Chapitre 3: Une réunion littéralement extraordinaire
"Messieurs, nous nous trouvons dans une situation d'urgence !"
A l'intérieur d'une grande tente en toile blanche, une réunion extraordinaire des Alliés avait été convoquée dans le plus grand secret, alors que le soleil se levait à peine sur le campement.
Et cette assemblée fût présidée par nul autre que... Russie ?
"Bonjour à tous et merci d'avoir si rapidement répondu à l'appel pour "-L'Assemblée Extraordinaire Top Secrète de l'Alliance-" que moi, America, préside aujourd'hui malgré ce nouveau physique de mastodonte pas très avantageux et même pas cool du tout."
Ici, America qui se cachait sous les traits de Russie, eut besoin de reprendre son souffle.
Ni la voix ni les poumons à qui appartenaient ce corps n'étaient habitués à parler aussi vite et aussi fort. Leur nouveau propriétaire n'apprécia pas ce changement radical.
"Wouah, America... J'ai compris tout ce que tu as dit, pour une fois, aru." Fit Chine qui n'en revenait toujours pas de ce qu'il voyait. "Comment est ce arrivé ?"
Puis il jeta un coup d'œil sur le vrai Russie, maintenant dans le corps d'America, qui se tenait debout sagement en souriant distraitement et il dût retenir un frisson. Tout cela n'était pas naturel. Et même de très mauvais augure. Même lui qui avait plus de 4000 ans d'existence n'aurait jamais imaginé vivre assez longtemps pour voir de ses propres yeux une chose pareille.
"Ton corps est si chaud et confortable, Amerika. Et très jeune aussi. Je ne ressens même pas la fatigue... Ça me plairait bien de garder ton corps plus longtemps, da ?"
"Hell no, dude ! C'est mon corps, et je vais le reprendre ! J'en ai besoin pour être un héro ! Parce que franchement, tu m'imagines sauver le monde comme ça, toi ? Ça serait comme si Superman échangeait de place avec Lex Luthor, et je veux pas être Lex Luthor ! La honte, sérieuuux-... argh... kof... kof..."
"Fufu~ Respire, Amerika." Pouffa Ivan en guise de réponse, très amusé par l'attitude de celui qui possédait maintenant son corps original.
"Right. Respire, America. Et trêve de plaisanteries." Intervint Angleterre sous les traits de France, un regard noir fixé sur le russe.
Il repassa sa jambe droite au-dessus de sa jambe gauche, bien assis sur sa chaise, et continua en prenant un air digne.
"Comme tu peux le voir, China, nous avons intervertis nos corps. Comment, nous l'ignorons mais si tu n'as pas été affecté par ce changement alors cela doit signifier que nous sommes sûrement des cas isolés. Du moins, je l'espère..."
Le chinois regarda le blond devant lui, absorbant lentement ses paroles avant de réellement comprendre.
"... Yīngguó... ? C'est vraiment toi !?"
"Hélas."
"Hé ! C'est moi qui devrait dire ça ! Tu as vu la taille de ces sourcils ? Et cet uniforme ringard ? Rends moi mon corps sublime, rends le moi ! Je suis sûr que tout ça c'est de ta faute ! Avoue ! "
"What !? Retire ça tout de suite, you bloody wanker ! J'y suis pour rien, moi, dans cette histoire ! Je suis autant victime que toi ! Et puis qu'est ce que tu crois, que j'ai toujours eu envie de ressembler à une fichue grenouille ? Dans mes pires cauchemars, oui !"
"Comment ça, une grenouille ?! Je t'interdis de me comparer avec cet immonde batracien ! Je suis infiniment plus beau que cette chose... tu es juste jaloux ! Et pas la peine de se demander pourquoi, avec ta tête de vilain petit canard !"
"Jaloux, moi ? Tu délires ! Tu te prends pour Adonis peut-être ? Non, non, tu serais plutôt Narcisse ! Pourquoi est ce que tu ne nous ferais pas une faveur à tous en allant faire comme lui et te noyer dans un lac en voulant embrasser ton reflet, hein ? Comme ça, le vilain petit canard que je suis se fera un plaisir de te regarder faire des bulles !"
"Ok, Ok ! On se calme !" Cria Amérique en se plaçant entre les deux rivaux, les empêchant ainsi juste à temps d'en arriver aux poings.
Alfred avait pour principe de ne jamais intervenir dans une bagarre (surtout quand ça concernait ces deux là) et préférait s'amuser du spectacle de loin avec un hamburger et un soda dans les mains si possible. Mais cette fois, il était directement concerné dans cette histoire et désirait retrouver son corps au plus vite. L'heure n'était plus aux chamailleries habituelles.
"Je vous rappelle, les gars, qu'on doit absolument retrouver nos corps d'origine avant que nos boss respectifs s'en aperçoivent. Imaginez la panique, alors qu'on est au milieu d'une guerre ! Come on, serrons nous la main et mettons nous vite au boulot pour qu'on puisse tous se sortir de ce pétrin le plus vite possible ! Alright, guys ? Shake your hands !"
Alfred n'attendit même pas qu'ils parlent ou fassent le premier pas, car avant même qu'il eut énoncé ses derniers mots il avait déjà saisi une main et chacun et les forçait l'une dans l'autre.
