Chapitre 5: Un pour tous...

Il était bien plus de midi quand Angleterre-... non, France se réveilla. La tête comme un sac et tous ses muscles engourdis.

"Ah ! Igirisu-san se réveille."

Groggy, il reconnût tout de même la voix de Japon, puis un petit coup d'œil en bas lui rappela que non, il ne faisait pas un cauchemar: il était toujours dans la peau de ce crétin d'Angleterre, et qu'en plus on l'avait assommé... et ligoté, à voir la corde qui entravait ses mouvements.

"Bien. Un peu plus et j'aurais été obligé d'utiliser la manière forte. Nous allons enfin pouvoir l'interroger."

Oh non... il y avait aussi Allemagne ! Cette fois c'était sûr, il avait été capturé ! Encore une fois !

"Ve~ Angleterre fait beaucoup moins peur quand il est ligoté comme ça !"

A ces mots, France cligna des yeux. Avait il réellement reconnût la voix de Romano...?

"Ça c'est toi qui le dis, enfoiré !"

I-Italie ?!

Ouvrant les yeux tout à fait, il reconnût les quatre nations penchées vers lui. Mais quelque chose clochait: Italie affichait une moue contrariée et croisait les bras comme s'il était près de piquer une colère d'une seconde à l'autre, tandis que Romano... se cachait derrière Allemagne avec des yeux inquiets...?!

"Qu'est ce que-..." Commença le français, estomaqué.

"Ve~ Allemagne, pourquoi Angleterre parle en français ?" Demanda Romano, confus, devant le prisonnier qui ouvrait des yeux de plus en plus ronds.

Mais l'allemand l'ignora et garda ses yeux fixés sur l'homme ligoté sur sa chaise.

" Hem-Hem. Angleterre. En vertu des circonstances exceptionnelles qui caractérisent notre situation actuelle, ta capture n'entrera pas en compte pour la guerre en cours mais à titre personnel."

"Personnel ?"

"Hai." Poursuivit Japon avec politesse. "Nous sommes confrontés à un problème extrêmement gênant qui nous oblige à enfreindre nos règles en gardant votre capture secrète. Un problème que nous pensons ne pas vous être étranger."

D'un signe de tête, les deux Italies s'avancèrent. Et à sa grande surprise, Italie brandit un poing rageur devant lui.

"Rend moi mon corps, enfoiré de buveur de thé !"

"S-S'il vous plaît, Monsieur Angleterre... Ve..." Implorait Romano, les mains jointes en prière.

Effaré, France resta silencieux un instant avant de comprendre ce qui se passait:

Les Italies avaient échangé de corps eux aussi. Et tous ici pensaient que lui, non, Angleterre, était le responsable.

"Je-Je ne peux pas vous aider !" S'écria France, tout nerveux, en gigotant sur sa chaise.

Mais Allemagne prit cela comme de la mauvaise volonté et fronça les sourcils.

"Il faut coopérer, Angleterre. Ne nous oblige pas à te forcer." Fît la montagne de muscles en faisant craquer ses phalanges.

"Nous ne désirons pas recourir à la violence !" Essaya de le rassurer Japon. "Aussi soyez raisonnable et défaites la malédiction que vous avez lancée s'il vous plaît."

"Mais... Je ne peux pas ! J'y suis pour rien !"

Allemagne et Japon échangèrent un regard consterné. Il semblerait qu'ils doivent utiliser la manière forte finalement.

Comprenant cela, Italie sous les traits de Romano, tenta de le convaincre une dernière fois.

"Per favore, monsieur Angleterre...! J'aime pas la vue du sang, veee !"

Mais Allemagne prenait déjà un peu d'élan avec son bras pour un premier coup de poing. Terrifié, France se tortilla sur sa chaise et se mit à crier, désespéré.

"JE NE SUIS PAS ANGLETERRE ! JE SUIS FRANCE !"

Le poing s'arrêta juste sous son nez après qu'il ait prononcé ces mots.

Avaient ils tous bien entendus ? Était ce bien à France qu'ils avaient affaire ou bien était ce une tentative de ruse de la part d'Angleterre ?

" Si c'est une tentative de diversion..." Commença Allemagne sur un ton lourd de menaces.

" NON ! Je vous le jure ! C'est bien moi, France !"

"Quoi ? Le buveur de thé serait en fait ce gros pervers de France !?" S'exclama Romano, incrédule.

"Fratellone Francia...?" S'étonna Italie. Et même Japon sembla douter. Tous deux se tournèrent vers la nation germanique, comme pour lui demander la marche à suivre.

"Prouve le." Ordonna alors l'allemand.

"C-Comment ?" Balbutia le français apeuré.

"Ve ! Je sais des tas de choses que seul Fratellone Francia connaît !" S'écria 'Italimano' avec enthousiasme.

"Ben alors vas y, qu'est ce que t'attend !"

"Si, Si... Alors j'y vais: qu'est ce que France aime faire de ses journées ?"

"Euh... bien manger, rencontrer des jolies demoiselles... faire la grève ?"

"Si ! C'est bien France !"

"Idiot ! N'importe qui aurait pu répondre ! Tout le monde sait ça !" Répliqua 'Romanitalie' en claquant son frère à l'arrière de sa tête.

"Romano à raison. Il faut une question à laquelle seul le vrai France peut répondre. A mon tour." Déclara l'Allemand en avançant d'un pas. "Où se situent les quartiers généraux de la Résistance en ce moment ?"

France manqua de s'étouffer d'indignation.

"Tu ne crois quand même pas que je vais te livrer une information aussi importante !?"

