil.
CRASH
"What the bloody hell...!?"
Le vase sur la table de chevet avait volé en éclats.
Il avait seulement voulu se redresser, pourquoi se sentait il si lourd et comme... trop grand dans son propre corps !?
Ses yeux s'ouvrirent soudain, pris d'un mauvais pressentiment en remarquant certains détails que son esprit encore engourdi par le sommeil n'avait pas payé attention:
Il sentait ses cheveux chatouiller sa nuque, et balloter doucement contre ses joues et ses oreilles;
Son odeur corporelle... il ne la reconnaissait pas. Ou plutôt si, mais il n'était pas sensé pouvoir la porter.
"Non..."
Même sa voix !
Dans un élan de panique, il porta ses mains à son visage... ses sourcils ! Ses sourcils épais n'étaient plus là ! Ils avaient été remplacés par des sourcils ordinaires.
Son visage et sa mâchoire étaient devenues plus carrées, son nez plus long, son front dégagé de mèches de cheveux !
"Bloody hell, non... !"
Complètement affolé désormais, il rejeta les couvertures et étouffa un cri d'horreur en regardant son corps: grand et maigre comme il devrait l'être certes, mais aussi subtilement musclé et bien moins subtilement garni !
Sa respiration était irrégulière maintenant, il se sentait au bord de la nausée et de l'évanouissement. Les jambes tremblantes, il accourut dans la salle de bain, manquant de trébucher sur ses pieds deux fois.
Et le miroir confirma ses craintes.
"NOOOOoooOOOOoOO !"
De l'autre côté du campement, des cris semblables firent écho à celui ci.
Ouais ben si il avait su, il aurait fermé sa grande bouche.
Assis à côté de son frère, tous deux devant Allemagne et Japon qui continuaient de les dévisager avec stupeur, Romano avait raconté (malgré les sanglots de Veneciano qui n'en finissait plus de lui casser les oreilles) tout ce qu'il savait sur cette histoire depuis leur réveil brutal de ce matin.
"... Donc ce que tu essaies de dire, Ita-, euh, Romano... c'est que quand tu t'es réveillé dans votre lit à tous les deux en voyant ton propre visage en face de toi... tu, euh, tu as hurlé et réveillé Ro-, Italie du même coup qui s'est mit à crier aussi."
"C'est bien c'que j'ai dis, connard. Ma parole, t'es bouché ou quoi..." Grommela Romano sans jamais regarder ses interlocuteurs dans les yeux.
Japon n'en revenait pas de ce qu'il voyait: Italie qui parle et qui se conduit exactement comme Romano ! Les yeux d'ambre grands ouverts, les sourcils obstinément froncés et la mine boudeuse... C'était... c'était...
"Totemo moe desu yo !" S'écria t-il en se levant d'un bond, les yeux pleins d'étoiles et tout son corps tremblant d'excitation.
Oh, les idées que cette situation lui donnaient... il ne le savait pas encore bien sûr mais ces idées seraient un jour largement répandues dans le monde de la bande-dessinée japonaise.
Un léger raclement de gorge remit Japon sur terre, qui, tout rouge, regagna vite un semblant de sang-froid et s'excusa très poliment de son comportement inaproprié avant de se rassoir et prier humblement ses amis de reprendre là où ils s'étaient arrêtés.
Chacun fût ravi que leurs maigres connaissances de la langue japonaise n'aient pas permi la compréhension de ce moment aussi étrange que gênant, et ils s'empressèrent de poursuivre.
"Ahem. Romano. Es tu vraiment, à 100% certain que... "ceci" est arrivé à cause de cet incident stellaire sur la personne d'Angleterre...?"
Allemagne n'arrivait pas y croire. C'était tout simplement impossible ! Il n'y avait aucune logique, absolument rien de scientifique dans cette histoire ! Aucun manuel digne de ce nom ne saurait expliquer un tel phénomène et cette idée le rendait plus fou à chaque seconde qui passe.
Impossible ! Impossible ! Les Italiens avaient du décider de le faire tourner en bourrique pour manquer leur entraînement, c'était la seule explication plausible !
Pourtant, pourtant... Romano était bien là, devant lui, dans le corps d'Italie. Et Italie dans le corps de Romano, pleurant à chaudes larmes. Rien n'indiquait qu'ils jouaient la comédie.
Une fois, Italie avait essayé de se faire passer pour son frère mais il l'avait reconnu immédiatement.
Et cette fois, c'était complètement différent.
"Évidemment, connard ! Comment tu crois qu'ça est pu arriver sinon !?" S'énerva Italie-Romano en regardant la troisième personne qu'il haïssait le plus au monde (les deux premiers étant Russie et France) droit dans les yeux cette fois.
Allemagne n'arrivait pas à croire qu'il voyait Italie agir comme ça, l'insulter aussi ouvertement... Il en éprouvait une sensation très désagréable, l'impression d'être rejeté. Jamais il n'aurait imaginé ça de l'italien, même si ça n'était pas vraiment lui en ce moment... il n'empêche que son cœur se serrait.
"Veeee ! Romano ! Ne dis pas de méchancetés à Allemaaagne !"
"Oh toi ta gueule, hein ! Déjà que tu nous les brises depuis toute à l'heure à chialer comme le con que tu es ! Et arrête de faire cette tronche avec mon visage, ça m'énerve !"
Les deux frères se mirent à se disputer (ou plutôt, Romano pinçait les joues de son frère tandis que ce dernier le suppliait d'arrêter) sous les yeux toujours ébahis de Kiku et Ludwig.
Tout cela était si surréaliste... Le monde était à l'envers. Bientôt, il pleuvrait sûrement des parapluies.
"Ano... Doitsu-san, avez vous une idée de la marche à suivre ?" Demanda gentiment Japon à son allié.
Allemagne sembla réfléchir un instant, les yeux rivés sur les Italies, puis se retourna vers Japon.
"Il faut que nous capturions Angleterre."
