Chapitre 6: ...Tous pour Sa Génialité !

Dans l'autre camp, Amérique se mordait les doigts de son impuissance. France avait été enlevé quasiment sous son nez, sans doute par l'Axe, et il n'avait aucun moyen de le ramener.

A un moment Angleterre avait suggéré de finir le travail que France avait entamé, mais Amérique avait décrété qu'un allié perdu était déjà de trop, alors il n'y en aurait certainement pas deux.

Mais il fallait l'admettre, aucun des plans qui avait été proposé jusque là n'avait tenu la route. Et alors les voilà tous coincés dans la même tente à attendre un signe de vie de l'Axe.

"Nous avons tous signé un papier stipulant que nous serions en pleine réunion stratégique pour la journée, voire deux. Mais passé ce délai, ou bien on viendra nous chercher, ou bien on viendra nous poser des questions... L'un dans l'autre, on est dans la panade aru."

"Inutile de nous le rappeler, Chine..." Grogna America à son adresse.

"Je ne fais qu'essayer d'aider aru !" S'indigna l'oriental.

"Doit on vraiment tous rester ensemble dans la même tente ? Parce que si vous vous disputez tout le temps, je vais être triste... kol kol kol..."

Message reçu: Vous me collez une migraine monstrueuse alors fermez là ou bien je vous massacre tous.

Seul America ne sembla pas avoir capté, et répondit du tac au tac.

"Oui, on le doit. Nous séparer fait de chacun d'entre nous une cible facile une fois complètement isolée. On a déjà perdu France comme ça. Il est hors de question qu'on perde quelqu'un d'autre."

"Tout de même." Insista Angleterre. "N'y a t-il rien d'autre qu'on puisse faire qu'attendre ? J'en ai assez de me tourner les pouces."

"Ben va boire du thé."

"Insolent petit-..."

Une brise fraîche entra soudain dans la tente, amenant avec elle un oiseau blanc qui tournoya autour de ses occupants en roucoulant, avant de se poser sur une table.

"Quel bel oiseau..." Complimenta Russie en s'approchant. "Ah. On dirait qu'il a un message, da."

Amérique et Angleterre accoururent aussitôt, l'américain n'hésitant pas à brutalement écarter le russe de son passage.

"Je le reconnais !" S'écria Angleterre en retirant le message de la patte de l'oiseau. "C'est le pigeon voyageur de France !"

"Et qu'est ce que ça dit ?" Le pressa Amérique, pas très content de ne pas avoir prit le message en premier.

Le pauvre ne se rendait pas compte du danger qui planait littéralement au-dessus de sa tête.

"Kol Kol Kol Kol Kol Kol Kol..."

"Je vais vous le lire." Déclara l'anglais en se tournant vers son public, ignorant les cris étranglés de son ancien protégé derrière lui.


"J'ai faiiim...!"

"Ferme la, j'ai encore plus faim que toi !"

"Ah, il est vrai que nous avons passé l'heure du déjeuner depuis longtemps... je pense que nous avons de quoi préparer à manger dans cette tente. Doitsu-san, si vous me permettez ?"

"Accordé. Fais comme tu voudras, Japon."

"Merci de me faire confiance." Dit le japonais en courbant humblement la tête.

"Oy, c'est pas bientôt fini toutes ces politesses ? C'est lourd à la fin ! Me dites pas que c'est toujours comme ça ?!"

"Vee, Japon est vraiment très à cheval sur l'étiquette tu sais, fratellone. C'est dans sa nature ! Pas vrai, Japon ?"

"H-Hai, je suis déso-"

"RAAaaah ! Encore une SEULE politesse et je hurle !"

"Veuillez m'exc-... je veux dire, euh..."

"Italie. Fit Allemagne d'un ton las. Pourquoi n'irais tu pas chercher de la vaisselle propre dans la tente d'à côté ? Et prends ton frère avec toi s'il te plaît..."

"T'essaies de te débarrasser de moi, hein, foutu bouffeur de patates ?!" S'énerva encore Romano, déformant les traits d'ordinaires si joyeux du visage qu'il portait désormais.

"Compris ! On y a, Fratellone !" Réagit aussitôt Italie en empoignant son frère d'un bras et adressant un salut militaire à Allemagne de l'autre.