"Tu le feras si tu tiens à prouver que tu es vraiment celui que tu prétends être !"

"Jamais de la vie, non mais oh !"

Japon crût bon d'intervenir avant que la situation ne dérape. "Je pense qu'il vaudrait mieux s'en tenir à une question simple et sans risque. S'il vous plaît, Doitsu-san, laissez-moi essayer."

"Je t'en prie, Japon."

"France-san... Il y a quelques temps déjà vous êtes venu me rendre visite avec un présent particulier. Vous souvenez vous de quoi il s'agissait ?"

Visiblement, le japonais voulait tenter une autre approche. Il semblait vouloir croire que la personne devant lui soit réellement France, et c'est pourquoi il lui posa une question si simple et néanmoins valide.

"C'était... un chaton."

Japon sourit. En se relevant il se tourna vers ses collègues et leur annonça qu'il s'agissait bel et bien de France.

Et tout le monde fût définitivement convaincu.

Italie alla même gentiment tapoter la tête de son grand frère français, riant un peu de sa situation. Même Japon ne pût retenir un sourire en songeant comme le français devait avoir du mal à vivre dans le corps de l'homme qui l'avait combattu durant toute son existence.

"Mais comment est ce arrivé ?" Demanda t-il alors, en revenant à leurs moutons.

"Personne ne sait. Pas même Angleterre. Ce matin nous nous sommes tous réveillés dans la peau de l'autre. Il n'y a que Chine qui n'a pas été touché."

"Et chez nous, seulement les Italies... C'est vraiment étrange. Où peut être le lien ?"

"Z'êtes sûrs que c'est pas encore la magie du buveur de thé qui a encore eut des ratés ?" S'enquit Romano, sceptique.

"J'y ai pensé aussi. Mais il a juré aux quatre vents qu'il n'avait lancé absolument aucun sort ces temps ci."

"Et vous l'avez cru..." Maugréa l'italien, pas le moins du monde convaincu.

"Si ce n'est pas l'œuvre de Igirisu-san, alors nous sommes vraiment dans le pétrin: comment savoir ce qui a causé cela ?" Fit Japon en faisant part de son inquiétude.

"Nous nous sommes posés la même question. Et nous avions conclu que c'était peut-être vous qui étiez derrière ça, d'une manière ou d'une autre. Le plan était que j'infiltre votre campement et kidnappe Italie pour le faire parler... Mais le destin en a voulu autrement."

"Je l'ai échappé belle !" S'exclamèrent les deux frères en même temps.

"Oui... et nous ne sommes pas plus avancés maintenant. Il nous faut réfléchir à un nouveau plan, effectuer des recherches. Peut-être qu'une trêve avec les Alliés serait de rigueur, au vu de la gravité de cette situation." Se dit Allemagne tout haut.

"Ouaaais ! Une trêve ! Une trêve ! On va pouvoir manger des pasta tous ensemble, veee-..."

"Mais ferme la, imbécile ! Tu veux que tout le campement t'entende ?!" Gronda Romano en donnant une nouvelle taloche à son petit frère.

Japon hocha la tête. "Il est vrai que nous avons tout intérêt à nous montrer prudents. Personne en dehors de nous ne doit découvrir ce qui se passe. Et surtout pas nos chefs d'état."

"Ah oui, c'est vrai..." Acquiesça Italie à mi-voix.

"Et comment comptez-vous faire ?" Demanda France toujours attaché à sa chaise. "On ne va pas pouvoir jouer au chat et à la souris entre nos deux campements éternellement."

"C'est une bonne question, France-san. Pour ma part, je suggérerais d'envoyer un message aux alliés pour leur expliquer la situation, puis établir un lieu de rendez-vous. "

"Une riche idée Japon, mais tu oublies que tout message radio ou écrit est vérifié par plusieurs officiers avant d'être envoyé. Ça ne peut pas marcher."

Tous contemplèrent un silence en faveur du problème à résoudre en cours. Jusqu'à ce que France s'exclame.

"Il y a un moyen !"

"Vraiment ? Lequel, France-san ?"

"Détachez moi d'abord. J'en ai marre de ces liens et j'ai mal partout !"

Allemagne le détacha, jugeant qu'il n'y avait aucun danger vu les circonstances. Et une fois debout France posa deux doigts sur ses lèvres et siffla très doucement.

Quelques secondes et un bruissement d'ailes plus tard, un grand pigeon blanc entra dans la tente par une petite lucarne et s'installa aussitôt sur l'épaule du français sous les yeux ébahis des autres nations.

"Messieurs, je vous présente Pierre. Pierre, dis bonjour !"

L'oiseau gazouilla et sembla même incliner la tête en guise de salut. Et France continua.

"Pierre est mon ami et un excellent pigeon voyageur, capable de faire de très longues distances. Alors les quelques kilomètres qui séparent nos deux campements seront un jeu d'enfant, n'est ce pas Pierre ?"

Un nouveau gazouillis.

"Subarashii, France-san ! Grâce à vous, nous avons une chance d'accomplir notre objectif !" S'enthousiasma Japon, ravi et impressionné des talents de dressage de la nation française.

"Je dois avouer que je suis surpris." Ajouta Allemagne avec un sourire. "Tu as encore plus de ressources que ce que je pensais."

France lui fit un clin d'œil accompagné d'un sourire narquois qui, avec les traits d'Angleterre, était aussi charmant que surréaliste.

"Alors qu'est ce qu'on attend ? Envoyons vite ce message de trêve !" Dit Italie en s'efforçant de modérer se joie tandis que Romano restait muet, les bras croisés, indifférent à la réjouissance générale.