Chapitre 4: Tel est pris qui croyait prendre

Pendant ce temps, Allemagne et Japon avaient monté leur propre mission d'infiltration ultra secrète pour capturer Angleterre.

Ils avaient décidé de laisser les deux Italies ensemble au camp pour les couvrir, en leur recommandant bien de jouer leurs rôles.

Allemagne songeait encore avec inquiétude, à la réaction de Romano tandis qu'il attendait en silence dans les buissons le signal de Japon pour faire signifier que la voie était libre.

"Ché Cosa ?! MOI, j'dois jouer son rôle à LUI ? Nan mais t'es pas bien, l'bouffeur de patates !?"

"Doitsu-san. Je dois admettre que je ne pense pas que cela soit une bonne idée..." Suggéra doucement Japon qui ne voyait pas cette situation d'un très bon œil.

"Ouais, écoute ton collègue ! JAMAIS je serais Veneciano ! Jamais je pourrais jouer les fillettes comme lui !"

"Fratellone ! C'est pas sympaaa ! Veeee~!"

"Tu vois ? Tu vois !?" Fît l'aîné italien avec de grand gestes, comme pour prendre l'allemand et le japonais à témoin. "Tu m'imagines courir partout comme un débile avec un drapeau blanc en criant "Pasta", "Veee", et chouiner comme ça ? Et j'te parle même pas de son sourire niais !"

"Allemaaagne ! Je veux pas dire des grots mots et avoir l'air tout le temps méchant comme mon grand frère !"

" Qu'est ce que je disai-... DE QUOI, VENECIANO ?!"

"Vee !"

"Alors c'est comme ça que tu me vois, hein Fratellino ? Eh bah puisque c'est comme ça, j'vais te montrer ! Oï ! Le bouffeur de patates ! J'vais le faire, ton truc. J'vais être Veneciano jusqu'à ce vous revenez tous les deux, et vous verrez que personne n'y verra que du feu ! HA ! Qu'est ce que tu dis de ça, enfoiré de frangin ?!"

"Ve... J'en dis que c'est mal parti..."

Romano réalisa soudain son erreur, et aussitôt il changea d'attitude et se racla la gorge, ferma les yeux une seconde pour se concentrer sous les yeux anxieux des trois autres nations.

"VEEEEE ! Ciao, j'm'appelle Vene-... Italie et j'adore les pââââtes ! VEEEE VEEE VEEEE !" Cria Romano avec le plus grand sourire forcé jamais vu sur Terre.

Devant cette caricature plus tragique que comique, Allemagne dût bien se résoudre que cela devrait faire l'affaire... du moins le temps de finir la mission. Lui et Japon avaient intérêt à finir très très vite par contre.

Le pauvre Italie pâlit devant la performance de son frère et se retira ensuite comme un zombi dans sa tente, choqué au plus profond de son âme.

"B-Bien... Allons y aussi, Doitsu-san. A plus tard Romano-kun."

"VEEE ! Ciao ciao Japon et le bouffeur de pat-... j'veux dire, "Allemaaagne"~! VEEEEEE !"

Allemagne se sentit incapable de subir cet affligeant spectacle plus longtemps et pressa le pas, malgré les faibles protestations de Japon qui lui demandait d'aller moins vite.

Retour au présent. Les préparatifs n'avaient pas été long: quelques armes, une corde solide et des tenues de camouflage. Japon avait tenu à utiliser la sienne. Un habit noir et uni qu'il n'avait jamais vu avant... Mais peu importe.

Il fallait maintenant se concentrer sur la mission en cours.

'FUUuuuiii~!"

Le signal. La voie était libre, parfait.

Allemagne sortit de ses buissons en uniforme américain (après s'être juré pourtant de ne plus jamais refaire ça après le fiasco de la dernière fois avec son frère), et sa casquette bien enfoncée sur le crâne, il s'empara d'un tonneau pour faire mine d'être occupé et circuler dans le campement sans qu'on fasse attention à lui.