"Hé, me tire pas comme ça...! Et j't'ai déjà dit d'arrêter de sourire comme ça avec mon visage ! Et puis ouvre les yeux, cazzo !"

Les protestations outrées se firent de plus en plus atténues et très vite, un silence agréable flottait dans l'air accompagné du doux fumet de riz parfumé que Japon préparait.

France et Allemagne laissèrent échapper un long soupir en même temps. Ils échangèrent alors un regard, et alors l'ombre d'un rictus se dessina sur leur visage. De toute évidence, ils pensaient tout deux la même chose: Enfin un peu de répit.

France osa même une plaisanterie. "On ne s'y fait pas, n'est ce pas ?" Fît-il en levant l'un de ses épais sourcils anglais.

"Aux Italies ? Jamais." Répondit l'allemand en secouant la tête.

"Alors... pourquoi ne pas montrer un peu de compassion à Grand Frère qui a toujours partagé leur vie ?"

Allemagne se rabroua aussitôt, son expression sévère retrouvant sa place.

"Bien tenté, 'Angleterre'. Mais tu n'arriveras pas à me changer: j'irais au bout de cette guerre et je la gagnerai. D'ailleurs, je l'ai déjà pratiquement gagnée..."

"J'aurais essayé. Haussa t-il simplement des épaules avec un sourire insolent. Mais tu dois savoir... chez moi il y a un dicton qui dit qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mon cher !"

"Reste à savoir si tu seras encore là pour la vente..."

Japon les interrompit à ce moment en apportant un plateau plein de boulettes de riz.

"Navré de vous avoir fait attendre." S'excusa la nation du Soleil Levant. Devant le regard curieux des deux européens, il présenta promptement ses créations.

"Voici des onigiris, un plat très simple et néanmoins très nourrissant de mon pays. Malheureusement, nos ingrédients étant limités, j'ai dû m'en tenir à une recette sommaire et peu conventionnelle; aussi veuillez me pardonner si je n'ai pu farcir mes boulettes de riz avec de simples miettes de thon et un peu de mayonnaise. J'espère tout de même que ce sera à votre goût."

"Du riz et du poisson... Si ce n'est que ça, aucune raison de s'inquiéter voyons !" Rit France en tapant gentiment l'épaule de leur cuisinier du jour.

"Danke, Japon." Le remercia Allemagne en saisissant une des boulettes (la plus grosse), il se sentait vraiment affamé maintenant qu'il avait senti l'odeur de la nourriture.

Au moment où France en prit un à son tour, les Italies déboulèrent bruyamment dans la tente mais ils arrêtèrent aussitôt leur dispute en voyant que le festin avait commencé sans eux.

Romano en fût si choqué qu'il fît tomber les écuelles en métal qu'il avait porté de très mauvaise grâce, entassées les unes sur les autres.

S'ensuit une nouvelle scène de colère terrible, qui obligea Japon à refaire trois autres fournées de Onigiris rien que pour satisfaire les italiens (enfin surtout Romano).

Quand ces derniers eurent la bouche assez pleine pour qu'ils ne puissent pas parler, Allemagne qui jetait des coups d'œil anxieux entre la pendule et la fenêtre depuis un moment déjà, finit par s'impatienter.

"Qu'attendent-ils pour répondre à la fin, ce n'est pas sérieux !"

"Pour une fois j'suis d'accord avec le gros tas de muscles !" Dit Romano la bouche pleine, tout en repoussant son double qui essayait de récupérer la boulette de riz que l'aîné venait de voler sans aucun scrupule.

"Grand Frère aussi en a assez d'attendre, enfermé ici... Mais d'accord ou pas, il n'y a rien que l'on puisse faire sinon attendre, n'est ce pas ?"

"... Il est très perturbant d'entendre Igirisu-san parler de la sorte." Murmura Japon en réprimant un frisson.

"Et dire que le temps joue contre nous. Je ne vois vraiment pas comment la situation pourrait dégénérer davantage..." Se désespéra la nation germanique.

Soudain, un rire terriblement familier résonna dans tout le campement. Un rire qui se rapprochait de leur tente à toute vitesse, et dont le porteur avançait d'un pas bruyant.

Personne n'eut le temps de réagir lorsque la tente s'ouvrit alors en grand.

"MA GENIALITE LA PRUSSE EST ARRIIIVEEEEEEEE !"