France et Angleterre grimacèrent de douleur sous la poigne. America ne se rendait pas compte de sa force dans ce nouveau corps, visiblement.
"Great ! Maintenant que c'est fait, let's focus on the problem. Il faut qu'on trouve comment c'est arrivé pour savoir comment inverser le processus... si quelqu'un à une idée, qu'il lève la main. Ok, je commence ! Je crois que c'est un coup de l'Axe ! Je suis sûr que c'est eux qui sont derrière tout ça; ils essaient sûrement de nous déstabiliser pour nous faire perdre la guerre ! Mais ça ne marchera pas ! Je suis le héro et j'ai déjà percé leur plan à jour, Ha ha Ha Ha ha !"
"Je ne vois pas tellement comment ils auraient pu faire ça, aru... Et puis, même si ça avait été eux, je n'aurais sûrement pas été épargné, non ?"
"Bah ! Ça doit faire partie de leur plan aussi ! Pour mettre la confusion et qu'on ne les soupçonne pas ! Mais ça prends pas: ils t'ont épargné seulement parce qu'il n'y a personne d'autre avec qui tu aurais pû échanger ta place ! Ha ! Qu'est ce que tu dis de ça ! Je suis un génie !"
"Tu oublies Canada, Amerika." Sourit gentiment Russie.
"... Qui ?" Hésita un instant l'américain, incrédule.
"Canada, pauvre idiot ! Canada !" Lui cria Angleterre avec irritation en frottant doucement sa main meurtrie, et arborant un regard chargé de reproche à son encontre.
"Ah oui !" S'exclama l'américain après un gros effort de mémoire. "Canadia. Tiens, au fait, il est où ?"
"Coincé chez lui par une tempête de neige. Après que tu aies décollé sans lui alors que tu étais supposé l'emmener avec toi... mais tu l'as carrément oublié sur le quai. Git."
Alfred déglutit un peu en sentant le regard de Fran-, non, England, lui trouer la peau. C'était plutôt déstabilisant comme sensation. Un regard très différent de celui de France quand il était vraiment en colère... seul son ancien tuteur avait le secret de cette expression si particulière. Et voir celle ci sur un autre visage que celui de ses souvenirs le mettait on ne peut plus mal à l'aise.
D'un point de vue externe, cela semblait surréaliste: France en train de faire les gros yeux à Russie... du jamais vu !
"Si je comprends bien, alors, nous devrions infiltrer le camp ennemi et trouver des preuves de leur culpabilité, c'est ça aru ?"
"C-C'est beaucoup trop dangereux !" S'exclama France.
"Tu as une meilleure idée, peut-être ? Je ne crois pas qu'on ai le choix."
"Vous voyez que les héros ont toujours de bonnes idées !" Se réjouit America. "On fonce dans le tas, on les démonte et on les oblige à tout remettre en ordre ! Que du bon !"
"C'est pas ce que Chine à dit, jamais tu écoutes, toi ?! On parle d'infiltration, une opération qui demande discrétion, prudence, organisation et minutie. Un travail d'espion, en somme." Angleterre bomba le torse. "Et heureusement pour nous tous, il y a parmi nous un expert en la matière... j'ai nommé-..."
"France ! Mais oui, bien vu, England ! France, tu bosses pour La Résistance, right ? Ca veut dire que tu as eu souvent l'occasion de participer à leurs opérations sabotage dans les camps allemands ! Ça me fait mal de l'admettre mais pour le coup c'est toi l'homme de la situation, cette fois. On compte sur toi !" S'extasia America en tapotant amicalement le dos du français dans la peau d'Angleterre, qui faillit chanceler sous le choc.
"QUOI/WHAT ?!" S'écrièrent France et Angleterre à l'unisson, l'un par effarement et l'autre par outrage.
"I-Il y a sûrement un autre moyen ! Tu ne sais pas à quoi ressemble les camps allemands ! Moi je sais, et en plus tu voudrais que j'y aille tout seul, sans aucun renfort ? C'est du suicide ! Et Japon et Italie-... Bon d'accord, Italie n'est pas vraiment un problème mais bon, Allemagne ne sera pas seul là-bas !"
"La grenouille a raison, pour une fois ! Même en étant exceptionnellement doué en espionnage et infiltration -et bien sûr, je parle de moi; tout cela ne sert à rien si le camp ennemi grouille de soldats 24h/24." Hissa Angleterre entre ses dents.
"Alors... pourquoi ne pas faire venir l'ennemi à nous, plutôt ?" Suggéra alors Russie.
"Leur tendre un piège, hein aru ? C'est une idée..."
"Ça ne serait pas trop dangereux de les piéger tous les trois ensemble ? S'ils disparaissaient de leur camp sans prévenir et sans laisser de trace, nul doute que leurs troupes respectives viendraient illico les chercher ici, non ?"
"Waouh, deux bonnes idées à la suite. Bravo, frog ! Comme quoi, tu n'es pas encore bon pour la casse finalement !"
"Vas te faire voir chez Grèce, rosbif."
"Ah non, ne recommencez pas aru ! Mais Fagguó à raison: on ne peut pas les piéger tous les trois ensemble. Il faudrait donc en piéger au moins un, le forcer à tout nous dire et le renvoyer dans son camp avant que les autres ne s'aperçoivent de son absence, aru. Mais lequel... ?"
Un ange passe. Et l'évidence est unanime.
"Italie".