"Hé, toi là !" Entendit il dans son dos. De l'anglais avec un accent à couper au couteau, français ou russe. Il n'était pas encore sûr.

Sheiss. Qu'est ce qui l'avait trahi ? Il s'arrêta quand même et enfonça sa casquette un peu plus.

"C'est quoi ce tonneau ? Tu devrais pourtant savoir qu'il est sensé être dans la réserve avec les autres."

Français.

Du tac au tac, Allemagne répondit en feignant l'innocence.

"C'est que... c'est un tonneau de rhum... pour, euh... l'officier anglais qui a sa propre tente..."

"Aaah, celui là ? Tssk. Ces anglais se privent de rien, hein ? Pendant que nous on doit se contenter de piquette diluée dans l'eau..."

L'allemand ne répondit rien. Mais il comprit par son discours et son uniforme qu'il s'adressait à un lieutenant français.

"C'est la tente tout au fond à droite, après le gros chêne. Parce que "Milord" ne tient pas à se mélanger avec le commun des mortels, tu penses bien !"

Allemagne se contenta de hocher la tête. Il ne savait pas quoi dire et avait peur que s'il parle trop, son accent finirait par se faire remarquer. Mais cela suffit à contenter le lieutenant qui lui rendit son salut avant de tourner les talons.

Et l'allemand pût continuer sa route, soupirant de soulagement.

C'était moins une.

Mais au fond à droite, ce n'est pas un mais plusieurs gros chênes qui se dressaient devant lui. Comment savoir lequel était le bon ? Choisissant de se fier à son instinct, il se lança et peu après trouva une tente isolée.

Ouf. Il semblerait que ce soit la bonne.

Mais juste pour en être certain, il s'approcha doucement pour jeter un coup d'œil discret à l'intérieur. Et ce qu'il vit le réjouit: Angleterre. De dos. En train d'essayer de revêtir une tenue de camouflage qui n'était pas du tout à sa taille... en jurant en français ? Bah...

En catimini, il se glissa à l'intérieur. La discrétion n'était pas son fort mais sa cible était si occupée à se battre contre son vêtement qu'elle était complètement sans défense. Quand il fût juste assez près, il retient son souffle et se prépara à frapper pour l'assommer.

Mais c'était sans compter sur son ombre, qui en enveloppant sa proie l'alerta.

Heureusement, Allemagne réagit aussitôt et assomma le jeune homme avant que leurs regards ne puissent se croiser. La nation allemande soupira en juchant le corps inconscient sur son épaule et appela tout bas.

"Japon... Japon..."

"Je suis ici, Doitsu-san." Apparu soudain le japonais de nulle part. "J'ai crée une issue juste derrière cette tente, mais nous devons faire vite avant que l'on découvre les soldats assommés."

Un de ces jours Allemagne devra sérieusement savoir d'où tenait le japonais autant de talents. Il avait été si surpris ! Il n'avait même pas senti sa présence !

"Allons y."

"France ! Fraaance ! Tu vas nous faire attendre combien de temps encore-... !?"

Angleterre, toujours dans la peau du français, s'interrompit en voyant la tente vide. Et il trouva cela aussitôt suspect.

"France ! On a pas le temps de jouer à cache-cache ! Alors si t'es là, sors tout de suite d'ici, on a du travail !"

Mais toujours aucune réponse. L'anglais évoqua la possibilité de la petite commission l'espace d'une seconde avant de jeter cette théorie en l'air, en reconaissant la tenue de camouflage qu'il était sensé porter, froissée sur le sol.

Et s'il se concentrait assez fort, il pouvait voir plusieurs traces de pas tout autour. Et alors il n'eut plus aucun doute. Il sortit alors en courant de la tente et à la rencontre des autres alliés qui attendaient plus loin dans le campement.

"L'heure est grave ! France a été enlevé !"